À Mérignac, le chantier du futur centre de rétention administrative (CRA) a été la cible d’une action de sabotage durant le week-end du 16 au 18 janvier, avec des vitres pare-balles détruites, des gaines électriques sectionnées, du carrelage brisé, des installations d’eau et de vidéosurveillance endommagées et plusieurs équipements détruits. Le préjudice est estimé à près de 300 000 euros. Une enquête a été ouverte, sans revendication ni interpellation à ce stade. Malgré les dégâts, la préfecture affirme maintenir l’ouverture du site au premier semestre 2026. Ce nouveau CRA, prévu pour accueillir jusqu’à 140 personnes, doit remplacer celui de Bordeaux.

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Le responsable de la Maison Blanche pour les questions frontalières, Tom Homan a déclaré le 17 janvier sur Fox News que ses services constituaient des listes d’antiracistes afin d’exposer publiquement leurs visages, d’alerter leurs employeurs, revendiquant ouvertement une stratégie d’intimidation politique. Ces menaces s’inscrivent dans une logique rappelant le maccarthysme des années 1950, période de chasse aux sorcières anticommuniste aux États-Unis, et illustrent une fascisation accélérée de l’appareil d’État, où toute opposition au trumpisme est criminalisée et traitée comme un ennemi intérieur.

Immigrant nicaraguayen arrêté le 6 janvier à Minneapolis dans le cadre de l’opération fédérale Metro Surge, Victor Manuel Diaz, 36 ans, est décédé le 14 janvier dans un centre de détention ICE au Texas d’un suicide présumé, a indiqué l’agence états-unienne chargée de l’immigration, même si une enquête se poursuit. Les agents de sécurité l’ont trouvé inconscient dans sa cellule, et malgré les tentatives des équipes médicales et des services d’urgence il a été déclaré mort à 16h09 (heure locale). Il s’agit déjà de la troisième mort signalée cette année au centre de Camp East Montana, tandis qu’au moins six personnes en détention ICE sont décédées en 2026. Sa mort survient dans un climat de forte tension à Minneapolis après la mort de Renee Good par un agent ICE, le déploiement de milliers d’agents fédéraux et la mise en alerte de 1 500 militaires suite aux manifestations et aux menaces d’invoquer l’Insurrection Act par Donald Trump pour « rétablir l’ordre » (voir notre article).

Dans un contexte de fortes tensions à Minneapolis, où environ 3 000 agents de la police fédérale de l’immigration (ICE) sont déployés depuis début décembre pour traquer les personnes sans-papiers, une juge fédérale a imposé des limites aux méthodes de l’agence. Saisie par six habitants dénonçant des abus lors de manifestations contre les raids de l’ICE, la juge Kate Menendez a interdit aux agents d’arrêter ou de détenir des manifestants pacifiques dans leurs véhicules, ainsi que d’utiliser du spray au poivre ou des munitions contre eux, tant qu’ils n’entravent pas les opérations. Cette décision intervient alors que des collectifs citoyens s’organisent pour documenter et ralentir les actions de l’ICE, et que les autorités locales démocrates, dont le gouverneur Tim Walz et le maire Jacob Frey, s’y opposent ouvertement, suscitant une enquête du ministère de la Justice pour entrave. Le département de la Sécurité intérieure dispose de 72 heures pour se conformer à ce jugement, susceptible toutefois d’être contesté en appel.

En Grèce, la Cour d’appel de Mytilène, sur l’île de Lesbos, a acquitté le 15 janvier 2026 vingt-quatre travailleurs humanitaires poursuivis depuis sept ans pour avoir porté secours à des migrants en mer. Les prévenus, volontaires secouristes et membres d’ONG, étaient accusés de trafic de migrants, de blanchiment d’argent et d’appartenance à une organisation criminelle, des chefs d’inculpation passibles de peines allant jusqu’à vingt ans de prison. La justice a finalement reconnu l’absence d’éléments constitutifs de ces infractions, mettant fin à une procédure emblématique de la criminalisation de l’aide humanitaire aux frontières européennes et soulignant que les actions reprochées relevaient du sauvetage de vies humaines.

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Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a lancé un appel inédit aux « harraga », ces jeunes migrants clandestins algériens en situation irrégulière à l’étranger, notamment en France, à rentrer volontairement au pays. Présentée comme une mesure « humaine et responsable », cette initiative intervient dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes entre Alger et Paris, liées à la coopération migratoire et à la délivrance des laissez‑passer consulaires nécessaires pour les expulsions, dossier souvent utilisé comme levier de négociation. En 2024, seules 2 999 des 22 426 obligations de quitter le territoire (OQTF) prononcées par la France à l’encontre de ressortissants algériens ont été exécutées, soulignant l’impasse sur la reconduite des migrants. Cette politique d’amnistie et de retour volontaire permet à Alger de reprendre le contrôle sur ces flux, tout en encadrant les retours pour les jeunes en situation précaire et en excluant les auteurs de crimes graves ou de collaborations avec des services étrangers. La mesure s’inscrit donc dans le cadre plus large des négociations bilatérales sur l’immigration et la coopération consulaire, où l’Algérie cherche à protéger ses ressortissants tout en conservant un levier stratégique face à la France, mais sa réussite dépendra de l’acceptation des migrants et de la mise en œuvre effective par les deux administrations.

Le 12 janvier, l’audience concernant la demande d’asile de la révolutionnaire turque Zehra Kurtay s’est tenue devant le tribunal administratif, la décision sera rendue le 19 janvier. Une forte mobilisation de soutien a rassemblé des personnes venues de toute la France et de l’étranger. Ils ont tous souligné les graves risques qu’une extradition vers la Turquie ferait courir à Zehra. Lors de l’audience, le représentant de l’État a présenté la militante et journaliste comme une menace, allant jusqu’à des comparaisons choquantes avec l’attentat terroriste du Bataclan et l’accusant d’une supposée récidive pour ne pas s’être présentée une fois à la gendarmerie, en raison du décès de sa mère. La défense a insisté sur les violations massives des droits humains et les risques de torture en Turquie, citant notamment le cas d’Ayten Öztürk (voir notre article). À l’extérieur de l’audience, les soutiens ont partagé un moment de solidarité et de détermination, tandis que Zehra Kurtay a remercié chaleureusement tous ceux qui la soutiennent. Cela intervient alors que Zehra en est à plus de 190 jours de grève de la faim illimitée pour exiger de pouvoir vivre en France.

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La militante révolutionnaire Zehra Kurtay est en grève de la faim depuis le 3 juillet 2025 pour le rétablissement de son titre de séjour en France (voir notre article). Sa situation administrative sera à nouveau examinée le 12 janvier, dans le cadre de son troisième procès contre la préfecture, qui a fait appel de deux verdicts favorables précédents. Cette audience doit statuer sur son titre de séjour, délivré en France par la préfecture pour des durées variables, mais la reconnaissance officielle de réfugiée et la protection contre l’expulsion ne sont accordées qu’après décision d’Ofpra. Le processus a été retardé depuis le 15 décembre, et sa deuxième demande auprès d’Ofpra a été annulée. Des avocats et associations appellent les autorités et la justice à accélérer la procédure, compte tenu de l’urgence de sa situation médicale, en organisant un rassemblement devant l’OFPRA le 8 janvier à 11 h (201 rue Carnot, Bâtiment A, Fontenay-sous-Bois) et un autre devant la Cour administrative d’appel de Paris le 12 janvier à 10 h (86 rue François Miron). Parallèlement, un appel est lancé pour un twitterstorm sur X le 8 janvier à 20 h (voir photo).

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En Tunisie, plusieurs travailleurs humanitaires de l’ONG française Terre d’asile, détenus depuis plus de 20 mois pour avoir prétendument « facilité l’entrée illégale et le séjour » de migrants, ont été libérés dans la nuit de lundi 5 à mardi 6 janvier. Parmi eux figure Sherifa Riahi, ancienne directrice de l’ONG, condamnée à deux ans de prison avec sursis, tout comme ses collègues incarcérés. La décision judiciaire, saluée par leurs soutiens, intervient dans un contexte de durcissement des politiques migratoires et de tensions politiques accrues sous la présidence de Kaïs Saïed, tandis que le tribunal doit encore statuer sur le sort des autres accusés laissés en liberté.

La crise migratoire à la frontière polono-biélorusse a révélé que la Pologne a contourné le droit européen en créant une zone d’exception de trois kilomètres où les ONG, journalistes et avocats étaient interdits, permettant des expulsions immédiates vers la Biélorussie. Ces pratiques violent le principe de non-refoulement, la CEDH et la Charte des droits fondamentaux de l’UE. Le cas polonais montre comment le droit européen, inefficace et sans moyens coercitifs, se plie aux intérêts nationaux, sacrifiant les droits fondamentaux au nom de la sécurité et du contrôle migratoire.