Le Parlement européen a adopté le 10 février une liste de « pays tiers sûrs », soutenue par la droite et l’extrême droite, afin d’accélérer le traitement (et souvent le rejet) des demandes d’asile provenant de ces États. Parmi les pays cités figurent notamment le Maroc, la Tunisie, l’Égypte et certains États voisins candidats à l’adhésion à l’Union Européenne (UE). Les demandes seront examinées via des procédures accélérées et, en cas de refus, les recours ne seront plus suspensifs, ce qui pourrait entraîner des expulsions avant la fin des procédures. La mesure pourrait aussi permettre de renvoyer des exilés vers des pays jugés « sûrs » où ils ont simplement transité, dans le cadre d’accords avec l’UE.

En février 2026, une proposition de loi adoptée par la commission des lois vise à porter jusqu’à 210 jours le délai de rétention en Centre de rétention administrative (CRA) pour les profils condamnés pénalement représentant une menace « terroriste » et souffrant de troubles psychiatriques aggravés. Cette dynamique législative inquiète les associations de défense des étrangers, qui dénoncent déjà une augmentation des placements en rétention de personnes vulnérables. Elles soulignent que l’examen de vulnérabilité préalable est devenu « dérisoire », signalant même des cas de personnes transférées directement de l’hôpital psychiatrique vers le CRA, malgré l’inadaptation de ces centres à la prise en charge de la santé mentale.

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En Belgique, plusieurs personnes retenues au Centre fermé 127bis mènent une grève de la faim depuis le 17 février. Selon Getting the voice out, une aile entière refuserait de s’alimenter. Les détenus dénoncent la durée de leur rétention administrative (pouvant atteindre jusqu’à 18 mois) ainsi que des conditions de prise en charge jugées inhumaines, notamment sur le plan médical et dans leurs rapports avec le personnel du centre.

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Aux États-Unis, Leqaa Kordia, Palestinienne de 33 ans et ancienne manifestante de Université de Columbia, est détenue depuis le 13 mars 2025 par l’ICE au centre de Prairieland au Texas, officiellement pour expiration de visa. Hospitalisée le 6 février après une crise d’épilepsie possiblement liée à un traumatisme crânien, elle est restée plus de 72 heures sans que ses proches ni son avocat ne soient informés de son sort. Selon sa famille et des soutiens, elle dénonçait auparavant de la fièvre, des vertiges et des troubles cognitifs, dans un contexte de négligence médicale et de conditions de détention difficiles. Bien qu’un juge de l’immigration ait ordonné sa libération à deux reprises, ces décisions n’ont pas été appliquées en raison de son engagement pro-palestinien.

Au Pays Basque, sept militants poursuivis pour avoir aidé des migrants à franchir la frontière franco-espagnole lors de la Korrika 2024 (voir notre article), course bisannuelle en faveur de la langue basque, ont été relaxés le 17 février 2026 par le tribunal judiciaire de Bayonne. Les prévenus avaient expliqué leur action comme un geste de désobéissance civile, facilitant le passage de 36 migrants entre Irun et Hendaye sur le pont Saint-Jacques. Initialement, le procureur avait requis des peines d’amende pour six d’entre eux et la relaxe pour un seul, mais le délibéré final a accordé la relaxe totale.

Après plusieurs mois de mobilisations à Minneapolis, la police anti-immigration ICE a annoncé la fin de l’opération « Metro Surge » dans le Minnesota. Tom Homan a présenté cette décision comme l’aboutissement de la stratégie sécuritaire de l’administration de Donald Trump, tandis que des militants locaux y voient surtout le résultat d’une résistance communautaire impliquant travailleurs, étudiants et habitants. Malgré cette annonce, des milliers d’arrestations ont été revendiquées et les organisations de défense des migrants appellent à poursuivre la mobilisation, soulignant que les politiques fédérales et les opérations de contrôle vont se poursuivre ailleurs dans le pays.

Dans la nuit du 27 janvier à Portland, des militants ont endommagé tous les véhicules d’un parc de location de voitures Enterprise situé à Sandy Blvd et 28th, peignant également sur le bâtiment le message « ICE RENTS HERE » (l’ICE loue ici). L’action visait à protester contre l’usage de voitures de location par l’ICE et la Border Patrol pour arrêter et expulser des personnes à travers le pays. Les auteurs, anonymes, ont indiqué que l’intervention a rendu le parc de véhicules inutilisable et aurait conduit Enterprise à annuler un événement de recrutement local.

Au Colorado, plusieurs organisations de défense des migrants et médias locaux dénoncent des pratiques choquantes lors d’opérations d’arrestation menées par l’ICE, après la découverte d’as de pique laissés dans au moins neuf véhicules de personnes interpellées. Ces cartes, portant la mention du bureau local de l’agence et les coordonnées d’un centre de détention, ont suscité une vive polémique en raison de leur symbolique : durant la guerre du Vietnam, certains soldats états-uniens utilisaient l’as de pique comme outil de guerre psychologique, le déposant dans des villages attaqués ou sur des corps pour semer la peur et marquer leur passage. Des vidéos diffusées en ligne montrant des voitures abandonnées moteurs allumés ont renforcé l’indignation et alimenté les critiques sur les méthodes employées lors de ces interventions.

À Paris, la révolutionnaire turque Zehra Kurtay a annoncé le 5 février 2026 la suspension de sa grève de la faim illimitée entamée pour dénoncer le refus de son droit d’asile, après 219 jours de mobilisation (voir notre article). Lors d’une conférence de presse tenue dans sa tente de résistance, elle a déclaré avoir obtenu une victoire partielle avec la suspension par la haute cour de la décision de renvoi la visant. En particulier, elle a affirmé que : « L’impérialisme français, incapable de me soumettre, a cherché à me dépouiller de tous mes droits et à me livrer au fascisme turc. Il a cherché à intimider le peuple et s’est attaqué à nos droits fondamentaux. Par les politiques qu’il a mises en œuvre, il a tenté de rompre nos liens avec le peuple. » Son compagnon de lutte, Nezif Eski, également en grève de la faim pendant plus de 100 jours, a mis fin au mouvement en même temps qu’elle. Malgré l’arrêt de la grève, Kurtay a indiqué que la tente de résistance resterait ouverte pour poursuivre la mobilisation et défendre les droits fondamentaux liés à son droit d’asile.

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Le parti d’extrême droite flamand Vlaams Belang propose de créer une unité policière spécialisée contre l’immigration irrégulière, inspirée du modèle états-unien de l’ICE. Selon ses promoteurs, chaque zone de police devrait compter un agent chargé de traquer activement les personnes sans-papiers. La proposition s’inscrit dans un climat de durcissement des politiques migratoires en Belgique et en Europe, marqué par la coopération avec Frontex, l’augmentation des expulsions et différentes mesures sécuritaires.

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