Alors qu’Air Madagascar faisait face à une grève de quarante jours, qui s’est terminée avant-hier. Le conflit avait connu une escalade quand au début du mois le délégué du personnel de la compagnie aérienne – qui avait été arrêté en début de semaine avant de bénéficier d’une liberté provisoire – a reçu sa lettre de licenciement par huissier. Le délégué du personnel était accusé de « divulgation de fausses informations, d’association de malfaiteurs et d’atteinte à l’économie nationale ». Trois autres signataires du préavis, à savoir un mécanicien, un steward et un opérateur au sol, font également l’objet d’un licenciement. Ces syndicalistes avaient déjà été la cible de poursuites judiciaires (voir notre article). Le conseil d’État avait suspendu la décision de licenciement.

Air Madagascar

Air Madagascar

La grève spectaculaire aux Transports publics genevois (TPG) du 19 novembre dernier n’a pas fini de faire des vagues. Dans une circulaire datée du 9 juillet, les TPG demandent aux grévistes de se dénoncer. Il s’agit de régler, cette année encore, le préjudice estimé à 175.000 francs. Le 19 novembre, à l’appel du Syndicat du personnel des transports (SEV), les chauffeurs des TPG se sont mis en grève pour protester contre la suppression de plus de 100 emplois. Les autorités genevoises estiment alors que les TPG doivent assurer un service minimum. Mais tout est bloqué par les grévistes. L’ASIP et Transfair – les deux autres syndicats actifs de la régie – rejoignent alors la grève.

Les TPG affirment avoir identifié, 529 grévistes mais le syndicat a contesté ces chiffres. Les syndicats ont alors proposé que tous les employés – grévistes ou non – fassent une heure de travail supplémentaire gratuite pour solde de tout compte, puisque finalement tout le monde a profité des garanties obtenues par la grève. Les TPG ont refusé. La circulaire a donc été envoyée aux 1900 employés avec un formulaire à remplir d’ici le 14 août. Ceux qui ne le font pas auront de fait le «statut de gréviste». Le 13 juillet les trois syndicats ont riposté en dénonçant une «provocation» et enjoignant le personnel à ne pas répondre.

La grève du 19 novembre dernier à Genève

La grève du 19 novembre dernier à Genève

Le sous-préfet de l’arrondissement de Ma’an où est logé le projet du barrage électrique de Memve’élé, qui pourtant avait suivi les négociations tripartites, a pris sur lui d’utiliser les méthodes fortes pour obliger les grévistes à reprendre du service. C’est ainsi que le 17 juillet dernier, il y a eu affrontement entre les forces de maintien de l’ordre et les ouvriers. Trois coups de feu ont été tirés et des personnes blessées. Les éléments de la police et de la gendarmerie ont procédé à des arrestations, empêchant même les ouvriers de s’approvisionner en nourriture après avoir bloqué toutes les sorties du camp. Ils ont copieusement bastonné certains grévistes au point où les cas sérieux ont été évacués à l’hôpital Régional d’Ebolowa.

Le chantier du barrage hydroélectrique de Memve’élé

Le chantier du barrage hydroélectrique de Memve’élé

Le gouvernement britannique conservateur a l’intention de limiter le droit de grève: d’après la nouvelle loi, au moins la moitié du personnel devra participer au vote d’une action de grève pour que celle-ci soit jugée légitime. Actuellement, une grève peut avoir lieu si la moitié des votants se prononcent en sa faveur. Le nouveau plan prévoit que la moitié du personnel devra prendre part au vote. Les employeurs devraient aussi recevoir la possibilité d’engager temporairement des travailleurs afin de remplacer les grévistes. Lors de la précédente législature, les libéraux-démocrates, qui étaient alors partenaires de coalition des conservateurs, s’étaient opposés à cette réforme. Le Parti conservateur du Premier ministre David Cameron avait annoncé en janvier (voir notre article) son intention de restreindre le droit de grève en cas de victoire aux élections législatives de mai 2015, élections qu’il a remportées.

C’est suite à la grève des transports de janvier que le projet de loi avait été proposé

C'est suite à la grève des transports de janvier que le projet de loi avait été proposé

Au Parlement Wallon, en commission transport, il sera question des grèves sauvages dans les TEC. Les députés se penchent actuellement sur un projet de résolution qui permettrait de sanctionner les responsables de grèves spontanées. Cet après-midi, place aux auditions de différents partenaires. Un représentant de la CGSP va plaider pour une négociation au sein de l’entreprise (comme à la SNCB) de préférence à une loi, et pour une distinction entre « grève émotionnelle » (brève et immédiate, suite à un événement tel une agression) et grève sauvage.

Une grève aux TEC

Une grève aux TEC

Esmail Abdi, l’un des responsables de l’Association professionnelle des enseignants iraniens, a été arrêté le 27 juin, suite à sa tentative d’obtenir un visa pour participer au 7e Congrès de l’Internationale de l’Éducation à Ottawa, au Canada, fin juillet. Après la confiscation de son passeport à la frontière, il lui a été ordonné de retourner à Téhéran pour rencontrer un procureur. Il a été arrêté dès sa présentation au bureau des procureurs où 70 enseignants manifestaient leur solidarité à l’extérieur. L’arrestation d’Abdi fait suite à des rassemblements dans tout le pays au premier semestre pour protester contre les salaires qui, pour la majorité des enseignants, sont inférieurs au seuil de pauvreté.

Esmail Abdi

Esmail Abdi

Depuis la création d’une section du syndicat Organisation Démocratique du Travail (ODT) au sein de la société Honda-SEAT, des menaces de sanctions, des mesures abusives et arbitraires et des convocations par la police frappent régulièrement les représentants syndicaux. Après le licenciement arbitraire du secrétaire général du bureau syndical de la Société Honda–Seat à Rabat, Naime Abdelmadjid, la direction de la société a décidé d’engager des procédures de licenciement collectif de deux autres responsables syndicaux: Fenan Youssef, secrétaire général adjoint et Abdelghafour Bia, rapporteur. Les salariés de Honda-SEAT travaillent dans la précarité et dans des conditions extrêmement pénibles, avec des salaires dérisoires ne dépassant pas 2000 à 2500 dh par mois (moins de 250 euro). Ils sont obligés d’acheter leurs propres matériel et outil du travail.

Un assistant parlementaire (ex-secrétaire général CGT dans le Calaisis) et deux responsables du Syndicat maritime Nord, majoritaire au sein de la Scop SeaFrance, qui exploitait les navires MyFerryLink, propriété d’Eurotunnel, sont cités à comparaître devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) pour des dégradations en juin sur le site du tunnel sous la Manche. La société France Manche, qui appartient à Eurotunnel et qui est concessionnaire français du tunnel sous la Manche, leur reproche d’avoir pénétré sur le site du tunnel et d’avoir participé aux actions des marins les 23 et 30 juin derniers, avec des dégradations et des barrières déplacées. Selon l’assignation, il est demandé que les trois personnes visées « soient conjointement et solidairement condamnés à verser à la société France Manche, une provision de 300.000 euros ». Les préjudices sont estimés à 700.000 euros.

La situation dans le Calaisis est tendue depuis fin juin avec des opérations coups de poing menées par des marins en colère de la Scop SeaFrance, protestant contre le contrat d’affrètement de navires signé entre Eurotunnel et DFDS. Fin juin, ils sont parvenus à bloquer le port de Calais et le tunnel sous la Manche, paralysant aussi le trafic des trains Eurostar.

Les marins grévistes de MyFerryLink bloquant les voies de l’Eurostar

Les marins grévistes de MyFerryLink bloquant les voies de l'Eurostar

Le Congrès pour la République (CpR), parti de l’ex-président provisoire de la république Moncef Marzouki, avait déposé une plainte, il y a un an, contre Kacem Afaya, secrétaire général adjoint de l’UGTT, pour avoir déclaré sur des plateaux de radio et de télévision que le CpR et Ennahdha étaient des ennemis de l’organisation syndicale. Le CpR ayant porté plainte contre Kacem Afaya pour diffamation et diffusion de fausses informations, le dirigeant syndicaliste a été assigné à comparaître devant la justice. En classant l’affaire, celle-ci a débouté les dirigeants du CpR, dont les déclarations hostiles à l’UGTT sont nombreuses.

Le syndicaliste Kacem Afaya

Le syndicaliste Kacem Afaya

Ce mercredi midi, une cinquantaine de personnes était rassemblée dans le dépôt de bus des Courriers Ile-de-France (CIF, filiale de Keolis, elle-même filiale de la SNCF) de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis). Parmi eux, des représentants syndicaux de plusieurs entreprises de transport sont venus témoigner leur soutien à une vingtaine de conducteurs, en grève en mai dernier et aujourd’hui convoqués pour des entretiens disciplinaires.

Aucun protocole de fin de conflit n’a été signé entre la direction et les conducteurs des CIF-Kéolis depuis la fin de la grève, en mai dernier durant laquelle des dépôts de Seine-et-Marne, du Val-d’Oise et de Seine-Saint-Denis avaient été bloqués. Le mouvement de protestation, qui avait duré trois semaines, a pris fin lorsque, sur décision de justice, les blocus des dépôts avaient été levés. Les ex-grévistes réclament une amnistie complète et la rémunération totale ou partielle de la période de grève, des conditions refusées par la direction.

Au dépot des bus CIF de Tremblay-en-France

Au dépot des bus CIF de Tremblay-en-France