Des dizaines de Palestiniens ont été blessés vendredi dans des affrontements avec les forces armées israéliennes en Cisjordanie durant des rassemblements contre une barricade érigée par Israël et le siège du camp de réfugiés de Yarmouk en Syrie. D’après le Popular Resitance Committee, quatre Palestiniens ont subi des troubles suite l’inhalation de gaz lacrymogène durant une manifestation à Karf Qaddum, ville située à 40 kilomètres à l’ouest de Naplouse. Par ailleurs, cinq manifestants ont été blessés et des dizaines d’autres intoxiqués quand les forces armées ont tiré des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène sur la foule qui se rapprochait de la barricade israélienne construite dans les villages de Ni’lin et de Bi’lin.

Des centaines de personnes s’étaient réunies ce dimanche à Nusaybin, petite ville située à quelques kilomètres de la frontière syrienne. A l’appel du parti pro-kurde BDP et du Democratic Union Party, elles avaient l’intention de marcher jusqu’à la frontière pour dénoncer la récente décision du gouvernement turc de construire un mur de 2,5 kilomètres le long de la frontière turco-syrienne pour empêcher tout passage. La police n’a pas laissé les manifestants atteindre la frontière, faisant usage de gaz lacrymogène et de canons à eau. De l’autre côté de la frontière, plus de mille Kurdes s’étaient réunis pour protester contre l’intervention de la police turque. La construction du mur a débuté il y a une quinzaine de jours.

Construction d’un mur à la frontière turco-syrienne

Construction d'un mur à la frontière turco-syrienne

L’offensive lancée par le PKK le 23 juillet semble porter ses fruits: l’armée n’arrive toujours pas à pénétrer par voie terrestre dans les zones sous son contrôle à Semdinli. Le PKK a également pris le contrôle de plusieurs zones à Cukurca, toujours dans la région de Hakkari, depuis 4 aout. L’armée ne pouvant pas mener des opérations terrestres, elle a du abandonner le 9 aout tous ses barrages routiers sur la route de Semdinli-Yuksekova. Deux jours plus tard, le 11 août, l’armée s’est retirée également de toutes les postes de garde et des positions entre Hakkari et Cukurca. En outre, le PKK a intensifié ses opérations d’arrestations et de destruction des véhicules travaillant pour les chantiers militaires. Au moins 80 personnes dont des militaires, des gardians de village, des entrepreneurs, des maires AKP et un député CHP, parti kémaliste, ont été arrêtés par la guérilla entre 1er mai et 13 aout 2012.

Rappelons que les kurdes syriens ont pris le contrôle de leur région à partir du 19 juillet. Des conseils du peuple avaient déjà été créés dans toutes les villes kurdes, mais aussi à Alep où vivent quelque 600.000 kurdes, après la révolte lancée mi-mars 2011. Le processus de l’autonomie est accéléré: les noms des villes arabisées depuis 40 ans ont été changés, des écoles kurdes ont été multipliées, les enseignants travaillent déjà sur un système éducatif kurde, les Unités de défense populaires (YPG), des forces armées composées de femmes et hommes, ont été créés et les partis kurdes ont unis leurs forces sous la bannière du Conseil suprême kurde. Le principal parti kurde syrien, le PYD propose une confédération démocratique syrienne reconnaissant les droits du peuple kurde en tant que nation dans la future constitution et l’autonomie de la région kurde.

L’écrivain et militant communiste palestinien Salameh Kaileh, arrêté fin avril par les forces de sécurité syriennes, a été libéré. Il y est actuellement en jordanie où il est soigné pour les tortures subies dans les prisons syriennes. L’Observatoire syrien des droits de l’Homme a diffusé plusieurs photographies montrant de larges contusions sur ses bras et ses jambes, ainsi que des traces de brûlures. Salameh Kaileh, qui a été détenu pendant plus de huit ans dans les années 90 en Syrie, est né en 1955 à Bir Zeit en Palestine mais il vit depuis plus de 30 ans en Syrie. Il a plus de 20 ouvrages à son actif.

Syrie: Salameh Kaileh libéré après avoir été torturé

Né à Birzeit, en Palestine, en 1955, Salameh Kaileh a étudié à Bagdad et s’est engagé dans la résistance palestinienne. Militant communiste bien connu, il est l’auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels “Critique of Mainstream Marxism” (1980), “The Arab and The National Question” (1989), “Imperialism and the Plunder of the World” (1992), “The Problems of Marxism in the Arab World” (2003) et “The Problem of the Arab Nationalist Movement” (2005). Il a été arrêté dans la nuit du 24 avril à Damas par des services de sécurités dont on ignore s’ils relèvent de l’armée ou de la police. Son domicile a été perquisitionné et ses affaires emportées. Salameh a déjà passé huit années dans les prisons syriennes en raison de ses critiques contre le régime, et était actif dans le Front de la Gauche Syrienne.

Lire une intervention de Salameh Kaileh

Syrie: Arrestation de Salameh Kaileh

En Syrie, les manifestations de contestation se poursuivent. Mercredi soir, plus de 5000 personnes ont défilé à Daël pour réclamer la chute du régime. 23 manifestants ont été arrêtés. Agissant sur base de listes, les forces de sécurité on mené ce jeudi une vaste opération de perquisitions dans plusieurs villes du pays. Un mineur de quinze ans et trois autres personnes ont été tuées lors de ces investigations à Daël. Plus au nord, deux civils ont été tués par des tirs des forces de sécurité.

Peu après le levé du soleil, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de nombreuses villes d u pays pour exiger la chute du gouvernement syrien. Depuis la mi-mars, le mouvement de contestation enfle, et la répression par les autorités suit la même courbe. Selon certains observateurs, plus de 2200 personnes seraient décédées en Syrie au cours de ces cinq derniers mois. Et ce matin, le scénario s’set une nouvelle fois répété. Les forces de sécurité ont tiré dans les différends rassemblements, faisant au moins sept morts. De nombreuses personnes ont également été blessées au cours de ces opérations de dispersion. Hier, les forces de sécurité ont également conduit de nombreux raids dans plusieurs villes, faisant 17 morts et des douzaines de blessés. Par ailleurs, les forces de sécurité se sont également déployées autour de la ville de Homs (un des berceau du mouvement). Au cours de leur manoeuvre d’encerclement, elles y ont coupé les télécommunications alors que de nombreux appels à la manifestation avaient été lancés via les réseaux sociaux.

Mardi et mercredi ont à nouveau été le cadre d’une violente répression à travers la Syrie. Six personnes ont été tuées par des tirs des forces de sécurité à Homs et à Talbiseh. Un septième homme serait mort sous la torture après avoir été arrêté il y a une semaine à Khan Shehoun. En deux jours, les autorités ont procédé à plus de 140 arrestations à Harasta, après avoir bouclé cette ville industrielle située au nord-ouest de la capitale.

Hier, comme tous les vendredis depuis la mi-mars, les opposants au régime syrien avaient lancé un appel à la mobilisation à travers le pays. Des dizaines de milliers de personnes sont à nouveau descendues dans les rues de Deraa (sud), de Qamechli (nord-est), de Deir Ezzor (est), de Homs (centre),… Elles s’étaient rassemblées pour réclamer la chute du régime ainsi que pour rendre hommage aux manifestations de dimanche à Hama où plus d’une centaine de personnes ont été tuées par les autorités. Celles-ci ont une fois encore violemment réprimé les rassemblements d’hier. Quinze personnes ont été tuées durant la journée, et sept pendant la nuit. 2038 personnes auraient été tuées par les forces gouvernementales depuis le début du soulèvement.

Ce samedi, plusieurs centaines de chars et de véhicules militaires de l’armée syrienne se sont déployés à Deir Ezzor et autour de Homs.