Cela fait plus de trois mois que les étudiants chiliens se mobilisent à Santiago et dans une dizaine d’autres villes du Chili pour réclamer une réforme de l’éducation et une augmentation des moyens pour l’enseignement public. Lundi, le gouvernement a émis une série de propositions, jugées insatisfaisante. Les étudiants avaient annoncé deux manifestations ce jeudi, que les autorités se sont empressées d’interdire. Plus de 5000 personnes ont néanmoins pris part aux rassemblements, qui ont été violemment réprimés. Le matin, la police a fait usage de gaz lacrymogènes et de lances à eau pour disperser un premier rassemblement à Santiago et dégager des carrefours que les étudiants bloquaient avec des barricades de pneus enflammés. Plus tard, la police est à nouveau intervenue pour empêcher un second rassemblement. Environ 200 étudiants sont parvenus à occuper les studios d’une télévision privée et à enregistrer un message en direct. Au total, 552 personnes ont été interpellées à travers tout le pays, dont 284 à Santiago pour troubles de l’ordre public, port d’armes ou de matériel explosif. Les autorités ont également annoncé que 29 policiers avaient été blessés au cours des affrontements.

Arrestation d'un étudiant au Chili

Arrestation d’un étudiant au Chili

Ce mardi s’est clôturé le procès de quatre anciens militaires (dont deux membres d’une unité d’élite de l’armée) accusés du massacre de 201 paysans en décembre 1982, durant la guerre civile. Celle-ci a confronté durant 36 ans la guérilla rurale et le pouvoir soutenu par les militaires et les milices d’extrême droite. Ces années d’affrontements ont fait plus de 100.000 morts, 40.000 disparus et poussé plus de 100.000 habitants à l’exil. C’est la première fois que d’anciens militaires sont condamnés pour un massacre commis durant la guerre. Les quatre hommes ont été reconnus coupables des 201 meurtres et ont écopé de trente ans de prison incompressibles par paysan assassiné, ce qui revient à un total de 6030 années d’emprisonnement, auxquelles se sont ajoutées trente années supplémentaires pour chacun pour ‘crime contre l’humanité’.

Selon les autorités militaires colombiennes, au moins quatre guérilleros des FARC appartenant au 62e Front auraient été tué durant une opération à La Macarena (centre) ce dimanche. Le combat s’est déroulé à quelques kilomètres du lieu où le commandant militaire ‘Mono Jojoy’ avait été assassiné en septembre dernier. Trois corps ont pu être identifié, mais l’identité du quatrième reste inconnue. L’un d’entre eux serait celui de ‘Juvenal El Paisa’, un des dirigeants haut placés du 62e Front. Dans l’opération de ratissage qui a suivi l’affrontement, les forces de sécurité ont saisi un fusil mitrailleur M60, un mortier, sept gros fusils d’assaut, plus de 1400 munitions et une grande quantité d’explosifs. Elles ont également pu récupérer deux ordinateurs portables desquels elles espèrent tirer des renseignements pour mener de nouvelles opérations. Depuis la mort de ‘Mono Jojoy’, le cordon de sécurité qui entourait La Macarena (et dans lequel était confiné plus de 2000 guérilleros) a été coupé, leur permettant d’intensifier leurs activités.

Corps de guérilleros des FARC

Corps de guérilleros des FARC

Les opérations de contre-guérilla s’intensifient dans la région d’Ayacucho, jusqu’à présent sans résultat autre que la découverte, dans le district de Luricocha, (province de Huanta), d’un petit dépôt d’armes du PCP-SL. Les guérilléros maoïstes se sont cependant montrés actifs dans la localité d’Huancavelica. Tandis que le chef des forces armées annonçait l’intensification des opérations de contre-guérilla, le ministre de la Défense a fait avant-hier une déclaration triomphaliste, affirmant que « l’aire d’action » de la guérilla du PCP-SL avait été réduite, en cinq ans, de 34.000 à 5.000 kilomètres carrés.

Au moins deux militaires ont été tués et deux blessés dans un accrochage armé mardi dans le sud-est du Pérou entre une patrouille de l’armée et une colonne de guérilleros du PCP-SL. L’affrontement est intervenu dans le district de Llochegua (région d’Ayacucho). Les militaires tués sont des sous-officiers affectés à la Base Contra Terrorista “Unión Mantaro”. Des hélicoptères ont évacués les blessés et débarqués des renforts pour des opérations de ratissages.

Embuscade de la guérilla maoïste au Pérou

Embuscade de la guérilla maoïste au Pérou

Le gouverneur du département de Cauca au sud-ouest de la Colombie demande à l’état colombien de placer le département en situation d’état d’urgence après de récentes attaques menées par les guérilleros des FARC. Il s’agit pour le gouverneur d’obtenir des fonds de la part de l’état colombien après les destructions occasionnées dans les villes de Corinto et Toribio (4000 habitants chacune) lors des attaques des FARC il y a moins de deux semaines. La dernière attaque remonte au 13 juillet : les guérillros des FARC ont tiré au moins cinq mortiers artisanaux contre un poste de police de la ville de Toribio.

Samedi, une colonne de guérilleros du PCP-SL, une colonne senderista est arrivée à Virgen Ccasana – Rosario Santillana (district de Llochegua, province de Huanta – Ayacucho), près de la base militaire de Corazonpata. Les guérilleros ont organisé un meeting, puis le procès d’un habitant du village accusé d’être un indicateur de police. L’homme a été abattu.

Vendredi, une autre colonne de guérilleros du PCP-SL était entrée dans le village de Valdivia (district de Tintaypunco, province de Tayacaja) où une autre personne, également accusée d’être un indicateur de police, a été grièvement blessé par balles.

Un ancien officier de l’armée péruvienne Telmo Hurtado est arrivé vendredi à Lima après son extradition par les Etats-Unis. Hurtado, diplômé de la fameuse Ecole des Amériques commandait la patrouille militaire qui tua 69 villageois, dont 30 enfants et 27 femmes, en août 1985 à Accomarca, dans le sud-est du Pérou, durant le conflit avec la guérilla du PCP-SL. 29 autres militaires sont jugés depuis le 4 novembre 2010 pour ces faits.

Durant la présidence d’Alberto Fujimori (1990-2000), Hurtado était officiellement protégé. il fut même décoré en 1992, 1994 et 1996. Il était major quand une modification de la loi d’amnistie l’a exposé aux poursuites. il a alors pris la fuite, d’abord en Colombie, ensuite à Miami. Hurtalo a déclaré que le massacre faisait partie d’une stratégie d’ensemble de lutte contre le PCP-SL. Plusieurs de ces massacres avaient pour double but de terroriser les populations indiennes et de servir la propagande gouvernementale (largement reprise dans les médias internationaux) qui attribuaient ces massacres aux maoïstes.

Les étudiants se mobilisent pour que l’Etat reprenne la tutelle des établissements publics qui accueillent 90% des 3,5 millions d’élèves. Leur gestion avait été déléguée aux municipalités par le régime militaire et néolibéral du général Augusto Pinochet. Une marche a rassemblé hier entre 50.000 et 80.000 personnes étudiants, professeurs, parents et enfants. Les forces de police ont fait usage de grenages lacrymogènes et de lances à incendie pour tenter de disperser les manifestants qui voulaient se rassembler devant le palais présidentiel de la Moneda, sans autorisation des autorités.

Des jeunes ont répliqué à coups de pierres, de bâtons et de projectiles de peinture. Un membre des forces de l’ordre a été grièvement blessé par un cocktail Molotov. 32 policiers auraient été blessés, la police a procédé à 54 interpellations. Plusieurs rassemblements massifs d’étudiants avaient déjà ponctué le mois de juin, mobilisant à deux reprises plus de 80.000 personnes. Le 30 juin, des heurts violents entre manifestants et policiers s’étaient déjà soldés par 13 arrestations et un policier blessé.

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