Dans une crèche à côté de Varèse en Lombardie, les directeurs ont commandé 200 bracelets « hi-tech » destinés aux élèves et aux enseignants. Ces bracelets clignotent et vibrent quand les personnes se rapprochent les uns des autres et ils sont capables d’enregistrer les données des autres bracelets rencontrés. Ils seront donc utilisés pour faire respecter aux enfants la distanciation physique et reconstituer les éventuelles chaînes de contamination. Ils seront payés par les familles des élèves.

Alors que la réouverture des établissements scolaires approche à grands pas, le Ministère de l’Éducation Nationale diffuse des consignes destinées aux enseignants. Sur son site internet, plusieurs directives sont données sur les attitudes à adopter envers les élèves : des « fiches » de reprise sont mises en ligne. L’une d’elle s’intitule « Risque de replis communautaristes ». En réalité, cette fiche invite les enseignants à surveiller voire à sanctionner toute pensée contestataire. Cette fiche estime notamment que « la crise du Covid-19 peut être utilisée par certains pour démontrer l’incapacité des États à protéger la population », que  « divers groupes radicaux exploitent cette situation dramatique dans le but […] de troubler l’ordre public », que « certaines questions et réactions d’élèves peuvent être abruptes et empreintes d’hostilité et de défiance : remise en question radicale de notre société ». Plus loin, le document s’alarme de « contre projets de société » et d’une possible « fronde contre les mesures du gouvernement ». La fiche appelle donc les enseignants à « prendre en compte l’intégralité du spectre des idées radicales », notamment politiques et religieuses.

Un extrait de la fiche du ministère de l'éducation nationale

Un extrait de la fiche du Ministère de l’Éducation Nationale

Mercredi 6 mai, un homme a été arrêté alors qu’il faisait du kayak sur l’étang du Bois de la Cambre à Bruxelles. Sur son kayak, une banderole demandait la régularisation de sans-papiers. Le kayakiste a été arrêté et emmené au poste de police pour une identification. Il a ensuite été relâché. Le même jour, un autre homme a décidé de faire en kayak sur les étangs d’Ixelles, où le kayak n’est normalement pas autorisé. Il l’a fait sans porter de revendication particulière. Il n’a pas été inquiété par la police.

Un kayakiste qui demandait la régularisation de sans-papiers arrêté au Bois de la Cambre

Un kayakiste qui demandait la régularisation de sans-papiers arrêté au Bois de la Cambre (2)

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A Toulouse, plusieurs actions ont eu lieu ces derniers jours contre des banques. Dans la nuit du 4 au 5 mai 2020,  les vitrines de la banque Crédit Agricole (située avenue des Minimes) ont été brisées et étoilées. L’établissement a aussi été tagué. Un communiqué revendiquant l’action a été diffusé par un auto-média.

Fin avril c’est l’entrée d’une autre banque qui a été incendiée route d’Espagne, l’action avait été revendiquée dans un communiqué.

L’Alliance du premier mai révolutionnaire, à laquelle appartient notre Secours Rouge, a publié un premier bilan du premier bilan des initiatives de ce premier mai 2020:

En cette période de confinement, nous avions décidé il y a quelques semaines de reporter la grande manifestation révolutionnaire au mois de juillet prochain, afin de pouvoir garantir les meilleures conditions de sécurité possibles pour un rassemblement de cette ampleur.
Pour autant, il n’a jamais été question pour les organisations révolutionnaires -membres ou non de notre Alliance- de se retrouver réduites à l’impuissance, chassées de la rue par les mesures d’exception. Lire la suite

Rassemblement devant le Colruyt

Une vingtaine de sabotages d’antennes-relais et de destructions symboliques ont été recensés depuis le 1er avril. Parmi les cibles, on compte trois antennes-relais de l’opérateur Orange dans les montagnes du Jura et un pylône téléphonique incendiés en Bretagne. Des banques ont également été ciblées à Lyon et à Toulouse, ainsi que des véhicules d’Enedis à Montpellier, un géant du BTP à Niort, un McDonald’s dans la Drôme ainsi qu’une sous-préfecture à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Une note confidentielle du service central du renseignement territorial (SCRT), datée du 23 avril, attribue ces actions à des militant·es de la gauche révolutionnaire. Les services de renseignement se basent sur plusieurs appels aux sabotages sur des pages Facebook et sites internet du mouvement révolutionnaire dont cet appel à renouer avec l’action directe, largement relayé. Une dizaine d’enquêtes judiciaire sont en cours, principalement confiées aux sections de recherche de la gendarmerie, pour faire la lumière sur ces sabotages. Selon la note confidentielle du SCRT, le concept d’action directe se répand aussi dans les pays européens, notamment en Italie et aux Pays-Bas, où des sabotages d’antennes-relais viennent d’être constatées.

La carte des actions de sabotage en France

La carte des actions de sabotage en France

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Samedi 2 mai, le gouvernement  a entériné la prolongation jusqu’au 23 juillet de l’état d’urgence sanitaire contre le Coronavirus et ce malgré le déconfinement programmé à partir du 11 mai. Le projet de loi modifie également les mesures permises par cet état d’urgence. Actuellement, cet état d’urgence sanitaire permet la mise en quarantaine et l’isolement de personnes, des mesures jusqu’ici uniquement mises en place en outre-mer. Le projet de loi prévoit que le ministère pourra fixer, après accord du comité scientifique, la durée et les conditions d’une mesure de quarantaine avec isolement, des conditions qui pourraient être adaptées en fonction des régions. La quarantaine pourra se faire soit au domicile (dans ce cas, tout le foyer sera confiné), soit dans des hôtels réquisitionnés.

Contrairement aux dispositions actuelles, la quarantaine ne pourra cependant être imposée qu’en cas d’arrivée sur le territoire national, dans une colonie ou en Corse. Elle sera dans ce cas décidée après constatation médicale de l’infection, par le préfet. Cette quarantaine pourra aller jusqu’à l’interdiction de toute sortie du domicile. Dans ce cas, le juge des libertés et de la détention pourra être saisi par la personne à tout moment. Il statuera dans les soixante-douze heures. Ce juge pourra également s’autosaisir et son accord sera obligatoire pour une prolongation de la quarantaine au-delà de quatorze jours. Dans les autres cas ne prévoyant pas un isolement sans sorties, c’est le juge administratif des référés qui restera compétent. Il s’agit de séparer ici ce qui relève de la privation des libertés (juge judiciaire) de la restriction des libertés (qui restera de la compétence du juge administratif).

La loi prévoit également de modifier d’autres mesures: réquisition de personnes, usage dans les transports et les commerces (par exemple en imposant le port du masque). Le gouvernement souhaite aussi élargir les personnes habilitées à constater les infractions aux mesures de l’état d’urgence. Devraient ainsi pouvoir dresser les procès-verbaux les réservistes, les adjoints de sécurité, mais également les agents assermentés des services de transport, dès lors que la contravention aura lieu dans des transports publics. Le gouvernement souhaite également mettre en place une forme de contact-tracing. Pour ce faire, des brigades sanitaires, d’environ 20 000 à 30 000 membres, seront chargées de remonter la liste des personnes ayant été en contacts avec une personne infectée, pour les inviter à se faire tester. Une base de données pour ces enquêtes épidémiologiques se créée, elle pourra contenir des données de santé et d’identification sur les personnes infectées et celles ayant été en contact avec elles, le cas échéant sans leur consentement. Elle pourra également être nourri des données de Santé publique France, de l’assurance maladie et des agences régionales de santé. Les services de santé et les laboratoires autorisés à réaliser les tests pourront y avoir accès.

L'état d'urgence sanitaire est prolongé

Ce 1er Mai 2020, une distribution solidaire de nourriture avait lieu à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Des policiers venus en nombre ont nassé et verbalisé les militant·es de la « brigades de solidarité populaire » qui distribuaient de la nourriture gratuitement, ainsi que des personnes venues en chercher.

La police interrompt une distribution de nourriture à Montreuil

La police interrompt une distribution de nourriture à Montreuil

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Le suivi des contacts pourra commencer dès lundi en Wallonie avant d’être étendu à Bruxelles le 11 mai. Les données relatives aux personnes testées positives au Covid-19, ainsi que les personnes avec lesquelles elles sont entrées en contact, seront conservées. Les données seront stockées dans une base de données Sciensano sécurisée et non dans un cloud conformément à un accord conseil des ministres restreint (kern) trouvé samedi 2 mai. Un arrêté royal stipule que ces données seront stockées dans une base de données sécurisée de l’institut de santé Sciensano. L’arrêté royal sera transformé en projet de loi. Celui-ci est en cours d’élaboration.

Contact tracing en Belgique

Contact tracing en Belgique

Malgré les mesures de confinements, les militant·es de plusieurs villes européennes ont tenté de mener des actions à l’occasion du 1er mai. Voici un compte-rendu non exhaustif de la situation. À Paris, un groupe a tenté de manifester place de la République à Paris, en affichant notamment plusieurs banderoles indiquant « Le capitalisme est le virus, la révolution c’est le vaccin » et un autre dévoilant « Nos vies ou leurs profits ». La police est intervenue en nombre, a contrôlé les identités des militant·es et en a arrêté plusieurs. Plus tard dans la journée, d’autres tentatives de rassemblement ont eu lieu dans la capitale ou en banlieue parisienne, à Montreuil ou devant la mairie du 18e arrondissement. Une autre manifestation, organisée par la CGT a également eu lieu a Guingamp. Les militant·es syndicaux ont manifesté depuis leur voiture ce qui n’a pas empêché la police mettre 17 amendes.

À Berlin, 5 000 policiers étaient mobilisés pour empêcher les nombreuses personnes descendues dans la rue de partir en manifestation. Il y a eu des heurts en soirée, des échanges de coups  entre manifestants et policiers, dans le quartier de Kreuzberg. Plusieurs manifestants ont été arrêtés et trois voitures ont été incendiées. À Athènes, des centaines de personnes se sont rassemblées devant le parlement tout en gardant leurs distances et en portant des masques. Une manifestation s’est également déroulée à Thessalonique. À Barcelone une manifestation, organisée par des syndicalistes, s’est tenue devant les urgences d’un hôpital tandis qu’à Saragosse, une manifestation syndicale s’est organisée depuis des voitures. Il y a aussi eu des manifestations à Vienne. À Zurich, les militant·es ont organisé plusieurs petites manifestations et initiatives, une banque a été attaquée avec des bouteilles remplies de peinture (voir la vidéo). Plusieurs arrestations ont eut lieu.

À Istanbul et à Ankara, au moins 45 personnes ont été arrêtées pour avoir tenté d’organiser des marches du 1er mai malgré un couvre-feu de trois jours imposé jeudi à minuit. Au moins 15 personnes ont été arrêtées lorsqu’un groupe s’est réuni au bureau central de la Confédération des syndicats progressistes (DISK) dans le quartier Besiktas d’Istanbul et a tenté de marcher jusqu’à la place Taksim. Le président de la DISK, Arzu Cerkezoglu, a également été brièvement détenu avant d’être libéré. Onze autres personnes ont été arrêtées dans le quartier de Kadikoy à Istanbul, du côté anatolien, pour avoir tenté de tenir un rassemblement. Douze autres personnes, qui voulaient marcher sur la place Taksim, ont été arrêtées dans le quartier Sisli d’Istanbul. Sept personnes ont été arrêtées dans la capitale Ankara. Toutes les personnes arrêtées à Istanbul auraient été libérées. Un total de 44 756 membres du personnel des services de police étaient mobilisés pour empêcher les manifestations.

1er Mai à Athènes1er Mai à Berlin