Il y a un an et demi, Nero avait été emprisonné dans les prisons de Moabit et de Tegel pour avoir aveuglé un hélicoptère de police avec un laser, pendant les affrontements dans la rue Rigaer (voir notre article). Dix-huit mois de tentatives de le briser de la part de la prison et des enquêteurs, d’efforts soutenus de la LKA (police criminelle du Land) pour le maintenir derrière les barreaux plus longtemps et de pressions constantes de la direction de la prison pour qu’il se démarquer du milieu anarchiste. Nero a refusé de capituler et rejeté leurs offres de « resocialisation ». Il a finalement pu quitter la prison au début de la semaine sans conditions.

Un arrêt de la Cour constitutionnel prononcé le 6 décembre (désolé pour notre retard à en faire écho) a annulé une série de dispositifs de la loi du 25 décembre 2016 régissant les « méthodes particulières de recherches ». La Cour annule ainsi la possibilité offerte aux policiers et procureurs d’utiliser le GSM d’un suspect pour naviguer sur son compte Facebook, son appli bancaire ou son fil WhatsApp. Cela lui est maintenant interdit, sauf accord du juge d’instruction, et sauf si le policier ne fait que naviguer sur ces applications déjà ouvertes, sans avoir le droit de cliquer.

Par ailleurs, la Cour constitutionnelle a annulé les dispositifs de tout le texte sur les méthodes particulières de recherche, en ce qui concerne les avocats et les médecins, professions soumises au secret professionnel. C’est le résultat d’une action intentée par la Ligue des droits humains (nouveau nom de la Ligue des droits de l’homme) et de la Liga voor Mensenrechten, qui demandaient l’annulation pure et simple de la loi.

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L’Assemblée nationale française a voté dans la nuit de mercredi à jeudi la création d’un délit de dissimulation du visage dans les manifestations, dans le cadre de la proposition de loi LR « anticasseurs » dont les députés n’ont pas achevé l’examen. Ce nouveau délit de dissimulation volontaire (totalement ou partiellement) sera assorti d’une peine d’un an d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende.

Les députés ont modifié la définition qu’ils avaient trouvée en commission et que plusieurs y compris à droite trouvaient « inapplicable ». Le juge devait en effet prouver l’intention de la personne portant un casque ou une cagoule de participer à des troubles. Dans la nouvelle rédaction, la charge de la preuve est renversée et ce sera à la personne d’apporter un « motif légitime » à la dissimulation de son visage. En 2009 un « décret anti-cagoule » adopté sous Nicolas Sarkozy prévoyait que le fait de dissimuler son visage au sein ou aux abords d’une manifestation n’était passible que d’une amende de 1.500 euros maximum.

Manifestation anti-Macron (archive)

Manifestation anti-Macron (archive)

Accusé puis acquitté en Belgique dans la fameuse « affaire DHKP-C » entre 2005 et 2009, le révolutionnaire turco-néerlandais Musa Asoglu n’a pas fini d’être harcelé par les États alliés au régime turc. Ces dernières années, il était la cible d’une véritable chasse à l’homme organisée par la CIA sur le sol européen. Sa tête a été mise à prix pour 3 millions de dollars par les USA qui le présentent comme un dirigeant du DHKP-C, une organisation révolutionnaire qui s’est attaquée plusieurs fois aux intérêts américains en Turquie, et à l’oligarchie turque.

Contraint de vivre dans la clandestinité, Musa Asoglu aujourd’hui âgé de 57 ans, a été capturé le 2 décembre 2016 par la police allemande à Hambourg. Musa est depuis incarcéré à la prison de Karlsruhe, sans avoir commis aucune infraction en Allemagne, uniquement sur base des dossiers des services anti-terroristes turcs, qui ont de lourds antécédents de dossiers construits à base de faux éhontés et de prétendus « aveux » extorqués sous la torture. Le procès de Musa se poursuit en ce début d’année 2019, il risque actuellement 7,5 ans de prison. Soutenir Musa Asoglu, c’est soutenir la résistance contre le fascisme en Turquie, c’est dénoncer la collaboration des instances policières et judiciaires européennes avec les tortionnaires d’Ankara.

Emprisonné en Allemagne (comme dans les prisons d’autres pays comme les USA), Musa ne peut recevoir que des colis livrés par la société Amazon, CDs, DVDs et livres. En coopération avec le Front Populaire (Halk Cephesi), nous avons créé une liste de cadeaux sur ce site avec des livres, disques et films choisis par Musa. L’adresse est pré-enregistrée et les cadeaux seront systématiquement retirés de la liste après une commande. Voir la liste de cadeaux pour Musa Asoglu ici.

Des livres pour Musa Asoglu

Des livres pour Musa Asoglu

Mardi 29 janvier au soir, un membre des Republican Sinn Féin Poblachtach était chez sa compagne à Belfast lorsqu’il s’est rendu compte que la maison de celle-ci été encerclée par la police. Des agents de différents services de polices d’Irlande du Nord accompagnés de chiens étaient présents. Lorsqu’il est sorti, il a été arrêté violemment et embarqué dans une jeep blindée qui l’a conduit au centre d’interrogatoire de Musgrave. La maison de la compagne a été fouillé ainsi que celle du militant arrêté.

Le logo des Republican Sinn Féin Poblachtach

Le logo des Republican Sinn Féin Poblachtach

Jeudi 24 janvier huit personnes ont été placées en détention provisoire et six autres sous contrôle judiciaire. Elles sont accusées d’avoir incendié un péage. Pour rappel, dans la nuit du 1er au 2 décembre 2018, quelques heures après une manifestation de Gilets jaunes, 200 personnes munies de cocktails Molotov avaient incendié un péage à Narbonne. Ces 14 personnes avaient été arrêtées dans la semaine. Douze d’entre elles lundi personnes, au cours d’une opération de la gendarmerie, les deux autres plus tard.

Arrestations de Gilets jaunes à Bordeaux (archive)

Arrestations de Gilets jaunes à Bordeaux (archive)

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Cela fera bientôt un an que la campagne « Shengal-CELOX » pour les femmes combattantes au Kurdistan – a été lancée par le Secours Rouge International. Il s’agit de soutenir politiquement et matériellement les unités militaires des femmes en finançant des pansements hémostatiques Celox. 60% des camarades blessé.e.s par balles meurent d’hémorragie en attendant d’être pris.es en charge. Les pansements Celox permettent de stopper les hémorragies rapidement et sauvent donc de nombreuses vies. Un pansement coûte 75€. Les pansements Celox sont distribués par les unités médicales aux combattant.e.s sur les lignes de front.

Après la victoire des YPJ et YPG à Raqqa, la région d’Afrin a été attaquée et envahie par l’armée turque et ses milices djihadistes. Aujourd’hui, le Rojava est a nouveau menacé. Cette soirée sera l’occasion de présenter la campagne, de faire le bilan sur un an d’occupation mais aussi de discuter des menaces qui pèsent actuellement sur la région et le mouvement révolutionnaire kurde.

Lien vers la page de la Campagne « Shendal Celox »

A la Cafétéria collective Kali, 32 rue Saint-Thomas, à Liège, le samedi 2 février à 18 heures.

Combattantes kurdes au Rojava (archive)

Combattantes kurdes au Rojava (archive)

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L’organisation Red Roja avait organisé à la mi-2014 et à la fin de 2015 une collecte pour fournir une aide économique solidaire au peuple palestinien. Ángeles Maestro Martín, dirigeante de Red Roja, était titulaire principale du compte de la collecte, deux autres militantes étaient titulaires secondaires. Les fonds recueillis lors de la première collecte ont été remis à Leila Khaled, qui à ce moment-là a visité différentes parties de l’État espagnol. Les fonds de la seconde collecte ont été versés à des représentants de l’Autorité nationale palestinienne. Les pouvoirs judiciaires espagnols ont ouvert une instruction pour « financement du terrorisme ». Les trois co-titulaires du compte devront comparaître le 5 février.

Ángeles Maestro Martín

Ángeles Maestro Martín

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Des incidents ont émaillé les manifestations des « gilets jaunes » samedi en France, qui se sont encore mobilisés pour le onzième samedi de suite à Paris et surtout en province. Au centre de la capitale française, des incidents ont éclaté place de la Bastille, lieu symbolique ou avaient convergé plusieurs cortèges de « gilets jaunes ». Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et d’un canon à eau pour repousser des manifestants qui leur jetaient des projectiles et s’emparaient de matériel de chantier dans une rue adjacente. 22 personnes ont été interpellées à Paris.

Des heurts ont également eu lieu à Amiens, Angers, Avignon, Besançon, Bordeaux, Evreux, Le Mans, Montpellier, Nice, Paris, Passy, Quimper, Rennes, Rouen, Saint-Etienne, Strasbourg, Toulon, et Toulouse. Une des figures médiatiques des « gilets jaunes », Jérôme Rodrigues, a été grièvement blessé à un oeil. Le rassemblement nocturne prévu à Paris – baptisé « Nuit jaune » en référence aux rassemblements citoyens de « Nuit debout » de 2016 – a été rapidement écourté à la suite de l’intervention des forces de l’ordre.

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Vendredi 25 janvier dans la soirée, près de 200 personnes ont manifesté devant la Maison d’Arrêt de Seysses (à 25km de Toulouse) pour exiger la libération des prisonniers de la mobilisation des Gilets Jaunes. Malgré la pluie, familles de détenus et soutiens se sont fait entendre et voir. Plusieurs prisonniers ont répondu à la mobilisation en brandissant des draps à la fenêtre et en scandant « Macron démission ».
Une initiative similaire a également eu lieu à Perpignan où les Gilets Jaunes ont organisé une chaîne humaine autour de la prison le dimanche 27 janvier.

Gilets Jaunes devant la Maison d'Arrêt de Seysses (archive)

Gilets Jaunes devant la Maison d’Arrêt de Seysses (archive)

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