Le vendredi 23 janvier 2026, au quatorzième jour de sa grève de la faim, le prisonnier politique Umer Khalid a entamé une grève de la soif après avoir été placé en cellule d’isolement sans téléphone à la prison HMP Wormwood Scrubs. Lié à l’organisation Palestine Action désormais interdite (voir notre article), il est en détention provisoire depuis six mois pour une intrusion sur la base aérienne de Brize Norton. Il est désormais soumis à une surveillance continue 24h/24 et n’est plus autorisé à s’associer aux autres prisonniers, bien qu’il ait finalement obtenu une cellule équipée d’un téléphone après avoir défendu ses droits. Par cette action, il dénonce le silence et l’inaction du gouvernement face à ses revendications et celles de ses co-accusés (voir notre article), affirmant dans une déclaration : « Le gouvernement savait que cela allait arriver. Depuis deux semaines, nous sommes témoins de leur soif de sang à travers leur silence. […] Je ne suis pas suicidaire. Je ne suis pas un extrémiste. Je porte un amour intense pour mes co-accusés, pour les prisonniers politiques partout dans le monde, et pour toute l’humanité ».

Alors que les actions de soutien se multiplient au Royaume-Uni, un rassemblement d’urgence est organisé en soutien à Umer Khaled ce dimanche 25 janvier dès 18H devant le Consulat Britannique à Bruxelles (Avenue d’Auderghem 10, 1040 Brussels).

Le procès de sept militants antifascistes, accusés de « vol aggravé » suite au vol d’une casquette appartenant à un membre d’un groupe d’extrême droite, a été ajourné par le tribunal régional de Graz (voir notre article). La défense souligne l’absence de preuves matérielles, notant que les vidéos de surveillance ne montrent aucun acte de violence et que la victime elle-même n’a pu confirmer avoir été touchée par les prévenus. Le tribunal a ordonné un délai d’environ trois mois pour réaliser de nouvelles expertises, notamment une analyse des vidéos par intelligence artificielle et un rapport médico-légal pour clarifier l’origine des blessures de la victime. Cette attente prolonge l’incertitude pour les accusés, dont trois ressortissants allemands qui font également l’objet de procédures d’expulsion.

Le gouvernement russe renforce le contrôle d’Internet et vise à supprimer complètement l’anonymat des utilisateurs. Roskomnadsor, le service fédéral russe de surveillance des communications, des technologies de l’information et des médias, ralentit actuellement le messenger Telegram, accusé de ne pas avoir bloqué suffisamment rapidement les « chaînes anonymes », tandis que WhatsApp s’est conformé aux exigences des autorités. Des mesures de surveillance plus larges sont prévues, incluant des systèmes d’IA pour bloquer les VPN et identifier les contenus interdits à partir de mots et d’expressions, pour un coût d’environ 25 millions d’euros. Selon plusieurs observateurs, la Russie veut devenir le premier pays au monde à abolir totalement l’anonymat en ligne.

À Belfast, l’Irish Republican Prisoners Welfare Association (IRPWA) a célébré le retour de Nuala Perry, récemment libérée de la prison britannique de Hydebank après plus de deux ans d’incarcération sur une peine totale de quatre ans. Elle avait été condamnée en 2023 pour avoir collecté des documents jugés utiles à des « terroristes ». L’accueil s’est accompagné de la remise de fleurs et d’une image encadrée de Roger Casement, militant irlandais exécuté en 1916 pour son rôle dans la lutte pour l’indépendance. L’association a réaffirmé son engagement à soutenir les prisonniers républicains irlandais, les anciens détenus et leurs familles.

En Tchita, le tribunal régional a interdit le « Zabaïkalskoïe levoie obïedinenie » (Union de gauche de Transbaïkalie) en le qualifiant d’organisation terroriste, à l’issue d’une procédure fondée principalement sur un petit canal Telegram aujourd’hui inactif et comptant moins de 100 abonnés. Les autorités présentent deux jeunes anarchistes emprisonnés, Alexandre Snezhkov et Lioubov Lizounova, comme « dirigeants » du mouvement, bien qu’ils affirment qu’il ne s’agissait que de pages personnelles sans structure, statuts ni organisation réelle. La décision s’appuie sur des éléments tels que des graffitis, un avatar de réseau social assimilé à un « drapeau » et des témoignages, et intervient alors que les deux prévenus ont déjà été lourdement condamnés pour vandalisme et « apologie du terrorisme » (voir notre article).

Umer Khalid, actuellement au 12ème jour de sa grève de la faim, dénonce un durcissement de ses conditions de détention et menace d’entamer une grève de la soif ce samedi si aucune négociation n’est engagée. Ses revendications incluent la fin de la censure, sa libération immédiate sous caution, la réouverture de l’enquête sur Gaza et la levée de l’interdiction de Palestine Action. Alors que plusieurs de ses codétenus (Kamran, Heba, Jon, etc.) ont cessé leur mouvement et entamé une phase de réalimentation sous surveillance médicale (voir notre article), Umer appelle à intensifier les actions de blocage contre les usines d’armement et les bâtiments gouvernementaux pour briser le silence médiatique entourant sa situation.

Six personnes ont été arrêtées à Cacak, en Serbie, pour avoir lancé des boules de neige sur la chanteuse Ana Bekuta, proche du gouvernement, lors d’un concert du Nouvel An orthodoxe. L’action visait surtout à protester contre le coût du spectacle financé par la municipalité, estimé à 40 000 euros. Le président serbe Aleksandar Vucic, qui fait face depuis plus d’un an à un mouvement de contestation mené par les étudiants, a réagi à la télévision publique en affirmant que ce qui s’est passé à Cacak “est un avertissement aux citoyens de Serbie sur ce que feraient [ses opposants] s’ils arrivaient au pouvoir”.

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Le procès de l’antifasciste Maja et d’autres accusés, prévu à Budapest, a été reporté au 4 février en raison de l’envoi tardif de documents médicaux. Lors des audiences, les rassemblements de solidarité ont été interdits et de nombreux spectateurs se sont vus refuser l’accès, malgré des salles largement vides. Des proches ont été suivis par la police après les audiences. Par ailleurs, une journée internationale d’actions était organisée le 15 janvier 2026 avec de très nombreuses initiatives en France, Belgique, Allemagne ou encore en Italie.

Après respectivement 73, 66 et 53 jours de grève de la faim, les prisonniers pro-palestiniens Heba Muraisi, Kamran Ahmed et Lewie Chiaramello ont mis fin à leur mobilisation, suite à l’annulation par le gouvernement britannique d’un contrat de 2 milliards de livres avec Elbit Systems, le principal fabricant d’armes israélien. La grève a aussi permis des avancées sur les conditions carcérales et l’accès à l’information pour les prisonniers, révélant au grand jour la répression politique exercée par l’État britannique et mobilisant un large soutien populaire. Débutée le 2 novembre dernier (voir notre article), cette action avait été entreprise pour dénoncer le rôle d’Elbit Systems dans le génocide et la colonisation en Palestine tout comme la complicité du Royaume-Uni mais aussi exiger la libération des 33 prisonniers politiques pro-palestiniens détenus dans les prisons britanniques et exiger la fin de la criminalisation du mouvement d’action directe Palestine Action. Le combat continue pour le dernier gréviste de la faim, Umer Khalid.

D’ici fin 2026, l’Union européenne pourrait autoriser les États-Unis à accéder aux bases de données biométriques de millions d’Européens, incluant empreintes digitales, traits faciaux et informations sensibles comme l’origine ethnique ou les croyances politiques et religieuses, dans le cadre des partenariats renforcés pour la sécurité aux frontières (Enhanced Border Security Partnerships, EBSP). En échange, les citoyens européens conserveraient l’exemption de visa pour se rendre aux États-Unis. Malgré des relations tendues avec Washington et des inquiétudes sur la protection des données, les capitales européennes ont donné à la Commission européenne un mandat de négociation. Les discussions incluront des garanties sur la proportionnalité et la durée de stockage des informations, mais l’accès aux données pourrait être opérationnel dès fin 2026, suscitant des inquiétudes quant à la sécurité et à la confidentialité des informations personnelles des citoyens de l’UE.