Voilà 20 ans que le Secours Rouge est actif en Belgique sur le front de l’anti-répression. S’il a pu développer des relations privilégiées, lors d’expériences heureuses et moins heureuses, avec d’autres forces politiques, il avait jusqu’à présent résolument gardé son indépendance politique et organisationnelle.

C’est une page qui est maintenant tournée.

Le Secours rouge de Belgique devient partie intégrante de l’organisation révolutionnaire « Classe contre classe », tout en restant une section du Secours Rouge International.

Qu’est-ce que cela change ? À la fois tout et à la fois rien.

Tout, parce que le Secours Rouge, quoique centré sur la thématique de l’anti-répression (ou plus exactement de la ligne de front dialectique révolution/contre-révolution), était une organisation politique révolutionnaire ; désormais, elle ne définira plus sa propre ligne mais appliquera, dans son champ de lutte, celle de l’organisation Classe contre classe.

Rien, parce que l’organisation Classe contre classe s’est construite à partir de l’expérience du Secours rouge. Bien qu’intégrant, dès sa fondation, des membres non-issus du Secours rouge, Classe contre classe peut être considérée comme l’extension des principes, expériences et choix politiques du Secours rouge à l’ensemble des champs de lutte – et non plus au seul domaine de l’anti-répression.

Rien, parce qu’au sein de l’organisation Classe contre classe, en tant que commission anti-répression, le Secours rouge va poursuivre, intensifier et étendre le travail qui est le sien depuis 20 ans.

La loi de « sécurité globale », discutée ces derniers jours à l’assemblée nationale, est une nouvelle étape dans l’arsenal répressif de l’État français. Elle prévoit d’étendre l’usage des drones pour le maintien de l’ordre et l’extension des pouvoirs des policiers municipaux. De plus, cette loi veut renforcer l’impunité de la police et la gendarmerie en limitant la possibilité de filmer ceux-ci dans l’exercice de leur fonction.

Mais de quoi la loi de « sécurité globale » est-elle le nom ?

Ces dernières années, de fortes crises politiques et de légitimité ont eu lieu en particulier durant le mouvement des Gilets Jaunes ou par le développement des mouvements contre le racisme d’État et les crimes policiers. Cette loi est donc un geste fort de soutien et d’appui à l’appareil répressif qu’est la police et la gendarmerie. Rien de plus normal pour un État capitaliste, sa police ne sera jamais « démocratique » ou au service du plus grand nombre. Qu’elle soit filmée ou non, la police restera le bras armé du capital assurant sa propre survie.

Attention, une loi peut en cacher une autre !

La « loi de sécurité globale » n’est pas la seule offensive de l’État français. Par exemple, la nouvelle loi de programmation de la recherche prévoit la criminalisation des blocages et mobilisation dans les universités, anticipant ainsi les futures mobilisations étudiantes. Dernièrement, la « loi sur le séparatisme » est une énième offensive islamophobe qui stigmatise une partie de la population, accusée de cessation avec les « valeurs » démocratiques. Cette dernière s’inscrit directement dans la politique de l’État français de consolidation de l’idée d’un « ennemi intérieur », qui « menacerait » les fondements même de la République.

La contre-révolution préventive, une dynamique continue

La loi de « sécurité globale » est donc une nouvelle offensive qui s’inscrit dans une dynamique générale. Si elles sont loin d’être « anecdotiques », ces nouvelles lois ne sont pas une nouveauté. Elles ne sont pas non plus un « virage » autoritaire de l’État français. Elles sont dans la continuité de la contre-révolution préventive que l’État français met en place pour répondre aux dernières crises politiques continues et pour renforcer sa domination face à un avenir qui s’annonce instable.

Les outils de la contre-révolution préventive sont un moyen pour l’État d’anticiper toute remise en cause de son pouvoir « légitime ». Les différentes composantes de la gauche révolutionnaire (anarchistes, autonomes, communistes…) doivent faire front ensemble pour combattre ces mesures et renforcer le camp révolutionnaire face à l’État et au capital.

 

Tract du Secours Rouge Toulouse, le 21 novembre 2020

Alors que les députés français commencent à examiner la loi dite de « sécurité globale », des dizaines de rassemblements pour s’y opposer ont eu lieu partout en France. Ce projet de loi vise notamment à renforcer l’impunité et les pouvoirs de la police. À Toulouse, le rassemblement a réuni plusieurs milliers de personnes qui s’est poursuivi par un départ en manifestation « sauvage ». Après à peine 100 mètres, la manifestation a été stoppée par la police qui a lancé de nombreuses grenades lacrymogènes.

 

Samedi 7 novembre 2020, une manifestation s’est tenue dans les rues de Toulouse à l’initiative des syndicats CGT et Sud du CHU de Toulouse afin de réclamer plus de moyen pour l’hôpital public et dénoncer les mesures liberticides du gouvernement. Plus de 5000 manifestant·e·s étaient présent·e·s malgré le confinement en vigueur en France.

Dans la manifestation, de nombreux secteurs étaient présents. Un pôle rouge et noir a été formé ainsi qu’un cortège de salarié·e·s de l’aéronautique avec une banderole « De l’aéro aux hôpitaux, ensemble contre le macronavirus ». Deux initiatives auxquelles des membres du Secours Rouge Toulouse ont participé.

Crédit photo : Révolution Permanente Toulouse

Dans le cadre de la semaine d’action Rise Up 4 Rojava nous tenons à rendre hommage à notre camarade Ceren Güneş. Communiste turc tombée martyr le 3 novembre 2019 dans des combats proche de Serekaniye. Nous publions un texte écrit par l’une de ses camarades.

“La révolution au Rojava est l’espoir grandissant des peuples ».

Le 3 novembre 2019, notre camarde Ceren Güneş est tombée martyr lors des attaques de l’Etat fasciste Turc contre le Rojava.  Elle, tout comme ses camarades de Turquie, du Kurdistan et du monde entier, étaient en première ligne de Serekaniye à Til Temir.

Elle est née dans l’ouest de la Turquie, à Muğla, au sein d’une famille religieuse sunnite fortement imprégnée par la tradition turque. Sa vision du monde a énormément évolué lorsqu’elle est entrée à l’université. C’est pendant cette période qu’elle a construit son identité politique marxiste-léniniste et anti-patriarcale. Elle faisait déjà preuve d’un grand courage et d’un fort leadership.

Grâce à son dévouement à la révolution, elle a pu terminer ses études de médecine dans l’une des meilleures universités de Turquie. Elle est devenue médecin et a exercé la médecine pendant une courte période. Elle a ensuite dû faire face à la nouvelle dynamique révolutionnaire de la région.

Au Kurdistan deux mondes s’affrontaient, les peuples opprimés et leurs oppresseurs. Au cours de cette révolution, les femmes se sont levées afin de faire cesser l’exploitation dont elles étaient victimes. Elles ont lutté avec acharnement afin de mettre un terme définitif aux atrocités commises par Daech et leurs marchés d’esclaves.  A cette période, les djihadistes wahhabites s’organisaient partout et essayaient de transformer la Rojava en leur « paradis ».  Ces gangs ne travaillaient jamais seuls. En effet, l’État fasciste turc et d’autres forces impérialistes les ont soutenus logistiquement, financièrement et leurs ont ouvert les frontières.

A cette époque, la camarade Ceren était active dans la guérilla urbaine en Turquie. Elle participa à une action de sabotage d’un centre organisationnel de Daech à Istanbul. C’était un message très clair pour les fascistes turcs menés par Erdogan et pour les gangs de Daech qui essayaient de s’organiser en Turquie. C’est au cours de cette action qu’elle rejoint définitivement le DKP-BOG*. Cette attaque était la première menée par cette organisation crée à Kobané.

L’action avait aussi une grande importance symbolique car elle a permis d’envoyer un message à toutes les femmes de Turquie et du Kurdistan. Elle avait pour but de leur faire comprendre qu’elles étaient capables de lutter contre l’obscurantisme et toutes les formes d’oppression.

Suite à cette action, il était temps pour Ceren de rejoindre les terres de Mésopotamie. Tout comme Ernesto Che Guevarra à son époque, lorsqu’elle est partie rejoindre les forces révolutionnaires au Rojava elle emporta deux sacs avec elle. L’un était pour la médecine, l’autre était un sac rempli de munitions afin de combattre les fascistes turques et les islamistes de Daech en Syrie. Pendant 4 ans, elle a été combattante puis commandante et a pris part aux conflits les plus durs sur de nombreux fronts. De Menbiç à Rakka , de Serekaniye  jusqu’à la ligne de front de Til Temir. Lorsqu’elle était en première ligne à Rakka, elle commandait le Bataillon International de Libération**. Grace à son courage et sa sagesse, elle mena à trois reprises et avec succès des opérations spéciales contre Daesh.

En parallèle de son activité combattante, elle menait une lutte pratique et théorique contre les vielles lignes au sein du mouvement révolutionnaire. Son but était de construire une nouvelle révolution en Turquie avec toute l’expérience acquise au Rojava. Elle se dédiait totalement au combat contre le fascisme et le patriarcat turc. Lorsqu’elle est tombée martyr, elle faisait partie du comité central du DKP-Birlik.

Ceren Günes n’est jamais morte. Elle a donné un sens à l’existence physique de l’humanité et laisse derrière elle un héritage révolutionnaire conséquent qui éclaire nos vies. Camarades du monde entier, c’est à nous de réaliser les idéaux pour lesquelles cette jeune révolutionnaire s’est battue !

« CHAQUE COEUR EST UNE CELLULE RÉVOLUTIONNAIRE ! »

*Devrimci Komünarlar Partisi ( Le Parti communard révolutionnaire )

**Organisation internationaliste combattante participant à la défense de la révolution au Rojava. Elle regroupe différentes organisations ou combattantEs communistes et anarchistes.

#RiseUp4Rojava

Une femme trans’ âgée de 38 ans est incarcérée à la maison d’arrêt de Toulouse-Seysses depuis plus de trois mois. Placée en détention provisoire, elle est poursuivie pour des faits de tentative d’homicide volontaire sur un homme qu’elle accuse de viol. Elle a été placée à l’isolement et elle est victime de transphobie de la part de l’administration pénitentiaire. Ses soutiens appellent à la solidarité pour l’aider à faire face à la situation. Une collecte de soutien a été mise en place ici et vous pouvez lui écrire en envoyant un mail à solidaritejennifer@riseup.net

Mardi 15 septembre, 7 personnes ont été arrêtées à Toulouse et condamnées à deux mois de prison ferme pour avoir tagué et collé des affiches dans la rue (voir notre article). Afin de témoigner de votre solidarité, vous pouvez leur écrire à ces adresses (voir l’article de CAMÉ pour des conseils de rédaction) :

Marius Lahaye n°45677 (MAH)
Zoé Van Bryck n°45678 (MAF)
Lucie Gomez n°45679 (MAF)
Brice Poirson n°45681 (MAH)
Simon Duval n°45682 (MAH)
MAF: Maison d’arrêt des Femmes
MAH : Maison d’arrêt des Hommes

Sur la lettre :

Nom et numéro d’écrou
MAF ou MAH de Seysses
10 rue Danielle Casanova
31600 SEYSSES

Une fresque réalisée en soutien par Arthur Plateau.

Une fresque réalisée en soutien par Arthur Plateau.

L’Union des communautés du Kurdistan (KCK) a lancé la nouvelle campagne « Fin de l’isolation, au fascisme, à l’occupation – Assurons la libération [d’A. Öcalan]». Cette campagne a lancé un appel aux actions pour le 10 octobre. Durant tout le week-end des rassemblements sont organisés dans différentes villes d’Europe. À Bruxelles, ce rassemblement s’est tenu le vendredi 9 octobre devant la Commission Européenne. Juste après, l’Union des Femmes Socialistes (SKB) organisaient au même endroit un rassemblement pour dénoncer les nouvelles arrestations, en Turquie, de membres de l’ESP et des membres de l’organisation des jeunes du SGDF.

 

Le rassemblement d’hier vendredi à Bruxelles

150 personnes se sont rassemblés hier soir à l’Hôtel de Ville de Saint-Gilles à l’occasion de l’intervention communale qui devait avoir lieu pour dénoncer les violences policières les plus récentes de la Brigade Uneus. L’interpellation a été rejetée par la Commune parce que les faits ont déjà été évoqués au Conseil Communal du mois de juin. Le règlement de la commune prévoit qu’une même interpellation ne peut être faite dans les trois mois (cela en fait 4), et cette règle a été utilisée alors que cette interpellation concernait des violences qui ont eu lieu au mois d’août. Malgré la tempête et le refus total de la commune de même reconnaître l’existence d’abus, les mobilisations se poursuivent !

Le rassemblement à l’hôtel de ville