Le 25 mars dernier, un étudiant syndiqué à la FSE avait été arrêté à son domicile puis avait passé 7h en garde à vue (voir notre article). La raison de cette attaque policière, un tweet jugé menaçant à l’encontre des membres du syndicat étudiant d’extrême droite UNI, épinglé ces derniers temps pour les nombreux saluts nazis effectués par ses cadres. L’étudiant étant désormais poursuivi par la justice, la FSE a lancé une cagnotte de soutien (lien vers la cagnotte) pour aider le camarade mis en cause à régler ses frais de justice face à la répression.

Ce n’est pas la première fois que la répression judiciaire frappe des militant·es antifascistes. Ainsi, cette affaire nous rappelle celle d’Albi où deux militants antifascistes avaient été condamnés à de la prison avec sursis pour s’être défendu face aux fascistes de la Cocarde étudiante et de Patria albiges il y a quelques mois (voir notre article).

Dans une note publiée le 24 juillet, la Direction du renseignement et de la sécurité de la défense (DRSD) a dit avoir constaté un nombre élevé mais stable d’actes d’ingérences visant la Base industrielle et technologique de défense française (BITD). La première des menaces n’est pas informatique mais humaine. Le nombre d’atteintes dites « humaines » (chantage, faux entretiens de recrutement, vols d’ordinateurs, tentatives de débauchage, etc.) n’a cessé de croître ces dernières années. Cette tendance se confirme en 2024 (36 % des atteintes) bien qu’en proportion plus faible par rapport à l’année 2023 (45 %), avance la DRSD, pour qui ces menaces sont principalement le fait de la Chine… ainsi que, sur les marchés européens, des « principaux compétiteurs » de la BITD française.

Les atteintes physiques (sabotages, intrusions, dégradations) ont représenté 18 % des ingérences en 2024. Selon la DRSD, les « actions contestataires de la mouvance d’ultragauche ont continué de s’intensifier ». Viennent ensuite la « prédation capitalistique » sur les savoir-faire technologiques, l’usage du droit à des fins stratégiques et les menaces réputationnelles (la note évoque les « atteintes réputationnelles » pouvant être dommageable économiquement à propos de manifestation dénonçant la livraison d’armes à Israël). Quant aux attaques informatiques (15 % du total des atteintes constatées), leur nombre a augmenté de 50 % par rapport à 2023. Dans la plupart des cas, ces attaques cybernétiques ont visé les sites institutionnels des entreprises impliqués dans la fourniture d’équipements militaires à l’Ukraine.   Lire la note sur le site de la DRSD

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Week-end du 14 juillet à Mont‑Lozère‑et‑Goulet, 12000 personnes se rassemblent pour faire la fête, une jeune femme de 25 ans meurt. Son camion s’est retourné sur une piste forestière étroite, parce que les gendarmes sous les ordres de la préfecture bloquaient tous les accès principaux. Des centaines de teufeurs n’ont eu d’autre choix que de s’aventurer sur des chemins non carrossables.

Sur le terrain, les témoignages sont accablants, des teufeurs sont hospitalisés, tirs de LBD à la volée, pare-brises éclatés, fourgons embarqués de force par des  dépanneuse, des personnes abandonnées dans les bois, sans véhicule ni solution de retour, des centaines de personnes contraintes de marcher 3 à 4 heures, sans eau ni vivres, pour accéder au site, leurs véhicules bloqués par les forces de l’ordre en bas des chemins. Les pompiers ont été déployés, présents pour intervenir alors que malgré les risques d’incendie, les gendarmes lancent des grenades de gaz lacrymogènes, risquant de mettre le feu au massif forestier et à la plaine.

Lors de ce week-end, on dénombre 652 verbalisations, 3 gardes à vue, 156 interventions de secours aux personnes, dont 53 blessés légers, 41 urgences relatives, une urgence absolue et 15 évacuations.

Le parquet général de Paris se pourvoit en cassation pour contester la libération, prévue le 25 juillet, de Georges Ibrahim Abdallah. Le parquet général estime que la décision rendue par la Cour d’Appel le 17 juillet dernier, « n’est pas conforme à la jurisprudence de la chambre criminelle de la Cour de cassation, selon laquelle une personne condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité pour des faits de terrorisme ne peut bénéficier d’une libération conditionnelle sans mesure probatoire ». Ce recours n’étant pas suspensif, Georges Abdallah doit être libéré le 25 juillet de la prison de Lannemezan, puis expulsé vers le Liban.

Plusieurs dirigeants français ont dénoncé la satisfaction exprimée en France pour cette libération, comme le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau lui-même, qui a parlé du « terroriste Ibrahim Abdallah ». Le fait que Retailleau n’ait pas mentionné le prénom chrétien du militant, Georges, vise à surfer sur le racisme anti-arabe et sur l’islamophobie. La ministre de l’Égalité Aurore Bergé a qualifié d’« insupportable » la joie des militants pro-palestiniens. Les milieux fascistes et sionistes multiplient aussi les déclarations rageuses, comme Jordan Bardella (RN), le zemmouriste Jean Messiah ou Julien Bahloul, qui a exprimé de façon à peine voilée son espoir qu’Israël assassine Georges Abdallah.

Quant à Georges, il a déclaré que « S’ils ont accepté de me libérer, c’est grâce à cette mobilisation qui est ascendante (…) Le temps passé derrière les barreaux concernant les prisonniers politiques ne pèse pas, vous passez cinq ans, vingt ans, trente ans, quarante ans, ce n’est pas ça la cause de la sortie en fait. (…) La sortie est suscitée par une dynamique globale : si le détenu politique ou militant qui est en prison arrive à s’inscrire dans la dynamique des luttes dehors, c’est la mobilisation des hommes et des femmes dehors qui le fait sortir. C’est essentiellement grâce à ça ». (vidéo de l’entretien)

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Le gouvernement français a attribué à Talkwalker, une entreprise canadienne détenue par le groupe Hootsuite et des fonds américains, un contrat de surveillance des réseaux sociaux pour le compte du gouvernement. Ce marché de « social listening » vise à analyser les échanges en ligne sur des plateformes comme TikTok, X, Facebook, Instagram ou LinkedIn, afin d’anticiper des signes de crises en ligne, qu’elles soient locales ou étrangères.

Plusieurs services sensibles comme le ministère des Armées, l’ANSSI (Agence nationale de sécurité des systèmes d’information) et Viginum (chargé de la lutte contre les manipulations en ligne) ont exprimé leur inquiétude face à cette décision. Ce choix soulève selon eux des questions sur la confidentialité des données et le risque d’accès à des informations sensibles par des puissances étrangères.

En mars 2022, le Groupe antifasciste Lyon et environs (Gale) était le premier collectif dissous par le gouvernement français et son ministre de l’Intérieur d’alors, Gérald Darmanin, en tant que groupe « qui provoque (…) à des agissements violents à l’encontre des personnes ou des biens » (voir notre article). Ce nouveau motif de dissolution, créé par la loi séparatisme de 2021, n’avait, jusque-là, jamais été utilisé. La Gale est un groupe antifasciste et libertaire créé en 2013 après la mort de l’antifasciste Clément Méric. Les antifascistes lyonnais ont déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), pour faire reconnaître une « atteinte la liberté d’expression et d’association », explique Agnès Bouquin, avocate du Gale. Le 30 septembre 2024, la juridiction a ouvert une « question aux parties » pour juger l’affaire. L’État français avait jusqu’à fin juin 2025 pour transmettre ses éléments à la CEDH.

Comme dans de nombreuses villes, des actions pour dénoncer la présence de l’équipe cycliste Israel Premier Tech ont perturbé l’étape toulousaine du Tour de France. Un dispositif policier impressionnant était déployé afin d’empêcher le déploiement de drapeaux palestiniens et autres signes visant à dénoncer cette opération de sportwashing au service du génocide en cours en Palestine. Des contrôles d’identité, des nasses et des agressions physiques de la part des policiers ont visé plusieurs dizaines de personnes. À la fin de l’étape, le militant Amine Messal a fait irruption sur la route pendant le sprint final avec un t-shirt « Israel out of the Tour » tout en brandissant un keffieh et scandant des slogans. Au moins trois personnes ont été arrêtées.

Le 12 juillet, deux nantais ont été arrêtés et placés en garde à vue pour une simple pancarte le long du tour de France. Ils ont eu l’impolitesse de brandir une pancarte avec le slogan : «Retailleau au Air Fryer», sur le passage du Tour de France, dans la ville de Laval. En 2025, il n’y a apparemment plus de place pour la satire, et encore moins pour la critique des dirigeants. Lors de l’étape cycliste, Bruno Retailleau était présent, et il n’a pas apprécié ce trait d’humour. Le procureur de Laval a annoncé une ordonnance pénale délictuelle pour outrage aggravé, accompagnée d’une amende dont le montant n’a pas été communiqué. L’organisation du Tour de France interdit «les messages jugés politiques ou offensants», les forces de l’ordre patrouillent avant le passage du peloton pour y veiller. Ce sont donc des milliers de kilomètres de courses qui sont privatisés et fliqués pour empêcher que la moindre expression critique ne puisse entrer dans le champ des caméras de télévision. Les drapeaux palestiniens et banderoles en ont aussi fait les frais, lors de plusieurs étapes, ils ont été confisqués, voir détruits (voir notre article).

Le 2 juillet dernier, le premier procès relatif à la ZAD de la Guinguette Vaillante contre la LGV Bordeaux-Toulouse se tenait au Tribunal de Toulouse. Une personne était inculpée pour « opposition par voie de fait à l’exécution de travaux publics ou d’utilité publique », ainsi que pour « violences sur Personne Dépositaire de l’Autorité Publique sans interruption de travail » et refus de se soumettre à des prélèvements ADN et des relevés signalétiques lors de la garde à vue. Elle était également poursuivie pour une autre interpellation le 22 janvier à propos d’une « installation en réunion sur le terrain d’autrui sans autorisation en vue d’y habiter ». Finalement, la personne a été condamnée à deux mois de prison avec sursis pour le seul délit d’entrave à travaux, mais relaxée pour les autres délits. Ses soutiens appellent à la solidarité financière (voir ici).

Un équipe propagandiste d’Israël, « Israël Premier Tech », participe au Tour de France. Sylvan Adams, le patron de cette équipe, qui soutient ouvertement l’expulsion des Palestiniens de leurs terres, s’est félicité de n’avoir vu aucun drapeau palestinien sur le Tour de France. Et pour cause : la police française y veille. Depuis le départ du Tour, le 5 juillet, les militantes et militants présents sur le parcours en arborant simplement le drapeau palestinien sont la cible de violences policières. À Lille le 5 juillet, les manifestants ont été nassé·es, contrôlé·es et fouillé·es et les drapeaux saisis. À Caen le 9 juillet, d’autres ont été gazés et jetés à terre. Une banderole a été lacérée de coups de couteaux et détruite, des drapeaux palestiniens ont été volés. Des policiers ont affirmé qu’ils avaient reçu la consigne qu’aucun drapeau ou marque de soutien à la Palestine ne soit visible sur le parcours du Tour de France. À Flers le 10 juillet, une dizaine de militant·es ont été interpellés et là aussi des drapeaux palestiniens ont été saisis.