Le 29 janvier dernier, à Lille, en fin de manifestation régionale gréviste (50.000 manifestants), des incidents sont survenus place de la République entre plusieurs dizaines de jeunes manifestants et la police. Vingt et une personnes ont été arrêtées ‘pour avoir été présentes sur la voie publique au-delà des sommations’. Parmi ces vingt et une personnes (toutes remises en liberté le lendemain), plusieurs ont été rouées de coups par les agents des Compagnies d’Intervention de la police nationale: coups de matraques, coups de pieds et coups de boucliers. Un collectif rassemble les témoignages sur ces violences.

Ecrire à ce collectif

Manifestation à Lille
Manifestation à Lille

Le 31, alors que la manifestation se dispersait, les flics ont procédé à des arrestations arbitraires:

-3 personnes accusées par les flics d’avoir lancé des projectiles sont mises en examen, elles ont été libérées sous contrôle judiciaire et ça dépend désormais du juge d’instruction
-le jeune homme agressé par les flics dans le RER passait hier en comparution immédiate, il a demandé un délai, il doit être jugé le 3 mars à la 23ème chambre
-le pique-niqueur de la place Denfert (arrêté avec son sauciflard et un couteau laguiole, il est inculpé de port d’arme prohibé… si, si !) doit être jugé le 23 mars.

Par ailleurs pour la manif du 24, durant laquelle plus de 100 personnes ont été interpellées, à Barbès:

-7 personnes passent devant la 23ème le 2 mars
-6 personnes le 2 mai, et 1 personne est mise en examen pour dégradation (il a eu l’oreille blessée, le tympan percé, 9 jours d’ITT… c’est peut être la raison de ce traitement différencié…).

Demain vendredi, aura lieu à Arras, à 18h, devant le Beffroi, un rassemblement en soutien à Gerardo Hernandez, Ramon Labañino, Fernandez Gonzalez, René Gonzalez et Antonio Guerrero, les 5 Cubains détenus depuis le 12 septembre 1998 aux USA. Ils avaient été condamnés en décembre 2001 à de très lourdes peines de prison pour espionnage et atteinte à la sécurité nationale de ce pays. Deux d’entre eux sont nés aux Etats-Unis au sein de familles cubaines et trois à Cuba. Les 5 ont fait des études supérieures.

En réalité, ils s’étaient infiltrés dans les organisations des ultras de la contre-révolution installées à Miami qui préparent des attentats terroristes contre Cuba comme ceux réalisés durant l’été 1997 dans des établissements touristiques.

Au terme d’un procès arrêté d’avance car il avait lieu à Miami, la ville contrôlée par les ultras de la contre-révolution, alors que la défense a prouvé, y compris avec des témoignages de hauts gradés étasuniens, que les 5 n’étaient en rien coupables de ce dont on les accusait, ils ont été rondement jugés et condamnés à des peine de prison allant de 15 ans à 2 détention à perpétuité plus 15 ans pour une seule et même personne.

De nombreuses lois et procédures ont été violées: ils ont été mis au secret pendant 17 mois, sans pouvoir accéder ni à leur famille ni à leurs avocats commis d’office, une forte campagne a eu lieu contre eux à Miami et on leur a refusé la demande de changement de siège du procès. Des jurés se sont récusés en avouant avoir peur des ultras. Aucune preuve tangible n’a pu être apportée contre eux. Leur faute est d’avoir défendu Cuba et d’avoir refusé de transiger sur la vérité.

Le 29, 25.000 manifestants avaient défilé à Saint-Nazaire dans le cadre de la journée d’action syndicale. La police s’en était prise aux manifestants et les affrontements ont durés plusieurs heures. Plusieurs procès s’ensuivent.

Un jeune manifestant a comparu le 20 janvier pour avoir mis le feu à une poubelle et pour avoir refusé de donner son ADN. Le verdict est tombé le 3 février: 105h de Travaux d’Intérêts Général pour la tentative d’incendie de la poubelle, 2 mois de prison avec sursis et 300 euros d’amende pour le refus de prélèvement ADN. Le tribunal a été delà du réquisitoire.

Quatre condamnations à la prison ferme pour jets de pierre.

Quatre personnes âgées de 27 à 48 ans auxquels la justice reprochait leur participation aux échauffourées qui ont suivi la manifestation record (25.000 personnes) sont passés en jugement le 3 février. Bilan: Deux des prévenus ont été condamnés à trois mois de prison ferme, les deux autres à quatre mois et placés sous mandats de dépôt pour des jets de pierre. Ils avaient accepté d’être jugés en comparution immédiate, une procédure d’urgence choisie par le Parquet pour apporter une réponse immédiate à des faits ‘graves’. Le procureur, Joël Denis, a même utilisé le terme de ‘scènes de guerre civile’. Un salarié de la métallurgie âgé de 26 ans comparaîtra le 10 mars, devant le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire pour violences volontaires sur des policiers et… délit d’offense au chef de l’Etat. Il avait été interpellé lors des affrontements qui ont suivi la manifestation. Au moment des échauffourées, il avait lancé des slogans insultants contre Nicolas Sarkozy.

La cour d’appel a, de nouveau, refusé de remettre Julien Coupat en liberté, suivant ainsi l’avis du parquet. Son avocate avait fait appel après le rejet d’un juge des libertés et de la détention de sa demande de remise en liberté. La cour d’appel a entendu l’avocate vendredi et rejeté l’appel. Les semaines passant, Julien rejoint la longue liste de toutes les personnes qui croupissent en détention en attendant leur procès. Il y a Isa, qui est depuis 1 an en détention provisoire (accusée sous régime anti-terroriste d’avoir voulu incendier une voiture). Il y a les émeutiers de Villiers-le-bel, incarcérés depuis plus d’un an, sans aucun procès. Les incendiaires présumés du centre de rétention de Vincennes. Et tant et tant d’autres.

A en croire la radio, il y aurait 8 blessés légers du côté des forces de police et une quinzaine d’interpellations.

Voir une vidéo de la manifestation

Manifestation anti-terroriste
Manifestation anti-terroriste

police partout/justice nulle part‘; ‘fermeture des centres de rétention/liberté de circulation/régularisation de tous les sans papiers

Manifestation anti-terroriste
Manifestation anti-terroriste

Le siège local du PS sur le parcours: vitre brisée et façade taguée.

Manifestation anti-terroriste
Manifestation anti-terroriste

Calicots pour la libération des prisonniers d’Action Directe, d’Ahmed Saadat (FPLP) et Georges Ibrahim Abdallah (FARL)

Manifestation anti-terroriste
Manifestation anti-terroriste

Beaucoup de fumigènes et de feux d’artifices durant la manif

Ce sont environ 1.500 manifestants qui se sont réunis à Paris (dont un car de manifestants venus de Belgique) pour manifester contre l’anti-terrorisme à l’appel du Comité de soutien aux inculpés de Tarnac. Le gros des manifestants provenait de la mouvance anarchiste, mais diverses autres forces ont participé au cortège, comme le comité pour la libération des prisonniers d’Action Directe ‘Ne laissons pas faire’, un comité de soutien aux prisonniers révolutionnaires arabes, etc. La délégation de notre Secours Rouge a massivement distribué un tract présentant la situation en Belgique. Ce tract a été bien accueilli par les participants à cette journée d’action.

L’après-midi a été émaillée de plusieurs moments de tensions, nourris par une présence policière massive, agressive et provocatrice. Il a même été question un moment d’empêcher les manifestants de quitter les lieux de rendez-vous. La manifestation s’est finalement déroulée sans incident notable. Ce n’est qu’après celle-ci que la police a brutalement arrêté un manifestant sans-papier. Les dix policiers qui l’ont interpellé se sont sentis débordés par les manifestants qui protestaient contre l’arrestation. Ils ont appelé des renforts et, ceux-ci arrivés sur place, ont tenté la sortie en force, gazé tout le monde et ont chargé pour tabasser dans les couloirs. Toutes les personnes à l’entrée du RER B ont souffert des gaz, y compris vieux et enfants.

Manifestation anti-terroriste
Manifestation anti-terroriste
Manifestation anti-terroriste
Manifestation anti-terroriste
Manifestation anti-terroriste
Manifestation anti-terroriste
En marge de la manifestation anti-terroriste
En marge de la manifestation anti-terroriste

Lire le tract du Secours rouge/APAPC (quatre pages, format .pdf)

Hier vendredi, la mobilisation sur la région de Saint-Nazaire avait commencé très tôt le matin avec des blocages des ronds-points sur la zone portuaire et les chantiers navals. Plusieurs centaines de salariés des chantiers navals, de la sous-traitance, de Airbus, Port Autonome, EDF, SNCF, la raffinerie de Donges, la Poste, MAN Diesel, etc… avaient bloqué la circulation à tout transport de marchandises. A 14h un rassemblement a réuni plus de 25.000 personnes et la manifestation s’est déroulée dans le calme jusqu’à la Sous-préfecture.

C’est une fois que la tête de manif est arrivée que des affrontements violents ont éclaté lorsque une section de CRS a déboulé par une rue adjacente en lançant des lacrymos sur les personnes rassemblées. Les manifestants dont de nombreux ouvriers encore en bleu de travail mais aussi des jeunes, ont riposté en prenant en tenaille les CRS. Des corps à corps extrêmement violents ont eu lieu devant la grille de la sous-préfecture lorsque la section de CRS qui se trouvait à l’intérieur a tenté de faire une sortie musclée pour secourir leurs collègues. Dans ces premiers ‘contacts’ plusieurs salariés dont des délégués CGT et policiers ont été blessés. Les affrontements se sont étendus sur plusieurs rues adjacentes et les barricades de feu ainsi que les échanges de tir de lacrymos, grenades offensives, canettes et projectiles divers ont duré plusieurs heures. Les CRS ont reçu le renfort des gendarmes mobiles et plusieurs charges se sont soldées avec des blessés dont un grave à cause d’une grenade offensive qui lui a éclaté le pied. C’est à 20h que la charge la plus violente a eu lieu.

Bilan: Seize interpellations, cinq blessés dont un grave.

Manifestation à St-Nazaire
Manifestation à St-Nazaire