C’est ce vendredi qu’est entrée en vigueur une batterie de règles renforçant la sécurité aux frontières et au sein de l’espace Schengen. Ces nouvelles règles doivent considérablement améliorer le fonctionnement du système d’information Schengen (SIS), par lequel 26 des 28 États membres de l’UE (l’Irlande et Chypre n’y sont pas encore connectés) et 4 pays associés (Suisse, Norvège, Liechtenstein et Islande) partagent des données de sécurité. Signe de son importance, le SIS a été consulté pas moins de 5 milliards de fois en 2017 par les autorités nationales. Il contient actuellement près de 79 millions d’enregistrements.

Mais le SIS souffrait de plusieurs insuffisances dans la gestion des données, dues notamment à la trop faible interopérabilité des systèmes d’information existants. Ces trois dernières années, les instances de l’UE (Commission, puis Parlement et Conseil) ont donc réformé le système. Les États membres auront l’obligation de créer des signalements liés au terrorisme dans le système d’information Schengen renforcé. Et grâce à l’interopérabilité entre le SIS et nos autres systèmes d’information en matière de sécurité, de frontières et de migration, tous les points seront bientôt parfaitement liés entre eux.

Champ d'application du SIS

Champ d’application du SIS

Vendredi 14 décembre, à Belfast, Sean Carlin était reconnu coupable d’appartenir à une organisation illégale. Il avait porté en 2017 un drapeau de la brigade de Belfast de l’INLA lors d’une commémoration pour les combattants de cette brigade tombés à la fin des années 1980. Il a été condamné à trois ans de prison avec un sursis de deux ans.

Mercredi 19 décembre, Conor Metcalfe a été condamné par la cours criminelle spéciale pour appartenance à une organisation illégale, à savoir l’IRA à Belfast. Son refus de répondre à la Gardai (la police d’Irlande) a contribué au verdict de culpabilité. En Irlande la section des crimes contre l’État du code pénal permet de réaliser des déductions basée sur le refus d’un suspect de répondre. La sentence sera prononcée le 25 janvier, en attendant Metcalfe reste en prison.

Volontaires de l'armée de libération irlandaise

Volontaires de l’armée de libération irlandaise

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Sean Carlin, porte-parole de l’IRSP (Parti républicain Socialiste Irlandais) passe ce vendredi 14 décembre devant un tribunal Britannique en Irlande du Nord. Il est jugé sous couvert de la loi anti-terroriste britannique pour avoir porté comme des centaines de militants irlandais d’autres organisation un drapeau commémoratif d’une organisation militaire de résistance, en l’espèce l’INLA (Irish National Liberation Army) qui a combattu l’occupation britannique en Irlande et ne s’est jamais repenti de l’avoir fait. Sean Carlin risque plusieurs mois de prison pour appartenance d’une organisation illégale, l’INLA qui pourtant a cessé le feu en 2009.

Voir le communiqué du Secours Rouge International

L'opération policière pour arrêter Sean Carlin, à Belfast, le 2 novembre

L’opération policière pour arrêter Sean Carlin, à Belfast, le 2 novembre

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Des milliers de Hongrois ont manifesté hier jeudi dans le centre-ville de Budapest contre la réforme du code du travail et une disposition qui met les pouvoirs publics à l’abri des poursuites judiciaires. Les deux projets de loi présentés par le parti du Premier ministre Viktor Orban, ont été adoptés mercredi, malgré les protestations de l’opposition et les émeutes qui ont éclaté à Budapest. Jeudi, les manifestants ont bloqué la circulation sur l’un des ponts qui enjambent le Danube en scandant “Orban en enfer !” La réforme du code du travail, premier motif de protestation, autorise les employeurs à exiger jusqu’à 400 heures supplémentaires par an.

Affrontements à Budapest hier jeudi

Affrontements à Budapest hier jeudi

Le réseau fasciste Nordisk ungdom (Jeunesse Nordique) avait appelé vendredi ses partisans pour qu’ils se rassemblent à Stockholm et se rendent à la statue du roi Charles XII dans le parc Kungsträdgården, au centre-ville. L’événement devait marquer le 300e anniversaire de la mort de Charles XII, célébrée généralement par les nationalistes et les néo-nazis en Suède. Plusieurs affrontements ont éclaté entre les fascistes et des contre-manifestants antifas. Deux personnes ont été arrêtées.

Incidents vendredi à Stockholm

Incidents vendredi à Stockholm

Le PKK est inscrit depuis 2002 dans la liste des organisations terroristes, émis au sein de l’Union Européenne. De nombreux recours ont été tentés afin de faire annuler cette inscription. Le dernier recours date du 16 avril 2017. Ce jeudi 15 novembre, le Tribunal de l’Union européenne a déclaré qu’il n’existait pas d’éléments suffisant pour placer le PKK sur la liste des organisations terroristes jusqu’en 2017, ce qui devrait faire jurisprudence pour l’année suivante.

La décision de garder le PKK sur la liste des organisations terroristes est fondée sur une ordonnance de l’Assemblée du ministère de l’intérieur du Royaume-Uni, des éléments rapportés par les États-Unis ainsi que des décisions judiciaires françaises. Tous ces éléments portent sur des faits ayant eu lieu entre les années 1990 et le début des années 2000. En conséquence, selon la Cour, la preuve d’une “menace terroriste persistante” n’a pas été prouvée. Deuxièmement, la Cour a estimé que la Commission n’avait pas assez étudié les éléments invoqués. Troisièmement, la Cour a conclu que le Conseil n’avait pas suffisamment étayé et pris en compte les arguments pour lesquelles le PKK ne devrait pas figurer sur cette liste.

Tous les États de l’Union européenne ayant la responsabilité de se conformer au verdict, et au delà, ceux concernés, membres du Conseil de l’Europe, toutes les décisions rendues par les États individuellement devront être annulées. Le renouvellement des inscriptions sur la liste des personnes et organisations terroristes a lieu tous les six mois minimum. Ainsi, si certains États arrivaient à étayer leurs conclusions d’éléments nouveaux, il leur serait encore toutefois possible de replacer le PKK sur cette liste.

Plus de détails sur le site du Kedistan

Le siège de la CJUE

Le siège de la CJUE

Vendredi 19 octobre, deux anarchistes ont été arrêtés à Katowice pour avoir manifesté contre le Congrès économique européen (CEE) en 2015. À l’occasion de ce congrès, des anarchistes organisèrent des manifestations, des conférences et décidèrent dans la soirée d’occuper un bâtiment abandonné. Cette occupation a mené à une nuit d’affrontements avec la police qui a procédé à 21 arrestations. Les procès ont eu lieu mais trois des accusés ont refusé des peines de travail et sont depuis recherchés.

Dans la nuit du 19 octobre 2018, deux des anarchistes recherchés ont été arrêtés au cours d’un contrôle d’identité, après trois ans de recherches policières. Ils resteront en détention 2 mois supplémentaires. Par ailleurs, l’un des détenus a été privé de repas pendant 5 jours, car son nom ne figurait pas sur la liste des cuisines des personnes officiellement détenues.

Samedi 27 octobre, des dizaines d’anarchistes et de militants se sont réunis pour exprimer leur solidarité avec les arrêtés. Plus d’infos et adresse pour soutenir les prisonniers ici

Le FSB (Service fédéral de sécurité russe) a lancé des opération contre le mouvement anarchiste après que le jeune anarchiste Mikhail Zhlobitsky se soit fait exploser avec sa bombe dans le siège régional du FSB à Arkhangelsk (voir notre article). Vendredi 2 octobre, des officiers du FSB ont effectué une descente dans l’appartement familial d’un adolescent de 14 ans à Moscou, ami de Mikhail Zhobitsky, qu’ils accusent d’avoir voulu commettre un attentat demain dimanche 4 octobre lors des célébrations de la Journée de l’unité nationale. Une procédure pénale a été engagée contre lui pour “circulation illégale d’armes et d’explosifs” (article 222 du Code de procédure pénale), mais selon le père de l’adolescent, il n’y avait dans l’appartement que de quoi fabriquer des pétards.

Ailleurs en Russie, des camarades de la région ont signalé qu’à Krasnodar, ville du sud du pays, 100 militants avaient été arrêtés par le FSB pour y être interrogés. À Tcheliabinsk, la police a ouvert une procédure pénale contre cinq anarchistes pour graffitis.

La perquisition à Moscou

La perquisition à Moscou

Mikhaïl Zlobitski, un jeune anarchiste de 17 ans s’est fait exploser hier mercredi 31 octobre, dans une antenne locale des services russes de renseignement intérieur (FSB) à Arkhanguelsk. L’attaque a eu lieu à 8 h 52, heure locale dans l’entrée du bâtiment qui abrite l’antenne régionale du FSB à Arkhanguelsk, une ville à un millier de kilomètres au nord de Moscou au bord de la mer Blanche. Trois employés du FSB ont été blessés dans l’explosion.

Quelques minutes avant l’explosion, un message publié sur le compte Telegram d’un groupe anarchiste avait prévenu que le siège de l’antenne régionale du FSB serait la cible d’une attaque terroriste. L’auteur du message écrivait « J’ai décidé de le faire parce que le FSB est devenu fou. Ils inventent des affaires et torturent les gens », et précisait qu’il serait « très probablement tué dans l’explosion ».

Déploiement policier après l'explosion

Déploiement policier après l’explosion

Jeudi 25 octobre, la police de Derry accompagnée d’une équipe de militaires a conduit une fouille dans les locaux du parti Saoradh. Cette fouille était motivée par le fait que la police nord-irlandaise soupçonnait que des feux d’artifice était en possession de ce parti, ce qui est illégal dans le pays. Celle-ci a donc saisi plus de 300 fusées et a arrêté un militant soupçonné d’avoir violé les règles de sa libération sous caution.

Le parti Saoradh est un parti de gauche formé par des dissidents républicains en 2016. Il est actif tant en Irlande-du-Nord que dans la république d’Irlande.

Saoradh

Saoradh

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