La Défense Collective de Toulouse et différentes organisations, collectifs et personnes organisent une après-midi – soirée contre la répression ce samedi 31 aout dès 14H l’Impasse (1 impasse Lapujade). Le Secours Rouge Toulouse participe à cette initiative et animera une discussion suite à la projection de « Rien à déclarer », un film sur les techniques d’interrogatoire policier.

Le 17 mai, Joël Charbit, Shaïn Morisse et Gwenola Ricordeau publient « Brique par brique, mur par mur, une histoire de l’abolitionnisme pénal » (chez Lux), une histoire transnationale en français de l’abolitionnisme pénal. À l’occasion de la sortie du livre et de leur venue à Toulouse le vendredi 24 mai pour une soirée de présentation, nous avons interviewé Shaïn et Gwenola.

Shaïn est doctorant au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales. Gwenola est professeure associée en justice criminelle à l’université de l’État de Californie, Chico. Elle est notamment l’autrice de Pour elles toutes. Femmes contre la prison (2019), Crimes et peines. Penser l’abolitionnisme pénal (2021) et 1312 raisons d’abolir la police (2023). Les rencontres que nous avions organisées en juin 2021 et janvier 2023 lors de la sortie de ses deux précédents ouvrages avaient été l’occasion de discuter des critiques radicales du système pénal et de l’abolitionnisme. Nous continuons et élargissons ici cette discussion nécessaire.

 

1- Vous retracez une histoire de l’abolitionnisme pénal à travers l’histoire et les différents continents. Pouvez-vous définir ce que c’est ?

 

Shaïn : L’abolitionnisme pénal est un courant de pensées et de luttes qui, en se développant de manière systématique dès la fin des années 1960, a voulu dépasser la critique réformiste de la prison, puis, plus tard, également celle du système pénal et d’autres systèmes de contrôle répressifs. La critique abolitionniste ne vise pas seulement le fonctionnement de ces institutions, mais aussi leur rationalité, leurs fonctions sociales et politiques, et finalement, leur légitimité même. Les abolitionnistes considèrent que ces institutions sont profondément inefficaces dans les fonctions qu’elles prétendent remplir (dissuasion, réinsertion, sécurité, etc.), inopérantes dans leur approche des situations, mais aussi destructrices, notamment parmi les groupes sociaux précarisés et racisés qu’elles visent en priorité. En bref, comme ces institutions créent plus de problèmes qu’elles ne permettent d’en résoudre, il s’agit de les abolir, selon différents types de stratégies. Simultanément, il s’agit de construire des approches, des solutions pratiques et des modes de régulation sociale alternatifs, qui impliquent non seulement une transformation des rapports sociaux mais aussi des structures sociales inégalitaires qui les sous-tendent.

2- Quel est votre projet avec ce livre ? Donner des ressources et des outils pour lutter contre le système pénal ?

 

Gwenola : D’abord, il faut souligner que nous avons fait le choix d’une écriture collective. Ce type d’écriture oblige à une modestie de point de vue, car elle fait apparaitre des désaccords, cela oblige à beaucoup discuter et à reconnaitre qu’on ne fait que proposer une interprétation qui devra être discutée par d’autres. Par ailleurs, nous nous appuyons sur nos travaux académiques respectifs, mais nous sommes également abolitionnistes. Donc nous avons essayé d’écrire « en abolitionnistes », c’est-à-dire en réfléchissant à ce que nos savoirs, ancrés dans des disciplines académiques, pouvaient apporter sur le terrain des luttes. À vrai dire, cette démarche de va-et-vient entre le terrain des luttes et de la recherche est typique de l’histoire abolitionniste et nous ne faisons qu’y contribuer.

Si notre livre ne fournit pas un bilan de l’histoire abolitionniste, il y a clairement une intention didactique dans notre démarche. On a voulu retracer une histoire des idées et luttes abolitionnistes qui soient informative et accessible, tout en étant un possible point de départ pour écrire ou écouter d’autres histoires de ces idées et de ces luttes. Cette accessibilité passe bien sûr par l’écriture, qu’on espère la moins jargonnante possible, mais aussi par de nombreux encarts sur certains mouvements ou ouvrages phares. Il y a également, en annexe, une FAQ dans laquelle on répond aux questions fréquemment posées aux abolitionnistes. On espère que le découpage du livre contribue aussi à sa lisibilité : plutôt qu’une approche chronologique qui oblige à lire les chapitre dans l’ordre, on a opté pour un découpage du livre autour de chapitres qui peuvent (presque) se lire séparément (l’histoire des idées, l’abolitionnisme en France, en Europe, aux USA et un bilan de la manière dont on peut « penser l’abolitionnisme »).

3- L’histoire est riche des combats menés par les prisonniers pour dénoncer le système pénal, en France, en Europe occidentale et aux USA, une histoire occultée par la bourgeoisie et peu connue dans le milieu militant. C’était important pour vous de faire vivre cette histoire ?

 

Shaïn : Oui, notre livre témoigne de la richesse de l’histoire de l’abolitionnisme pénal, dans ses forces et ses écueils, et montre la réflexivité critique du mouvement, qui, depuis plus d’un demi-siècle, n’a cessé de réévaluer ses théories, ses stratégies, ses cibles et ses pratiques. Indirectement, il entend rendre des coups au récit réformiste de l’humanisation et de la modernisation que les institutions pénitentiaires livrent d’elle-même, et montre l’importance, souvent occultée, des luttes abolitionnistes, et plus généralement des mouvements de prisonnier.es, dans ces processus. Il vise aussi à rendre justice à cette tradition née de part et d’autre de l’Atlantique, en réfutant les discours souvent ignorants qui l’envisagent simplement comme une importation des « campus américains », et qui l’attaquent sans la comprendre véritablement. Après des décennies de durcissement pénal, durant lesquelles la plupart des forces « progressistes » ont fini par céder au cadrage sécuritaire conservateur et réactionnaire, on espère que ce premier essai d’histoire générale de l’abolitionnisme pénal contribuera à alimenter l’imagination abolitionniste et à donner envie de réinvestir des stratégies plus offensives, qui, à partir de la reproblématisation théorique et politique des notions de crime, de justice, de sécurité et de responsabilité, visent la transformation de la société.

4- L’abolitionnisme pénal naît à la fois de l’organisation des prisonniers et de recherches théoriques et universitaires. Pouvez-vous nous expliquer ce double mouvement ?

 

Shaïn : L’émergence du courant abolitionniste trouve son origine directe dans la longue décennie de mouvements de prisonnier.e.s et de luttes autours des pirsons qui débute à la fin des années 1960 dans de nombreux pays occidentaux. On assiste à des mobilisations autonomes de prisonniers d’une durée et d’une intensité exceptionnelles, notamment grâce au soutien durable de groupes extérieurs. Avec les prisonniers, une variété d’individus issus de divers milieux (intellectuel, militant, étudiant, religieux et artistique) ou corps professionnels (pénitentiaire, journalistique, juridique et médico-social) cherchent à politiser et médiatiser la question carcérale. A la faveur des luttes, de leur radicalisation politique et des négociations déçues avec les autorités, beaucoup de groupes développent progressivement une stratégie abolitionniste. On relate ainsi les débuts du groupe KROM en Norvège, analysés par l’un de ses fondateurs, le sociologue Thomas Mathiesen, dans The Politics of Abolition (1974), dont la stratégie a influencé de nombreux autres mouvements à l’étranger. Par la suite, les réflexions abolitionnistes s’autonomisent quelque peu des luttes de prisonniers, à mesure que la critique s’étend à l’ensemble du système pénal, et que la volonté de construire des formes de justice et de régulation sociale alternatives se fait plus systématique.

5- De ce point de vue, les USA semblent un des pays ou la question de l’abolitionnisme pénal (prison et police) semblent le plus avancé. Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

Gwenola : Il est vrai que, surtout ces dernières années, notamment avec les luttes portées par Black Lives Matter et celles à la suite du meurtre de George Floyd qui ont popularisé le slogan « Defund the police » (Définancez la police), l’abolitionnisme semble plus avancé aux USA. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a une longue histoire d’une critique radicale du système pénal et de la prison, qu’on trouve par exemple chez les Black Panthers et plus largement dans le mouvement de libération africain-américain. Ce n’est pas un hasard : les prisons ont été des « universités pour les révolutionnaires », selon l’expression souvent utilisée. Au gré de la criminalisation des militant.es, il y a eu la production de réflexions critiques, mais aussi le développement de pratiques de solidarités. Par ailleurs, dans les années 1970, des textes pionniers de l’abolitionnisme ont été produits aux USA.

Pour ce qui est de la période récente, on peut dire que la question de l’abolition de la police a été une contribution majeure des USA à l’abolitionnisme, qui pensaient assez peu cette question avant les années 2010. C’est une avancée importante, qui nourrit l’imagination abolitionniste et inspire de nouvelles pratiques.

 

6- Vous expliquez aussi qu’il y a de nouveaux fronts d’alliance qui renouvellent l’abolitionnisme pénal, quels sont-ils ?

 

Gwenola : Quand on regarde la période récente, on peut en effet dire qu’il y a un renouvellement de l’abolitionnisme, notamment parce que les questions environnementales, de genre et de validisme prennent une place croissante. « Renouvellement », car la critique de l’enfermement psychiatrique a par exemple toujours été importante dans l’abolitionnisme, mais aujourd’hui, il ne s’y limite plus et il réfléchit notamment en termes de « disability justice », c’est-à-dire à une remise en cause de l’articulation qui existe entre validisme et d’autres formes d’oppression. Sur le terrain des luttes, on voit également une prise en compte croissante de la contribution de la prison à la destruction de l’environnement et du fait que la criminalisation des « pollueurs » n’est pas une réponse satisfaisante face au désastre en cours. Par ailleurs, si le féminisme « carcéral » ou « punitif » est encore dominant, les critiques qui le visent sont de plus en plus puissantes.

 

7- Les premières critiques faites à l’abolitionnisme concernent souvent la place des victimes. Vous y répondez à plusieurs reprises dans le livre, pouvez-vous nous en dire plus ?

 

Gwenola : Effectivement, c’est une critique à laquelle les abolitionnistes sont souvent confrontées, mais elle est formulée par des personnes qui ignorent tout de l’histoire et des théories abolitionnistes. Lorsqu’on s’intéresse à l’histoire de l’abolitionnisme, on voit l’importance de la préoccupation pour les victimes et du constat que le système pénal ne répond pas à leurs besoins. Aujourd’hui, cette préoccupation est au cœur des démarches de type « justice transformative » que j’ai évoquées. On peut ajouter que beaucoup d’abolitionnistes sont abolitionnistes car justement leur expérience de la justice pénale, en tant que victimes, leur a fait prendre conscience qu’elle n’a pas grand-chose à leur offrir et que la punition d’un auteur, si elle peut constituer une forme de reconnaissance du tort subi, ne comble pas les besoins fort complexes que peuvent avoir les victimes.

8-L’abolitionnisme est aussi souvent accusé d’être « utopiste »…

 

Shaïn : Comme tout courant qui cherche à transformer radicalement les structures sociales. Cette critique ignore la réalité du système pénal, historiquement très récent, et de son action extrêmement résiduelle (ne « traitant » qu’une infime partie des situations criminalisables), généralement inefficace et néfaste. Elle oublie aussi sa vision réductrice, désincarnée, abstraite et normative des situations et des actions humaines préjudiciables, qui ne permet pas de comprendre pourquoi elles se produisent et comment les prévenir durablement. A l’inverse, l’abolitionnisme promeut une perspective qui considère empiriquement les conflits interpersonnels et les relie aux injustices structurelles, pour pouvoir ensuite formuler un éventail de solutions stratégiques et pratiques de court, moyen et long terme – toujours à réévaluer. Il se conçoit aussi comme une « utopie réelle », ancrée dans une vision réaliste de l’humanité et de ses potentiels, et imaginant un projet global émancipateur. Partant de la question des préjudices, il cherche à inventer une nouvelle société désirable, porteuse d’autres rapports sociaux, qui ne reposent pas sur la répression et l’infliction institutionnelle de la souffrance.

8- Et pour finir, on vous pose souvent les mêmes questions, est-ce qu’il y a une question qu’on aimerait qu’on vous pose ?

 

Gwenola : Pour ma part, j’aimerais parler de la Palestine. Aujourd’hui, en Amérique du Nord, pour les abolitionnistes, il y a une évidence du lien entre luttes abolitionnistes et celles pour la libération de la Palestine. Je ne suis pas sûre que cela soit aussi évident en Europe. C’est donc important de le redire : pour les abolitionnistes, lorsqu’il est question de la Palestine, il n’est pas seulement question de la criminalisation de masse du peuple palestinien, de la condition des prisonnier.es palestinien.nes ou de la criminalisation de la solidarité avec la Palestine. Ces questions sont importantes, mais l’abolitionnisme est foncièrement anticolonial et on ne peut pas penser l’abolition de la prison sans penser, entre autres, une Palestine libre.

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Vendredi 24 mai à 19h à Toulouse (salle San Subra – métro Saint Cyprien), le Secours Rouge Toulouse organise une rencontre avec Shain Morisse et Gwenola Ricordeau à l’occasion de la parution de « Brique par brique, mur par mur. Une histoire de l’abolitionnisme pénal » (Lux Editeur).

« Il y a d’abord une évidence: les services que les prisons sont censées rendre ne compenseront jamais les torts qu’elles causent. Depuis les années 1960, ce constat d’un immense gâchis a amené un vaste mouvement à œuvrer à l’abolitionnisme pénal: en finir avec toutes les prisons, mais aussi avec les autres institutions qui forment le système pénal, comme la police et les tribunaux. Ce projet politique poursuit ainsi un objectif ambitieux : rendre vraiment justice aux victimes et répondre à leurs besoins, en plus de prévenir les violences systémiques et interpersonnelles.

En prenant appui sur les trajectoires transnationales des mouvements politiques qui ont mis au cœur de leur démarche la critique radicale du système carcéral et judiciaire, cet ouvrage, le premier du genre en langue française, offre une documentation indispensable pour inspirer les luttes contemporaines. »

Les sections francophones du Secours Rouge International (Belgique, Genève, Toulouse) lancent une campagne de solidarité avec le Parti Démocratique du Peuple (PDP) au Liban. Fondé en 1972, ce parti communiste et révolutionnaire est issu de l’unification de diverses organisations révolutionnaires. Il s’agit d’un des derniers partis de gauche au Liban qui continue à participer à la résistance sous toutes ses formes contre Israël et qui regroupe autant des militant.e.s d’origine libanaise que palestinienne. A Saïda, ville côtière au sud de Beyrouth, le PDP a mis en place depuis 1985 une clinique populaire qui fonctionne sans aucune aide d’ONG. Des médecins partageant des idéaux socialistes viennent six jours sur sept traiter plus d’une dizaine de patient.e.s par jour. Un cabinet de dentiste et un de consultation générale permettent de couvrir une large variété de soins, de la gynécologie à l’orthopédie en passant par la pneumologie. En plus de la clinique, une cantine populaire est aussi organisée par le PDP. La cantine a été créée durant le covid a pris tellement d’ampleur qu’il continue jusqu’à ce jour, avec plus de 350 repas servis par jour.

La délégation qui en 2023 s’est rendu au Liban pour rencontrer différentes factions de la résistance palestinienne, présentera sa visite ce dimanche 21 avril à 16H, au Local Sacco & Vanzetti. Cette présentation marquera le lancement de la campagne de solidarité internationale avec le PDP.

La guerre déclenchée par la Russie pose de sérieux défis au système politique russe, mais elle n’a pas produit de bouleversement, même si elle a provoqué un mécontentement et des craintes pour la sécurité personnelle et la stabilité économique chez les groupes à faibles ressources. Le régime ayant réprimé les forces auto-organisées ces 20 dernières années, les personnes mécontentes manquent d’instance pour organiser et exprimer leur résistance. Le Secours Rouge accueille ce jeudi 29 juin, au local Sacco Vanzetti, à 19H, un représentant de l’Anarchist Black Cross de Moscou qui abordera l’évolution de la situation politique en Russie dans les conditions de la guerre et son impact sur les pratiques d’auto-organisation. Au local Sacco Vanzetti, 54 chaussée de Forest (1060 Bruxelles), Métro Porte de Hal, jeudi 29 juin à 19H

Du 25 au 27 mai, devait se tenir une exposition des affiches de la résistance palestinienne du militant et artiste Marc Rudin, organisée par le Secours Rouge Genève en collaboration avec Samidoun Genève. Cette exposition était l’occasion de rendre hommage à notre camarade décédé le 7 avril dernier, à son travail artistique et politique. À l’occasion du vernissage, une discussion était prévue autour de la thématique « Comment soutenir la résistance palestinienne » avec notre camarade Mohammed Khatib, coordinateur de Samidoun. Le samedi 27, nous avions prévu de projeter le film Fedayin, le combat de Georges Ibrahim Abdallah, réalisé par le Collectif Vacarmes Films. Cette exposition a été interdite par la Ville de Genève.

Moins de 48 heures avant le vernissage de l’exposition, nous avons en effet été contactés par la personne responsable du lieu de l’exposition – l’Almacén. Il nous a été expliqué que la Ville de Genève, propriétaire du bâtiment, avait interdit la tenue de notre exposition. La Ville de Genève prétextait un manque d’information concernant notre projet, informations qui étaient cependant toutes publiques. Peu après, pour la première fois depuis l’annonce de l’interdiction de notre exposition et à notre demande, nous avons finalement été contactés directement par le collaborateur personnel d’Alfonso Gomez, Conseiller administratif en charge du Départements des finances, de l’environnement et du logement (DFEL) et membre du parti des Vert-e-s. Durant cet appel, le représentant de la Ville nous explique qu’il n’a « a priori pas de problème » avec notre exposition, que la Ville ne donne « normalement jamais » son aval regardant les évènements tenus à l’Almacén, que « jusqu’à maintenant [il] ne se savait pas ce qui s’y passait ». Notre exposition aborderait une thématique « sensible » et rendrait hommage à une personnalité « controversée ». Force est de constater le caractère exceptionnel d’une telle censure.

Ce qui a motivé une telle décision, aussi exceptionnelle que politique, ce sont les « pressions » que la Ville reçoit d’organisations telles que la European Jewish Association et une ONG israélienne qui a contacté le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Au téléphone, on nous explique donc que l’annulation de notre exposition est le fait d’organisation sionistes étrangères, sous le joug desquelles se placent la Ville de Genève. Rien de surprenant venant de la gauche bourgeoise parlementaire, qui révèle toujours l’étendue de ses contradictions, sinon de son hypocrisie.

La Ville nous accuse de surcroît de « prendre en otage » l’Almacén, considérant que la lutte palestinienne « dépasse » l’association qui tient le lieu, et ajoute qu’il aurait fallu demander « l’accord de quelqu’un de bien plus haut qu’une simple personne qui est bénévole du lieu ». Nous pensons et savons que les personnes responsables de l’Almacén sont tout à fait capables de saisir les enjeux d’une telle exposition, n’en déplaise à la Ville. Notre projet a toujours été clair, notre ligne déclarée, et nous avons toujours été transparent-e-s avec nos interlocuteurs. Par ailleurs, il n’existe aucune information concernant la démarche qu’il aurait supposément fallu entreprendre pour demander l’accord de la Ville. En somme, c’est bien le Conseil administratif qui décide, sous les pressions d’organisations sionistes, de forcer la main de l’Almacén pour interdire notre exposition, c’est-à-dire sans même acter sa propre décision. C’est bien la Ville de Genève, complice du chantage politique israélien, qui prend en otage les responsables de l’Almacén, et les menace de leur retirer le lieu qu’ils font vivre.

Finalement, nous soulignons la censure effarante d’œuvres artistiques et militantes. Les affiches de Marc Rudin, à qui nous souhaitions rendre hommage à travers cette exposition, ont en effet déjà été exposée à Genève en 1993 et, plus récemment, en 2015 lors du festival Palestine Filmer C’est Exister, exposition à laquelle Marc Rudin avait assisté en personne. La Ville de Genève censure un artiste suisse, sa liberté d’expression et son œuvre révolutionnaire. C’est notre devoir de les défendre. Nous défendons son travail ainsi que nous défendons toutes les formes de résistances palestiniennes. Nous ne céderons pas au chantage d’Israël, ni à celui de ses pions genevois. Nous n’avons pas dit notre dernier mot.

Tout cela montre bien que les bourgeoisies occidentales défendent avant tout les intérêts de l’impérialisme que représente Israël.

Quand l’expression de notre solidarité dépasse celle d’un humanisme condescendant et qu’elle parle de la résistance sous toutes ses formes, même la Grande Genève Internationale se sent menacée, même le Conseil Administratif de la Ville de Genève, pourtant composée de tant de représentant-es « de gauche », ploie le genou.

Plus que jamais, renforçons notre soutien à toutes les formes de résistance du peuple palestinien, passées, présentes et futures !

Du boycott à la lutte armée, leur droit à la résistance est inaliénable. Par sa nature anti-impérialiste et anti-coloniale, la lutte de nos camarades contre l’Israël est aussi la nôtre !

Marc vit dans nos luttes !

De la mer au Jourdain, liberté pour la Palestine !

Secours Rouge Genève

Samidoun Genève

Voici la déclaration faite par notre camarade G. lors de son procès pour son engagement internationaliste au Rojava:

« Aujourd’hui on m’accuse de service militaire à l’étranger. La grande question semble être de savoir si oui ou non j’ai contribué à la résistance des Unité de Défense du Peuple (YPG) lors de mon séjour. En tant que militant communiste suisse, le but de mon voyage était de voir une révolution de mes propres yeux et d’y participer.
Aujourd’hui, la Confédération suisse me juge par votre biais car j’aurais violé la «fameuse» neutralité helvétique en me rendant au nord de la Syrie et j’aurais porté atteinte à la puissance défensive du pays. A se demander si la Suisse a tant d’intérêt commun avec l’État Islamique ou le fascisme turc ?
Deux rapports de police disent clairement qu’il n’est pas possible de savoir ce que j’aurais fait durant mon séjour. Les preuves manquent à l’évidence. A contrario, les preuves que la neutralité suisse n’est qu’un mythe bien utile à la bourgeoisie sont nombreuses.
Quand la Suisse vend des armes ou des composants d’armes à l’État fasciste turc la neutralité importe peu, seul le profit compte. Ces armes servent à réprimer les mouvements progressistes en Turquie. Certaines se sont aussi retrouvées dans les mains de l’Etat Islamique.
Quand la Suisse extrade des militants et militantes progressistes turques et kurdes à la demande du régime d’Erdogan ou d’autres Etats européens, où est donc la neutralité ?
Quand les plus grandes banques du pays investissent chaque année plusieurs milliards dans l’industrie de l’armement, qui alimente les conflits du monde entier, où est donc la neutralité ?
L’État suisse n’est pas neutre. Il a choisi son camp depuis longtemps, celui de l’impérialisme occidental. Moi aussi j’ai choisi mon camp, celui des opprimés.
Depuis deux siècles s’est développée une tradition de solidarité révolutionnaire internationale. En me rendant au Rojava, j’y ai soutenu le camp des peuples qui luttent pour leur liberté. Il n ‘ y a qu’une solidarité internationale, ses formes sont multiples et toutes sont légitimes. Une révolution ne peut se construire sans projet de société et elle ne peut vivre si elle ne peut pas se défendre.
En suivant l’exemple donné par Norman Bethune ou Barbara Kistler , j’ai continué cette tradition. De même que toutes celles et ceux qui ont participé, d’une manière ou d’une autre, à la lutte de peuples qui n’était pas le leur. De la résistance antifasciste en Espagne à la lutte pour la libération de l’Algérie ou de la Palestine, nombreux et nombreuses sont les camarades qui ont porté leur engagement au niveau international. Cet engagement a pris différentes formes, toutes ayant leur importance.
En me rendant au Rojava, j’ai soutenu la construction d’une société basée sur des principes de justice sociale, de féminisme et d’écologie. Une société qui aujourd’hui lutte toujours contre le fascisme turc et ses soutiens occidentaux.
Mon choix est un choix politique, tout comme celui que l’État Suisse fait en me faisant passer, sur mandat de l’exécutif, devant ce tribunal. Sans preuves concrètes, je suis amené à comparaître devant vous, ceci sur un simple et seul avis des Service de renseignement de le Confédération, qui n’ont visiblement pas daigné fournir les fondements de leurs allégations.
Partout en Europe, la solidarité avec le mouvement kurde est attaquée. Le peuple du Kurdistan nous montre qu’une révolution est possible et bien réelle. C’est pour cette raison que notre solidarité et les liens que nous construisons sont vus comme dangereux.
Quelque que soit l’issue de ce jugement, je n’ai aucun regret. Je continuerai à soutenir la lutte révolutionnaire au Kurdistan car comme le dit un de leur proverbe : « La résistance, c’est la vie ! »
En tant que militant révolutionnaire et internationaliste, je tiens à finir ma déclaration en saluant le camarade Alfredo Cospito et toutes celles et ceux qui luttent contre le régime d’isolement 41bis en Italie.
Je salue aussi Georges Ibrahim Abdallah et les prisonniers et prisonnières de la cause palestinienne.
Je salue Pola Roupa et Nikos Maziotis emprisonnés en Grèce pour leur engagement révolutionnaire.
Je salue aussi les milliers de prisonnières et prisonniers politiques actuellement dans les geôles du régime fasciste turc.
Je salue l’engagement de celles et ceux qui crient tous les jours dans les rues d’Iran, «Jin, Jîyan Azadî» et se font emprisonner ou tuer.
Je salue Serge, militant français dalns le coma qui lutte pour garder la vie. Il y a deux semaines, il a été gravement blessé par la police lors des manifestations contre le projet écocidaire des mégas-bassines dans l’ouest de la France.
Tous ces militants et militantes nous démontrent que même en faisant face à la plus dure des répressions, la lutte pour un monde meilleur continue.
Comme l’a très bien dit le camarade Fred Hampton : «On peut emprisonner un révolutionnaire, mais on ne peut pas emprisonner la révolution.»« 

La déclaration en anglais

Le 14 avril, se tiendra à Sion le procès, devant la justice militaire suisse, d’un militant du Secours Rouge de Genève. Il est accusé « d’atteinte à la puissance défensive du pays » et de « service militaire à l’étranger ». L’État suisse lui reproche d’avoir pris les armes au Rojava entre 2015 et 2016 contre Daesh. Une mobilisation solidaire aura lieu ce jour à Sion. Lire la déclaration du Secours Rouge de Genève

L’association des Mutilé.e.s pour l’Exemple organise une manifestation dimanche 9 avril dès 14H au départ du métro Jean Jaurès pour dénoncer les violences policières. Dans leur communiqué, ils affirment « Nous avons été amputé.e.s, éborgné.e.s, mutilé.e.s ou blessé.e.s par les Forces de l’Ordre lors de différentes manifestations dans le contexte des Gilets Jaunes. […] Nous sommes à un moment historique où la question des violences policières est plus forte que jamais. Les rapports de force policiers et la violence s’intensifient et se multiplient, il est de notre devoir de s’écouter, de s’organiser et d’agir ensemble pour mettre fin à cette brutalité policière et étatique ! »

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Dans la perspective internationaliste du travail révolutionnaire, un de nos camarades s’est rendu au Rojava entre 2015 et 2016. Il ne s’agissait pas d’un voyage de « visite » ou d’« observation », mais bien d’apprendre et de participer à la révolution qui se construit encore aujourd’hui dans le territoire autonome du nord-est de la Syrie, le Rojava.

Le 14 avril 2023, se tiendra son procès à Sion. Il est accusé « d’atteinte à la puissance défensive du pays » et de « service militaire à l’étranger ». L’État suisse reproche à notre camarade d’avoir pris les armes contre Daesh, sans pour autant en avoir quelconque preuve. Il nous semble important de noter qu’il ne s’agit en réalité pas seulement de réprimer ce type d’engagement, mais encore de criminaliser l’internationalisme et le soutien à la révolution du Rojava.

Que cela soit bien clair, de savoir si notre camarade a pris les armes ou non, n’est pas important. La répression bourgeoise fait en effet une différence entre la participation armée à la révolution et les autres formes de solidarité, différence que nous ne faisons pas. Que les militantes et militants participent à des projets médiatiques, écologiques, artistiques ou militaires nous importe peu. La révolution au Rojava se base sur des valeurs socialistes, féministes et écologistes ; elles se retrouvent dans le projet de société nouvelle qui se met en place et qui doit être défendu par la lutte armée. Sans projet et travail « civil » : pas de révolution. Et sans forces armées pour les défendre : pas de révolution non plus. Au Rojava, comme dans toute autre expérience révolutionnaire, la nouvelle société ne peut vivre que si elle peut se défendre.

La démarche répressive qui concerne notre camarade s’inscrit plus largement dans une dynamique au niveau européen, qui s’est déjà vue entre autres en Italie, en Allemagne, en France et au Royaume-Uni. Cette répression peut prendre des formes variées, mais son but est toujours le même : empêcher les militantes et militants de continuer leur travail politique en Europe et les empêcher de renforcer les liens avec les expériences révolutionnaires à travers le monde. En Angleterre, des camarades se sont vu retirer leur passeport et ont reçu des interdictions d’entrer dans l’espace Schengen. En France, un camarade a passé plus d’une année en prison sous prétexte qu’il a été au Rojava et qu’il est un militant révolutionnaire. En Italie, plusieurs militant.e.s sont passés.e.s par de longues procédures judiciaires à cause de leur voyage dans la région. De nombreux autres exemples existent et démontrent que, quelles que soient les activités menées par les militant.e.s au Kurdistan, la justice bourgeoise s’acharne à attaquer toutes celles et ceux qui ont eu le courage de quitter leur pays pour apprendre et participer au processus révolutionnaire en cours au Rojava. Ainsi le procès qui vise notre camarade n’est pas celui d’une supposée « atteinte à la puissance défensive du pays » : il s’agit bel et bien du procès de l’internationalisme dans toutes ses formes. À ceci nous répondons fermement : « L’internationalisme est un devoir ».

L’État suisse attaque notre camarade, car ses actions pourraient porter atteinte à la sacro-sainte « neutralité » helvétique et ainsi nuire à « la puissance défensive du pays ». Il nous semble important de rappeler ici que la Suisse a été un fournisseur d’armes au régime fasciste turc jusque très récemment, et que ce même régime a soutenu Daesh en Syrie et en Irak. Aujourd’hui encore, il soutient les milices islamistes actives dans la région et a même envahi une partie du territoire syrien pour les appuyer. Si les ventes d’armes ont été suspendues, la collaboration économique continue. Nombre de grandes entreprises suisses investissent en Turquie, profitant des avantages donnés par le régime fasciste en place. La « neutralité » Suisse n’est donc bien qu’une façade pour cacher son rôle dans l’impérialisme occidental. Nous refusons, quant à nous, toute neutralité, car nous croyons à l’internationalisme et nous nous tenons coude à coude avec nos camarades qui luttent contre l’impérialisme à travers le monde. L’État suisse a toujours eu une politique répressive avec les militantes et militants qui s’inscrivaient dans une démarche internationaliste, que ce soit lors de la guerre d’Espagne ou de la Résistance française pour ne citer que ces exemples.

Le procès contre notre camarade n’est pas dès lors anodin. Ce n’est pas simplement la nature de son engagement au Rojava qui lui est reproché, ce sont surtout les raisons idéologiques qui l’ont poussé à partir. Les autorités suisses tentent avant tout de le condamner en raison de son engagement politique, en utilisant pour cela la justice militaire. À plusieurs reprises dans son dossier, les services de renseignement de la confédération mentionnent son appartenance à l’extrême gauche ainsi que son engagement politique. La bourgeoisie souhaite ainsi intimider et contraindre au silence les militant.e.s révolutionnaires. Il nous faut donc reconnaître ce procès comme une forme de répression contre le mouvement révolutionnaire dans son ensemble, et non comme une attaque contre un individu. La réponse se doit donc de ne pas être individuelle et isolée, mais collective et révolutionnaire.

Pour soutenir la révolution au Rojava et notre camarade en procès, nous appelons à une semaine de mobilisation et d’action contre les soutiens et alliés occidentaux du régime fasciste turc du 7 au 13 avril prochains.

Le 14 avril, jour du procès nous appelons à un rassemblement devant le tribunal cantonal de Sion à 8h30.

Que vive la solidarité internationale !

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Dans le cadre de la semaine d’action du 7 au 13 avril, nous avons réalisé trois affiches qui peuvent être utilisées librement. Pour télécharger la version A3 des affiches →trio affiches proces

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German

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Mit der internationalistischen Perspektive der revolutionären Arbeit reiste einer unserer Genossen zwischen 2015 und 2016 nach Rojava. Dabei handelte es sich nicht um eine Vergnügungsreise. Vielmehr ging es darum, an einer Revolution teilzunehmen und von ihr zu lernen. Diese wird bis heute im autonomen Gebiet Rojava im Nordosten Syriens vorangetrieben.

Am 14. April 2023 findet sein Prozess in Sion statt. Ihm wird « Beeinträchtigung der Verteidigungskraft des Landes » sowie « Militärdienst im Ausland » vorgeworfen. Der Schweizer Staat wirft unserem Genossen vor, gegen Daesh zu den Waffen gegriffen zu haben, ohne dafür irgendwelche Beweise zu haben. Wir halten es für wichtig, darauf hinzuweisen, dass es in Wirklichkeit nicht nur um diesen Vorwurf an sich geht, sondern auch darum, den Internationalismus und die Unterstützung der Revolution in Rojava zu delegitimieren und entpolitisieren.

Um es klar zu sagen: Es ist nicht wichtig, ob unser Genosse Waffen in der Hand hatte oder nicht. Die bürgerliche Repression unterscheidet tatsächlich zwischen der bewaffneten Teilnahme an der Revolution und anderen Formen der Solidarität. Den Unterschied machen wir nicht. Ob sich Aktivistinnen und Aktivisten an Medien-, Umwelt-, Kunst- oder Militärprojekten beteiligen ist nebensächlich: Es sind alles Facetten desselben Kampfes. Die Revolution in Rojava basiert auf sozialistischen, feministischen und ökologischen Werten; sie finden sich in dem Projekt einer neuen Gesellschaft wieder, das sich entwickelt und das durch den bewaffneten Kampf verteidigt werden muss. Ohne zivile Projekte und zivile Arbeit, keine Revolution. Ohne bewaffnete Kräfte zu ihrer Verteidigung, ebenfalls keine Revolution. In Rojava, wie in jeder anderen revolutionären Erfahrung, kann die neue Gesellschaft nur leben, wenn sie sich verteidigen kann.

Das repressive Vorgehen, das unseren Genossen betrifft, ist im weiteren Sinne Teil einer Dynamik auf europäischer Ebene, die sich unter anderem bereits in Italien, Deutschland, Frankreich und Großbritannien gezeigt hat. Die Repression kann unterschiedliche Formen annehmen, aber ihr Ziel ist immer das gleiche: Aktivistinnen und Aktivisten daran zu hindern, ihre politische Arbeit in Europa fortzusetzen, und sie daran zu hindern, die Verbindungen weltweiter revolutionären Erfahrungen zu stärken. In England wurde Genossinnen und Genossen der Reisepass entzogen und die Einreise in den Schengen-Raum untersagt. In Frankreich verbrachte ein Genosse über ein Jahr im Gefängnis unter dem Vorwand, er sei in Rojava gewesen und ein revolutionärer Aktivist. In Italien durchliefen mehrere Aktivist:innen lange Gerichtsverfahren, weil sie in die Region gereist waren. Es gibt viele weitere Beispiele dafür, dass die bürgerliche Justiz unabhängig von der Art der Beteiligung in Kurdistan hartnäckig gegen alle vorgeht, die den Mut hatten, ihr Land zu verlassen, um vom revolutionären Prozess in Rojava zu lernen und daran teilzunehmen. Der Prozess gegen unseren Genossen ist also kein Prozess wegen einer angeblichen « Verletzung der Verteidigungskraft des Landes », sondern ein Prozess gegen den Internationalismus in all seinen Formen. Darauf antworten wir entschieden, dass Internationalismus unsere Pflicht als Revolutionäre ist.

Der Schweizer Staat greift unseren Genossen an, weil seine Aktionen die heilige « Neutralität » der Schweiz untergraben und damit die « Verteidigungsfähigkeit des Landes » beeinträchtigen könnten. Wir möchten an dieser Stelle daran erinnern, dass die Schweiz bis vor kurzem dem faschistischen türkischen Regime Waffen lieferte. Ein Regime, welches Daesh in Syrien und im Irak unterstützt hat. Auch heute noch unterstützt die Türkei die in der Region aktiven islamistischen Milizen und ist dazu sogar in einem Teil des syrischen Territoriums einmarschiert. Die Waffenverkäufe wurden eingestellt, die wirtschaftliche Zusammenarbeit geht aber weiter. Viele große Schweizer Unternehmen investieren in der Türkei und nutzen die Vorteile, die das faschistische Regime dort bietet. Die Schweizer « Neutralität » ist also nur eine Fassade, um ihre Rolle im westlichen Imperialismus zu verbergen. Wir lehnen jegliche Neutralität ab, denn wir glauben an den Internationalismus und stehen Schulter an Schulter mit all unseren Genossinnen und Genossen, die weltweit gegen den Imperialismus kämpfen. Der Schweizer Staat hat schon immer eine repressive Politik gegenüber internationalistischen Aktivistinnen und Aktivisten verfolgt, sei es im Spanischen Bürgerkrieg oder in der französischen Résistance, um nur einige Beispiele zu nennen.

Das Verfahren gegen unsere Genossen ist von daher nicht unbedeutend. Ihm wird nicht nur die Art seines Engagements in Rojava vorgeworfen, sondern vor allem die ideologischen Gründe, die ihn dazu bewegt haben. Die Schweizer Behörden versuchen in erster Linie, ihn wegen seines politischen Engagements zu verurteilen, und bedienen sich dabei der Militärjustiz. Der Nachrichtendienst der Eidgenossenschaft erwähnt in seinen Akten mehrmals seine Zugehörigkeit zur radikalen Linken und sein politisches Engagement. Die Bourgeoisie will damit revolutionäre Aktivisten einschüchtern und zum Schweigen zwingen. Wir müssen diesen Prozess als eine Form der Repression gegen die revolutionäre Bewegung als Ganzes und nicht nur als Angriff auf eine Einzelperson erkennen. Aus diesem Grund darf die Antwort darauf nicht lediglich eine individuelle sein, sondern muss zwingend eine kollektive und revolutionäre Antwort sein.

Um die Revolution in Rojava und unseren Genossen in diesem Verfahren zu unterstützen, rufen wir zu einer Aktionswoche gegen die westlichen Unterstützer und Verbündeten des faschistischen türkischen Regimes auf, vom 7. bis zum 13. April 2023.

Am 14. April, dem Tag des Prozesses, rufen wir zu einer Kundgebung vor dem Kantonsgericht in Sion um 8.30 Uhr auf.

Es lebe die internationale Solidarität!

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Italian

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Nella prospettiva internazionalista del lavoro rivoluzionario, uno dei nostri compagni ha visitato il Rojava tra il 2015 e il 2016. Non si è trattato di un viaggio di « visita » o « osservazione », ma per imparare e partecipare alla rivoluzione che si sta costruendo ancora oggi nel territorio autonomo del nord-est della Siria, il Rojava.

Il 14 aprile 2023 si terrà a Sion il suo processo. È accusato di aver « minato la difesa del Paese » e di « servizio militare all’estero ». Lo Stato svizzero accusa il nostro compagno di aver imbracciato le armi contro Daesh, senza avere alcuna prova di ciò. Ci sembra importante notare che non si tratta in realtà soltanto di reprimere questo tipo di impegno, ma anche di criminalizzare l’internazionalismo e il sostegno alla rivoluzione del Rojava.

Che sia ben chiaro, sapere se il nostro compagno ha imbracciato le armi o meno, non è importante. La repressione borghese fa in effetti differenza tra la partecipazione armata alla rivoluzione e altre forme di solidarietà, differenza che noi non facciamo. Che le militanti e i militanti partecipino a progetti mediatici, ecologisti, artistici o militari ci interessa poco. La rivoluzione in Rojava si basa su valori socialisti, femministi ed ecologisti, che si ritrovano nel progetto di una nuova società che si sta realizzando e che deve essere difeso con la lotta armata. Senza un progetto e un lavoro « civile »: niente rivoluzione. E senza forze armate per difenderli: niente rivoluzione comunque. In Rojava, come in ogni altra esperienza rivoluzionaria, la nuova società può vivere solo se è in grado di difendersi.

L’approccio repressivo che riguarda il nostro compagno si inserisce in una dinamica più ampia a livello europeo, che si è già vista in Italia, Germania, Francia e nel Regno Unito. Questa repressione può assumere diverse forme, ma il suo scopo è sempre lo stesso: impedire alle militanti e ai militanti di continuare il loro lavoro politico in Europa e di impedire loro di rafforzare i legami con le esperienze rivoluzionarie di tutto il mondo. In Inghilterra, alcune compagne e compagni hanno subito il ritiro del passaporto e il divieto di entrare nell’area Schengen. In Francia, un compagno ha trascorso più di un anno in prigione con il pretesto che era stato in Rojava e di essere un militante rivoluzionario. In Italia, diverse attiviste e attivisti hanno dovuto affrontare lunghi procedimenti giudiziari a causa del loro viaggio nella regione. Esistono molti altri esempi che dimostrano che, a prescindere dalle attività delle attiviste e degli attivisti in Kurdistan, la giustizia borghese è determinata ad attaccare tutt* coloro che hanno avuto il coraggio di lasciare il proprio Paese per imparare e partecipare al processo rivoluzionario in corso in Rojava. Quindi, il processo che prende di mira il nostro compagno non è quello di un presunto « attacco al potere difensivo del Paese »: è invece il processo all’internazionalismo in tutte le sue forme. A questo rispondiamo con fermezza: « L’internazionalismo è un dovere ».

Lo Stato svizzero attacca il nostro compagno, perché le su azioni potrebbero minare la sacrosanta « neutralità » svizzera e quindi danneggiare la « potenza difensiva del Paese ». È importante ricordare che la Svizzera è stata fornitrice di armi al regime fascista turco fino a poco tempo fa, e che questo stesso regime ha sostenuto Daesh in Siria e in Iraq. Ancora oggi, sostiene milizie islamiste attive nella regione e ha persino invaso parte del territorio siriano per sostenerle. Mentre la vendita di armi è stata sospesa, la collaborazione economica continua. Molte grandi aziende svizzere investono in Turchia, approfittando dei vantaggi offerti dal regime fascista in vigore. La « neutralità » della Svizzera è quindi solo una facciata per nascondere il suo ruolo nell’imperialismo occidentale. Noi, da parte nostra, rifiutiamo qualsiasi neutralità, perché crediamo nell’internazionalismo e ci schieriamo spalla a spalla con le nostre compagne e i nostri compagni che lottano contro l’imperialismo in tutto il mondo. Lo Stato svizzero ha sempre avuto una politica repressiva nei confronti degli attivisti che facevano parte del movimento internazionalista, sia durante la guerra di Spagna che durante la Resistenza francese, solo per citarne alcuni esempi.

l processo contro il nostro compagno non è quindi senza significato. Non è soltanto la natura del suo impegno per il Rojava, ma sono soprattutto le ragioni ideologiche che lo hanno spinto a partire. Le autorità svizzere stanno cercando di condannarlo soprattutto per il suo coinvolgimento politico, utilizzando la giustizia militare. In diverse occasioni nel suo dossier, i servizi segreti della confederazione menzionano la sua appartenenza all’estrema sinistra e il suo impegno politico. La borghesia vuole intimidire e mettere a tacere le militanti e i militanti rivoluzionari. Dobbiamo quindi riconoscere questo processo come una forma di repressione contro il movimento rivoluzionario nel suo complesso, e non come un attacco a un singolo individuo. La risposta non deve quindi essere individuale e isolata, ma collettiva e rivoluzionaria.

Per sostenere la rivoluzione in Rojava e il nostro compagno a processo, chiamiamo una settimana di mobilitazione e azione contro i sostenitori e gli alleati occidentali del regime fascista turco dal 7 al 13 aprile 2023.

Il 14 aprile, giorno del processo, chiamiamo un assembramento davanti al tribunale cantonale di Sion alle h 8.30

Viva la solidarietà internazionale!

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English

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As part of the internationalist perspective of revolutionary work, one of our comrades went to Rojava between 2015 and 2016. This was not a « visit » or « observation » trip, but to learn about and participate in the revolution that is still being built today in the autonomous territory of northeast Syria, Rojava.

On April 14, 2023, his trial will be held in Sion. He is accused of « undermining the defensive power of the country » and « military service abroad ». The Swiss state accuses our comrade of having taken up arms against Daesh, without having any proof of this. It seems important to us to note that it is not only a question of repressing this type of commitment, but also of criminalizing internationalism and support for the revolution in Rojava.

Let’s be clear, whether our comrade has taken up arms is not important. The bourgeois repression does indeed make a difference between armed participation in the revolution and other forms of solidarity, a difference that we do not make. Whether activists participate in media, ecological, artistic or military projects is not important to us. The revolution in Rojava is based on socialist, feminist and ecological values; they are reflected in the project of a new society that is being put in place and that must be defended by the armed struggle. Without a « civil » project and work: no revolution. And without armed forces to defend them: no revolution either. In Rojava, as in any other revolutionary experience, the new society can only live if it can defend itself.

The repressive approach that concerns our comrade is part of a wider dynamic at the European level, which has already been seen in Italy, Germany, France and the United Kingdom, among others. This repression can take various forms, but its aim is always the same: to prevent activists from continuing their political work in Europe and to prevent them from strengthening links with revolutionary experiences around the world. In England, comrades have had their passports taken away and have been banned from entering the Schengen area. In France, a comrade has spent more than a year in prison under the pretext that he has been in Rojava and is a revolutionary activist. In Italy, several activists have gone through long legal proceedings because of their trip to the region. Many other examples exist and show that, whatever the activities carried out by the activists in Kurdistan, the bourgeois justice is determined to attack all those who had the courage to leave their country to learn and participate in the revolutionary process underway in Rojava. Thus, the trial that targets our comrade is not that of a supposed « attack on the defensive power of the country »: it is indeed the trial of internationalism in all its forms. To this we answer firmly: « Internationalism is a duty ».

The Swiss state is attacking our comrade because his actions could undermine the sacrosanct Swiss « neutrality » and thus harm the « defensive power of the country ». It seems important to us to recall here that Switzerland was a supplier of arms to the Turkish fascist regime until very recently, and that this same regime supported Daesh in Syria and Iraq. Even today, it supports the Islamist militias active in the region and has even invaded part of the Syrian territory to support them. While arms sales have been suspended, economic collaboration continues. Many large Swiss companies are investing in Turkey, taking advantage of the benefits given by the fascist regime in place. Swiss « neutrality » is therefore only a façade to hide its role in Western imperialism. We refuse any neutrality, because we believe in internationalism and we stand shoulder to shoulder with all our comrades who fight against imperialism throughout the world. The Swiss state has always had a repressive policy towards activists who were involved in an internationalist approach, whether it was during the Spanish war or the French Resistance, to name but two examples.

The trial against our comrade is therefore not insignificant. It is not simply the nature of his commitment in Rojava that he is accused of, it is above all, the ideological reasons that pushed him to leave. The Swiss authorities are trying to condemn him because of his political commitment, using military justice for this. On several occasions in his file, the intelligence services of the confederation mention that he is part of the revolutionary left as well as his political commitment. The bourgeoisie wants to intimidate and silence revolutionary activists. We must therefore recognize this trial as a form of repression against the revolutionary movement as a whole, and not as an attack on an individual. The response must therefore not be individual and isolated, but collective and revolutionary.

To support the revolution in Rojava and our comrade on trial, we call for a week of mobilization and action against the Western supporters and allies of the Turkish fascist regime from April 7 to 13.

On April 14, the day of the trial, we call for a rally in front of the cantonal court of Sion at 8:30 am.

Long live international solidarity!

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Spanish

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En la perspectiva internacionalista del trabajo revolucionario, uno de nuestros compañeros fue a Rojava entre 2015 y 2016. No fue un viaje de « visita » u « observación », sino para conocer y participar en la revolución que se sigue construyendo hoy en el territorio autónomo del noreste de Siria, Rojava.

El 14 de abril de 2023 se celebrará su juicio en Sion, Suiza. Se le acusa de « socavar el poder defensivo del país » y de « servicio militar en el extranjero ». El Estado suizo acusa a nuestro compañero de haber tomado las armas contra Estado Islámico, sin tener ninguna prueba de ello. Nos parece importante señalar que no se trata sólo de reprimir este tipo de compromiso, sino también de criminalizar el internacionalismo y el apoyo a la revolución en Rojava.

Seamos claras, si nuestro compañero tomó las armas o no, no es importante. La represión burguesa sí hace una diferencia entre la participación armada en la revolución y otras formas de solidaridad, una diferencia que nosotras no hacemos. No nos importa si las activistas participan en proyectos mediáticos, ecológicos, artísticos o militares. La revolución en Rojava se basa en valores socialistas, feministas y ecológicos; se reflejan en el proyecto de una nueva sociedad que se está poniendo en marcha y que debe ser defendida por la lucha armada. Sin proyecto y trabajo « civil »: no hay revolución. Y sin fuerzas armadas que los defiendan: tampoco hay revolución. En Rojava, como en cualquier otra experiencia revolucionaria, la nueva sociedad sólo puede vivir si puede defenderse.

El enfoque represivo que concierne a nuestro compañero forma parte de una dinámica más amplia a nivel europeo, que ya se ha visto en Italia, Alemania, Francia y el Reino Unido, entre otros. Esta represión puede adoptar diversas formas, pero su objetivo es siempre el mismo: impedir que las activistas continúen su trabajo político en Europa y que estrechen lazos con experiencias revolucionarias de todo el mundo. En Inglaterra, a algunos compañeras les han retirado el pasaporte y les han prohibido entrar en el espacio Schengen. En Francia, un compañero pasó más de un año en prisión por haber estado en Rojava y ser activista revolucionario. En Italia, varias activistas han pasado por largos procesos judiciales a causa de su viaje a la región. Hay muchos otros ejemplos que demuestran que, sean cuales sean las actividades de los activistas en el Kurdistán, el sistema de justicia burgués está decidido a atacar a todos aquellos que han tenido el valor de salir de su país para aprender y participar en el proceso revolucionario en Rojava. Así, el juicio que tiene como objetivo a nuestro compañero no es el de un supuesto « ataque al poder defensivo del país »: es, de hecho, el juicio al internacionalismo en todas sus formas. A esto respondemos con firmeza: « El internacionalismo es un deber ».

El Estado suizo ataca a nuestro compañero porque sus acciones podrían socavar la sacrosanta « neutralidad » suiza y perjudicar así el « poder defensivo del país ». Nos parece importante recordar aquí que Suiza fue proveedor de armas del régimen fascista turco hasta hace muy poco, y que este mismo régimen apoyó a Estado Islámico en Siria e Irak. Incluso hoy apoya a las milicias islamistas activas en la región y ha llegado a invadir parte del territorio sirio para apoyarlas. Aunque se ha suspendido la venta de armas, la colaboración económica continúa. Muchas grandes empresas suizas invierten en Turquía, aprovechando las ventajas que les otorga el régimen fascista vigente. La « neutralidad » suiza no es, pues, más que una fachada para ocultar su papel en el imperialismo occidental. Nosotras, en cambio, rechazamos cualquier neutralidad, porque creemos en el internacionalismo y estamos hombro con hombro con nuestros compañeras que luchan contra el imperialismo en todo el mundo. El Estado suizo siempre ha tenido una política represiva contra los activistas que formaban parte de un planteamiento internacionalista, ya fuera durante la guerra española o la Resistencia francesa, por citar sólo dos ejemplos.

Por tanto, el proceso contra nuestro compañero no es insignificante. No se le acusa simplemente de la naturaleza de su compromiso con Rojava, sino sobre todo de las razones ideológicas que le empujaron a marcharse. Las autoridades suizas intentan sobre todo condenarle por su compromiso político, utilizando para ello la justicia militar. En su expediente, los servicios de inteligencia de la Confederación mencionan en varias ocasiones su pertenencia a la extrema izquierda y su compromiso político. La burguesía desea intimidar y silenciar a los militantes revolucionarios. Por lo tanto, debemos reconocer este juicio como una forma de represión contra el movimiento revolucionario en su conjunto, y no como un ataque contra un individuo. Por lo tanto, la respuesta no debe ser individual y aislada, sino colectiva y revolucionaria.

Para apoyar la revolución en Rojava y a nuestro compañero juzgado, llamamos a una semana de movilización y acción contra los partidarios y aliados occidentales del régimen fascista turco del 7 al 13 de abril.

El 14 de abril, día del juicio, llamamos a una concentración frente al tribunal cantonal de Sion a las 8:30 horas.

¡Viva la solidaridad internacional!

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Turkish

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Devrimci enternasyonalizmin isiginda , yoldaşlarımızdan biri 2015-2016 yılları arasında Rojava devrimine katildi. Bu bir « ziyaret » ya da « gözlem » gezisi değil, Suriye’nin kuzeydoğusundaki özerk bölgede -Rojava’da- bugün hala inşa edilmekte olan devrim hakkında bilgi edinmek ve devrime katkida bulunmak içindi.

14 Nisan 2023 tarihinde Sion’de duruşması gerçekleşecek. « Ülkenin savunma gücünü zayıflatmak » ve « yurtdışında askeri hizmet » ile suçlanıyor. İsviçre devleti, herhangi bir kanıta sahip olmaksızın yoldaşımızı IŞİD’e karşı silahlanmakla suçluyor. Burada söz konusu olanın sadece bu suçlamanin kinanmasi degil, aynı zamanda enternasyonal devrimciligin ve Rojava’daki devrime verilen desteğin kriminalize edilmesinin kinanmasi yani burjuva adaletin teshir edilmesi gunun asli gorevidir.

Bir devrime silahli katilip katilmaktan çok bu devrimin siyasi ve toplumsal sonuçlari tüm dünyayi etkisi altina almis durumda.Bu durum, su an yargilandigimiz ulke sinirlari icinde gecerli bir durum.

Rojava’daki devrim sosyalist, feminist ve ekolojik değerlere dayanıyor; bu değerler, hayata geçirilmekte olan ve silahlı mücadele tarafından savunulması gereken yeni bir toplum projesinde yansıtılıyor. Toplumsal insaa ve çalışma olmadan: devrim olmaz. Ve bunları savunacak silahlı güçler olmadan: devrim de olmaz. Rojava’da, diğer tüm devrimci deneyimlerde olduğu gibi, yeni toplum ancak kendini savunabilirse yaşayabilir.

Yoldaşımızı ilgilendiren baskıcı yaklaşım, diğerlerinin yanı sıra İtalya, Almanya, Fransa ve Birleşik Krallık’ta da görülen Avrupa düzeyindeki daha geniş bir dinamiğin parçasıdır. Devrimcilere dönük bu baskı çeşitli biçimler alabilir, ancak amacı her zaman aynıdır: devrimcilerin Avrupa’daki siyasi çalışmalarını sürdürmelerini ve dünyanın dört bir yanındaki devrimci deneyimlerle bağlarını güçlendirmelerini engellemek !

İngiltere’de yoldaşların pasaportları ellerinden alındı ve Schengen bölgesine girişleri yasaklandı. Fransa’da bir yoldaş Rojava’da bulunduğu ve devrimci bir aktivist olduğu gerekçesiyle bir yıldan fazla bir süre cezaevindekaldı. İtalya’da birkaç devrimci bölgeye yaptıkları seyahatler nedeniyle uzun süren yasal süreçlerden geçti. Kürdistan’daki devrimcilerin faaliyetleri ne olursa olsun, burjuva adalet sisteminin Rojava’daki devrimci sürece katılmak ve öğrenmek için ülkelerini terk etme cesaretini gösteren herkese saldırmaya kararlı olduğunu gösteren başka birçok örnek var.

Dolayısıyla, yoldaşımızı hedef alan dava sözde « ülkenin savunma gücüne saldırı » davası değildir: bu aslında her biçimiyle enternasyonalizmin yargılanmasıdır. Buna kesin bir şekilde yanıt veriyoruz: « Enternasyonalizm bir görevdir, suç değil »

Kölelige karsi onurlu yasami savunmaya devam edecegiz !

İsviçre devleti yoldaşımıza saldırıyor çünkü onun eylemleri İsviçre’nin kutsal « tarafsızlığını » zayıflatabilir ve onlarin bu savasta ezici isgalci guclere acik desteklerini teshir edebilir !

Burada İsviçre’nin yakın zamana kadar Türk faşist rejiminin silah tedarikçisi olduğunu ve aynı rejimin Suriye ve Irak’ta IŞİD’i desteklediğini hatırlatmak bizim için önemli görünüyor. Bugün bile bölgede faaliyet gösteren İslamcı milisleri desteklemekte ve hatta onları desteklemek için Suriye topraklarının bir bölümünü işgal etmiş bulunmaktadır. Silah satışları askıya alınmış olsa da ekonomik işbirliği devam etmektedir. Birçok büyük İsviçre şirketi, yürürlükteki faşist rejimin sağladığı avantajlardan yararlanarak Türkiye’de yatırım yapmaktadır. Dolayısıyla İsviçre’nin « tarafsızlığı », Batı emperyalizmindeki rolünü gizlemek için kullandığı bir paravandan ibarettir.

Biz tarafsız olmayı reddediyoruz, çünkü enternasyonalizme inanıyoruz ve dünyanın dört bir yanında emperyalizme karşı mücadele eden tüm yoldaşlarımızla omuz omuza duruyoruz.İsviçre devleti, hem İspanya savaşı sırasında hem de Fransız Direnişi sırasında , enternasyonalist bir yaklaşım içinde olan devrimcilere karşı her zaman baskıcı bir politika izlemiştir.Bu nedenle yoldaşımıza karşı açılan dava önemsiz değildir. Suçlandığı şey sadece Rojava’ya olan bağlılığı değil, her şeyden önce onu ayrılmaya iten ideolojik ve tarihi nedenlerdir. Ezilenlerin hakli tarihi, Isvicreli Barbara yoldasin yaydigi enternasyonalist hakli davada bugunun devrimcilerine yoldas olmustur.

İsviçreli yetkililer her şeyden önce onu devrimci kimligi nedeniyle mahkum etmeye çalışıyor ve bunu yapmak için askeri adaleti kullanıyor. Konfederasyonun istihbarat servisleri, dosyasında birçok kez onun aşırı sol üyeliğinden ve siyasi kimliginden bahsetmektedir.

Burjuvazi, devrimcileri sindirmek ve susturmak istemektedir. Dolayısıyla bu davayı bir bireye yönelik bir saldırı olarak değil, bir bütün olarak devrimci harekete yönelik bir baskı biçimi olarak görmeliyiz. Dolayısıyla verilecek yanıt bireysel ve yalıtılmış değil, kolektif ve devrimci olmalıdır.

Rojava’daki devrimi ve yargılanan yoldaşımızı desteklemek için, 7-13 Nisan tarihleri arasında Türk faşist rejiminin Batılı destekçileri ve müttefiklerine karşı bir haftalık seferberlik ve eylem çağrısında bulunuyoruz.

Duruşma günü olan 14 Nisan’da, saat 8:30’da Sion Kanton Mahkemesi önünde bir miting çağrısında bulunuyoruz.

Yaşasın Enternasyonal Dayanisma !

Yasasin Rojava Devrimimiz !