2.000 manifestants ont défilé dimanche après-midi à Bordeaux contre le meeting de Marine Le Pen. Les manifestants s’étaient réunis place de la Victoire, à quelque 10 km du Parc des expositions de Bordeaux-Lac, où la présidente du FN tenait son meeting. Ils ont ensuite défilés à travers les rues du centre-ville, encadrés par une imposante présence de CRS et gendarmes mobiles. C’est vers la fin du parcours, aux environs de 17 heures, que les incidents ont commencé. Plusieurs manifestants qui avaient défilé cagoulés en tête du cortège s’en sont pris à des vitrines, puis aux forces de l’ordre, leur jetant des boulons, pavés, canettes et projectiles divers. La police a tiré des gaz lacrymogènes et procédé à dix interpellations.

Les affrontements de dimanche à Bordeaux

Les affrontements de dimanche à Bordeaux

Le facebook « Luttes invisibles » a listé les personnes arrêtées et poursuivies pour fait de grève ou manifestation ces 13 derniers mois. Et le chiffre est impressionnant. Au moins 2031 militants politiques et syndicaux sont passé en procès ces 13 derniers mois.

1. 26 février. Mulhouse. J. Moreau, militant CGT PSA retraité ; 250 euros d’amende, 500 euros avec sursis, pour « outrages » lors d’un rassemblement contre la loi travail.
2. 3.03. Clermont-Ferrand. G. Chanut responsable CGT FAPT du Cantal. 3 mois de mise à pied pour soutien à la lutte des postiers de Jussac
3. 3.03 Saran Amazon. Menace de licenciement d’un militant FO
4. 6.03. Refus par l’inspection du travail du licenciement d’une militante CGT à Emirates pour son activité syndicale.
5. 9.03. Beaucaire. S. Polinière militante CGT condamnée à 300 euros pour avoir dit que le FN est un « parti raciste et xénophobe »
6. 10.03 Rennes 9 mois de prison ferme pour zadiste lanceur de patates
7. 10.03. Montpellier. Procès de 10 militants Las Rebes pour protéger une zone verte
8. 12.03 Lyon. Deux condamnations pour manif du 9 mars contre la loi travail à 6 mois de prison ferme et autant avec sursis
9. 12.03. Mulhouse les 12 BDS de mulhouse condamnés saisissent la Cour européenne des droits de l’homme
10. 17.03. Metz. cinq interpellés dont 2 syndicalistes CGT. Jugé le 30 mars, Y. Tavernet, PSA, 500 euros d’amende. En appel, relaxés ; le 26 mai, le parquet fait appel. En attente de date

La suite ici:
sur le Facebook de « Luttes invisibles »
sur le site Paris Luttes Info

Arrestation lors d’une manifestation contre la loi Travail

Arrestation lors d'une manifestation contre la loi Travail

Des milliers de personnes se sont rassemblées dimanche à Paris pour dénoncer la mort de Liu Shaoyao, un père de famille chinois tué par un policier la semaine passée. Les manifestants se sont retrouvés en début d’après-midi sur la place de la République pour à l’appel de plusieurs associations de la communauté chinoise. Comme de précédents rassemblements organisés depuis une semaine, la manifestation a été marquée par des incidents. Des manifestants, issus de la communauté asiatique ou non, ont jeté des projectiles, notamment des bouteilles de verre, des fruits ou des oeufs sur les forces de l’ordre. Les policiers ont répliqué notamment avec des gaz lacrymogènes et ont chargé à plusieurs reprises au cours de ces heurts qui ont duré plus d’une heure.

Affrontements hier place de la République

Affrontements hier place de la République

Pour la troisième nuit consécutive, des heurts ont éclaté à Paris après la mort d’un ressortissant chinois tué par un policier dimanche. Près de 200 personnes s’étaient réunies sur le parvis de l’Hôtel de ville. Aux cris de « Police assassin », des manifestants ont brièvement coupé la circulation rue de Rivoli avec des barrières de sécurité. Des vitrines de magasins et des publicités ont été endommagées. Les policiers ont utilisé du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants qui leur jetaient des projectiles. Il n’y a eu aucune interpellation. Au moins deux manifestants ont été légèrement blessés ainsi que six CRS.

Mercredi soir, quatre personnes étaient toujours en garde à vue sur les 45 personnes interpellées lundi et mardi, tandis que dix autres ont été présentées à la justice soit pour être jugées en comparution immédiate, soit pour une date ultérieure. De nouvelles tensions pourraient à nouveau éclater ce jeudi soir, une quatrième manifestation devrait se tenir à République.

Les affrontements dans le quartier de l’Hôtel de ville

Les affrontements dans le quartier de l'Hôtel de ville

Ce vendredi 31 mars dès 21h, concert et soirée de soutien aux prisonnières et prisonnier de l’organisation Lutte Révolutionnaire en Grèce. Avec « Les Kagol’phoniques » (chorale militante féministe) et « Ursulalala » (chansons à prétextes). Aéro-tapas véganes. Entrée prix libre + 1€ d’adhésion. L’évènement Facebook est là.

La Salle Gueule,
8 rue d’Italie
13006 Marseille

Marseille : Soirée de soutien à Lutte Révolutionnaire

Marseille : Soirée de soutien à Lutte Révolutionnaire

En 2010, au cours d’une grève qui a touché plusieurs agences de la Poste des Hauts-de-Seine, Gaël Quirante et quinze autres postiers avaient finalement investi la direction départementale à Nanterre le 10 mai. Ils avaient alors été accusés de séquestration par plusieurs cadres. Condamnés en 2011, ils ont été relaxés en appel deux ans plus tard.

Entre-temps, la direction avait lancé une procédure de licenciement contre Gaël Quirante. Après avoir essuyé des refus de l’inspection du Travail, du ministère du Travail et du tribunal administratif, la direction de la Poste avait fait appel. Ce mardi à Versailles, le rapporteur public est allé dans son sens et a requis l’annulation des précédentes décisions. L’arrêt a été mis en délibéré au 25 avril. Quelque 150 personnes ont manifesté leur soutien au syndicaliste.

Gaël Quirante (au centre) devant la cour administrative d’appel ce mardi

Gaël Quirante (au centre) devant la cour administrative d’appel ce mardi

Ebru Firat est emprisonnée en Turquie pour appartenance au PKK. Ebru est née à Toulouse et y a passé son enfance. En 2008, à ses 17 ans, elle s’envole vers le Kurdistan pour rejoindre le PKK. Elle suit plus d’un an une formation d’infirmière avant de servir sur les lignes. Sa famille n’aura pas de nouvelles pendant sept ans. En 2015, le père, la mère et les frères d’Ebru Firat partent s’établir à Diyarbakir.

En juillet, alors qu’elle était au Bakur, Ebru décide de partir vers le Rojava, toujours en tant qu’infirmière. En février, elle quitte le Rojava par le nord de l’Irak où est elle emprisonnée deux mois par les autorités du PDK. En avril 2016, elle peut enfin rentrer en France, à Toulouse où vit encore sa tante. L’été venu elle part chez ses parents à Diyarbakir où elle se marie avec un jeune Syrien rencontré au Rojava. En septembre 2016, elle est arrêtée à Istanbul, puis condamnée en novembre à 22 mois de prison pour « appartenance à une organisation terroriste », assortis d’une année de semi-liberté. Ebru et son avocate multiplient les démarches pour obtenir son transfert en France.

Ebru Firat

Ebru Firat

La police a arrêté 35 personnes lundi soir après une manifestation devant un commissariat de Paris suite à la mort d’un père de famille chinois de 65 ans lors d’une intervention policière. Entre 150 et 200 membres de la communauté chinoise s’étaient rassemblés pour protester devant le commissariat du 19e arrondissement, dans le nord de Paris. Des jeunes manifestants ont lancé des projectiles sur les policiers (trois policiers ont été légèrement blessés), incendié un véhicule de police ainsi que trois véhicules.

Les affrontements devant le commissariat du 19e

Les affrontements devant le commissariat du 19e

Antonin Bernanos, un militant antifa de 22 ans qui avait été arrêté quelques jours après la manifestation sauvage du 18 mai contre la répression et la loi travail à Paris, lors de laquelle une voiture de police avait été incendiée par un fumigène, sera libéré ce soir. Quatre antifas avaient été arrêtés et inculpés de « tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique », « violences en bande organisée », « participation à un attroupement armé » et « destruction de biens en bande organisée ». Trois sont libérés, mais pas Anto, qui est donc resté en détention 10 mois sur la seule foi du témoignage anonyme d’un policier dont le rôle sur place ce jour là n’est pas précisé. Ce mardi, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a décidé de le « libérer » et de le placer sous contrôle judiciaire dans l’attente du procès. Le Parquet de Paris avait fait trois fois appel pour empêcher cette libération.

La voiture cramée à Paris le 18 mai 2016

La voiture cramée à Paris le 18 mai 2016