Dominga Ramos, 53 ans, était une militante du Comité de Desarrollo Campesino-Movimiento por la Liberación de los Pueblos (CODECA-MPL), au Guatemala. Figure de proue des luttes des communautés indigènes et paysannes pour la nationalisation de l’électricité, elle a été abattue le 5 mars dernier dans la localité de Las Delicias (Suchitepéquez). Ce meurtre est le 17e qui frappe militants du CODECA-MPL. Depuis des années, les communautés autochtones guatémaltèques luttent contre Energuate, la société nationale qui fournit de l’électricité dans le pays. La nationalisation de l’électricité est, depuis des années, l’une des principales revendications des zones rurales du Guatemala, souvent privées d’électricité. Energuate est contrôlé par Actis Capital, une multinationale anglaise qui avait racheté en 2011, la compagnie nationale d’électricité à la faveur de sa privatisation.

Dominga Ramos

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Au moins 164 défenseurs de l’environnement se battant contre des projets miniers, forestiers ou agro-industriels ont été tués en 2018, selon l’ONG Global Witness. Le pays le plus dangereux pour les militants et les autochtones défendant leurs terres a été les Philippines, avec 30 meurtres. La Colombie et l’Inde ont elles compté 24 et 23 morts en 2018. Avec 16 meurtres confirmés, le Guatemala est de son côté le pays avec le plus de morts comparés au nombre d’habitants.

L’événement le plus mortel a eu lieu dans l’Etat du Tamil Nadu, dans le sud de l’Inde, où elle assure que 13 personnes ont été tuées après une manifestation contre l’entreprise Sterlite, raffinant le cuivre (voir notre article). Au moins huit militants impliqués dans des conflits terriens avec des représentants de l’industrie du soja ont été tués en 2018 dans l’Etat brésilien de Para à lui seul. Aux Philippines, qui ont pris la place du Brésil comme pays le plus meurtrier, c’est neuf cultivateurs de canne à sucre, dont des femmes et des enfants, qui ont été abattus par des hommes armés sur l’île de Negros. L’avocat représentant les familles des victimes a été tué quelques jours plus tard.

La manifestatrion contre l’usine Sterlite

La manifestatrion contre l'usine Sterlite

Tomás Francisco Ochoa Salazar, secrétaire aux litiges du syndicat de la société Bremen (SITRABREMEN), a été abattu le vendredi 1er septembre par des tireurs en moto . Andy Noel Godinez, également membre du syndicat, a, lui, été blessé dans la fusillade. Le SITRABREMEN est un jeune syndicat reconnu par le ministère du Travail en février 2017. Selon le syndicat, depuis sa reconnaissance, a commencé une campagne de représailles, d’interdiction et de harcèlement sur les dirigeants syndicaux et les membres. Son secrétaire général a démissionné brusquement en août peu de temps avant que le syndicat ne soumette sa proposition de négociation collective à l’Inspection du travail.

Au Guatemala, les militants syndicaux sont souvent illégalement licenciés, menacés, attaqués et assassinés. Depuis novembre 2004, 87 responsables syndicaux ont été assassinés au Guatemala.

Banderole contre les assassinats de syndicaliste lors d’un 1er Mai

Banderole contre les assassinats de syndicaliste lors d'un 1er Mai

Au moins une personne a été tuée lors d’une manifestation samedi contre une installation minière à Izabal. Les policiers ont essuyé des coups de feu à plusieurs reprises. Les manifestants ont brûlé le siège de la police de la ville d’El Estor (Izabal), à 155 km au nord-est de la capitale et la maison du maire. Des affrontements ont encore eu lieu lorsque les forces de police ont débloqué une route barrée par les manifestants. Ceux-ci protestaient contre la pollution du lac Izabal et du Rio Dulce, affectant la pêche artisanale, par les opérations de la Compañía Procesadora de Níquel (PRONICO), une filiale de la société russe de Solway Investment Group spécialisée dans le ferro-nickel.

Les affrontements samedi à Izabal

Les affrontements samedi à Izabal

Le procès de l’ex-dictateur guatémaltèque Efraín Ríos Montt, 86 ans, accusé de génocide et de crimes contre l’humanité, a débuté. Efraín Ríos Montt comparaît en même temps que l’ancien général et chef du renseignement José Mauricio Rodriguez Sánchez. Tous deux sont accusés d’être responsables de 17 massacres, et plus précisément de la mort de 1.771 Indiens de l’ethnie ixil, dans le département de Quiché, pendant la guerre civile qui en trente-six ans (1960-1996) a fait plus de 200.000 morts. Les massacres étaient commis par des membres des forces de contre-guérilla Kaibiles déguisés pour se faire passer pour des guérilleros de la gauche révolutionnaire (tactique “false flag”). Le procès d’Efraín Ríos Montt, qui a dirigé le pays en 1982 et 1983, au moment le plus violent de la guerre civile.

Le Comité d’Unité paysanne (CUP) du Guatemala a dénoncé l’enlèvement de quatre leaders de la communauté indigène de Santa María Xalapán, Jalapa, ce dimanche 17 mars. Il s’agit de Roberto González, Président du Parlement Xinca et responsable de la communauté xinca de la Montaña de Santa María, Xalapán, d’ Exaltación Marcos Ucelo, Secrétaire du Parlement Xinca qui était très engagé dans le suivi des recherches relatives aux droits historiques de la terre telles que prévues par les accords engrangés par la marche paysanne de 2012, de Rigoberto Aguilar et de Roberto López.

Les quatre représentants du Parlement Xinca participaient en tant qu’observateurs à une consultation populaire relative à l’activité minière dans le village El Volcancito de San Rafael Las Flores, Santa Rosa. Ils ont quitté les lieux vers 20 heures. Une douzaine d’individus cagoulés ont intercepté le pick up dans lequel ils voyageaient lors de leur passage par le village Pino Dulce, Mataquescuintla, Jalapa. Rigoberto Aguilar et Roberto López ont réussi à s’échapper. Le corps sans vie d’Exaltación Marcos Ucelo a été retrouvé ce lundi matin dans un ravin.

EDIT: La population a bloqué les entrées de la ville de Jalapa en signe de protestation et pour exiger qu’une enquête soit réalisée sur ces évènements. Selon le Ministre de l’Intérieur, Le Président du Parlement Xinca, Roberto González a été retrouvé lundi soir dans un hôtel de Chimaltenango suite à l’intervention d’un commando anti séquestration. Le CUP dénonce l’existence d’escadrons de la mort à la solde d’entrepreneurs et de latifundistes qui commettent des assassinats systématiques de leaders indigènes et paysans et la criminalisation de leur lutte par le Ministre de l’Intérieur

Guatemala: Assassinat d’un leader paysan

Vendredi, les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser une manifestation contre un projet de mine d’or dans le sud du Guatemala, arrêtant quatre personnes. Les affrontements avec les manifestants ont débuté quand les policiers ont entrepris de démonter les barrages érigés par les locaux pour bloquer l’accès au site dans la municipalité de San Jose del Golfo. Les actions de protestation contre ont débuté en mars dernier. Le site du projet est situé à trois kilomètres du centre de San Jose del Golfo. Les habitants s’y opposent car, outre la pollution qu’engendrera le processus d’extraction, l’exploitation intensive de la mine entraînera une pénurie d’eau potable pour l’ensemble de la communauté.

Des paysans et des étudiants se sont réunis jeudi pour bloquer la route interaméricaine sur plusieurs points à l’ouest de Guatemala City pour protester contre une augmentation des tarifs de l’électricité et un projet de refonte du système éducatif. Des affrontements ont éclaté quand la police est intervenue pour dégager la route. A Santa Maria Ixtahuacan (province de Solola), les forces de sécurité ont ouvert le feu sur les manifestants, tuant quatre d’entre eux et blessant de nombreux autres.

Guatemala: Répression meurtrière de manifestations poplaires

Ce samedi, les élèves des écoles normales du Guatemala ont bloqué en différents points le trafic de la route Interamericana. Les étudiants rejettent une réforme gouvernementale.

Vers 9 heures du matin, la police s’est rendue sur les barrages pour en obtenir la levée. Au kilomètre 180 de la route (à Coxom, Totonicapán), les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les étudiants qui leur ont lancé des pierres. Un élève et un parent d’élève ont été arrêtés, et deux étudiants blessés. Dans le Quetzaltenango, il y a eu des affrontements à La Esperanza et Salacajá (16 personnes ont été arrêtées). En Salcajá, les manifestants se sont armés de bâtons, de pierres et de cocktails Molotov et d’engins pyrotechniques, et ont affronté les forces de sécurité pendant environ 40 minutes. A San Pedro Sacatepequez, San Marcos, le bilan est de cinq étudiants arrêtés, cinq blessés et trois policiers blessés.

Guatemala: Affrontements policiers/étudiants

Ce mardi s’est clôturé le procès de quatre anciens militaires (dont deux membres d’une unité d’élite de l’armée) accusés du massacre de 201 paysans en décembre 1982, durant la guerre civile. Celle-ci a confronté durant 36 ans la guérilla rurale et le pouvoir soutenu par les militaires et les milices d’extrême droite. Ces années d’affrontements ont fait plus de 100.000 morts, 40.000 disparus et poussé plus de 100.000 habitants à l’exil. C’est la première fois que d’anciens militaires sont condamnés pour un massacre commis durant la guerre. Les quatre hommes ont été reconnus coupables des 201 meurtres et ont écopé de trente ans de prison incompressibles par paysan assassiné, ce qui revient à un total de 6030 années d’emprisonnement, auxquelles se sont ajoutées trente années supplémentaires pour chacun pour ‘crime contre l’humanité’.