Le 4 avril dernier, 7 combattants de la guerilla du PKK sont tombés martyrs lors d’affrontements avec l’armée turque dans la région de Pülümür dans le Dersim.
Parmi eux, le membre du Conseil du commandement du HPG (Force de défense du peuple, branche armée du PKK en Turquie) Kemal Garzan qui avait rejoint la guerilla kurde en 1993.

Kemal Garzan, commandant du HPG

Kemal Garzan, commandant du HPG

Le PKK, en guerre contre l’Etat turc depuis 1984, a établi depuis plusieurs dizaines d’années leur base arrière dans les montagnes de Qandil, à la frontière entre l’Irak et l’Iran. L’armée turque a récemment multiplié les bombardements contre Qandil. A ces attaques aériennes, régulières, s’ajoute cette fois, à l’envoi de forces terrestres dans la région.

Selon l’agence de presse kurde Rudaw et des témoins locaux, des commandos turcs ont récemment pénétré sur une profondeur d’environ 20 kilomètres en territoire irakien, établissant plusieurs avant-postes et consolidant les routes dans la zone de Sidekan, sur les contreforts des monts Qandil. L’armée turque, qui dispose, grâce à la complicité du clan Barzani et de son PDK, de bases dans le nord de l’Irak depuis le milieu des années 1990, s’est toujours arrogé une grande liberté de manœuvres dans la région. Des milliers de militaires turcs − représentants des forces spéciales, agents du renseignement – y sont présents.

Meetin,g du PKK à Qandil pour le nouvel an kurde (archive)

Meetin,g du PKK à Qandil pour le nouvel an kurde (archive)

Quelque 400 manifestants ont répondu à l’appel de la gauche révolutionnaire à manifester contre contre l’intervention turque à Afrin et contre les exportations d’armes suisses. Après avoir fait un aller-retour de la gare vers la Place fédérale, le défilé a été encerclé par la police à la hauteur de l’église du Saint-Esprit. Les manifestants, équipés notamment de torches et d’engins pyrotechniques, avaient commencé à sprayer des façades. Les forces de l’ordre ont fait usage de balles en caoutchouc et procédé à des interpellations. Au total, les policiers ont contrôlé 239 personnes: 63 femmes, 136 hommes et 40 mineurs. Celles qui ont été embarquées au poste ont pu quitter les locaux de la police après enregistrement de leurs données personnelles.

Le début de la manifestation

Le début de la manifestation

L’armée turque et ses alliés djihadistes mettent en œuvre des politiques de nettoyage ethnique, d’assimilation et de colonisation. Des milliers de djihadistes ont été transférés de la Ghouta à Afrin pour créer des changements démographiques et installer un ordre islamo-turc. La guérilla des forces YPG-YPJ dans le canton d’Afrin se poursuit. Au cours de la dernière semaine, les YPG/YPJ ont mené des actions sur la colline de Mame Gur (district de Bilbile, 30 mars), à Dayr Sawan (district de Shera, 31 mars), dans le centre-ville d’Afrin (2 actions, 1er avril) avec pour bilan 5 soldats turcs et 37 miliciens islamistes tués, et un char détruit.

Les conditions de vie des personnes déplacées d’Afrin dans la région de Shehba sont toujours très précaires. Cependant, les travaux de construction des camps et des distributions de provisions et d’aide humanitaire sont organisées par l’Auto-Administration démocratique du nord de la Syrie et le Croissant-Rouge du Kurdistan. Deux camps de réfugiés ont été construits dans le district de Sherawa et dans la région de Shehba. Les réfugiés sont ainsi repartis : 24.000 à Til Rifat, 40.000 dans le camp de Fafînê, plus de 37.000 à Ehres, 10.000 dans le district de Kefernayê, 30.000 dans le district de Sherawa d’Afrin, plus de 25.000 dans le sous-district de Nûbûl-Zehra d’Alep. Et elles estiment à 100.000 le nombre des personnes déplacées dans le centre d’Alep. Enfin, la Turquie a fermé le barrage de l’Euphrate, coupant l’approvisionnement en eau de Manbij, ce qu’elle n’a jamais fait pendant les années où la ville était aux mains du Daesh…

Un minibus transportant des miliciens islamistes au service des Turcs détruit à Afrin avant-hier 6 mars; trois de ses occupants ont été tués.

Un minibus transportant des miliciens islamistes au service des Turcs détruit à Afrin avant-hier 6 mars; trois de ses occupants ont été tués.

Des militants kurdes ont réussi peu après midi à pénétrer dans le hall d’accueil du bâtiment de l’Agora, qui abrite les services généraux du Conseil de l’Europe et où travaillent 600 personnes, occasionnant au passage des détériorations. Le même groupe avait essayé vainement quelques instants auparavant de pénétrer dans le bâtiment principal situé à une cinquantaine de mètres de là, le Palais de l’Europe. Les imposantes grilles extérieures donnant accès au parvis de l’Agora, installées à la suite de précédentes intrusion de militants kurdes en 2011 et 2012, étaient ouvertes. Les militants réclament la libération d’Abdullah Öcalan. Les forces de l’ordre sont intervenues pour déloger une trentaine de personnes faisant une chaîne humaine sur le parvis du bâtiment. Un homme qui avait pénétré à l’intérieur du bâtiment et qui aurait commis des dégradations a été placé en garde à vue.

L’occupation de l’Agora à Strasbourg (Archive)

Avec l’arrivée du printemps, les forêts du Kurdistan se couvrent de feuillages et les guérillas du PKK peuvent reprendre les opérations. Plusieurs attaques et embuscades ont déjà été réalisées qui ont coûté la vie à plusieurs militaires turcs. Aujourd’hui vendredi, ce sont six paramilitaires anti-guérilla (appelés « gardiens de village ») qui ont été tués à Ormanardi (province de Siirt). Dans l’attaque, trois autres paramilitaires et quatre soldats ont été blessés.

Arrivée des militaires blessés à l’hôpital

Arrivée des militaires blessés à l'hôpital

À la veille du 24 mars, un appel (relayé par les communistes libertaires qui militent à la CGT) en faveur du projet de confédéralisme démocratique du Rojava a été lancé, par quarante syndicalistes français. Cet appel dénonce l’occupation Turque et de ses alliés djihadistes du canton d’Afrin, en cours depuis le 18 mars. Il pointe également la collaboration des grandes puissances occidentales, de l’union européenne et de l’état français, prêts à tout les accords avec l’état turque pour refouler les réfugiés et préserver l’Europe forteresse.

Les syndicalistes estiment que l’invasion d’Afrin, par le régime Erdogan, n’est que le début d’un projet d’invasion de l’ensemble des territoires kurdes du nord de la Syrie. De plus, ils rappellent que cette invasion sert également au régime turque pour réprimer la société civile, les organisations syndicales et l’opposition. Pour toute ces raisons, les syndicalistes appellent donc à soutenir le projet de confédéralisme démocratique, qui représente une alternative progressiste, égalitaire, féministe et laïque, dans le nord de la Syrie. Au vu de l’actualité, l’appel insiste sur l’importance de s’engager pour la survie du Kurdistan dans les semaines et les mois à venir.

Voir cet appel

Manifesstation en faveur du Confédéralisme démocratique à Qamishlo (archive)

Manifesstation en faveur du Confédéralisme démocratique à Qamishlo (archive)

Venues de Belgique et des pays voisins, 2.000 manifestants ont défilé cet après-midi de la station Yser jusqu’au Rond-point Schuman, en solidarité avec les peuples d’Afrin dont la ville est occupée depuis plusieurs jours par l’armée turque et ses alliés djihadistes.

Des manifestants du Comité Rojava, du Secours Rouge et de l’EÖC

Des manifestants du Comité Rojava, du Secours Rouge et de l'EÖC

Alina Sanchez (Legerîn Çiya) est morte dans un accident de la route le 17 mars 2018. Legerîn Çiya, diplômée de l’école latino-américaine de médecine à Cuba, travaillait depuis plusieurs années comme médecin dans les rang des YPJ. Durant toutes ces années, elle s’était consacrée à la mise en place d’un système de santé alternatif au Rojava capable de répondre aux besoins de la société en situation de guerre, de déplacement et d’embargo et en soignant les camarades blessés lors de combats. Elle a également travaillé à créer des liens avec des ONG internationales et des organisations de santé pour assurer un soutien aux personnes en situation d’urgence.

Au début de l’invasion d’Afrin par l’armée turque, Legerîn Çiya a insisté pour aller à Afrin mais le Comité d’hygiène du Rojava a décidé qu’elle resterait dans le canton de Cizire pour poursuivre le travail de création de réseaux et de relations pour un soutien humanitaire international d’urgence. Le 17 mars 2018, Legerîn Çiya s’est rendu avec d’autres membres du comité de santé de Rojava dans la ville de Haseke pour y rencontrer des représentants d’une organisation internationale de la santé. Dans la soirée, leur voiture a été heurtée par une autre voiture. Legerîn Çiya a perdu sa vie dans cet accident.

Alina Sanchez (Lêgerîn Çiya)

Alina Sanchez (Lêgerîn Çiya)

Demain, mardi 27 mars, à 12h, une grande manifestation aura lieu à Bruxelles pour condamner le soutien de l’Europe et de l’OTAN à l’invasion d’Afrin par l’armée turque et ses supplétifs jihadistes.

L’Etat fasciste turc et ses supplétifs jihadistes ont envahi Afrin, un canton du Rojava. Cette invasion se fait avec les moyens et les armes que l’OTAN mettent à la disposition de la Turquie, avec l’approbation des puissances et organisations internationales. La résistance des peuples d’Afrin a surpris les États impérialistes et l’État turc. Et cette résistance n’est pas finie puisque la guerre de positions a fait place à une guerre de guérilla qui cause quotidiennement des pertes aux envahisseurs.

Les organisations de toutes les régions et de tous peuples du Kurdistan (kurdes, assyriennes, arméniennes, alevies, yézidies…), les socialistes et révolutionnaires de Turquie, les organisations révolutionnaires, antifascistes et pacifistes belges, bref les 94 organisations de la plate-forme européenne de solidarité pour Afrin, appellent à se joindre à la manifestation du mardi 27 mars à Bruxelles.

Rassemblement : 30 Boulevard Baudouin (près de la station de métro Yzer) à 12h.
Départ à 13h30.
Meeting final au rond-point Schuman.

Bruxelles : Grande manifestation demain contre l’invasion d’Afrin