Notre dossier ‘Notes sur le Kurdistan’ vient d’être mis à jour. Deux diagrammes ont été ajoutés, ils présentent la composition de la nouvelle alliance ‘Syrian Democratic Forces’ qui regroupe 13 groupes armés au Rojava et dans le nord de la Syrie. Le second diagramme donne une idée de la composition politique de l’Armée Syrienne Libre (FSA). Les notes concernant les SDF et la FSA ont également été ajoutées.
Les informations concernant les BOG (Forces Unies de Libération) ainsi que le IFB (Front International de Liberation) ont également été complétées.
Il y a quelques semaines, le réseau social Instagram -détenu par Facebook- avait supprimé une série de photos du photographe canadien Joey L. Celui ci avait voyagé en Syrie pour photographier ceux qui combattent l’État Islamique, et avait posté ses clichés en juin dernier sur le réseau social. Instagram à finalement supprimé les clichés, non pas pour leur contenu graphique, mais parce qu’ils représentaient des combattantes du PKK, et faisaient donc, selon Instagram, l’apologie du terrorisme. Aux côtés de celles du PKK figuraient d’autres combattantes, des YPJ cette fois, qui n’ont pas été censurées car les YPJ ne figurent pas dans la liste des organisations terroristes américaines. Le photographe a depuis reposté l’une des photos censurées, cette fois ci imprimée et dans ses mains.
Malgré la trêve unilatérale décrétée samedi dernier par le PKK, les forces de sécurité turques multiplies les opérations militaires, et notamment des bombardements aériens. Les guérilleros se défendent naturellement lrosqu’ils sont attaqués, et c’est ainsi qu’ils ont tué trois militaires, dont un officier, et six blessés six autres, dans des combats à Daglica, dans la province d’Hakkari. L’armée a précisé revendique avoir tué 17 combattants du PKK dans une opération terrestre qui se poursuit. Les forces armées turques ont aussi mené vendredi des raids aériens dans le secteur de Yüksekova, près de la frontière avec l’Iran et l’Irak, toujours dans la province d’Hakkari.
Le 10 octobre, quelques heures après le massacre d’Ankara, le KCK -organe politique du PKK et de ses organisations soeurs- déclarait une trève à l’encontre de l’armée et de la police turque. Les guérillas du PKK promettaient ainsi de ne pas attaquer les forces de l’état turc et de ne pas étendre les territoires qu’elles contrôlent. L’état turc a répondu à cette trève en poursuivant la guerre contre les kurdes et en bombardant les territoires kurdes en Turquie et en Irak.
Les HPG -branche armée du PKK- se sont défendu aujourd’hui à Binbir (Yüksekova), 24 soldats turcs ont été tués alors que les tirs de mortiers et de bombardiers turcs se poursuivaient. Au moins 8 combattants du PKK ont été abattus dans les bombardements. Malgré les agressions, le PKK maintient pour le moment son cessez-le-feu unilatéral et n’entreprendra pas d’actions offensives.
La Fédération des Syndicats Progressistes (DISK), la Confédération des Employés du Secteur Public (KESK), l’Union des Chambres des Architectes et Ingénieurs Turcs (TMMOB), l’Association Médicale Turque ainsi que le Parti Démocratique des Peuples (HDP) dirigent ces 12 et 13 octobre une grève générale en solidarité avec les victimes de l’attentat le plus meurtrier de l’histoire de la Turquie, le massacre d’Ankara qui a coûté la vie à plus de 100 personnes issues des mouvements de gauche Turcs et kurdes qui manifestaient contre la guerre. Si c’est naturellement l’organisation État Islamique qui est pointée du doigt, les preuves indiquent que les kamikazes étaient téléguidés par les services secrets turcs dont la connivence avec les islamistes n’est plus à démontrer.
Le président turc, Tayip Reccep Erdogan s’est d’ailleurs fait très discret dans les médias Turcs ces trois derniers jours alors qu’il faisait la une en Belgique pour avoir fait pressions sur les journalistes bruxellois qui posaient des questions sur Mohammed Ismael Rasool, ce caméraman de Vice News emprisonné dans une prison de Type-F (haute-sécurité) après avoir filmé les affrontements entre le YDG-H et les forces turques dans le sud du pays.
Rassemblement à ankara en hommage aux victimes de l’attentat
EDIT: Affrontements dimanche à Ankara et au Kurdistan
La police a utilisé les gaz lacrymogènes pour tenir à l’écart les gens endeuillés, venus rendre hommage aux victimes, dont les co-présidents du HDP, sous prétexte que les enquêteurs étaient toujours à pied d’oeuvre sur le site des deux explosions. Des incidents ont aussi éclatés entre manifestants et policiers à Dyarbakir.
Rassemblement à ankara en hommage aux victimes de l'attentat
Comme nous vous l’écrivions il y a quelques jours, la population de la province kurde irakienne de Sulaimani se rebelle contre le pouvoir du KDP (Parti Démocratique du Kurdistan). Les manifestants réclament que les travailleurs du secteur public -infirmiers, professeurs et fonctionnaires- soient payés, ils n’ont en effet pas touché de salaire pour ces trois derniers mois, malgré les rentrées pétrolières dont est censé profiter le quasi état kurde irakien du Gouvernement Régional Kurde (KRG).
Massoud Barzani, le président -non élu- du quasi-état est accusé de piocher dans la manne financière et de profiter de la crise politique, provoquée notamment par la guerre contre l’Etat Islamique, pour rester au pouvoir.
Lors d’accrochage entre la police et les manifestants dans la région -traditionnellement plus hostile au KDP- de Sulaimani, plusieurs protestataires ont été tués : ce vendredi un garçon de 13 ans est mort de ses blessures à Qaladze alors que les locaux du KDP étaient incendiés. Dans la même ville, la même soirée, trois manifestants ont été abattus par balle et des dizaines d’autres blessés. Les émeutes se sont également propagées jusqu’à aujourd’hui à Said Sadiq et à Kalar où les locaux du KDP ont également été incendiés. Enfin, à la suite de la manifestation de jeudi soir à Sulaimani même, 9 personnes ont été blessées, dont 5 policiers. Ce samedi soir au même endroit, la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les milliers de manifestants rassemblés.
A Qaladze où les émeutes ont été les plus intenses, un couvre-feu entre en application ce dimanche soir, les cafés et maisons de thé ont reçu l’ordre de fermer boutique.
Le rassemblement devant l’ambassade turque, auquel participait une délégation de notre Secours rouge, a rapidement tourné à l’affrontement entre les manifestants et la police anti-émeute. Après quelques minutes, il y a eu un affrontement, avec intervention de la police qui a fait usage de gaz lacrymogènes par la police et qui a procédé à au moins une interpellation. Ce rassemblement avait lieu en solidarité avec les victimes de l’attentat qui a couté la vie à -selon le dernier bilan- 128 personnes à Ankara, après que deux bombes aient explosées dans une manifestation pour la paix organisée par la gauche turque.
EDIT 14:42 Il y a plus de 500 manifestants rassemblés à quelques dizaines de mètres devant l’entrée de l’ambassade. Des membres de l’AKP sont venus provoquer les manifestants. Une autopompe est présente et la tension est palpable.
EDIT final Le rassemblement s’est transformé en manifestation sauvage vers la place du Luxembourg où un meeting improvisé a eu lieu avec que les manifestants se dispersent peu à peu sans autre incident.
Bruxelles : Affrontements à la manifestation devant l’ambassade turque
Suite à l’attentat qui a coûté la vie à plus de 90 manifestants pour la paix ce matin à Ankara, un rassemblement aura lieu en urgence devant l’Ambassade de Turquie.
Communiqué : Suite à l’attentat meurtrier à Ankara lors d’un meeting du HDP, un rassemblement d’urgence est organisé demain dimanche 11 octobre,à 14h, devant l’ambassade de Turquie; Rue Montoyer 4, 1000 Brussel. Nous appelons tous ceux et celles qui peuvent y s’y rendre à participer. La solidarité est notre arme.
En ce moment même, 10.000 personnes manifestent sous haute présence policière à Ankara, en solidarité avec les victimes de l’attentat.
10.000 personnes marchent à Ankara, en solidarité avec les victimes de l’attentat.
10.000 personnes marchent à Ankara, en solidarité avec les victimes de l'attentat.
Le KCK (le ‘parapluie’ politique des organisations politiques et militaires kurdes en Turquie, Syrie, Irak et Iran) a annoncé un cessez-le-feu cet après-midi. Le cessez-le-feu devait être annoncé aujourd’hui, l’annonce a été maintenue malgré l’attentat meurtrier qui a eu lieu contre la gauche à Ankara ce matin (et qui selon le dernier bilan provisoire a fait 86 morts). Le cessez-le-feu prend effet immédiatement sous plusieurs conditions : plus d’attaques contre la population kurde, la guérilla maintiendra ses positions là où elle se trouve, aucune action ne sera planifiée contre les forces armées turques mais la guérilla se défendra si elle est attaquée, enfin, l’état turc ne devra pas menacer le processus électoral en terrorisant les populations.
Ce cessez-le-feu signifie également qu’il n’y aura à priori pas d’actions de vengeances suite à l’attentat de ce matin, du moins pas avant les élections qui auront lieu le 1er novembre. Le KCK a d’ailleurs qualifié ce cessez-le-feu « d’inaction », et est un acte clair de respect des demandes de paix de la gauche turque.
Au moins 35 personnes ont été tuées et des centaines d’autres blessées lors d’une attaque à la bombe qui a eu lieu en fin de matinée à Ankara. Des centaines de manifestants -notamment du HDP- y étaient rassemblés et s’apprêtaient à manifester pour un cessez-le-feu avant les élections du 1er novembre prochain. Le PKK s’était déjà dit d’accord pour poser les armes. Mais comme l’attentat de Suruç -qui visait également la gauche turque et kurde- avait suffit à Ankara pour déclarer la guerre au PKK, cette nouvelle attaque soulève encore plus d’inquiétudes… Pour rajouter à l’horreur, la police turque ne s’est pas privée d’attaquer la manifestation à coups d’autopompes et de gaz lacrymogènes. On ne sait pas à l’heure actuelle qui a posé la bombe, mais il semblerait que ce soit un attentat suicide dont sont coutumiers les membres de l’Etat Islamique que le PKK combat en Syrie et à Shengal.
Une vidéo de l’explosion qui survient à quelques dizaines de mètres des manifestants en train de danser.
Le contraste entre ces militants turques qui chantent, et le drame quelques secondes plus tard. Saisissant. #Ankarapic.twitter.com/heeNAb74t7