Jeudi et vendredi, Deauville accueille le sommet du G8. A cette occasion, la ville a été radicalement transformée par un énorme dispositif sécuritaire. Plus de 12.000 hommes (policiers, gendarmes, militaires) seront mobilisés. Un drone, une trentaine d’hélicoptères, deux batteries de missiles sol-air et plusieurs bâtiments de la Marine Nationale ont été envoyés dans le secteur qui a été divisé en trois zones. Zone 1, dite sanctuarisée, qui couvre huit hectares et sera entièrement interdite aux voitures. Zone 2, un peu plus large et accessible aux véhicules munis d’un badge, et uniquement aux délégations, aux journalistes et aux riverains autorisés après enregistrement. La zone 3, beaucoup plus large, englobe les deux autres dans un rayon de vingt kilomètres, et sera ouverte à la circulation sous étroite surveillance. La gare, l’aéroport et les ports de Deauville et de Trouville seront fermés. Les autorités affirment craindre tout particulièrement d’éventuelles actions des militants qui se sont réunis au Havre et ont prévu diverses manifestations.

Deauville G8

Deauville G8

L’opposition yéménite a décidé dimanche d’intensifier la protestation populaire suite au refus du président de signer un accord de transition. Dès hier, de violents affrontements ont opposé la police et les partisans du mouvement de contestation à Sanaa. Selon plusieurs sources, ceux-ci auraient fait deux morts et plus de 25 blessés. Par ailleurs, les jeunes qui campent depuis trois semaines sur la Place du Changement, au centre de la capitale, ont également décidé d’intensifier le mouvement et ont appelé à la grève générale quatre jours par semaine. Mais le gouvernement en place n’entend pas renoncer à la violence. La révolte au Yémen a déjà fait 181 morts.

A l’appel du collectif des tunisiens de Lampedusa, plus de 500 migrants tunisiens s’étaient rassemblés ce samedi à Paris. Depuis plusieurs semaines, ces migrants arrivés via Lampedusa sont chassés de tous les lieux où ils trouvent refuge (cf l’expulsion de l’avenue Bolivar). Lors de la dernière expulsion en date, plusieurs occupants ont été renvoyés en Italie, d’autres sont toujours détenus au centre de rétention. C’est pour dénoncer cette situation (l’accord de 2008 entre la France et la Tunisie est bafoué par le gouvernement qui s’était engagé à délivrer 9000 permis de séjour par an, et qui a récemment reconnu n’en avoir fourni qu’une petite partie) que ces 500 personnes s’étaient réunies. Mais elles ont été rapidement et brusquement dispersées par les forces de l’ordre, qui ont interpellé 15 Tunisiens et 51 militants. La police a justifié son déploiement en affirmant qu’il y avait sur place des éléments qu’elle voulait contrôler. Les manifestants se sont tous repliés vers le Square de la Villette (19è arrondissement) où ils campent depuis plusieurs semaines pour échapper aux interpellations.

La police antiémeutes marocaine a pourchassé dimanche à Rabat et Casablanca des centaines de manifestants qui avaient enfreint une interdiction de manifester. « Manifester est un droit, de quoi le Makhzen (terme désignant l’oligarchie) a-t-il peur ? », criait la foule à Casablanca. « Dehors le Makhzen. Non au despotisme. » À Rabat, les manifestants avaient l’intention de camper devant le parlement mais les autorités sont soucieuses d’éviter la création d’une nouvelle place Tahrir. Les policiers, armés de matraques et de boucliers, ont dispersé la manifestation avant même qu’elle ne commence, les contestataires se divisant en petits groupes pourchassés dans les rues de Rabat, comme à Casablanca. Au moins six personnes ont été blessées à Rabat. Des dizaines de personnes ont été matraquées à Casablanca.

Maroc: La police attaque des manifestations interdites

Diverses manifestations se sont déroulées ce vendredi à travers toute la Syrie à l’appel de l’opposition. Les forces de sécurité ont à nouveau tiré à balles réelles sur la foule afin de disperser les rassemblements. A Homs, dans le centre du pays, dix personnes ont été tuées. A Sanamein, à proximité de Deraa, une onzième personne est décédée. Sept autres civils ont également été tuées dans différentes localités de la région. Plusieurs villes jusqu’ici non touchées par le mouvement ont été le cadre de manifestations cette après-midi. Selon des témoins, les autorités auraient également tiré sur la foule à Alep et à Damas. Aucun bilan officiel n’a été transmis, mais on parle de plus de trente morts. Depuis le 15 mars, la répression à fait 850 victimes en Syrie, et a entraîné plus de 8000 arrestations.

Un rassemblement de solidarité avec les Mapuche en grève de la faim au Chili
et contre la destruction des communités Mapuche et des milliers d’hectares de reserves naturelles par le projet « Hidroaysen » (cinq barrages hydro-électriques et 1.912 Km de lignes de haute tension) aura lieu ce vendredi 20 mai de 17h à 18h devant l’ambassade chilienne, rue des Aduatiques, 106 à 1040 Bruxelles (métro Montgomery).

Près de 30.000 personnes avaient manifesté vendredi soir à Santiago contre le projet de barrages hydroélectriques en Patagonie, une des manifestations les plus importantes des dernières années au Chili, qui a donné lieu à quelques heurts avec la police. La manifestation est la deuxième en quelques jours contre le projet HidroAysen, qui prévoit la construction de cinq barrages sur les fleuves Baker et Pascua en Patagonie, et qui a reçu lundi un feu vert administratif.

A l’issue de la marche,des groupes de jeunes manifestants se sont heurtés avec la police, qui a fait usage de canons à eau et gaz lacrymogènes. 67 manifestants ont été arrêtés et relâchés quelques heures plus tard, dix carabiniers ont été blessés, et des dizaines de banques attaquées et endommagées.

Chili: Incidents à la grande manifestation contre les barrages

Des incidents ont suivis les funérailles de masse organisées par le FPLP Milad Saïd Ayyash (17 ans), tués par les forces d’occupation lors des manifestations de la Nakba. Milad est d’une famille qui a payé un lourd tribu pour la Résistance: son père, Said Ayyash, a passé onze ans dans les prisons de l’occupation et son oncle, Jihad al-Obeidi purge actuellement une peine à perpétuité derrière les barreaux de l’occupation. Les funérailles massives ont eu lieu à Jérusalem, comportant une cérémonie funèbre à la mosquée Al-Aqsa et l’ouverture d’une maison de deuil pendant trois jours dans le Centre communautaire de Silwan, alors que les affrontements et les manifestations de soulèvement populaire continuaient à travers Jérusalem occupée et la Cisjordanie à la veille des grandes marches du retour prévues pour dimanche 15 mai, au 63ème anniversaire d’ Al-Nakba, jusqu’aux frontières de la Palestine.


seconde vidéo

De violents affrontements ont été éclatés lundi en marge des manifestations organisées à travers la Turquie contre les opérations militaires qui ont fait 12 morts dans les rangs du PKK entre les 12 et 14 mai. Des milliers de kurdes ont défié l’armée turque en franchissant la frontière irakienne pour ramener les corps de combattants du PKK, tués par l’armée turque malgré les cessez-le-feu unilatéral déclaré par cette organisation. Ils ont trouvé les corps de quatre combattants, défiant les soldats turcs qui ont ouvert le feu sur eux.

A Cizre, localité de Sirnak, environ 50.000 personnes ont assisté aux funérailles d’une guérillera. La police a fait usage de gaz lacrymogènes et de canon à eau pour disperser des manifestants qui ont riposté avec des cocktails molotov. A Diyarbakir, la capitale kurde, plus de 20 personnes ont été arrêtés lors des manifestations violentes contre le gouvernement turc, criant vengeance. A Yuksekova, dans la province de Hakkari, 30.000 personnes ont manifesté contre les opérations militaires et policières. A Istanbul, plusieurs milliers de personnes se sont réunis à Taksim où ils ont organisé un sit-in. Les manifestants en colère ont lancé des cocktails molotov sur les forces de l’ordre qui ont intervenu violemment dans le quartier de Tarlabasi. Environ 30 personnes ont été arrêtées à Istanbul.

D’autres manifestations ont eu lieu dans des villes comme Siirt, Hakkari, Mersin, Urfa et Agri. Les commerçants ont fermé leurs boutiques, les écoliers et les étudiants ont boycotté les cours à travers le Kurdistan de Turquie. Le principal parti kurde BDP qui a décrété trois jours de deuil. Plus de 160 personnes ont été arrêtées au cours de 24 dernières heures dans dix villes, dont 54 à Hakkari, 30 à Istanbul, 20 à Diyarbakir, 20 à Siirt et 11 à Cizre.

Voir la vidéo des affrontements sur EURONEWS

Turquie/Kurdistan: Affrontements entre manifestants et policiers