Dans la nuit du 17 au 18 janvier, plusieurs voitures de police du commissariat de Bloomington (Illinois) ont été caillassés en solidarité avec les anarchistes arrêtés au Mexique. Fallon Poisson, Amélie Pillierst et Carlos López Mart ont été arrêtés le 5 janvier et accusés d’une attaque aux cocktails Molotov sur le Ministère de la Communication et des Transports et contre un concessionnaire Nissan à Mexico. Ils sont actuellement détenus sans caution.

Mario López « Tripa » a été arrêté le 20 janvier, lors d’une présentation au tribunal dans le cadre de ses visites hebdomadaires suite à sa mise en liberté sous caution récente. Le Parquet Général de la République lui a signifié qu’il serait interrogé dans le cadre d’une enquête en cours. Un ordre d’appréhension a ensuite été émis pour « Viol de la Loi Fédérale sur les Armes et Explosifs » pour des « faits » du 27 juin 2012. Il se trouve actuellement enfermé au Reclusorio Oriente.

Mario López « Tripa »

Mario López « Tripa »

Les services frontaliers aux États-Unis ont dévoilé mardi un des trois robots sans-fil équipés de caméras qui permettent aux agents de surveiller à distance les tunnels utilisés par les trafiquants et les immigrants clandestins. Près de 170 tunnels ont été trouvés depuis 1990, la plupart le long de la frontière du Mexique avec l’Arizona et la Californie.

Les services utilisent ces engins pour éviter de placer les agents en situation risquée, alors que plusieurs tunnels sont mal construits, peuvent s’effondrer et sont mal aérés. Les robots permettent aussi aux agents de parcourir un labyrinthe souterrain en une fraction du temps qu’il faudrait à une personne pour suivre le même trajet. Ils peuvent aussi se faufiler dans des endroits trop étroits pour les agents.

Dimanche 5 janvier vers 22h, deux groupes de manifestants ont attaqué avec des pierres et des cocktails Molotovs le bâtiment du ministère des communications et des transports de la ville de Mexico et un concessionnaire Nissan situé non loin, causant des dégâts au bâtiment et à plusieurs voitures. Lors de l’attaque contre le ministère, la police fédérale qui surveillait le bâtiment a tiré d’abord en l’air puis à plusieurs reprises contre les assaillants, mais blesser personne.

Trois anarchistes ont été arrêtés, deux Canadiens (Fallon Poisson et Amelie Pelletier) et un Mexicaine, Carlos Lopez Martin. Jusqu’à présent, la seule accusation est celle de dégradations, évaluées entre 50 et 150 000 pesos [10 000 euros]. Le tribunal fédéral a décidé la prison préventive pour tous les trois. Pour toute lettre de solidarité, salutations, soutien économique et informations, contacter ce mail : fuego_a_las_carceles@riseup.net

Mexico

Mexico

Gustavo Rodriguez Romero, un anarchiste de nationalité états-unienne venu à Mexico pour participer au Symposium anarchiste international, avait disparu le 29 décembre. Il a finalement pu communiquer avec ses proches le 1er janvier. Il leur a brièvement expliqué qu’il était détenu par des agents fédéraux et était soumis à de sévères interrogatoires. Il a indiqué qu’il avait été battu, et après quelques heures il a été expulsé vers les États-Unis parce que la justice mexicain était incapable de l’accuser de quoi que ce soit. Cette déportation fait parti de la politique anti-anarchiste que le gouvernement mexicain met en œuvre depuis des mois.

Quatorze jeunes appartenant au mouvement anarchiste mexicain ont été arrêtés dans le centre-ville de Mexico en marge de vastes manifestations anti-gouvernementales. Parmi eux, huit mineurs. La police anti-émeute avait été déployée en force et était assistée par deux hélicoptères. De violents affrontements ont rapidement opposé les policiers aux manifestants. Sept manifestants ont été interpellés pour avoir taggé plusieurs vitrine de magasins tandis que les autres sont accusés de vandalisme et de détention d’objets tranchants. Les huit mineurs ont été libérés après le paiement d’une caution par leurs parents tandis que les adultes accusés de tags sont sortis rapidement dans la mesure où il ne s’agit pas, en droit mexicain, d’un délit pour lequel ils auraient pu être maintenu en détention.

Manifestation anti-gouvernementale à Mexico

Manifestation anti-gouvernementale à Mexico

Le 10 novembre dernier, deux jours avant une audience du tribunal agraire dans l’affaire opposant Ejido La Sierrita (un syndicat de paysans) à la compagnie minière canadienne Excellon Resources Inc., des officiers de la sécurité publique ont détenu arbitrairement Omar Pacheco, Adolfo Gómez Chareo, Julio Orona, Héctor Pacheco, Luis Orona, and Ricardo Calderón, tous membres de la communauté La Sierrita de Galeana dans l’état de Durango et ayant des liens familiaux avec des ejidatarios (propriétaires communaux). Deux jours auparavant, Héctor Pacheco avait déjà subi un enlèvement et passage à tabac.

Aucun mandat d’arrêt ni passage devant un juge n’a justifié ces détentions. Tous les six ont été relâchés mais le climat de violence et d’intimidation subsiste. Les premières personnes nommées ci-dessus sont également membres du Syndicat national des mineurs – local 309 – et ont été licencié par Excellon l’année dernière pour avoir revendiqué leurs droits syndicaux.

lutte syndicale au mexique

lutte syndicale au mexique

Alberto Patishtan a été libéré jeudi après avoir été gracié par le président en raison de violations de ses droits humains au cours du procès. Le président avait déjà annoncé cette grâce mardi, après l’adoption le même jour par le Congrès d’une réforme du code pénal qui donne au chef de l’Etat le droit de gracier n’importe quel délit si la personne condamnée a subi des violations graves de ses droits humains.

Le professeur Patishtan était un cas emblématique de la cause indigène au Mexique. Un tribunal avait rejeté en septembre son dernier recours et confirmé sa condamnation à 60 ans de prison pour le meurtre de sept policiers dans une embuscade, dans le contexte d’affrontements entre partisans et adversaires de la guérilla de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN). Professeur d’ethnie tzotzil, Alberto Patishtan, 42 ans, avait épuisé tous les recours juridiques de la justice mexicaine, car la Cour suprême du Mexique s’était déclarée incompétente en mars.

Alberto Patishtan

Alberto Patishtan

Hier, comme chaque année à la même date, des milliers de personnes ont défilé dans le centre de la capitale en commémoration de la tuerie de centaines d’étudiants en 1968. Ce jour-là, l’armée avait ouvert le feu sur des manifestants étudiants sur Tlatelolco Square, faisant 40 morts selon les bilans officiels, plus de 300 selon les rapports des organisations civiles. Hier, les manifestants réclamaient justice pour ce massacre et ont été violemment réprimés par les forces anti-émeutes. La police a tiré des gaz lacrymogènes, les manifestants ont lancé des pierres et des cocktails Molotov. Au moins 50 personnes ont été blessées, parmi lesquelles de nombreux manifestants, mais aussi des journalistes et des policiers. Quinze personnes ont été arrêtées.

Affrontements à Mexico

Affrontements à Mexico

Dans le cadre du vaste mouvement national contre la réforme du système éducatif, des enseignants campaient sur le Zocalo, la place centrale de la capitale. La réforme ayant récemment été adoptée malgré la vague de protestation qui dure depuis plusieurs semaines, le mouvement a regagné en intensité. Vendredi, des milliers de personnes occupaient la place lorsque les autorités ont lancé un ultimatum, immédiatement rejeté par les dirigeants de la CNTE (Coordination nationale des travailleurs de l’enseignement), une des fractions du syndicat national. Des centaines de policiers sont alors entrés en action pour les déloger afin de permettre la préparation des festivités pour la fête du jour de l’indépendance ce dimanche. Les manifestants ont lancé des cocktails Molotov et des pierres pour riposter aux tirs de jets d’eau et de gaz lacrymogène. Les affrontements très violents n’ont duré que trente minutes, mais au moins quarante personnes ont été blessées et 31 personnes ont été interpellées.

Affrontements sur le Zocalo

Affrontements sur le Zocalo