Des étudiants mexicains dénonçant un nouveau programme d’étude manifestent leur mécontentement à Morelia (Michoacan) depuis le 4 octobre. Tous étudient pour devenir professeur dans des régions rurales et sont furieux car le nouveau programme comprend,au dépend d’autres matières, l’anglais et l’informatique qu’ils estiment non-prioritaires en milieu rural dans leur pays. Depuis le 4, ils retiennent 40 bus de la ville ainsi que des véhicules appartenant à des compagnies étrangères. Lundi matin, la police est intervenue pour tenter de récupérer les véhicules. Les policiers ont utilisé du gaz lacrymogène, des hélicoptères et des voitures blindées pour briser le cordon estudiantin. Ils ont également tiré des balles en caoutchouc alors que les manifestants mettaient le feu à treize des véhicules saisis. 176 personnes ont été arrêtées suite à ces violents affrontements.

Répression policière à Morelia

Répression policière à Morelia

Alberto Patishtán Gómez est un activiste indigène tzotzil, membre de “l’autre Campagne” de l’EZLN qui se trouve en prison depuis près de 12 ans. Il a été condamné à 60 ans de prison suite à une embuscade contre des forces de police en 1998, alors que différents témoins attestent qu’il n’était pas présent sur les lieux lors de l’attaque. Alberto Patishtán Gómez participait activement à la vie politique de sa municipalité, dénonçant la corruption de la mairie, et sollicitant la destitution du Président Municipal et la création d’un conseil municipal. En prison, il n’a pas cessé de chercher à organiser les prisonniers, pour exiger de meilleures conditions d’emprisonnement et fut ainsi fondateur de la voz del amate. Il est devenu le porte parole des prisonniers du Chiapas, surtout après à la grève de la faim de 2007.

Le Centre des Droits de l’Homme Frayba (Chiapas) a signalé vendredi qu’Alberto Patishtán Gómez a déjà perdu, suite à un diagnostic erroné (glaucome) et faute de soin adéquat, 90% de sa vue. Depuis le 6 septembre, Alberto a progressivement du renoncer à ses activités quotidiennes dans la prison, comme lire, écrire, marcher avec assurance, entre autres.

Mexique: Un prisonnier zapatiste devenu aveugle faute de soin

Le 18 septembre, un groupe anarchiste se revendiquant de la FAI, la Cellule insurrectionnelle Mariano Sanchez Añon, a tendu une embuscade à une voiture de patrouille de la police de l’Etat de Mexico dans la municipalité de Valle de Chalco. Trois policiers ont été tués.

Mexique: Embuscade meurtrière contre la police

Un autobus du Corps de grenadiers (la police anti-émeutes) garé à proximité d’une prison a été incendié dans la banlieue Narvarte, à Mexico. Cette action a été revendiquée en solidarité avec les prisonniers anarchistes Braulio Durán (détenu dans l’Etat mexicain de Guanajuato), Tortuga (au Chili), avec les anarchistes emprisonnés en Italie et en Grèce.

194 étudiants de l’Université San Nicolás de Hidalgo, dans la ville de Michoacan, ont été arrêtés samedi matin lors de descentes policières de masse dans trois résidences universitaires. Depuis jeudi dernier, les locataires de deux de ces résidences avaient séquestré dans leur enceinte sept véhicules du gouvernement fédéral et municipal pour faire pression sur eux. Face au refus de négocier des autorités, ils avaient incendié ces voitures, avant d’en « récupérer » 12 autres en otage… Ils avaient aussi effectué de nombreux blocages, paralysant tout le centre ville. Lors des affrontements de vendredi soir avec les forces spéciales, les résidences universitaires avaient servi de base arrière, comme en Grèce ou au Chili, et été durement défendues à l’aide de pierres, Molotovs et huile bouillante.

Samedi 28 avril lors de manifestations, deux voitures de police ont été incendiées à l’aide de cocktails Molotov et une résidence a pris feu après que des étudiants ont enflammé des matelas. Lundi matin, 181 étudiants avaient été relâchés, les autres continuent d’être torturés.

Mexique: Dure lutte étudiante à Michoacan

Le 4 décembre 2011, à Banavil, Tenejapa, une cinquantaine de membres du parti officiel PRI ont attaqué quatre familles sympathisantes de l’EZLN. Cette attaque ont eu pour résultat:
La mort de Pedro Mendez Lopez,
La disparition d’Alonso Lopez Luna qui a été embarqué par les agresseurs. Le 23 décembre il fut trouvé un bras de la victime, reconnue par la famille grâce à une cicatrice sur le doigt,
La détention de Lorenzo Lopez Giron, blessé d’une balle dans la poitrine et accusé de faits graves,
Des blessures pas balles pour six autres personnes,
Le départ forcé des quatre familles proches de l’EZLN.
La détention arbitraire du zapatiste Francisco Santiz Lopez, qui se trouvait dans un autre lieu durant les fait.
Cette attaque n’est qu’un des épisodes de la campagne d’agression systématique des zapatistes et sympathisants zapatistes au Chiapas.

La police mexicaine a attaqué ce lundi une manifestation d’étudiants qui revendiquaient plus d’espaces pour étudier et qui bloquaient une autoroute reliant Mexico à Acapulco. Deux manifestants ont été tués, deux blessés et 25 autres ont été interpellés. Selon l’AFP, la police aurait tiré à balles réelles après que les manifestants eurent fait usage de cocktails Molotov (Voir la photo). Si les deux manifestants sont effectivements morts par balle, le procureur a pour sa part déclaré que les policiers dépechés sur place n’étaient pas armés. Voir la photo qui atteste de ces déclarations.

Répression d’une manifestation au Mexique

Répression d’une manifestation au Mexique

Répression d'une manifestation au Mexique
Répression d'une manifestation au Mexique

Le 29 septembre, 13 prisonnières et prisonniers politiques indigènes du Chiapas s’étaient mis en grève de la faim. Elles et ils ont toutes et
tous été condamnés à des peines allant de 14 à 60 ans de prison pour des
délits fabriqués par les autorités. Elles et ils n’ont pas eu accès à un
avocat ni à un traducteur. Elles et ils ont toutes et tous été torturés
pour leur faire signer des aveux.

Le 6 novembre, les prisonnier-e-s arrêtent leur grève de la faim
après 39 jours, car leur état de santé ne leur permet plus de continuer,
d’autant plus qu’on leur refuse depuis plusieurs jours l’accès aux prisons à
l’équipe médicale. Le 15 novembre, deux des grévistes, Núñez Hernández et José Díaz López, ont été libérés sous caution après 9 ans et 8 mois d’emprisonnement et la sentence légalement suspendue.

Cela fait maintenant presqu’un mois que les prisonniers de ‘La Voix de L’Amasse’, organisation créée pour dénoncer le fonctionnement arbitraire de la justice, la torture physique et psychologique dans les prisons et la corruption dans les pénitenciers du Chiapas, poursuivent une grève de la faim pour exiger leur libération. Après avoir été évacués la semaine dernière, les familles et amis des prisonniers ont repris leur piquet de protestation et continuent la lutte à l’extérieur de la prison. Dans la nuit du 20 octobre, le directeur de la prison et le chef des gardiens ont fait irruption dans la cellule d’Alberto Patishtan, ‘porte-parole’ des prisonniers en grève.

Cela fait onze ans que Patishtan est en prison, accusé d’avoir massacré des policiers en 2000. Depuis son arrestation, il lutte pour dénoncer les conditions d’incarcérations des prisonniers politiques et en est en quelque sorte devenu le symbole, après avoir déjà notamment mené de nombreuses grèves de la faim et autres actions de protestation. Aux dernières nouvelles, il semblerait qu’il ait été transféré à la prison fédérale de haute sécurité de Sinaola, à plus de 2000 kilomètres du Chiapas. Là, il se trouve isolé en cellule 23 heures par jour, n’a droit qu’à une visite autorisée tous les trois mois, n’a pas le droit de recevoir de visites de personnes solidaires, ni de correspondre avec qui que ce soit.

Alberto Patishtan

Alberto Patishtan