Fournir sa photo et ses empreintes pour un passeport ou une carte d’identité implique des risques plus importants qu’il n’y paraît. Ces données, centralisées dans le fichier des « titres électroniques sécurisés » (TES), sont censées servir uniquement à la délivrance des titres, mais la police s’en sert régulièrement via des réquisitions judiciaires, contournant ainsi les restrictions légales. Malgré les mises en garde de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), du Conseil d’État et du Conseil constitutionnel sur les dangers d’un tel fichier centralisé, le ministère de l’Intérieur a laissé se développer ces pratiques, facilitant l’identification et le contrôle des personnes. Ce détournement révèle un problème plus large : l’usage croissant et non contrôlé des fichiers administratifs et policiers, qui multiplie les possibilités de surveillance et de répression, avec des conséquences concrètes sur les droits et la vie privée des citoyens.

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Mardi 25 novembre à Istanbul, la police turque a mené une descente violente dans le centre culturel Idil Kültür Merkezi, où travaille le groupe musical Grup Yorum, et dans le foyer pour personnes âgées Sevgi Erdoğan Vefa Evi et des habitations privées. La police est entrée en brisant et incendiant des éléments du centre culturel et en saccageant le foyer pour personnes âgées, puis a arrêté neuf personnes : Turgut Onur, Hüseyin Kütük, Yeliz Kütük, Köksal Taş, Vedat Doğan, Şura Başer, Beyza Gülmen, Can Kaba, Barış Yüksel.

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En novembre 2017, trois membres du GIGN sont interceptés à la frontière hispano-portugaise en possession de plusieurs tonnes de munitions et d’explosifs volés à l’unité, destinés à un camp d’entraînement privé. Le commandant de l’époque, le colonel Laurent Phélip, aurait ordonné d’étouffer l’affaire et de rapatrier discrètement les explosifs (jusqu’à 7 tonnes) en désactivant notamment les caméras. Un démineur, Matthieu D., qui avait signalé dès 2016 le laxisme dans la gestion des stocks de munitions (vol facile, conditions de stockage dangereuses), a été muté pour avoir « terni l’image de son unité ». Bien qu’une enquête ait été ouverte en 2020 suite à la plainte de Matthieu D., Laurent Phélip n’a été placé que sous le statut de témoin assisté pour « mise en danger d’autrui », un traitement de faveur. Il n’a reçu aucune sanction et a même été promu. Les trois agents n’ont pas non plus été sanctionnés, leur défense affirmant qu’il est impossible pour le GIGN de travailler en respectant la réglementation.

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Le 20 novembre, une opération de la Police militaire de Rondônia (PM-RO) était organisée pour expulser trois camps installés sur le domaine des « Maroins » à Machadinho D’Oeste. Cela a abouti à la mort de quatre paysans et à l’expulsion d’environ 400 familles de ces trois campements, ainsi que des accusations de vols de vêtements, médicaments et objets personnels. La police justifie l’opération en évoquant un prétendu “échange de tirs”, une version contestée par des organisations paysannes. Selon des observateurs locaux, l’expulsion a été menée en violation des procédures légales obligatoires. L’intervention, mobilisant des véhicules blindés, s’inscrit dans une escalade plus large d’actions répressives contre les mouvements de lutte pour la terre (voir notre article).

Le 18 septembre 2025, une soirée en hommage au dirigeant libéral Jean Gol s’est tenue à l’Université de Liège, tandis que de nombreux manifestants se rassemblaient place du Vingt-Août pour protester contre le MR et la présence de son président, Georges-Louis Bouchez. Douze policiers avaient été blessés lors des incidents. Après de longs débats, la Ville vient d’annoncer son intention de déposer une plainte contre X. A travers cette action, le bourgmestre a souligné qu’il voulait empêcher qu’un sentiment d’impunité ne s’installe lors de violences envers la police.

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Dans la nuit du 9 au 10 novembre 2025 à Ixelles, une personne nommée T. a été interpellée et accusée d’avoir tenté d’incendier trois véhicules de police (voir notre article). Un juge d’instruction l’a mise en examen pour incendie volontaire nocturne, et une perquisition à son domicile a conduit à la saisie de matériel numérique ainsi que de divers documents. T. a été placée sous mandat d’arrêt et transférée à la prison de Haren le 12 novembre, puis sa détention préventive a été confirmée par la chambre du conseil le 14 novembre, tandis que l’enquête se poursuit.

Le conseiller socialiste molenbeekois, Rachid Ben Salah, a plaidé le mardi 18 novembre au conseil de police de la zone Bruxelles-Ouest pour l’installation de dashcams dans les véhicules de police. Les dashcams (ou caméras embarquées) sont de petites caméras fixées généralement sur le tableau de bord ou le pare-brise d’un véhicule. Elles enregistrent en continu ce qui se passe devant — et parfois derrière — la voiture.

Apprécié par les forces de l’ordre et les procureurs, ce dispositif ne renforce ni la transparence ni la responsabilité de la police. Au contraire, il contribue plutôt à accroître son influence et son impunité, mais aussi à augmenter les ressources qui lui sont allouées. À ce sujet, le Secours Rouge Toulouse a postfacé le livre « La bureaucratie de la punition : à propos des caméras-piétons au service du pouvoir policier » de l’avocat et militant Alec Karakatsanis (voir ici).

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Mercredi 19 novembre, les autorités du district de Bara ont imposé un couvre-feu autour de l’aéroport de Simara après des affrontements entre des jeunes de la Génération Z et des partisans du parti UML, survenus en réaction à l’arrivée de dirigeants politiques. La zone reste instable, entraînant la suspension des vols entre Simara et Katmandou, tandis que les forces de l’ordre ont réprimé les contestations.

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Le samedi 13 décembre prochain c’est l’ACAB Party à la Chapelle à Toulouse ! De 13h12 à 22h, une journée pour se rencontrer, discuter et s’organiser contre la police, l’État et leur système. Au programme :

  • 13H12 · Projection
    Sainte-Soline, autopsie d’un carnage
    Avec des personnes ayant participé à la mobilisation
  • 15h30 · Discussions
    Racisme et violences d’Etat : comment y faire face ?
    Avec Toulouse Anti CRA et Fatou Dieng du Réseau d’Entraide Vérité et Justice
  • 18H · Conférence
    Sur l’abolition de la police
    Avec la militante abolitionniste pénale et sociologue Gwenola Ricordeau
  • 20H · DJ set
    Avec DJ Cantal Goyave et DJ Ginette
    Co-organisé avec Kaboum

Mais aussi un atelier graff, sérigraphie, gravure sur bois, marché de l’ACABerie, garde d’enfants, cantine, etc.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a saisi la justice après que l’humoriste Pierre-Emmanuel Barré, dans une chronique diffusée sur Radio Nova, a qualifié la police et la gendarmerie françaises de « violeurs », « meurtriers » et d’institutions « structurellement violentes et racistes » en les comparant à « Daesh avec la sécurité de l’emploi ». Le ministre a jugé ces propos « inqualifiables », tandis que Radio Nova a défendu la satire au nom de la liberté d’expression. Barré s’appuyait notamment sur l’affaire de policiers mis en examen pour viol à Bobigny et sur les images récemment diffusées de l’intervention de gendarmes à Sainte-Soline en 2023.

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