Lundi 2 février dans la soirée, plusieurs dizaines de détenus se sont révoltés à la prison de Bellechasse, près de Morat, barricadant un étage pendant près de trois heures et saccageant les lieux pour dénoncer des conditions de détention jugées inacceptables, notamment les prix élevés à la cantine et les restrictions lors des visites. La police cantonale est intervenue pour réprimer la révolte vers 22h. Selon les autorités, il s’agit d’un événement sans précédent dans l’histoire de l’établissement, alors que les tensions sont récurrentes : les détenus avaient déjà organisé grèves, pétitions et lettres de doléances ces dernières années pour réclamer un meilleur traitement et le respect de leurs droits.

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Au Tchad, le président du Syndicat indépendant des enseignants (SIET), Djimoudouel Faustin (photo), a été condamné à un an de prison ferme pour rébellion et trouble à l’ordre public, après avoir appelé à une grève nationale des enseignants. Arrêté et détenu depuis début janvier, il est poursuivi pour son rôle dans un mouvement réclamant de meilleures conditions de travail et de rémunération. Ses avocats dénoncent une décision politique et une atteinte à la liberté syndicale, tandis que des inquiétudes sont exprimées quant à son état de santé et à la criminalisation croissante des mobilisations sociales.

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Face à une incarcération de masse dans les prisons belges, le gouvernement de l’Arizona envisage d’envoyer certains détenus, principalement sans titre de séjour, dans des établissements pénitentiaires à l’étranger, notamment en Estonie. Présentée comme une solution pragmatique, cette « délocalisation carcérale » est vivement critiquée pour ses implications en matière de droits fondamentaux : éloignement des proches et des avocats, obstacles à la défense et à la réinsertion, traitements inégaux.

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L’Arkansas prévoit d’interdire l’envoi de livres, magazines et journaux papier aux détenus. Cette mesure, présentée comme un moyen de lutter contre l’introduction de drogues en prison, serait la plus stricte du pays. Justifiée par la détection de stupéfiants dans des envois imprimés, cette décision est vivement contestée car elle est perçue comme une atteinte aux droits fondamentaux des prisonniers. Si les détenus conservent l’accès aux bibliothèques internes et à des tablettes numériques (souvent payantes), ces restrictions limitent l’accès à l’information et à l’éducation, notamment pour les plus précaires.

Le 8 février 2026, un mouvement de grève du travail est lancé dans les prisons de l’Alabama, sous l’impulsion du Free Alabama Movement et de figures comme le prisonnier anarchiste Michael Kimble (voir photo), pour protester contre leur exploitation et exiger l’abolition du système carcéral, des peines de perpétuité réelle et de la peine de mort. Les détenus du centre correctionnel de Ventress dénoncent notamment des mesures de rétorsion consistant à réduire drastiquement les portions alimentaires et l’accès aux achats de nourriture en réponse à leur action. Face à cette situation, un appel à la solidarité internationale est lancé afin de soutenir la lutte par diverses actions directes et de sensibilisation.

À Londres, des dizaines de militants ont été arrêtés après une action de solidarité menée dans l’enceinte de la prison de Wormwood Scrubs en soutien à Umer Khalid en grève de la faim (voir notre article). La police a procédé à l’arrestation de 86 personnes, invoquant une intrusion et des troubles au fonctionnement de l’établissement, tandis que le ministère de la Justice a dénoncé l’action comme « préoccupante ». Cet épisode s’inscrit dans un contexte de durcissement répressif marqué par l’interdiction de Palestine Action au titre de la législation antiterroriste, la criminalisation des actions de soutien à la Palestine et l’emprisonnement prolongé de militants avant jugement.

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Le 7 janvier 2026, un détenu de 23 ans est mort dans sa cellule à la prison de Majicavo à Mayotte, la deuxième disparition en moins de deux mois. Conçue pour 278 places, la prison accueille régulièrement plus de 600 détenus dans des conditions insalubres, avec un accès quasi nul aux soins et des cellules entassant 4 à 6 personnes sur moins de 15 m². Ces décès soulignent l’usage de l’incarcération comme outil de contrôle et d’expulsion, alors que l’État français planifie un second établissement pénitentiaire, justifié officiellement par l’humanitaire mais destiné à renforcer la répression sur l’île.

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Le 31 décembre 2025, un détenu du centre pénitentiaire Camp-Est à Nouméa s’est évadé lors d’une extraction médicale au Médipôle de Dumbéa, où il devait passer un examen radiologique pour une douleur au pied. L’homme a pris la fuite à son arrivée, malgré la présence de trois agents d’accompagnement, et aucune entrave n’avait été posée en raison de sa blessure. Cette évasion fait suite à des incidents survenus quelques jours plus tôt, le 25 décembre, où des dégradations avaient été constatées dans plusieurs cellules lors de tentatives d’évasion.

Près de trois mois après le placement en détention provisoire des Ulm 5, cinq personnes poursuivies pour une action visant une usine d’armement d’Elbit Systems, plusieurs rassemblements de solidarité ont eu lieu les 30 et 31 décembre devant les différents établissements pénitentiaires où elles sont incarcérées (voir notre article). Portées depuis Berlin avec le soutien de collectifs locaux, ces mobilisations se sont déployées sur deux jours devant cinq prisons, dans le but de dénoncer le rôle d’Elbit Systems dans l’industrie de l’armement et de rompre l’isolement carcéral. Elles s’inscrivent dans un mouvement plus large de soutien aux prisonniers politiques et de dénonciation de la répression des luttes internationalistes, avec également des expressions de solidarité envers Daniela Klette, des antifascistes poursuivis et plusieurs militants kurdes emprisonnés.

En Suisse, près de la moitié des incarcérations correspondent à des peines privatives de liberté de substitution infligées à des personnes n’ayant pas pu payer des amendes ou des peines pécuniaires. En effet, 9297 exécutions de peines ont commencé en Suisse en 2023, parmi lesquelles environ 42% étaient des peines privatives de liberté de substitution.

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