Le 23 octobre est tombé le verdict de l’audience du 19 octobre du tribunal d’application des peines de Rome : l’instance de levée anticipée de la mesure de détention en régime 41-bis, pour le prisonnier anarchiste Alfredo Cospito, a été rejetée. En cette occasion, malgré le fait que certaines services de l’anti-terrorisme aient exprimé des avis favorables à la levée de la mesure de détention en 41-bis, ce qui a primé est la volonté politique de garder Alfredo en ce régime de détention.

Alfredo Cospito

Alfredo Cospito

 

La semaine du 4 au 8 octobre, plusieurs initiatives solidaires ont eu lieu pour Mónica Caballero et Francisco Solar, deux anarchistes qui arrivent au terme du procès où ils sont accusé.es de plusieurs attaques à l’explosif (voir notre article). Parmi ces initiatives, un rassemblement devant la prison de San Miguel, à Santiago.

Manal al-Gafiri, une lycéenne vivant en Arabie saoudite, a été condamnée, en août, à dix-huit ans de prison pouvoir avoir tweeté son soutien à des prisonniers politiques. Cette peine est un nouvel exemple de la sévérité de la justice saoudienne envers les critiques publiques émises contre le pouvoir en place. Elle fait écho à la peine de mort prononcée en août contre Mohammed al-Ghamdi (photo), professeur à la retraite, qui avait dénoncé la corruption et des violations de droits de l’Homme sur les réseaux sociaux. Mohammed al-Ghamdi a été jugé en juillet par la Cour pénale spécialisée, une juridiction établie en 2008 pour traiter les affaires liées au terrorisme, mais aussi largement utilisée pour juger des dissidents politiques.

Le 19 octobre, au Tribunal d’application des peines de Rome, aura lieu une audience concernant l’enfermement d’Alfredo en régime 41-bis. L’État, par le biais du parquet de Turin, a demandé à plusieurs reprises sa condamnation à l’emprisonnement à perpétuité avec période de sûreté illimitée. La Cour de Cassation avait émis en juillet 2022 une condamnation contre Alfredo pour un « attentat-massacre »… sans victime. Quelques mois auparavant, Alfredo Cospito avait été transféré du régime Haute sécurité à celui 41-bis, car coupable d’entretenir des rapports avec des journaux anarchistes. Le verdict de la Cour constitutionnelle du 18 avril, suivi le lendemain de la suspension de la grève de la faim d’Alfredo, a évité une condamnation à la perpétuité avec période de sûreté illimitée, ce qui était un des objectifs de la mobilisation. Pour atteindre le second objectif, la levée du 41bis, un rassemblement solidaire aura lieu à Rome jeudi 19 octobre, via Triboniano, à 9 heures.

Depuis un mois, les prisonniers luttent à travers toute la Grèce contre la nouvelle loi annoncée par le ministre de la Justice Giorgos Florídis (un vieux politicien qui a fait sa carrière au PASOK avant d’être recylclé dans le nouveau gouvernement conservateur) et contre les actes arbitraires du parquet de Lamia. Parmi les initiatives de solidarité avec cette lutte, l’incendie d’un véhicule de la mairie de Kaisarianí (banlieue est d’Athènes), le 26 septembre à minuit, un engin incendiaire ayant été allumé sur le pneu avant gauche du véhicule. L’action a également été faite en solidarité avec les prisonniers révolutionnaires Dimitris Koufondinas et Nikos Maziotis ainsi qu’avec les squats.

Le 4 octobre a été notifié le durcissement des mesures préventives à l’encontre de deux anarchistes poursuivis dans le cadre de l’opération contre le bimensuel Bezmotivny (voir notre article). Suite à des rapports de la DIGOS sur des prétendues violations des mesures précédemment imposées, le juge d’instruction a ordonné le transfert en prison de Gino Vatteroni (qui était aux arrestations domiciliaires avec toutes les restrictions) et le durcissement de la mesure de contrôle judiciaire pour Veronica (à l’origine elle avait reçu l’interdiction de sortir de la commune de résidence, avec interdiction de sortir de chez elle de 19 heures à 7h, maintenant elle a été placée aux arrestations domiciliaires avec toutes les restrictions).

 

 

Un tribunal de Bahreïn a a rendu son verdict mardi à l’encontre de 65 accusés, dont 62 prisonniers politiques, qui avaient protestés par un sit-in et une grève de la faim en 2021 contre leurs conditions de détention. 12 hommes ont été condamnés à trois ans de prison, un autre à un an et les 52 restants ont été acquitté. Les prisonniers n’ont pas eu le droit d’assister au procès ni d’accéder à un avocat. Le sit-in avait été provoqué par la mort d’un activiste, faute de soins médicaux adéquat. En août, des centaines de prisonniers – 121, d’après les autorités – avaient lancé une grève de la faim (voir notre article). Mi-septembre, ils ont suspendu leur mouvement après des engagements du gouvernement d’améliorer leur situation.

Une prison au Bahrein

Le 8 juin dernier, Georges Abdallah a déposé une nouvelle demande – la 10e – de libération conditionnelle devant le tribunal d’application des peines de Paris. Rappelons que ce prisonnier politique, incarcéré depuis 1984 pour complicité dans des actes de résistance à l’invasion sioniste de son pays, le Liban, libérable depuis 1999, est maintenu en prison sur injonction du gouvernement étatsunien malgré deux libérations prononcées par le tribunal d’application des peines. Rappelons aussi que ce militant communiste révolutionnaire, tout au long de son incarcération, n’a jamais rien renié de son engagement anti-impérialiste, son attachement à la cause des peuples.  Rassemblement devant le ministère de la Justice pour exiger la libération de Georges Abdallah ce jeudi 28 septembre de 18h30 à 20h. A l’angle de la rue de la Paix et de la rue Danielle Casanova (Paris 2e)

Toby Shone est un anarchiste qui a été incarcéré pendant presque deux ans, car accusé d’être l’administrateur du projet de contre-information 325.nostate.net (voir notre article). Après que les poursuites pour des raisons politiques soient tombées, Toby a été condamné à 3 ans et 9 mois pour la possession de cannabis et de LSD (voir notre article). Il a été libéré le 28 décembre dernier, avec des restrictions importantes, sous la surveillance d’une équipe multi-forces qui comprenait la National Security Division (anti-terrorisme) et il a été obligé de vivre pendant 9 mois au centre d’hébergement de Gloucester.

Il avait déménagé depuis à peine 9 jours dans un appartement quand, le matin 19 septembre,  il a été arrêté alors qu’il se rendait en voiture à un rendez-vous avec son conseiller de probation. Il serait accusé d’avoir enfreint deux des conditions de sa semi-liberté (avoir été en possession d’un téléphone et avoir participé à une réunion à Bristol en août). On peut lui écrire à cette adresse : Toby Shone / prisoner’s number : A7645EP / HMP Bristol / 19 Cambridge Road / Bishopston / Bristol BS7 8PS (Royaume-Uni).

Christopher O’Kane (photo, à gauche), de Derry, est accusé d’avoir accédé à une feuille de calcul contenant des données policières. Le 8 août dernier en effet, des informations personnelles sur tous les membres actifs et le personnel civil de la police d’Irlande du Nord, la PSNI ont été publiées par erreur. Le 18 août, le domicile d’O’Kane a été perquisitionné: il a été inculpé pour possession de ces informations et s’est d’abord vu refuser la liberté sous caution. Des milliers d’autres personnes avaient eu accès a ses données sans avoir été inculpées, mais O’Kane travaillait pour des sites web du groupe politique républicain irlandais Saoradh et l’Irish Republican Prisoners Welfare Association. Le juge l’a libéré sous caution et sous conditions, avec un bracelet électronique. Dans la nuit de mardi à mercredi, l’entreprise de sécurité G4S qui s’est présentée pour fixer le bracelet sur sa personne a qualifié O’Kane de « non coopératif », ce qui a conduit à sa réincarcération. Entre-temps, un ancien interné républicain, Ciarán « Zack » Smyth (photo de droite), a été renvoyé à la prison de Maghaberry, apparemment à la suite d’une rencontre fortuite de quelques secondes, dans une rue de Belfast, avec un autre ancien prisonnier républicain.