Le 31 décembre 2025, Pavel Krisevich a pu quitter la Russie après avoir été libéré d’une nouvelle arrestation administrative, la énième depuis sa sortie de prison le 24 janvier 2025 (voir notre article). Inscrit en novembre 2025 au registre des « agents étrangers », il avait été menacé par le FSB de nouvelles détentions s’il ne partait pas immédiatement. Depuis sa détention, Krisevich poursuivait son travail artistique en prison, créant dessins, livres et projets solidaires pour d’autres détenus. Il décrit son départ comme un moment d’euphorie en quittant « la dictature et l’absence de liberté ».

Les autorités espagnoles et l’Institut Gogora recherchent les familles pour recueillir l’ADN des prisonniers républicains décédés dans la prison franquiste d’Orduña entre juillet 1937 et juillet 1941. Depuis 2021, plusieurs campagnes d’exhumation ont permis de retrouver 93 corps, dont l’identité de 23 victimes a déjà été confirmée. Parmi eux, Miguel Fuentes Molina, mort en mai 1941 de malnutrition à 26 ans, après avoir été envoyé à Orduña pour avoir soutenu la République. Les restes de Miguel et d’autres victimes ont été restitués à leurs familles à Badajoz et Ciudad Real. Gogora poursuit l’identification des 70 corps restants et appelle les familles à fournir leur ADN.

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Le militant basque Xabier Goienetxea Iragorri a recouvré la liberté après avoir purgé l’intégralité de sa peine, dix ans après son arrestation en juillet 2015 à Ossès lors d’une opération policière franco-espagnole liée au processus de désarmement d’ETA. Originaire d’Errenteria, il avait été incarcéré avec Iñaki Reta et jugé en 2018 à Paris. Libéré sous contrôle judiciaire en novembre 2023 depuis la prison de Lannemezan, il est désormais totalement libre.

Les grévistes de la faim emprisonné·es pour la Palestine approchent des 60 jours de grève, dans un état de santé alarmant. Heba Muraisi (59e jour) souffre de graves carences, de douleurs intenses et de troubles cognitifs, tandis que ses proches subissent des fouilles abusives et des humiliations en prison. Teuta Hoxha (53e jour) est presque alitée, victime de pertes de connaissance, d’une fatigue extrême et ses visiteurs sont harcelés par l’administration pénitentiaire. Kamran Ahmed (52e jour) subit des vertiges sévères, une perte auditive intermittente et des baisses de rythme cardiaque. Lewie Chiaramello (38e jour), diabétique, continue de jeûner malgré de forts risques pour sa santé. Face à cette situation critique, Prisoners For Palestine appelle à intensifier la mobilisation contre la complicité britannique dans le génocide sioniste et à agir en solidarité avec les prisonnier·es (plus d’infos), à l’image des actions menées contre de nombreuses ambassades britanniques comme à Tunis (photo) et Bruxelles (voir la vidéo).

En Tunisie, des partis d’opposition, la Ligue tunisienne des droits de l’homme et des familles de détenus ont organisé trois jours de mobilisation en solidarité avec les prisonniers politiques, à l’appel de l’avocat Ayachi Hammami (voir photo), en grève de la faim depuis son arrestation début novembre. Cette initiative vise à empêcher l’oubli des détenus d’opinion après la vague récente d’arrestations et à coordonner les actions de soutien. Les organisateurs dénoncent également les restrictions croissantes imposées aux avocats et aux organisations de défense des droits humains, privées d’accès aux prisons, alors que plusieurs détenus poursuivent des grèves de la faim pour faire entendre leurs revendications.

Militante marocaine des droits humains détenue depuis le 1er juillet 2025 pour « outrage à magistrat » et « diffusion de fausses allégations » liées à ses critiques publiques, Saïda El-Alami a entamé le 26 décembre 2025 sa sixième grève de la faim ouverte pour protester contre les sévices et humiliations subis en détention, notamment coups, blessures, vêtements et effets personnels endommagés. Sa famille accuse les autorités et l’administration pénitentiaire de mettre en danger sa santé, rappelant qu’elle souffre de maladies chroniques.

Les prisonniers révolutionnaires Ayberk Demirdögen, Ulaş İnci et Nazım Şafak Korkmaz ont mis fin à leurs grèves de la faim après avoir obtenu gain de cause, une victoire attribuée à la mobilisation conjointe des détenus, de leurs familles et de leurs partisans. Ils étaient respectivement mobilisés depuis 290, 78 et 68 jours. Toutefois, la lutte se poursuit contre les prisons de type puits, plusieurs prisonniers restant en grève de la faim illimitée dans des prisons de haute sécurité à Antalya, Çorlu Karatepe et Kandıra, tandis que les familles maintiennent des actions de soutien à Ankara et İzmir. En effet, Tahsin Sağaltıcı et Gürkan Türkoğlu sont en grève de la faim depuis le 30 juillet 2025, tandis qu’Ali Dilmen l’est depuis le 11 août, Hüseyin Özen depuis le 18 août et Doğan Karataş depuis le 15 octobre 2025.

Le 28 décembre 2025, la prisonnière pro-palestinienne Heba Muraisi en est à son 56ᵉ jour de grève de la faim pour dénoncer la complicité du Royaume-Uni avec le principal fabricant d’armes israélien, Elbit Systems, et pour exiger son transfert à la prison de HMP Bronzefield. Actuellement détenue à HMP New Hall, elle souffre d’un profond isolement, ayant été éloignée de sa famille et de ses proches de Londres. Sa mère, en raison de problèmes de santé, ne peut pas parcourir les plus de 286 km jusqu’à Wakefield et n’a pas vu sa fille depuis plus de quatre mois, tandis que les visites sont rarement autorisées, y compris pour les proches en mesure de se déplacer. Un appel à l’action invite à contacter HMP Bronzefield et les autorités compétentes afin qu’elles acceptent sans délai sa demande de transfert (plus d’infos).

Parallèlement, la mobilisation se poursuit en soutien aux grévistes de la faim qui luttent pour la libération sous caution de toutes les personnes réprimées pour leur engagement contre le génocide en Palestine au Royaume-Uni : Heba Muraisi, Teuta Hoxha, Kamran Ahmed et Lewie Chiaramello. Ces derniers jours, plusieurs rassemblements ont été organisés au Royaume-Uni, notamment devant les prisons des détenus, mais aussi à Paris, Madrid, Ramallah ou encore Bruxelles (voir photo).

Du 28 novembre au 9 décembre 2025, une marche de 166 km de Philadelphie à la prison de Frackville a été organisée pour soutenir Mumia Abu-Jamal et dénoncer la politique de négligences médicales contre lui, notamment le refus de soins indispensables à sa vue (voir notre article). Cette mobilisation a contribué à renforcer le combat pour sa libération et a été accompagnée d’initiatives similaires aux États-Unis et dans le monde, ainsi que de l’envoi de près de 3 000 cartes postales aux autorités pénitentiaires de Pennsylvanie. Mumia bénéficie désormais de rendez-vous médicaux réguliers, reprend ses études et remercie ses soutiens pour leur engagement.

En France, le collectif Libérons Mumia appelle à poursuivre la mobilisation avec un prochain rassemblement à Paris, place de la Concorde, le mercredi 7 janvier 2026 à 18h.

Samedi 27 décembre, une marche était organisée jusqu’à la prison de Zaballa, en Álava, pour dénoncer la situation des prisonniers politiques basques et appeler à intensifier la lutte pour l’amnistie globale. Des dizaines de personnes ont participé, sous une forte surveillance policière : tous les manifestants ont été fouillés individuellement, la mobilisation a été filmée et contrôlée par drone et hélicoptère, et les autorités ont imposé des contrôles stricts tout au long du parcours. Les organisateurs dénoncent une tentative de criminalisation du réseau de solidarité, évoquant des amendes pouvant atteindre 153 600 euros pour les mobilisations devant les prisons, et affirment que ces mesures visent à affaiblir le mouvement basque.