Ce lundi 20 octobre, la cour d’appel d’Anvers a acquitté Dyab Abou Jahjah et Ahmed Azzuz, dirigeants de la Ligue Arabe Européenne (LAE), estimant que les preuves n’étaient pas suffisantes sur leur responsabilité dans les heurts qui se sont déroulés près d’Anvers en 2002, après le meurtre de Mohamed Achrak. Tout le mal que le Secours Rouge pense du crypto-islamisme de la LAE ne nous empêche pas de nous réjouir de la manière dont ce lynchage juridique a finalement tourné court. ‘Durant six ans, nos militants ont été présentés comme des criminels. Maintenant, il s’avère qu’il n’y avait rien, un simple ‘désolé’ ne suffira pas. Je veux des réparations‘ a déclaré Abou Jahjah, à l’annonce de son acquittement. Il envisage de porter plainte contre l’ancien Premier ministre Guy Verhofstadt, son conseiller en sécurité de l’époque Bryce De Ruyver et l’ancienne bourgmestre d’Anvers Leona Detiège: ‘Ils ont commis des faits punissables en déclarant que nous sommes une organisation criminelle.’

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Environs 30 étudiants et sans-papiers afghans ont occupés ce jeudi 16 à 11h30 le hall du Commissariat Général aux Réfugiés et Apatrides. Une centaine de manifestants restaient groupés sur le trottoir devant l’immeuble. Les manifestants ont été violement dispersés par la police. Dans la bousculade le ‘fameux’ capitaine Vandersmissen a d’ailleurs perdu ses galons et ses étoiles. Une trentaine de manifestants ont été a embarqués à l »Amigo’. Ils ont tous été libérés à 17h sauf Niccolo, Lola et Youri, trois étudiants du CAS, qui ont été placé en arrestation judiciaire pour ‘incitation à l’émeute’. Un rassemblement s’est tenu devant le commissariat, qui a évolué en manifestation sur la Grande-Place. Rappelons que les sans-papiers afghans sont depuis 57 jours en grève de la faim.

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Les prisonniers politiques d’Espagne commenceront le 17 octobre une grève de la faim illimitée d’un jour par semaine en protestation contre le procès basé sur la ‘loi des partis’ (cette loi considère que tous les partis, associations et organisations politiques légales qui refusent de dénoncer une organisation armée doivent être interdites et poursuivies comme ‘complices’; c’est sur cette base que toutes les organisations, partis, journaux de la gauche nationaliste basque ont été interdits en tant que ‘façade légale’ d’ETA). C’est aussi sur base de cette loi que le Secours Rouge International a été interdit en Espagne, et plusieurs militants emprisonnés. Deux d’entre eux viennent d’être remis en liberté provisoire. Fernando Rodríguez Blanco était sorti le 23 septembre (avec paiement d’une caution et obligation d’aller chaque semaine signer un registre). Il avait été arrêté en janvier avec cinq autres membres du Secours rouge. Le 2 octobre, c’est Erlantz Cantabrana Berrio qui a pu, dans les mêmes conditions, quitter la prison de Navalcarnero.

Images pour les prisonniers politiques

Images pour les prisonniers politiques

Le 12 octobre dernier, un jeune demandeur d’asile de nationalité serbe, dont la demande de séjour en Belgique a fait l’objet d’une réponse négative, s’est suicidé au centre fermé pour étrangers de Vottem. Il avait été interpellé le 26 septembre à la suite d’un contrôle dans le Thalys Paris-Bruxelles. Le 13 octobre, le Comité d’Actions et de Soutien (CAS) a tenté de bloquer le Thalys afin de montrer notre volonté de faire changer cette politique xénophobe. L’intervention policière a été immédiate. Les policiers ont même fait usage de gaz. Le Thalys est le symbole de cette société libérale dans laquelle les plus riches, les plus employables, les plus performants peuvent circuler ‘librement’ pour vendre leur force de travail, pendant que d’autres sont arrêtés aux frontières, dans les transports ou dans la rue parce qu’ils viennent d’ailleurs ou parce qu’ils n’ont pas les bons papiers. Le CAS s’est constitué en appui aux sans-papiers qui occupent depuis six mois un bâtiment de l’ULB.

Lire le communiqué du CAS

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A l’occasion de la grande manifestation nationale en Italie contre le gouvernement de Berslusconi et l’organisation des employeurs (confindustria), la gauche italienne en Belgique organisait une manifestation à Bruxelles ce samedi 11 octobre, place de la Bourse. Le Secours Rouge/APAPC était présent avec deux calicots pour défendre les prisonniers révolutionnaires italiens.

Manif de la gauche italienne

Manif de la gauche italienne

Manif de la gauche italienne

Manif de la gauche italienne

Pour écrire à Andrea ScantamburloAlfredo DavanzoBruno Ghirardi:

-CASA CIRCONDARIALE, VIA VIGENTINO 85, 27100 – PAVIA

Pour écrire à Salvatore ScivoliMassimo GaetaVincenzo Sisi:

-CASA CIRCONDARIALE, VIA GRAVELLONA 240, 27029 – VIGEVANO, PAVIA

Pour écrire à Massimiliano Toschi:

-CASA DI RECLUSIONE DI ALESSANDRIA, VIA CASALE 50/A, 15040 – SAN. MICHELE, ALESSANDRIA

Pour écrire à Claudio LatinoDavide Bortolato:

-CASA CIRCONDARIALE DI PIACENZA, VIA DELLE NOVATE 65, 29100 – PIACENZA

POUR INFO, Davide Rotondi, Toschi Alessandro, Mazzamauro Alfredo, Caprio Amarilli, Salotto Federico et Magon Michele sont en détention à domicile et ont interdiction de recevoir ou envoyer du courrier.

Affiche de solidarité avec les prisonniers italiens

Affiche de solidarité avec les prisonniers italiens

La politique ‘hyper-répressive’ (sic) de l’Etat belge a été critiquée dans le rapport 2008 de l’Observatoire des prisons. Le plan pluriannuel 2008-2012 du ministre de la Justice Jo Vandeurzen est axé sur l’extension du parc carcéral, il prévoit la création de 1.500 nouvelles places. La population carcérale a augmenté de 74% en Belgique depuis 1980 et de 20% depuis 2007, sans que la délinquance ne se soit accrue. La population carcérale a atteint un pic de 10.008 détenus en août (pour 8.133 lits). L’augmentation de la surpopulation s’explique par le recours démesuré à la détention préventive, par l’allongement des peines et les freins mis aux libérations conditionnelles. Le rapport de l’Observatoire souligne aussi le manque de soins de santé dans les prisons belges.

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Le communiqué suivant a été posté sur le site du Centre de Médias Alternatifs de Bruxelles (CEMAB): ‘Cette nuit nous avons défoncé à coups de marteaux une caisse de Dalkia à Laeken. Phares, rétros, vitres, carrosserie, tout y est passé. Par ce geste nous voulons saluer les émeutiers de la prison de Bruges. Pour la démolition de toutes les prisons!‘. Cette action n’est pas la première du genre. Le 16 juin par exemple, une camionette de la société ISS Cleaning avait été incendiée à Bruxelles. Cette société avait emporté le contrat de l’entretien des centres fermés. Pour se tenir informé des initiatives anarchistes anti-carcérales, lire La Cavale que l’on peut télécharger en français et en néerlandais sur le site de l’Anarchist Black Cross.

Site du CEMAB

Site de l’A.B.C.

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Le Secours Rouge/APAPC a envoyé une délégation à Milan ce week-end afin d’assister ce lundi 6 octobre à l’audience de réouverture du procès des arrêtés du 12 février 2007. Voici le compte-rendu d’un membre de notre délégation.

Au procès à Milan

Au procès à Milan

Nous avons rencontré à Milan d’autres sections du SRI, le SR espagnol, le RH/RA, les JRZ et différentes délégations italiennes.

Débat sur le soutien aux prisonniers politiques

Une rencontre-débat organisée le dimanche soir par les camarades du Secours Rouge italien nous a permis de faire le point sur les situations respectives des sections nationales du point de vue de la répression et de la résistance, dans le cadre des nouvelles législations anti-terroristes, de leurs extensions et de leurs nouvelles applications. Ainsi, nous avons pu avoir des nouvelles des militants détenus en Espagne sur base de leur simple appartenance au Secours Rouge considéré comme organisation illégale. Nous avons aussi appris que l’Espagne, qui est depuis des années le laboratoire de la répression en Europe, n’ayant pas obtenu l’extradition de certains camarades réfugiés en Italie ou en France, envisagerait d’introduire une demande d’extradition à l’échelon européen. A l’occasion de ces échanges, nous avons exposé la situation belge en mentionnant entre autres l’acharnement du parquet contre les camarades du DHKC, les écoutes à l’encontre des altermondialistes et les méthodes déployées contre les arrêtés du 5 juin pour une présomption de ‘participation à une activité terroriste’.

Rassemblement au palais de justice

Outre la vingtaine de délégués ayant fait le déplacement, une centaine de proches étaient présents à l’audience. Des amis, les familles et des sympathisants se sont donc relayés dans la salle et devant le palais de justice. Devant le palais, des calicots ont été déployés tandis qu’un stand proposait des cartes postales pour écrire aux prisonniers révolutionnaires d’Italie et d’ailleurs. Les personnes présentes, militants ou non, nous ont expliqué qu’au moment des arrestations, les médias, détenus par Berlusconi, ont grandement applaudi le fait que l’Italie s’était ainsi protégée d’une soi-disant attaque terroriste. Faisant revivre le ‘spectre des Brigades Rouges’, la propagande de l’Etat s’était bien gardée de dire que parmi les 17 inculpés, seuls quatre se revendiquent d’un projet révolutionnaire armé: le Parti Communiste Politico-Militaire. Les autres inculpés étaient actifs dans la militance syndicale, sociale ou associative. A la suite de ce ‘triomphe’, le procès a démarré. Les dossiers vides, ou plutôt chargés de suppositions dépourvus de preuves ou de faits, expliquent sans doute le soudain silence de cette même presse bourgeoise. Aucun article n’a été publié dans la presse depuis mars 2008, et de fait, ce 6 octobre, aucun média italien n’était présent pour se confronter aux irrégularités de cette affaire qui a coûté l’isolement et la détention préventive à 17 personnes…

Prise de parole du SRI au procès de Milan

Prise de parole du SRI au procès de Milan

Les éléments entendus lors de l’audience du 6 octobre

Parmi nous se trouvait E., un sympathisant qui nous a rejoint au sortir de son travail pour assister à l’audience. Comme E. parle français, il nous a traduit les interventions de la juge de l’instruction, des avocats de la défense, et des témoins. Voilà comment pendant deux bonnes heures, nous avons entendu un ‘expert’ expliquer qu’il trouvait louche qu’un des inculpés ait passé un coup de fil depuis une cabine téléphonique, alors qu’il possède un gsm. Dans le même genre, il souligne le fait qu’un sac revient plusieurs fois dans les filatures: le camarade n’en change pas d’un jour à l’autre… Un autre expert, de la police politique (cagoulé et caché derrière un paravent), explique qu’un camarade pris en filature a pris un verre après son travail, puis est rentré chez lui, tel, tel, tel et tel jour… Il dit que cela lui semble louche que souvent, le camarade aille pendant un quart d’heure dans un café, et que ses journées se ressemblent tant. Lorsque l’avocat de la défense lui demande pendant combien de temps le camarade a été observé, le policier répond ‘Pendant deux ans’. L’avocat lui demande si en deux ans, le camarade a été observé en train de commettre un délit. Réponse: ‘Non’. L’avocat demande pourquoi le flic trouve le camarade louche. Réponse ‘Parce qu’il roulait des épaules quand il marchait, il avait l’air nerveux’. La juge demande comment était le sac mentionné dans le rapport de police, porté par un camarade à une date donnée. Le flic en chef explique que le sac semblait lourd, que c’est suspect. L’avocat demandera si il a vu le contenu du sac. Réponse: ‘Non’. La juge questionne le policier masqué sur les écoutes téléphoniques. Celui-ci a identifié à la voix un des inculpés. L’avocat demande si il avait entendu la voix de ce camarade avant cet appel. Réponse: ‘Non’. Souvent, quand l’avocat de la défense demandera des explications sur des éléments cités dans les rapports de police comme ‘suspects’, le policier cagoulé répondra ‘Je ne sais pas, je ne sais plus, ce n’était pas moi qui était là…’ Une des plus belles remarques étant, à propos des suspicions à l’égard du camarade dont les journées ‘travail-bistrot-maison’ inquiète la police: ‘Avez-vous remarqué que le 6 et le 11 octobre, à la minute près, mon client a fait exactement les mêmes gestes au même moment? Promener son chien, revenir en vélo du travail, aller au bistrot… Ce n’est pas possible que ces journées soient identiques!’ Et le policier de répondre: ‘Je ne sais pas, peut-être qu’il y a eu une erreur de retranscription…’ Le copié-collé sème le trouble dans la salle, et le public rit jaune, hue…

L’avertissement de l’Italie

En matière de contre-révolution préventive, l’Italie ne semble pas avoir grand-chose à envier à l’Espagne. A en croire les journaux, Berlusconi se serait plaint à l’époque que le journal clandestin Aurora (qui appelait à la construction d’un parti communiste politico-militaire) rencontre trop de sympathie auprès des jeunes. Ceci n’est pas sans rappeler le discours du Parquet en Belgique, quand il se plaignait que l’opinion publique soit mêlée à l’affaire du 5 juin. Au sujet de la presse toujours, le fameux ‘Professore’ italien qui apparaissait dans le ‘Questions à la une’ de la RTBF sur les lois anti-terroristes, dans le cadre du procès des arrêtés du 12 février 2007, nous était jusque là inconnu. C’est un ami d’Alfredo Davanzo -détenu- qui nous a expliqué d’où ce Professore sortait. Il y a de cela plusieurs mois, Alfredo Davanzo avait parlé du professeur, spécialiste des droits du travail, en mentionnant les lois que ce dernier avait créées. Le camarade avait dénoncé ces lois en disant qu’elles allaient coûter cher aux travailleurs. Le lendemain, la presse montait en épingle la dénonciation de Davanzo, et la transformait en une menace de mort. La désinformation va vite. Et le Professore a eu peur. Il est évident qu’avec l’aide de cette presse, l’Italie veut terroriser les militants: qu’ils soient communistes révolutionnaires, syndicalistes, ou sympathisants: le message a faire passer est que l’Italie maîtrise et se donne les moyens de faire payer cher toute manifestation de refus ou d’organisation qui remette en cause son système. L’Italie, ce 6 octobre, représentée par une police cagoulée à la barre des témoins, a fait un procès politique à charge, et cela bien sûr en l’absence de la presse qui préfère fermer les yeux plutôt que de dénoncer la chasse aux militants qui a lieu en ce moment: à Milan et partout en Europe.

Prochaines audiences: les 13 et 29 octobre ; les 7, 10, 17, 19, 21, 24 et 27 novembre ; les 4, 10, 15 et 18 décembre.

Les calicots à Milan

Les calicots à Milan

Déclaration du SRI en solidarité avec les camarades italiens:

Déclaration en allemand – format pdf

Déclaration en italien – format pdf

Autocollant pour la solidarité au procès

Autocollant pour la solidarité au procès

Voir aussi: le site de l’Association des parents et amis des arrêtés du 12 février