Anas Shadid, 22 ans, a entamé sa grève de la faim le 19 juillet après le renouvellement de sa détention administrative. Il a été emprisonné depuis le 14 juillet 2017 après avoir été arrêté à nouveau un mois seulement après avoir été libéré suite à une incarcération sans inculpation ni jugement. Il a déjà mené une grève de la faim de 88 jours en 2016 pour gagner sa libération. Après presque 20 jours de grève de la faim, la santé de Shadid, qui a perdu 15 kilos, se détériore. Il a été maintenu en isolement depuis qu’il a entamé sa grève de la faim. Alors que Shadid entamait son 21ème jour de grève de la faim, il a été emmené à l’hôpital de la prison de Ramle après la détérioration de sa santé.

Dirar Abu Manshar, 40 ans, a entamé sa propre grève de la faim le 26 juillet pour protester contre sa détention administrative; il est emprisonné sans inculpation ni jugement depuis le 9 juin 2017 et a déclenché sa grève après le troisième renouvellement de son ordre de détention. Il a passé plus de 8 ans dans les prisons israéliennes, dont beaucoup en détention administrative. En 2012, il a été nommé le détenu administratif le plus longtemps détenu à l’époque, car il avait été emprisonné pendant trois ans sans inculpation ni jugement.

Dirar Abu Manshar et Anas Shadid

Dirar Abu Manshar et Anas Shadid

Plusieurs véhicules blindés israéliens ont envahi lundi soir la ville de Ya’bad, au sud-ouest de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie. Les militaires se sont conduit de manière provocante dans la ville, provoquant des affrontements avec des jeunes locaux qui ont lancé des pierres sur les jeeps blindées, alors que les soldats tiraient de nombreuses bombes à gaz et des balles en acier. Les soldats ont envahi et fouillé violemment de nombreuses maisons dans la ville, ont arrêté et interrogé un enfant, identifié comme Mahmoud Abu Bakr, avant de le relâcher. Par ailleurs, les soldats ont envahi le village de Beita, au sud de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie et une zone proche du stade de la ville d’Al Khader, au sud de Bethléem, et ont tiré de nombreuses fusées éclairantes.

Fusées éclairantes israéliennes au-dessus d'Al Khader

Fusées éclairantes israéliennes au-dessus d’Al Khader

Zeynab Jalalian, une militante irano-kurde et militante des droits des femmes (voir notre article), et neuf prisonnières de droit commun de la prison de Khoy ont entamé une grève de la faim pour protester contre la privation de visites hebdomadaires et l’accès aux installations pénitentiaires de base. Courant du mois de juillet, lors d’une inspection de la section des prisonnières, un téléphone portable a été découvert. Les gardiens ont interrogé à plusieurs reprises Zeynab Jalalian et neuf autres détenus pour savoir à qui appartenait le téléphone. Le 29 juillet, les 10 détenues ont été informées qu’elles seraient dès lors privées d’accès à des droits basiques de la prison, comme acheter des fruits et de la nourriture dans le magasin de la prison ainsi qu’aux visites hebdomadaires jusqu’à ce que la propriétaire du téléphone soit identifiée. Pour protester contre ces privations, Zeynab Jalalian et les neuf autres prisonnières ont entamé une grève de la faim et ont écrit aux autorités pénitentiaires pour les informer de leur grève jusqu’à ce qu’elles récupèrent leurs droits de base.

En septembre dernier, Zeynab Jalalian avait déjà été interdite de visite familiale pendant plusieurs mois pour avoir protester contre les négligences de la prison envers sa santé. Le quartier pénitentiaire de Khoy compte 3 cellules dans lesquelles sont détenues 38 femmes. Actuellement, 15 prisonnières de cette section dorment à même le sol du corridor en raison du manque de lits.

Zeynab Jalalian

Zeynab Jalalian

Vendredi soir, vers minuit, la marine israélienne a arraisonné un deuxième bateau au large de Gaza dont l’objectif était de dénoncer le blocus maritime et terrestre imposé à l’enclave palestinienne depuis plus d’une décennie. Ce bateau, le Freedom, a été arraisonné et amené de force à Ashdod. Les militant.e.s à bord sont en centre d’immigration comme l’avaient été ceux du Al-Awda (voir notre article). Ils seront ensuite amenés à la prison de Givon avant d’être expulsés.

Le Freedom à son départ pour Gaza

Le Freedom à son départ pour Gaza

Mohammad Habibi, membre du comité exécutif du syndicat des enseignants de Téhéran, avait été arrêté le 10 mai 2018 suite à une manifestation d’enseignants (voir notre article). Il avait été transféré de la section 1 à la section 2 de la prison de Téhéran le 21 mai où il a reçu un traitement médical pour les blessures subies lors de son arrestation. Il s’est vu refuser une libération sous caution et l’accès à communiquer avec son avocat. Il a été condamné cette semaine à sept ans et demi de prison pour « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale », 18 mois pour « propagande contre la classe dirigeante » et 18 mois pour « perturbation de l’ordre public ». Outre les peines d’emprisonnement, il a été condamné à deux ans d’interdiction de toute activité politique et de sortie du territoire. Selon le code pénal en Iran, les condamnés ne purgent que la peine maximale pour les accusations les plus lourdes chaque fois qu’ils sont reconnus coupables de plusieurs charges. Mohammad Habibi est donc condamné à sept ans et demi d’emprisonnement.

Mohammad Habibi le jour de sa liberation, le 15 avril 2018

Mohammad Habibi le jour de sa liberation, le 15 avril 2018

Ce samedi 4 juillet, un rassemblement a eu lieu à Bruxelles pour dénoncer les meutres de Kolbers et commerçants kurdes par les gardiens de la révolution iranienne. Ce rassemblement dénonçait également l’augmentation de la répression par le gouvernement envers les kurdes iraniens.

Fin juillet, au moins 5 personnes ont été tuées et 5 autres blessées par les gardiens de la révolution iranienne dans plusieurs villes du Kurdistan Est (Rojhelat). Ces 10 personnes, des Kolbers (voir notre articles) et des commerçants kurdes, ont été pris pour cible par les troupes iraniennes. Le 24 juillet, les forces militaires du checkpoint de Zeyni ont tué un Kolber du village de Shekl Abad à Orumiyeh. Le soir du 25 juillet, un Kolber du village de Grenovik dans le Qotoor de Khoy, a perdu la vie. Son corps a été transféré à la médecine légale de Khoi après 24 heures. Des témoins ont déclaré que les gardes-frontières l’avaient d’abord arrêté et libéré, pour ensuite l’abattre alors qu’il s’éloignait du poste de contrôle. Dans la matinée du vendredi 27 juillet, le régiment frontalier du Sichuman a ciblé un certain nombre de commerçants frontaliers. À la suite de la fusillade, un commerçant a perdu la vie et deux Kolbers ont été blessés. Début août, 2 Kolbers ont été tués et 5 autres blessés.

Rassemblement de soutien aux kurdes d'Iran (4 août 2018)

Rassemblement de soutien aux kurdes d’Iran (4 août 2018)

Cette semaine (en particulier les vendredi 3 et samedi 4 août), des affrontements entre des manifestants palestiniens et l’armée d’occupation ont eut lieux à Gaza et à Naplouse. Vendredi deux palestiniens ont été tué et 220 ont été blessé à Gaza. Le premier a été tué par un tir de sniper, le second un adolescent de 15 ans a succombé à ses blessures après été touché à l’estomac. Des affrontements ont également eut lieu à Naplouse.

L'armée d'occupation lors des affrontements à Naplouse

L’armée d’occupation lors des affrontements à Naplouse

Le 8 juillet, des manifestations ont éclaté dans la province d’Al-Basra (Bassorah) et se sont étendues par la suite dans des provinces du sud du pays et à Bagdad. Les manifestants dénonçaient principalement le chômage, les services publics médiocres et la corruption gouvernementale généralisée, mais réclamaient aussi l’amélioration de l’accès à l’eau (dessalée), un meilleur accès à l’électricité et d’autres services essentiels. Les forces de sécurité irakiennes ont brutalement réprimé les manifestants avec gaz lacrymogènes et canons à eau et en tirant à balles réelles sur les manifestants, tuant 13 personnes et en blessant 47. Au total, 81 personnes ont été arrêtées.

Le 23 juillet, Jabbar Mohammed Karam al-Bahadli, un avocat travaillant pour la libération des manifestants arrêtés, a été tué à Bassorah par des coups de feu tirés depuis une voiture.

Manifestations réprimées en Irak

Manifestations réprimées en Irak

Ce dimanche, la marine israélienne a arraisonné un bateau au large de Gaza dont l’objectif était de dénoncer le blocus maritime et terrestre imposé à l’enclave palestinienne depuis plus d’une décennie. Le bateau, parti de Norvège, voulait atteindre le port d’Ashdod avec, à bord, des médicaments et du matériel médical. Le bateau arraisonné, Al-Awda (« Retour », en arabe) battait pavillon norvégien avec 22 personnes à bord. Un autre bateau appelé Freedom, parti lui de Suède, doit arriver d’ici mardi 31 juillet au large des côtes de Gaza.

Le Al-Awda navigant vers Gaza

Le Al-Awda navigant vers Gaza

La police mauritanienne a arrêté samedi trois dockers qui participent à la grève engagée depuis cinq jours. Dès le lancement de la grève, des renforts sécuritaires ont été dépêchés sur le port. L’accord tripartite conclu dernièrement entre les délégués syndicaux, le gouvernement et les patrons prévoyait la réorganisation du travail des dockers en garantissant leurs droits. Les dockers jugés incapables physiquement d’accomplir le boulot devaient ainsi bénéficier de leurs droits de retraite et que d’autres soient remerciés pour invalidité établie par des analyses médicales. Ces clauses n’ont pas été respectées.

Les dockers s’élèvent également contre une nouvelle mesure consistant à faire décharger les conteneurs en ville au lieu du port afin de confier cette tâche à des ressortissants étrangers moins coûteux. Les grévistes accusent la société de sous-traitance chargée de cette tâche de recruter les dockers sans respecter les critères d’ancienneté ni les clauses de l’accord tripartite. Des milliers de manœuvres mauritaniens exercent le métier de docker au Port autonome de Nouakchott.

Le port autonome de Nouakchott

Le port autonome de Nouakchott