Jeudi 14 mai, l’armée de l’air colombienne a bombardé un camp de l’ELN dans la région rurale de la municipalité de Montecristo (département de Bolívar). Au cours de cette opération coordonnée avec l’armée de terre, le commandant, connu sous le nom de « Mocho Tierra » a été tué. Il s’agissait d’un commandant important puisqu’il gérait les finances de la guérilla. Plusieurs autre combattant·es ont été tués au cours de l’opération.
La Quadrature du Net et de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) avait déposé un recours au Conseil d’État contre la surveillance policière par drone dans le cadre de l’épidémie de coronavirus. Ce lundi 18 mai, le Conseil d’État a reconnu que l’usage de drones par la police constitue une atteinte à la vie privée, même durant la crise sanitaire. La surveillance policière par drones, pour faire respecter les règles de déconfinement, est désormais illégale dans toute la France. Cette décision reconnaît l’illégalité de tout drone qui, volant suffisamment bas et étant équipé de caméra, permet à la police de détecter des individus, que ce soit par leurs habits ou un signe distinctif. Pour le Conseil d’Etat, l’usage de ces outils « caractérise une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect de la vie privée », notamment concernant les « risques d’un usage contraire aux règles de protection des données personnelles ». D’après le Conseil d’État, cette illégalité ne pourrait être corrigée qu’avec un arrêté ministériel, déposé avec l’accord de la CNIL. Plus d’infos ici.
L’activité globale d’Uber aurait chuté de 80% en un an avec la crise du coronavirus, la hausse d’activité du service de livraison de repas Uber Eats ne compensant pas l’effondrement de ses autres secteurs d’activité. 3500 employé·es administratifs de Uber ont reçu une invitation à participer à une vidéo-conférence sur Zoom. Au cours de cette conférence, la directrice du département clientèle les a informé qu’il s’agissait de leur dernier jours de travail et qu’ils étaient licenciés. Les 3500 employé·es ont donc été licencié·e en moins de 3 minutes. Une autre entreprise des États-Unis, Bird, a décidé d’aller encore plus loin. Cette entreprise, qui équipe les villes en trottinettes et vélos électriques a décidé de licencier 400 employé·es via un message audio pré-enregistré envoyé sur leur smartphone. Les employé·es ont vu leurs comptes et accès aux outils informatiques de l’entreprise désactivés.
La majorité des États fédérés d’Inde ont décidé de suspendre le code du travail pour trois ans, en espérant que cela attire les investissements d’entreprises quittant la Chine. Le gouvernement de l’État d’Uttar Pradesh, fut le premier à prendre cette décision. Il a adopté un décret qui suspend 32 des 34 lois relatives au code du travail. Toutes les régulations encadrant les droits des syndicats, le salaire minimum ou les inspections du travail sont abrogées pour trois ans. Seules demeurent les règles interdisant l’esclavage, obligeant l’employeur à payer l’employé régulièrement et à respecter les règles de sécurité dans le secteur du bâtiment.
Après l’Uttar Pradesh, une dizaine d’autres grands États ont annoncé des réformes similaires: du Rajasthan au Goujarat, le poumon industriel du pays, jusqu’au Madhya Pradesh, qui compte environ 80 millions d’habitants. La plupart des États ont fait passer la journée de travail de 8 à 12 heures, pour un salaire mensuel moyen de 10 000 roupies par ouvrier (120 euros). Certaines réformes doivent encore être approuvées par le gouvernement fédéral. Les syndicats estiment qu’il s’agit d’un retour au XIXe siècle. Cependant, il sera difficile de préparer la riposte. Les travailleurs et travailleuses (dont une bonne partie travaillent sur une base journalière) sont, en effet, affaiblis par deux mois de chômage non payé. Ils risquent donc d’avoir des difficultés à organiser une grève, voire même à protester.
Marie-Christine Marghem ; Ministre fédérale MR de l’Énergie, de l’Environnement et du Développement durable ; a réagit à la haie de déshonneur réservée à Sophie Wilmès lors de sa visite de la veille au CHU de Saint-Pierre (voir notre article). Elle a déclaré que cette action était une « action ridicule » menée par des personnes qui agissaient « comme des enfants qui n’ont pas eu ce qu’ils voulaient ».
Samedi 16 mai au soir, l‘unité de vengeance Azad Siser du HBDH a mené une attaque incendiaire contre l’immeuble de la Direction de l’atelier de confection Kara, dépendant du Commandement des forces terrestres, et situé dans le quartier Maltepe Esenkent. L’attaque a provoqué un incendie qui a détruit des véhicules et endommagé un bâtiment de deux étages du site. Le communiqué du HDBH fait état de la mort de plusieurs membres des forces armées lors de l’attaque, ce que démentent les autorités turques. Le HDBH (Mouvement révolutionnaire uni des peuples) est le front unitaire de résistance armée de 10 organisations de la gauche révolutionnaire turque et kurde (voir notre article).
L’Assemblée nationale a décidé d’étendre l’expérimentation des cours criminelles à 30 départements en raison du coronavirus. Ces cours, remplaçant la cours d’assises, sont constituées de 5 magistrats professionnels, sans jury populaire. Cette expérience a notamment pour but de désengorger la cours d’assises.
Le parquet de Bruxelles a requis vendredi des peines de prison de trois mois ferme et des amendes de 2.000 à 8.000 euros à l’encontre de quatre personnes qui ont enfreint les mesures de confinement.
Mercredi 13 mai, un jeune Nantais de 15 ans s’est vu placer en garde à vue pour avoir lancé, via une page Facebook Gilets Jaunes, un appel à manifester le 16 mai. Il est également accusé d’avoir participé à un rassemblement le 11 mai devant le CHU de Nantes en soutien aux soignants. Sorti de sa garde à vue qui aura duré 24h, l’adolescent sera poursuivi en justice pour « non respect du contrôle judiciaire ».
Samedi 16 mai, des Gilets Jaunes organisaient une manifestation à Toulouse. Celle-ci a été interdite par la préfecture et plusieurs commerçants soutenus par la mairie appelaient à une contre-manifestation. Finalement, plusieurs petits rassemblements ont eu lieu. La police a interpellé au moins une personne et procédé à 49 verbalisations d’une amende de 135€ pour manifestation interdite. De son côté, la manifestation de commerçants a été tolérée par les autorités et le maire Jean-Luc Moudenc y a même participé brièvement.
Un passant contrôlé à Toulouse à cause de la couleur de son manteau.