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France : Mobilisation de lycéens et répression policière en Île-de-France

Depuis le 21 septembre, des lycéens de plusieurs établissements de banlieue parisienne se mobilisent contre la dégradation de leurs conditions d’étude : classes surchargées, manque d’enseignants et de personnels médico-sociaux, bâtiments vétustes et journées de cours longues. Les blocages ont donné lieu à d’importantes interventions policières, avec usage de gaz lacrymogène, charges, interpellations et placements en garde à vue. Plusieurs dizaines d’interpellations sont rapportées notamment à Rosny-sous-Bois, La Courneuve, Gonesse, Saint-Denis, Stains et Sarcelles. À Gonesse, une vingtaine d’enseignants se sont mis en grève le 24 septembre pour soutenir les élèves et leurs revendications, tandis qu’un nouveau blocage réunissait élèves et personnels.

Toulouse : Un rassemblement dénonce la répression des personnes LGBTQIA+ en Turquie

A l’appel d’Act Up Sud-Ouest, plus de 150 personnes se sont rassemblées à Toulouse pour dénoncer la répression des personnes LGBTQIA+ en Turquie. L’opération « Ma famille est en sécurité », lancée le 12 septembre, a conduit à l’emprisonnement de plus de 80 personnes LGBTQIA+, ainsi qu’à des perquisitions et au blocage de comptes sur les réseaux sociaux.

Des membres de la communauté queer de Turquie ont pris la parole pour rappeler que, malgré la répression, la résistance se poursuit, y compris dans les prisons de l’État fasciste turc. De son côté, le Secours Rouge a dénoncé une répression visant plus largement les mouvements d’opposition progressistes et révolutionnaires et appelé à développer la solidarité internationale.

Le rassemblement a également été l’occasion de soutenir Jülide Yazıcı, militante révolutionnaire turque réfugiée en France, détenue en Albanie depuis le 4 août sur la base d’une notice Interpol émise par la Turquie. Elle doit comparaître devant le procureur albanais le 8 octobre dans le cadre de la procédure d’extradition demandée par Ankara.

Maroc : Des sanctions disciplinaires contre deux prisonniers sahraouis en grève de la faim

Deux prisonniers politiques sahraouis du groupe de Gdeim Izik, en grève de la faim illimitée depuis le 23 septembre avec sept autres détenus, font l’objet de mesures de représailles. Hassan Dah, détenu à Kénitra, est placé depuis le début de la grève au cachot disciplinaire plutôt qu’à l’infirmerie et est privé d’appels téléphoniques avec sa famille. Bachir Khadda, transféré de la prison de Tiflet 2, n’a pas été localisé par ses proches, qui demandent que son nouveau lieu de détention soit communiqué. Ces mesures interviennent alors que les neuf prisonniers, détenus depuis près de 16 ans, ont entamé une grève de la faim illimitée. Leurs proches demandent aux autorités marocaines de mettre fin aux mesures disciplinaires et d’ouvrir un dialogue avec les détenus.

Turquie : Deux membres du Parti Socialiste des Opprimés (ESP), dont la vice-présidente, libérés

Le militant socialiste Kerem Bükre et Sezin Uçar, vice-présidence du Parti socialiste des opprimés (ESP), ont été libérés le 24 septembre après plusieurs mois de détention. Bükre, détenu depuis plus de sept mois, a été libéré par le tribunal après avoir contesté des accusations fondées notamment sur les déclarations de traitres. Il a reconnu son appartenance à l’ESP et sa participation à plusieurs événements, tout en affirmant que ceux-ci étaient légaux et qu’il avait déjà été acquitté dans des procédures antérieures.

Vice-présidente de l’ESP et avocate du Bureau juridique des opprimés (EHB), Sezin Uçar a également été libérée après cinq mois de détention. Elle a rejeté les accusations portées contre elle, notamment celles reposant sur des témoignages de traitres et sur ses activités professionnelles, politiques et sur les réseaux sociaux. Son procès, comme celui de Bükre, se poursuit.

Palestine : La gale se propage parmi des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes

La gale se propage parmi des prisonniers palestiniens détenus dans plusieurs prisons israéliennes, dans un contexte marqué par la surpopulation, la dégradation des conditions d’hygiène, le manque de produits de toilette et les difficultés d’accès aux soins. La maladie, très contagieuse, provoque notamment de fortes démangeaisons et des lésions cutanées. Son développement est favorisé par les conditions de détention qui se sont radicalement détériorées ces dernières années. Plusieurs organisations palestiniennes appellent à procéder à un dépistage général, traiter les personnes infectées et leurs contacts, et garantir l’accès à l’eau, aux produits d’hygiène, aux vêtements et à la literie propres.

USA : La sécurité intérieure surveille des militants utilisant des caméras pour suivre les véhicules de police

Des centres de renseignement liés au Department of Homeland Security (DHS) surveillent des militants qui contestent les technologies de surveillance. Un rapport du centre de fusion du Massachusetts, une structure chargée de centraliser et de partager des informations entre les forces de l’ordre locales, étatiques et fédérales, puis transmis à un centre similaire du Wisconsin, cite notamment SparrowMap, une plateforme qui utilise des caméras publiques et bénévoles pour repérer en temps réel des véhicules de police équipés de systèmes automatisés de lecture des plaques (ALPR), comme ceux de Flock Safety.

Le rapport affirme que des utilisateurs de réseaux sociaux ont appelé à surveiller les véhicules des forces de l’ordre et de l’ICE via SparrowMap, tout en précisant qu’aucune intention criminelle n’a été identifiée. Cette surveillance s’inscrit dans un contexte où les autorités étatsuniennes développent de nouvelles catégories de menaces visant les opposants aux technologies de surveillance, notamment l’« extrémisme anti-technologie » et l’« extrémisme anti-surveillance ». Cette situation soulève une situation ironique : des outils de renseignement très puissants sont utilisés pour surveiller des citoyens qui cherchent précisément à documenter et à contrecarrer la surveillance étatique.

Marseille : Un commissaire mis en examen pour des soupçons de dissimulation de violences policières

Un commissaire marseillais a été mis en examen le 17 septembre pour fausse déclaration sous serment et soustraction de preuves, dans une enquête sur les violences infligées à une jeune femme lors d’une manifestation en décembre 2018. Angelina, alors âgée de 19 ans, avait été touchée par un tir de LBD avant de tomber au sol et d’être frappée par plusieurs policiers, subissant notamment une fracture du crâne.

Le commissaire, qui encadrait huit policiers en civil le jour des faits, est le plus haut gradé mis en examen dans cette affaire. Par ailleurs, sept des agents placés sous son commandement font également l’objet de mises en examen. L’enquête, relancée fin 2025, a notamment été compliquée par la disparition de plusieurs éléments de preuve, dont des enregistrements radio du logiciel Acropol et des images de vidéosurveillance. Les déclarations du commissaire affirmant ne pas pouvoir identifier les policiers sur les images sont contredites par celles de ses subordonnés, qui ont évoqué des dissimulations.

France : Hausse de 81 % des enquêtes pour abus de fichiers policiers

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a recensé 136 enquêtes pour consultations abusives de fichiers policiers en 2025, contre 75 en 2024, soit une hausse de 81 %. Selon le rapport, qui ne recense pas l’ensemble des abus, des fonctionnaires sont sollicités via WhatsApp, Snapchat ou Telegram pour rechercher, contre rémunération, des informations sensibles telles que les antécédents judiciaires, les immatriculations ou les personnes recherchées, certaines données étant ensuite revendues. En 2025, l’IGPN a également ouvert 235 enquêtes judiciaires pour atteinte à la probité, dont 88 pour corruption et 117 pour violation du secret.

Turquie : Militante trans de YDK, Duru Yılmaz libérée après 93 jours de détention

Militante LGBTİ+ organisée au sein de YDK et d’Ankara Pride, Duru Yılmaz a été libérée le 24 septembre après 93 jours de détention. Arrêtée avant des actions liées à l’OTAN, elle a été remise en liberté à l’issue de son audience. La prochaine audience est fixée au 7 janvier 2027 au tribunal de la prison de Sincan, à Ankara. A sa sortie de prison, plusieurs de ses camarades étaient présents pour l’accueillir et lui remettre un bouquet de fleurs.

Tunisie : Le prisonnier pro-palestinien Wael Nawar suspend sa grève de la faim après 38 jours

Après 38 jours de grève de la faim pour protester contre son maintien en détention et réclamer sa liberté, Wael Nawar, militant anti-impérialiste de la Global Sumud Flotilla, a annoncé le 23 septembre la suspension de son mouvement. Il appelle également ses camarades détenus Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Chennoufi, en grève de la faim depuis 14 jours, à suspendre leur mouvement afin de préserver leur santé. Nawar affirme que la suspension de sa grève ne constitue pas un abandon de ses revendications ni de son engagement en faveur de la Palestine.

Parallèlement, ses soutiens continuent de se mobiliser pour exiger la libération des quatre prisonniers pro-palestiniens. Le même jour, un rassemblement s’est tenu devant le palais de justice de Bab Bnet à Tunis, alors que plusieurs personnes arrêtées lors d’une manifestation étaient présentées au parquet et que la chambre d’accusation examinait les recours concernant le refus de libération et la prolongation de quatre mois de la détention des militants de la flottille.

Après 38 jours consécutifs de grève de la faim, j’annonce aujourd’hui ma décision de suspendre la grève de la faim que j’ai menée pour défendre ma liberté et ma dignité, et pour protester contre le maintien de ma détention.

J’ai pris cette décision en réponse aux appels sincères qui m’ont été adressés par tous ceux qui m’ont soutenu et exprimé leur solidarité — organisations nationales, forces politiques et civiles, figures indépendantes et militantes — et sur l’insistance du comité de défense qui a suivi de près mon état de santé et la gravité de ma situation.

Les messages de mes camarades et amis, arrêtés à la suite des actions de protestation réclamant notre libération, ont également eu un profond impact sur moi et ont joué un rôle décisif dans cette décision. Vos appels me sont parvenus, et j’ai ressenti toute la loyauté, le courage et la solidarité que portaient vos positions. Je n’oublierai jamais les conséquences que vous avez subies ni les sacrifices que vous avez consentis pour nous défendre et défendre notre droit légitime à la liberté.

J’adresse également mes plus sincères remerciements, ma gratitude et mon estime à Maître Ayachi Hammami pour sa noble solidarité à mon égard, à travers la grève de la faim solidaire qu’il a observée depuis sa prison.

À cette occasion, j’appelle mes camarades militants de la « Flottille de la résilience » détenus avec moi — Ghassen Henchiri, Ghassen Boghdiri et Nabil Chennoufi — à suspendre leur grève de la faim afin de préserver leur santé, et à poursuivre le chemin de la fermeté, de la lutte et de la résistance. La fin de la grève ne signifie aucunement le renoncement à nos revendications ni l’abandon de notre cause, mais constitue la poursuite du combat par d’autres moyens, tout en préservant nos vies et notre santé.

Si notre engagement aux côtés de la Palestine nous a coûté cher, ce que nous avons payé n’est rien au regard des sacrifices du peuple palestinien et de sa résistance quotidienne. Nous étions prêts au martyre pour tenter de briser le siège qui lui est imposé, contribuer à mettre en lumière le génocide dont il est victime, et faire entendre sa voix au monde entier. Notre engagement envers la Palestine restera inébranlable, sans être ébranlé par les prisons ni par les campagnes de diffamation.

Je m’adresse enfin et surtout à ma famille, qui a enduré avec moi l’amertume de cette épreuve : à Jawaher, Yassar et Somoud. J’ai décidé de vivre pour vous et de continuer le combat avec la même détermination que vous me connaissez..

Wael Nawar

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