Les mines de charbon de Langreo, dans les Asturies, sont exploitées depuis le XVIIIe siècle. Un accident dans le puits [pozo] Maria Luisa y tua quatre mineurs. Une chanson populaire asturienne donne la parole à un survivant de la catastrophe qui prend à témoin Maruxiña, poupée des Asturies à l’effigie de Sainte Barbe, patronne des mineurs.
On connait deux titres à cette chanson: Santa Barbara bendita, et En el pozo María Luisa , qui devint célèbre dans toute l’Espagne lors de l’insurrection des Asturies de 1934, et surtout par la terrible répression qui s’en suivit.

charbonnage asturien

charbonnage asturien

Dans les Asturies, s’était formée une alliance appelée « Union, Frères Prolétaires » (UHP: Unies, Hermanos Proletarios) regroupant autour du syndicat anarchiste Confédération Nationale du Travail et du grand syndicat socialiste UGT les organisations régionales asturiennes du Parti socialiste, du Parti Communiste (d’abord un des plus réservé, ensuite un des plus engagés), du Bloc ouvrier et paysan et de la gauche Communiste (deux organisations trotskisantes, dissidentes du PCE), des Jeunesses socialistes et des Jeunesses libertaires. Ainsi unis et organisés, les mineurs se soulèvent le 5 octobre 1934 et proclament à Oviedo la République socialiste asturienne. En trois jours, toutes les Asturies sont gouvernées par les soviets des mineurs et une Armée rouge de 30.000 travailleurs, moyennement armés et dotés d’une quantité phénoménale de dynamite récupérée dans les charbonnages.

République soviétique des Asturies: Manifestation de masses à Mieres

République soviétique des Asturies: Manifestation de masses à Mieres


République soviétique des Asturies: Mineurs de l'Armée rouge asturienne

République soviétique des Asturies: Mineurs de l’Armée rouge asturienne

Comme l’insurrection reste cantonnée aux Asturies, le gouvernement peut y concentrer ses forces. C’est le général Franco qui dirige les opérations grâce à sa longue expérience: en 1917, il avait déjà écrasé une grève révolutionnaire dans les Asturies. Des renforts venus de tout le pays commencent à arriver. L’avant-garde de la contre-révolution est composées de mercenaires marocains et du “Tercio”, la Légion étrangère espagnole. Ces troupes utilisaient méthodes classiques de la guerre coloniale; destructions systématiques, pillages, tortures, viols et en utilisant les prisonniers, femmes et enfants y compris, comme boucliers humains pour avancer à couvert.

Au matin du 19 octobre, l’insurrection est officiellement terminée. La terreur blanche s’abat sur le mouvement ouvrier. Au total, avec les victimes des combats et de la répression, le nombre de morts atteint les 5.000, auxquels il faut ajouter 7.000 blessés et 20.000 prisonniers.

Répression des Asturies; Les Gardes Civils emmènent des prisonniers

Répression des Asturies; Les Gardes Civils emmènent des prisonniers

De 1934 à 1936, la lutte pour l’amnistie des mineurs asturiens insurgés fut un point de ralliement pour la gauche révolutionnaire (et une campagne majeure pour le Secours Rouge international dans l’entre-deux-guerres), qui mettra en avant les initiales UHP. L’amnistie fut une des première conquête du Front Populaire en 1936, et lorsque la République fut attaquée par les fascistes de France, En el pozo Maria Luisa devint, dans sa version castillane, un des chants les plus populaires des combattants de la République.

La chanson a très tôt connu de nombreuses versions, politisant généralement le contenu. L’une d’elle intègre un couplet dans lequel le narrateur chie sur les actionnaires et les briseurs de grève (« Me cago en los capataces / Accionistas y esquiroles »). Par contre, le dernier couplet concernant Sainte Barbe est traditionnellement abandonné dans les chorales populaires. Cette chanson reste présente (en castillan), jusqu’à aujourd’hui dans les mobilisations anti-répression et dans les luttes des mineurs, comme en témoigne ces vidéos de l’année dernière:


Voici ce qui est sans doute la première version (en asturien):

Nel pozu María Luisa / Trailarai larai, trailarai / Nel pozu María Luisa / Trailarai larai, trailarai / Morrieron cuatro mineros / mirái, mirái Maruxina, mirái / mirái como vengo yo

Traigo la camisa roxa / Trailarai larai, trailarai / Traigo la camisa roxa / Trailarai larai, trailarai / De sangre d’un compañeru / Mirái, mirái Maruxina, mirai / mirái como vengo yo

Traigo la cabeza rota / Trailarai larai, trailarai / Traigo la cabeza rota / Trailarai larai, trailarai / Que me la rompió un barrenu / Mirái, mirái Maruxiña, mirái / mirái como vengo yo

Santa Bárbara bendita / Trailarai larai, trailarai / Santa Bárbara bendita / Trailarai larai, trailarai / patrona de los mineros / Mirái, mirái Maruxina, mirái / mirái como vengo yo

Traduction:

A la mine María Luisa / Trailarai larai, trailarai / A la mine María Luisa / Trailarai larai, trailarai / Quatre mineurs sont morts / Regarde Maruxina, regarde / Dans quel état je viens à toi

Je reviens la chemise rouge / Trailarai larai, trailarai / Je reviens la chemise rouge / Trailarai larai, trailarai / Rouge du sang d’un compagnon / Regarde Maruxina, regarde / Dans quel état je viens à toi

Je reviens la tête brisée / Trailarai larai, trailarai / Je reviens la tête brisée / Trailarai larai, trailarai / La tête brisée par un éclat / Regarde Maruxina, regarde / Dans quel état je viens à toi

Sois bénie Sainte Barbe / Trailarai larai, trailarai / Soit bénie Sainte Barbe / Trailarai larai, trailarai / Patronne des mineurs / Regarde Maruxina, regarde / Dans quel état je viens à toi

Accompagnement guitare:

En el pozo maria luisa guitare

En el pozo maria luisa guitare

Attention : guide pour Windows ! (Mac est ici)

Mise à jour 4 avril 2022 : Attention, depuis 2019 Thunderbird intègre nativement OpenPGP et le développement de l’extension Enigmail a été interrompu. Le procédé est largement simplifié. Nous vous renvoyons donc vers le site de Mozilla pour un guide à jour. Nous laissons ce guide en ligne pour les explications qu’il contient sur le fonctionnement.

Chapitre 1 : Le cryptage de communications

Crypter ses e-mails c’est important : et spécialement si on a ‘rien à se reprocher’.

Crypter ses communications par e-mail c’est :
– Empêcher qu’on lise ses e-mails et protéger sa vie privée, même si on a rien à se reprocher,
– être solidaire de ceux qui l’utilisent quotidiennement en créant une zone de flou,
– Empêcher la lecture de ses e-mails par la répression avec une technique déjà éprouvée par de nombreux militants, dont ceux du Secours Rouge.
Si le cryptage d’e-mails avec GPG/OpenPGP semble être difficile, ce n’est comme bien souvent qu’une impression.

Les logiciels dont nous aurons besoin :
– Le pack de logiciels GPG pour Windows « GPG4WIN » sur http://www.gpg4win.org/
– Le logiciel de messagerie par e-mail Thunderbird : https://www.mozilla.org/fr/thunderbird/
– L’extension Enigmail pour Thunderbird.
– Une adresse e-mail compatible IMAP. À peu près toutes les adresses sauf les adresses hotmail, outlook et live (toutes les adresses fournies par Microsoft)

Nous pourrions choisir une adresse e-mail chez un fournisseur militant comme Riseup.net. Mais cela ne changera rien : une fois que les e-mails sont cryptés ils sont autant illisibles par Google, Yahoo ou Riseup.

Dans notre exemple, nous prendrons une adresse Gmail, car celles-ci sont largement répandues et simples à paramétrer. Même si Google a des politiques de confidentialité parfois douteuses, cela ne nous concerne pas puisqu’il ne pourra pas même lire nos messages.

1. Installer GPG4Win et Thunderbird

Commençons par télécharger GPG4WIN sur le site officiel. On clique sur l’immanquable bouton « Download GPG4WIN » en haut à gauche de la page et on sélectionne la dernière version stable du logiciel. Attention, on ne va pas télécharger la version Beta qui pourrait contenir des failles de sécurité.
Une fois le fichier téléchargé, double-cliquons dessus pour lancer la procédure d’installation. On clique deux fois sur suivant avant d’arriver à une série de cases à cocher. Faites comme sur l’image.

Installer GPG4Win et Thunderbird

Installer GPG4Win et Thunderbird

On va ensuite continuer l’installation en lisant ce qu’on nous dit, en cochant la case pour avoir des icônes sur le bureau et en suivant les instructions à l’écran, pour finir par redémarrer l’ordinateur.

Une fois l’ordinateur redémarré, deux nouvelles icônes ont fait leur apparition sur le bureau de notre ordinateur. On ne va pas y toucher pour l’instant, car on va d’abord installer Thunderbird. Rendons-nous donc sur le site officiel de la Fondation Mozilla (inscrit plus haut) pour le télécharger.

A nouveau, suivons les instructions pour finalement démarrer Thunderbird qui nous propose de créer une nouvelle adresse e-mail. Proposition que nous allons décliner pour rentrer notre propre adresse e-mail. Cliquons donc sur ‘Passer cette étape et utiliser mon adresse existente’.

On rentre ensuite nos informations : un nom (ce que vous voulez), l’adresse e-mail que l’on veut utiliser et le mot de passe que l’on utilise pour se connecter à ce compte.

Vous avez à choisir si vous voulez cocher la case « Retenir le mot de passe ». Ne pas la cocher compliquera les choses, mais ce mot de passe est très facile à voler si quelqu’un s’empare de votre ordinateur. Dans notre exemple, on décochera la case, mais sachez que si vos e-mails sont cryptés : même en ayant le mot de passe de la boite mail on ne peut pas lire les courriers cryptés.

On clique donc sur suivant, et Thunderbird se chargera de remplir les cases à l’étape suivante.

Il nous propose alors de choisir entre ‘IMAP’ et ‘POP3’. Et c’est le moment d’expliquer pourquoi nous n’avons pas pris d’adresse Microsoft pour cette manœuvre.

Un compte IMAP permet de conserver simultanément ses e-mails dans sa boite à mail en ligne ET sur son ordinateur, dans Thunderbird.

Au contraire, un compte POP3 récupérera tous les e-mails sur l’ordinateur que vous utiliser. Ce qui veut dire que si vous voulez utiliser cette adresse sur plusieurs ordinateurs, ou changer d’ordinateur tout en conservant vos e-mails : la tâche est rendue beaucoup plus complexe, voir impossible.
On laisse donc la case IMAP cochée et on clique sur ‘Terminé’.

Maintenant que GPG et Thunderbird sont installés, allons au vif du sujet en créant notre paire de clé GPG.

2. Créer une paire de clés GPG

Mais qu’est-ce-que c’est qu’une paire de clés GPG ?

Le chiffrement par GPG est appellé « chiffrement assymétrique », mais un dessin valant mieux que des paragraphes d’explication, voici une petite infographie qui expliquera mieux ce qu’est une paire de clés.

Explication du dessin :

Paul veut envoyer un e-mail à Georgette, pour se faire, nos deux protagonistes installent GPG sur leurs ordinateurs, et chacun d’eux crée une paire de clé. Une clé publique et une clé privée chacun.
Paul et Georgette s’échangent auparavant leurs clés publiques qui, elles, peuvent voyager sans être cryptées (mais nous verrons plus tard que ce n’est pas toujours vrai).

Créer une paire de clés GPG

Créer une paire de clés GPG

Nous apprenons donc plusieurs choses :

– Les clés publiques servent à crypter,
– Les clés privées servent à décrypter.
– Le cryptage et le décryptage se font sur l’ordinateur même et ne dépendent pas d’internet.

D’autres part, sachez que les clés sont en fait deux petits fichiers texte (se terminant par l’extension ‘.asc’)

Pour générer notre paire de clés, démarrons GPA qui se trouve sur notre bureau. Celui-ci nous propose d’emblée de créer une clé privée, acceptons la proposition en cliquant sur ‘Créer la clé maintenant’.

Etape suivante, on tape un nom et un prénom (qui peuvent être n’importe quoi), et on clique sur suivant pour ensuite taper notre adresse e-mail. A l’étape suivante, on coche la case ‘créer une copie de sauvegarde’, ce qui nous sera utile si on veut installer GPG sur un autre ordinateur, pour arriver au choix du mot de passe.

Nous avons déjà vu comment créer un mot de passe au début, mais pour rappel :

– Votre mot de passe doit compter au moins 20 caractères, et contenir lettres minuscules et majuscules, des chiffres et des caractères spéciaux (comme $*^ par exemple). Ce mot de passe ne doit pas contenir de mots existants, de prénoms ou de noms, de dates, etc…
– Dans les cas de Truecrypt et de PGP (comme on le verra au chapitre « Crypter ses e-mails ») il est particulièrement important de bien choisir un mot de passe qui ne sert qu’à ça.

Et voici le mot de passe que nous utiliserons dans l’exemple : V_52b;ZbzEv2B-#@J3m7

On enregistre à présent notre clé secrète à un endroit où on la retrouvera plus tard. On peut envisager de cacher cette clé dans un conteneur Truecrypt (Voir Chapitre 2).

Si GPA s’est fermé, on le redémarre. On voit à présent qu’une nouvelle clé figure dans la liste, cliquons dessus et ensuite, cliquons sur ‘exporter’ pour disposer de notre clé publique. Appellez cette clé comme vous voulez, pourvu que son son se termine par ‘.asc’.

Créer une paire de clés GPG

Créer une paire de clés GPG

Nous avons à présent nos deux clés, il ne nous reste plus qu’à installer Enigmail pour lier nos clés GPG et notre adresse e-mail.

Note : Puisque nous avons demandé à Thunderbird de ne pas retenir le mot de passe de notre boite mail, celui-ci nous le demande à chaque ouverture. Pour la suite, faisons attention à bien taper le mot de passe de notre boite mail dans la fenêtre « Saisissez votre mot de passe »

Créer une paire de clés GPG

Créer une paire de clés GPG

Créer une paire de clés GPG

Créer une paire de clés GPG

3. Installons Enigmail et règlons les derniers paramètres

Enigmail est un module complémentaire de Thunderbird, nous allons donc démarrer Thunderbird pour rechercher Enigmail dans le magasin d’applications de ce dernier.

Installer Enigmail

Installer Enigmail

Ensuite, on tape Enigmail dans le champ de recherche, et on installe le module complémentaire ‘Enigmail’.

Installer Enigmail

Installer Enigmail

Pour finir, on redémarre Thunderbird. Un nouvel onglet à fait son apparition dans Thunderbird, ‘OpenPGP’. Passons notre souris dessus pour ensuite cliquer sur ‘Gestionnaire de clé’.

Installer Enigmail

Installer Enigmail

Lorsque l’on coche la case ‘Afficher toutes les clés’, on voit notre clé. Ce qui veut dire que nos clés sont bien synchronisées avec Thunderbird
Retour dans les paramètres de Thunderbird pour choisir cette fois ‘Options…’, puis ‘Paramètres des comptes’.

Installer Enigmail

Installer Enigmail

Ici, on va se rendre dans l’onglet OpenPGP,

– cocher la case ‘Activer le support OpenPGP pour cette identité’.
– cocher la case ‘Utiliser l’adresse électronique de cette identité pour identifier la clé OpenPGP’.
– cocher la case ‘Chiffrer les messages par défaut’

Installer Enigmail

Installer Enigmail

Tant qu’on y est, désactivons l’utilisation de HTML lors de la rédaction de nos e-mails. Celui-ci peut provoquer des erreurs. On désactive celui-ci dans ‘Rédaction et adressage.

Installer Enigmail

Installer Enigmail

PGP est à présent activé. Notons que si nous avons coché la case ‘Chiffrer les messages par défaut’, c’est pour éviter les erreurs humaines, puisqu’à partir de maintenant, envoyer des messages sera tellement simple que nous en oublierons presque qu’il se fait.

A présent, nous allons voir comment utiliser la clé GPG d’un ami. Dans notre exemple, nous utiliserons celle du Secours Rouge, téléchargeable sur le site https://secoursrouge.org/

Une fois le fichier ZIP décompressé. Nous avons un fichier ‘sr.asc’. Nous devons importer cette clé dans notre trousseau pour pouvoir lui envoyer un e-mail. Pour cela, ré-ouvrons GPA et cliquons sur le bouton ‘Importer’ avant de sélectionner le fichier ‘sr.asc’ là où celui-ci a été décompressé.

4. Envoyer un e-mail crypté

A présent, nous allons envoyer notre premier e-mail crypté ! Dans Thunderbird, on clique sur ‘Ecrire’.

Ecrire un mail crypté

Ecrire un mail crypté

On remplit les champs ‘Pour’, ‘Sujet’ (Celui-ci n’est jamais crypté, attention!), le corps du message.

Si on clique sur ‘OpenPGP’, on verra que la case ‘Chiffrer le message’ est déjà cochée, puisqu’on a demandé à Thunderbird de crypter les messages par défaut.

On envoie ensuite le message. L’adresse e-mail du correspondant est automatiquement associée avec sa clé GPG si celle-ci a été importée. Si elle n’a pas été importée, Thunderbird nous préviendra. On nous demande alors de taper un mot de passe. C’est celui de notre boite mail.

Ceci est le message pour taper le mot de passe de sa boite mail.

Ecrire un mail crypté

Ecrire un mail crypté

Au contraire, ceci est le message que l’on doit taper pour décrypter un message.

Ecrire un mail crypté

Ecrire un mail crypté

On devra peut-être le taper lorsque Thunderbird nous proposera de crypter le message avant qu’on l’ait envoyer.

Ecrire un mail crypté

Ecrire un mail crypté

On notera que le message est crypté également dans le dossier ‘Envoyés’. Cette copie n’est pas cryptée avec la clé publique du correspondant, mais avec la nôtre (sinon, on ne pourrait pas la décrypter).

Attention : nous n’avons pas envoyé notre clé publique dans notre e-mail ! Notre correspondant ne pourra donc pas nous répondre un message crypté.

Lorsque l’on rajoute une pièce-jointe à un message crypté, cochons cette case.

Ecrire un mail crypté

Ecrire un mail crypté

5. Décrypter un message reçu et une pièce-jointe

Quelques heures plus tard, on va vérifier notre boîte mail, et nous avons reçu une réponse cryptée.

Décrypter un mail

Décrypter un mail

On double-clique sur le message pour l’ouvrir, et on tape notre mot de passe GPG. Une pièce-jointe apparaît. ‘piece-jointe.txt.pgp’. Clic-droit sur celle-ci (en bas de la fenêtre de l’e-mail), “déchiffrer et enregistrer sous”.

Chapitre 2 : Le cryptage de données

Dans ce chapitre nous ne présenterons qu’un seul logiciel. Celui-ci a fait ses preuves, fonctionne sur Windows, Mac et Linux et est relativement simple d’utilisation. Ce logiciel est Truecrypt. Allons donc le télécharger sur https://truecrypt.ch/downloads/ et sélectionnons la version du programme compatible avec Windows.

ATTENTION : Ne téléchargez pas Truecrypt sur http://www.truecrypt.org qui était le site originel. Le projet Truecrypt a été abandonné par ses créateurs et a été reprit par l’équipe suisse de TCNext : téléchargez la dernière version de Truecrypt (7.1a) sur le site https://truecrypt.ch/downloads/

Lançons le fichier que nous venons de télécharger et poursuivons l’installation en acceptant les ’License terms’ puis ’Next’, cocher la case ’Install’ et ’Next’, décochons ensuite la case « Create System Restore Point » et enfin ’Install’ et ’Finish’.

Truecrypt est capable de faire plusieurs choses : – Créer un ’Conteneur’ crypté dans votre ordinateur. Ceci créera un fichier crypté dont vous déciderez la taille, etc… – Cryptez une clé USB ou un disque dur portable ou tout autre support amovible. – Cryptez la totalité de votre disque dur (pour les utilisateurs avancés et amoureux du risque, nous ne détaillerons pas la procédure dans cette édition du guide mais vous trouverez facilement des tutoriels en ligne).

Dans ce tutoriel, nous verrons la pratique la plus courante et la plus pratique pour chacun : c’est à dire le cryptage d’un support amovible. Un support amovible est un support que vous pouvez connecter et déconnecter de votre ordinateur, par exemple : une clé usb, un disque dur portable, une carte SD ou micro-SD, etc…

Pour le choix du support, voyez en fonction de vos besoins. Un disque dur portable peut contenir une très grande quantité de données, une clé USB ou une carte SD peut en contenir une grande quantité, tandis qu’une carte micro-SD a ceci de pratique qu’elle est très petite mais plus chère.

Le tutoriel se pratique de la même façon pour chacun de ses supports. Nous parlerons plus loin de « la clé usb » pour simplifier, mais vous pouvez utiliser n’importe quel support pour ce tutoriel.

1. Préparer le support La clé usb doit être vide. Si elle ne l’est pas, tout ce qui se trouve dessus sera effacé.

2. Démarrer Truecrypt Double-cliquons sur l’icône de Truecrypt pour le démarrer, et cliquons sur « Create Volume » pour commencer la procédure de création de notre volume crypté.

Cochons ensuite la seconde case : « Encrypt a non-system partition/drive » puis ’Next’. On va ensuite laissé « Standard Truecrypt Volume » et ’Next’ à nouveau.

A l’étape suivante, nous devons sélectionner le volume à crypter. Ca se corse, puisqu’il ne faut pas faire d’erreur ici (au risque de perdre des données ou de rendre l’ordinateur inutilisable !) On va donc bien faire attention à voir quelle lettre est attribuée à notre clé USB. Prenons par exemple que cette lettre soit F :/ nous cliquerions alors sur Select Device et ensuite on cliquera sur la ligne correspondant à la lettre F :/. Pour déterminer quelle lettre correspond à votre clé, rendez-vous dans le Poste de Travail où vous verrez tous les disques et clés connectés à votre ordinateur.

3. Cryptons ! A cette étape, on choisira « Create encrypted volume and format it ». Ce qui est le plus efficace et le plus rapide pour une clé vide. A l’étape suivante il nous sera proposé de choisir un algorythme de cryptage et un algorythme de hash. Nous voilà dans le vif du sujet et quelques explications s’imposent.

Qu’est-ce-qu’un algorythme de cryptage ? Un algorythme de cryptage, en gros, c’est la méthode mathématique que votre ordinateur utilisera pour crypter l’information. Par exemple, un algorythme utilisable pour un humain serait de remplacer chaque lettre par celle qui la suit dans l’alphabet pour écrire ’BONJOUR’ on écrira plutôt ’CPOKPVS’. Evidemment, l’ordinateur crypte des quantités beaucoup plus grandes que de simples mots et avec des méthodes mathématiques inutilisables par un cerveau humain. Un algorythme est donc un langage codé utilisé par un ordinateur.

Truecrypt nous propose trois algorythmes : AES, Twofish et Serpent. Il nous propose également des « cascades » d’algorythmes. C’est à dire qu’après avoir crypté en AES, il crypte à nouveau en Twofish, etc…

Quelle est la différence entre AES, Twofish et Serpent ? Lorsque le gouvernement américain a mis à jour ses méthodes de sécurité informatique en 1997, il a organisé un concours visant à trouver un algorythme de cryptage puissant, capable de protéger les secrets gouvernementaux. Les trois finalistes étaient AES, Twofish et Serpent, trois algorythmes remarquablement complexes. C’est AES qui a gagné le concours. Mais apparement, Twofish était tout aussi puissant et a perdu à cause de sa vitesse plus lente, et Serpent a perdu car il aurait été impossible à décrypter au besoin.

Moralité de cette petite histoire (imprégnée de légendes urbaines ?) Ces trois algorythmes sont tous les trois extrêmement performant, et vous opterez sans doute pour une cascade des trois. Pas d’inquiétude donc et sélectionner « votre préféré ».

Note : Le cryptage est un enjeu extrêmement important tant au niveau gouvernemental et répressif qu’au niveau technologique (la plupart des appareils informatiques utilisent le cryptage) qu’au niveau antirépressif. Certaines personnes travaillent quotidiennement à rechercher des failles de sécurité permettant de casser ces algorythmes et de les rendre obsolètes. Si ces méthodes semblent aujourd’hui incassables, celles qui les précédaient l’ont pourtant étées (alors qu’elles étaient elles aussi réputées incassables). C’est pourquoi il peut-être intéressant de s’informer si jamais un de ces algorythmes venait à être brisé. L’algorythme AES étant l’un des plus utilisé au monde, s’il venait à être cassé, de nombreux gouvernements devraient le remplacer par un autre (probablement Twofish ou Serpent). Il faut garder en mémoire que si ces méthodes sont sûres aujourd’hui elles ne le seront pas éternellement.

Dans notre exemple, nous choisirons donc un algorythme en cascade : AES-TWOFISH-SERPENT. Et un Hash Algorythm SHA-512.

Précisons que si le cryptage est légal en Belgique il ne l’est pas partout. En France par exemple, il est illégal de crypter un document ou une communication avec un algorythme impossible à décrypter par les autorités !

Cliquons sur Next deux fois pour arriver à l’étape du choix du mot de passe.

4. Le choix du mot de passe Nous avons déjà vu comment créer un mot de passe au début, mais pour rappel :
– Votre mot de passe doit compter au moins 20 caractères, et contenir lettres minuscules et majuscules, des chiffres et des caractères spéciaux (comme $*^ par exemple). Ce mot de passe ne doit pas contenir de mots existants, de prénoms ou de noms, de dates, etc…
– Dans les cas de Truecrypt et de PGP (comme on le verra au chapitre « Crypter ses e-mails ») il est particulièrement important de bien choisir un mot de passe qui ne sert qu’à ça.

Et voici notre mot de passe : 6tN82_9=w5^J_qXnEdA(

On écrit donc notre mot de passe dans les champs adéquats. On ne cochera pas la case « use keyfiles » cette fois, mais sachez que cette fonction permet de créer un petit fichier clé que l’on stockera sur une autre clé usb et qui serait nécéssaire à l’ouverture de notre clé usb.

A l’étape suivante, on répond Yes ou No à la question « Souhaitez vous stockez des fichiers de plus de 4GB dans votre clé. Répondez selon votre cas (d’aussi gros fichiers sont rares), nous répondrons dans notre exemple ’No’.

A l’étape suivante, on devra secouer la souris au-dessus de la fenêtre Truecrypt. Pourquoi ? Simplement parce qu’un ordinateur étant une machine ’logique’ il lui est à peu près impossible de générer de l’aléatoire. Il utilisera donc « l’entropie » (le désordre) générée par notre main humaine pour rendre l’algorythme encore plus complexe.

Après avoir laissé les cases ’Fat’ et ’Default’ si on veut stocker des fichiers de moins de 4Gb, et ’NTFS’ et ’Default’ dans l’autre cas, on clique sur ’Format’. Cette action effacera les éventuels fichiers que vous auriez laissé sur votre clé USB.

Voilà, l’odinateur est en train de crypter notre clé. Il ne nous reste plus qu’à patienter le temps que l’opération se termine.

Fin de la procédure : Truecrypt nous prévient que l’on ne peut pas utiliser la même lettre pour ensuite « monter le volume ». On clique OK, OK puis EXIT.

5. Ouverture de notre clé cryptée

Une fois notre clé cryptée. Nous allons voire comment ouvrir celle-ci pour y déposer les fichiers que l’on veut protéger.

Losque la clé usb est insérée dans l’ordinateur, on démarre Truecrypt et on clique sur « Auto-Mount Devices » pour ensuite taper notre mot de passe. Laissons les trois cases décochées pour plus de sécurité, et on clique sur OK.

Voilà c’est tout. Vous constaterez l’apparition dans votre Poste de Travail d’un nouveau disque « Disque local … » de la même taille que votre clé. Vous y déplacerez vos documents sensibles.

Lorsque vous n’avez plus besoin de votre clé. Retournez à la fenêtre Truecrypt et cliquez sur ’Dismount All’. Vous pouvez ensuite retirer la clé de votre ordinateur.

Quinze ans après la fin de la guerre, les néo-fascistes du Mouvement Social Italien participent au gouvernement (en coalition avec les monarchistes et la Démocratie Chrétienne) et décident d’organiser leur sixième congrès le 2 juillet 1960 à Gênes. C’est une provocation: la ville de Gênes est la médaille d’or de la Résistance, les contre-manifestants se déchaînent et le Congrès doit être annulé. Les fascistes multiplient les attentats contre les locaux du PCI tandis que des manifestation antifascistes ont lieu dans tout le pays. Le 5 juillet, à Licata, dans le sud de la Sicile, la police tue un manifestant et en blesse quatre autres.

scontri_genova_1960.png

En réaction aux événements de Gênes et de Licata, une grève générale et une manifestation de masses sont organisées le 7 juillet à Reggio Emilia. 20.000 travailleurs défilent, 600 d’entre eux vont ensuite assister au meeting du syndicat CGIL à la Sala Verdi et 300 autres se rassemblent devant le monument aux morts pour chanter des chansons de lutte, malgré l’interdiction de rassemblements dans les lieux publics. Des centaines de policiers anti-émeutes interviennent et tirent à hauteur d’homme à balles de guerre.

Cinq manifestants, touts membres du PCI, dont un ancien partisan, sont tués: Lauro Farioli, Ovidio Franchi, Emilio Reverberi, Marino Serri, Afro Tondelli. Vingt autres manifestants sont blessés. Toute la région sera choquée par l’événement et le cortège funéraire sera immense. Après cet incident, le gouvernement DC-MSI Tambroni démissionne mais personne ne sera condamné pour ce massacre.

Les déceptions de l’après-guerre pour les partisans et la volonté du PCI de « ne pas envenimer les choses » (Le service d’ordre du PCI avait établi des barrages pour empêcher les militants et les anciens partisans de venir armé au cortège) ont créé en réaction une tendance de masse à la radicalisation, hors du contrôle du PCI . Si, quelques années plus tard, Les Brigades rouges pourront compter sur base sociale assez large à Reggio Emilia, c’est en bonne partie en raison de l’expérience qu’avait la ville de la répression de l’état et de la complicité passive du PCI.

lauro_ferioli.png

La chanson Fausto Amodei Pour les morts de Reggio Emilia perpétuera la mémoire du massacre et deviendra extrêmement populaire. Fausto Amodei est un auteur-compositeur-interprète né à Turin en 1934. En 1958, il est parmi les fondateurs du groupe des Cantacronache, premier vrai mouvement pour une chanson populaire et politique en Italie. Sa chanson, qui fait le lien avec la lutte partisane par plusieurs références bien connues à l’époque, connaîtra un grand nombre d’interprétations et servira de base à plusieurs autres chansons. Avec des paroles adaptées, elle sera chantée par les supporters de l’AC Milan et, après la mort de Carlo Guilliani, à Gênes, une nouvelle version circulera intitulée Per i morti di Reggio Emilia, e non solo (Pour les morts de Reggio Emilia et pas seulement).

Voici le texte original et sa traduction:

Compagno cittadino fratello partigiano

teniamoci per mano in questi giorni tristi

Di nuovo a reggio Emilia di nuovo la` in Sicilia

son morti dei compagni per mano dei fascisti

Di nuovo come un tempo sopra l’Italia intera

Fischia il vento infuria la bufera

A diciannove anni e` morto Ovidio Franchi

per quelli che son stanchi o sono ancora incerti

Lauro Farioli e` morto per riparare al torto

di chi si gia` scordato di Duccio Galimberti

Son morti sui vent’anni per il nostro domani

Son morti come vecchi partigiani

Marino Serri e` morto e` morto Afro Tondelli

ma gli occhi dei fratelli si son tenuti asciutti

Compagni sia ben chiaro che questo sangue amaro

versato a Reggio Emilia e` sangue di noi tutti

Sangue del nostro sangue nervi dei nostri nervi

Come fu quello dei Fratelli Cervi

Il solo vero amico che abbiamo al fianco adesso

e` sempre quello stesso che fu con noi in montagna

Ed il nemico attuale e` sempre ancora eguale

a quel che combattemmo sui nostri monti e in Spagna

Uguale la canzone che abbiamo da cantare

Scarpe rotte eppur bisogna andare

Compagno Ovidio Franchi, compagno Afro Tondelli

e voi Marino Serri, Reverberi e Farioli

Dovremo tutti quanti aver d’ora in avanti

voialtri al nostro fianco per non sentirci soli

Morti di Reggio Emilia uscite dalla fossa

fuori a cantar con noi Bandiera Rossa!

Camarades citoyens, frères partisans

Tenons-nous par la main en ces jours tristes

De nouveau à Reggio Emilia, de nouveau là-bas en Sicile

Des camarades sont morts, tués par des fascistes.

De nouveau comme autrefois, sur l’Italie tout entière

le vent hurle et la tempête fait rage.

Ovidio Franchi est mort à dix-neuf ans

Pour ceux qui se sont lassés où sont encore indécis

Lauro Farioli est mort pour réparer la faute

de ceux qui ont déjà oublié Ducio Galimberti

[résistant fusillé par les nazis en 1944]

Ils sont morts à vingt ans pour notre avenir

Ils sont morts comme de vieux partisans

Marino Serri est mort, et mort est Afro Tondelli

Mais les yeux des frères restent secs

Camarades, que ce soit bien clair, ce sang si amer

versé à Reggio Emilia c’est notre sang à tous

Sans de notre sang, nerfs de nos nerfs

Comme l’étaient ceux des frères Cervi

[une célèbre famille de cinq frères tous partisans]

L’ennemi actuel, c’est toujours et encore le même

C’est celui que nous combattions dans nos montagnes et en Espagne.

C’est toujours la même chanson que nous devons chanter

Les chaussures déchirées, il faut pourtant avancer

[ce dernier vers est d’un célèbre chant partisan: Fischia el vento]

Camarade Ovidio Franchi, camarade Afro Tondelli

Et vous Marino Serri, Reverberi et Farili

Nous devrons tous ensemble dorénavant

vous voir à nos côtés pour ne pas nous sentir seuls

Morts de Reggio Emilia! Sortez de la tombe!

Sortez avec nous pour chanter Bandiera Rossa.

reggio_emilia.jpg

Dossier(s): Archives Culture antirep Tags:

Présentation du dossier

Il y a trois grand groupes de prisonniers révolutionnaires dans les prisons espagnoles. Il y a les prisonniers appartenant à la gauche nationaliste basque, il y a les prisonniers appartenant à la mouvance anarchistes, et il y a les prisonniers appartenant à la mouvance communiste/antifasciste. C’est à ce dernier groupe qu’est consacré ce dossier.

Affiche pour les prisonniers espagnols

Affiche pour les prisonniers espagnols

Bilan chiffré de la répression contre le mouvement communiste et antifasciste de 1975 à décembre 2008

Ce bilan concerne les militants et les sympathisants des organisations suivantes:

Une organisation du guérilla:

Groupes de Résistance Antifasciste Premier Octobre

Cinq organisations politiques:

Parti Communiste d’Espagne reconstitué (PCE(r))
Union des Jeunesses Antifascistes (UJA)
Organisation Démocratique des Étudiants Antifascistes
Peuple et Culture
Femmes Antifascistes

Trois organisations anti-répression:

Secours Rouge (années ’70)
Association des Parents et Amis des Prisonniers Politiques
Secours Rouge International (années ‘2000)

Nombre de personnes arrêtées: entre 3.100 et 3.500 personnes (selon les différentes analyses), avec une pointe de 380 détenus en 1979.

Nombre de personnes emprisonnées après condamnation: entre 1400 et 1420.

Nombre de personnes torturées et maltraitées: entre 1.500 et 1.550 (seulement quatre policiers furent condamnés pour cela).

Militants assassinés, tués au combats, mort sous la torture ou en détention: 28, soit:

6 militants du PCE(r):

Juan Carlos Delgado de Codes assassiné en 1979 par la police
Francisco Javier Martín Eizagirre assassiné en 1979 par le ‘Batallón Vasco Español’ (un escadron de la mort chapeauté par les services secrets).
Aurelio Fernández Cario assassiné en 1979 par le ‘Batallón Vasco Español’
José España Vivas mort en 1980 sous la torture Dans les locaux de la DGS
Kepa Crespo Galende mort en 1981 dans une grève de la faim contre l’isolement
Txomin Muiños Formoso mort en 1986 suite aux carences de la médecine pénitentiaire.

16 militants des GRAPO:

José Vicente Artigues tué en 1976 par la police
Pedro Tabanera Pérez tué en 1979 par la guardia civil
Raúl Calero Arcones tué en 1979 par la guardia civil
Carmen López Sánchez tuée en 1979 par la guardia civil
Abelardo Collazo Araujo tué en 1980 par la police nationale
Josefa Jiménez Zamora morte en 1981 suite aux tortures infligées par la police
Roberto Liñeira Oliveira tué en 1981 par la guardia civil
Antonio Cabezas Bella tué en 1981 par la guardia civil
Dolores Castro Saa torturée et assassinée en 1981 par la guardia civil
Albino Gabriel López torturé et assassiné en 1981 par la guardia civil
Enrique Cerdán Calixto tué en 1981 par la police nationale
Juan Martín Luna tué en 1982 par la police nationale
Luis Rodríguez Martínez mort par suicide en 1983 après trois années d’isolement carcéral total.
Juan García Rueda tué en 1984 par la police nationale
José Manuel Sevillano Martín mort en 1990 lors d’une grève de la faim contre l’isolement
José María Sánchez Casas mort en 2001 suite aux carences de la médecine pénitentiaire

Un militant du PCE(r) et des Commandos Autonomes anti-capitalistes:

Goyo Fernández Riaño tué en 1979 par la police municipale.

En outre cinq militants des GRAPO sont tombés pendant des actions armées:

José López Ragel en 1976
Fausto Peña Moreno en 1976
Isabel Santamaría del Pino en 1993
Pedro Luis Cuadrado Delabat en 1993
Valentín Benito Iñigo en 1993

Militants ayant gardé des séquelles irréversibles des mauvais traitements de la police: 4 souffrants de paraplégie totale

Militants ayant gardé des séquelles irréversibles à cause des luttes (grève de la faim) et de leur répression lors la détention: 12 souffrants de scléroses multiples, du syndrome de Korsakov ou du syndrome de Werningke

Militants ayant gardé des séquelles graves à cause des mauvais traitements en prison: 30 souffrant du système neuro-moteur, de démence ou de pathologies cardiaques

Militants ayant gardé des séquelles graves à cause des tirs de la police: 5

Membre des familles torturés, détenus ou exhibés au commissariat pour faire pression sur les militants détenus: 82

Militants emprisonnés extradés de la France vers l’Etat espagnol: 12

Militants extraits de prison et remis à la police pour de nouvelles tortures: 3 (en 1976, 1978 et 1979)

Bilan de la ‘guerre sale’ des escadrons de la mort comme le BVE ou les GAL:

-Deux personnes ont été assassinées à Paris par le BVE.
-Plusieurs bombes contre les cabinets des avocats des prisonniers
-Trois militants ont été séquestrés par les GAL: Pedro Emilio Ruiz Serrano en 1979, Pepe Balmón en 1983, Jesús Cela Seoane en 1990.
-Deux prisonniers politiques ont souffert du ‘GAL carcelario’.
-40 militants ou sympathisants ont été victimes des bandes fascistes.

Publications interdites:

-Revues militantes Crash et Area Crítica, le bulletin de l’Association des Familles et amis des Prisonniers Politiques: A la calle, la revue Solidaridad, éditée par le SRI, les revues Bandera Roja, Gaceta Roja, Resistencia et Antorcha, toutes éditées par le PCE(r)

Organisations politiques et sociales étrangères à la lutte armée criminalisées et poursuivies: 8

-Socorro Rojo (1977), ODEA (1978), UJA (1979), Mujeres Antifascistas (1980), Pueblo y Cultura (1981), PCE(r) (2003), AFAPP (2005) et SRI (2005).

Bilan chiffré de la répression entre 1975 et 2008 – format pdf

Et ce bilan ne cesse de s’alourdir. José Ortín Martínez ‘Rafa’, membre du PCE(r) et des GRAPO, est mort le samedi 21 mars 2009 alors qu’il était au parloir avec sa famille dans la prison de Fontcalent (Alicante). ‘Rafa’ avait 63 ans, il semble qu’il soit décédé suite à un infarctus. Ce militant communiste, né à Madrid dans le quartier prolétaire de San Blas, a commencé à militer dans le PCE(r) en 1975. Arrêté en 1978, il a été torturé de manière barbare puis incarcéré. Après 11 années de prison, il a été remis en liberté en décembre 1989. Cependant, à cause de la constante présence de la police qui l’a soumis à divers épisodes de ‘guerre sale’, il est entré en clandestinité. Nouvellement arrêté en octobre 1995, il est condamné à 72 ans de prison. Au total, il a donc passé 25 ans en prison, toujours en régime de très haute sécurité, supportant toutes sortes de vexations et participant à plus de 10 grèves de la faim, certaines desquelles ont duré plusieurs mois. Tout ceci pourrait être à l’origine de son décès: les tortures, les heures infinies d’isolement, le cachot, les brimades continuelles auxquels sont soumis chaque prisonnier. José Ortín laisse 3 enfants et sa compagne Concha González Rodríguez, elle-même emprisonnée depuis 1995 à cause de son militantisme communiste.

José Ortín Martínez

José Ortín Martínez

Le 1er avril 2014, c’est Isabel Aparicio Sanchez, qui meurt à l’âge de 60 ans à la prison spéciale de Zuera. Elle était détenue depuis 2007 comme membres du PCE(r), raison pour laquelle elle avait déjà purgé quatre ans dans les années ’80. Cette communiste madrilène, membre du PCE(r) depuis sa fondation en 1975, avait eu de nombreux problèmes de santé en prison sans faire l’objet d’un suivi médical sérieux.

isabel_aparicio_sanchez_grapo--644x362.jpg

Sur le Collectif des prisonniers révolutionnaires d’Espagne et sur ses luttes

1. Le Collectif des prisonniers

En date de septembre 2008, le collectif se composait de 40 prisonniers, 24 hommes et 16 femmes parmi lesquels l’un est militant du Secours Rouge International – SRI -, 17 du PCE(r) et 22 des GRAPO. En outre, en situation de ‘liberté’ provisoire jusqu’au jugement, bien qu’ils soient passés par une étape de prison, on trouve 10 autres militants, 5 du PCE(r) et 5 du SRI.

La politique de répression associe la dispersion des prisonniers (répartis en 25 prisons, tous en ‘Premier Grade de Régime Spécial’ – le plus grand isolement). A l’intérieur des prisons, ils sont dans des modules distincts, ce qui implique que dans la pratique, chaque prisonnier et prisonnière politique du Collectif se trouve en total isolement. Cela donne le cas de prisonniers du Collectif qui ont passé des années dans la même prison, sans s’être vus une seule fois. En outre, dans la majorité des prisons, on évite de les faire côtoyer d’autres prisonniers politiques (basques ou anarchistes).

Manifestation du premier mai à Vigo

Manifestation du premier mai à Vigo

Une autre situation alarmante est celle de l’application de fait de la condamnation à perpétuité, bien qu’ils devraient déjà être en liberté avec la partie proportionnelle complètement accomplie. Déjà, il y a 5 militants du Collectif qui ont été condamnés à vie:

-Miguel Angel Bergado Martinez: 28 ans de prison, condamnation accomplie mais il s’est vu appliquer la condamnation à perpétuité qui signifie de fait l’accomplissement intégral jusqu’en 2011.
-Xaime Simon Quitela: 24 ans de prison, peine accomplie, mais s’est vu appliquer la condamnation à perpétuité qui signifie de fait l’accomplissement intégral jusqu’en janvier 2015.
-Suso Cela Seoane: 19 ans de prison, peine accomplie, mais qui s’est vu appliquer la perpétuité jusqu’à l’année 2020. Rappelons qu’il fut séquestré par le GAL de Roldan en janvier 1990, drogué, torturé et seulement remis en liberté parce qu’il n’avait pas l’information que l’État demandait. Ses ravisseurs, gardes civils du Service d’Information, n’ont pas été condamnés, mais bien promus.
-Maria Jesus Romero Vega: 19 ans de prison, peine accomplie. S’est vu appliquer la condamnation à perpétuité de fait, jusqu’en 2020.
-Olga Oliveira Alonso: 18 ans de prison, peine accomplie. S’est vu appliquer la condamnation à perpétuité de fait, jusqu’en 2020.

Quant à la situation sanitaire, nous rappelons qu’il y a 4 prisonniers qui ont des maladies graves et incurables et sont emprisonnés de fait:

-Manuel Pérez Martinez, Secrétaire général du PCE(r), âgé de 64 ans, 16 ans de prison en trois fois. Il souffre de graves troubles oculaires, une hernie de hiatus et une grave faiblesse générale due à la situation brutale d’emprisonnement et d’isolement. Il été jugé pour toutes et chacune des actions du GRAPO des dernières années. Acquitté pour tout cela, il reste en prison.
-Maria José Banos Andujar, militante des GRAPO, 15 ans de prison en deux fois. Elle nécessite une greffe du foie et souffre du V.I.H., et en situation d’emprisonnement, elle ne bénéficie d’aucun traitement.
-Manuel Arango Riego, militant du PCE(r), âgé de 62 ans, 7 ans de prison en deux fois. Il souffre d’une grave sciatique chronique qui l’empêche d’effectuer le moindre travail au minimum normal. De graves problèmes de mobilité exigent l’aide d’un autre prisonnier politique. Hypermédicalisé.
-Carmen Munos Martinez, militante du PCE(r). 26 ans de prison en trois fois. Elle souffre d’un cancer du sein dont elle devrait être opérée et se soumettre à de dures sessions de chimiothérapie et autres différentes sessions de rééducation, préjudiciables à sa santé. Hypermédicalisée.

Manifestation pour l'amnistie des prisonniers politiques

Manifestation pour l’amnistie des prisonniers politiques

Dans les prisons, les prisonniers révolutionnaires ont leurs communications, appels téléphoniques et visites contrôlées. En règle générale, il leur est seulement permis d’envoyer deux lettres par semaines et trois appels téléphoniques de 5 minutes à leurs familles. Les visites durent entre 40 et 50 minutes chaque semaine et ne sont pas cumulables. Presque tous les militants du Collectif souffrent en plus de la dispersion géographique de sa nationalité ou région d’origine. Les Galiciens en prison en Andalousie, les Basques, idem; Les Andalous en prison dans le Nord, les Madrilènes, à Valence, et ainsi successivement. C’est une punition infligée à leurs familles et amis qui vont les visiter, puisque pour une rencontre de 40 minutes, il doivent effectuer un voyage par exemple de 2.200 kilomètres (Santurtzi – Algeciras), en au moins deux jours et avec des centaines d’euros de frais. En outre des accidents qui viennent se produire par la dispersion, le dernier à Grenade d’amis de prisonniers politiques en février 2007. La situation alimentaire est une autre arme de tentative d’extermination. Mauvaise nourriture, aliments périmés (y compris ceux destinés aux prisonniers politiques malades), économat carcéral à prix prohibitifs, ce qui rend les maladies buccodentaires et d’estomac chroniques pour la grande majorité d’entre eux.

Manifestation pour Arenas

Manifestation pour Arenas

2. Les grèves de la faim

En 1980, les prisonniers communistes et antifascistes mènent une grève de la faim contre l’isolement. Sevillano Crespo Galende, militant des GRAPO, meurt après 94 jours de grève. Vidéo (en deux partie) sur le décès de Sevillano Crespo Gallende lors de la grève de la faim:

En novembre 1989 commença une nouvelle grève de la faim des prisonnier(e)s politiques pour mettre fin à l’isolement carcéral. Le 25 mai 1990, le militant des GRAPO José Manuel Sevillano Martín ‘Sevi’ meurt après 177 jours de grève de la faim à la prison de Grenade, malgré l’alimentation forcée.

José Manuel Sevillano Martin

José Manuel Sevillano Martin

3. Parole aux prisonniers

Affiche pour le PCEr

Affiche pour le PCEr

Isabel Llaquet

Isabel Llaquet

Lettre de Josefina García Aramburu, prisonnière du PCE(r), 16 juin 2007 – format pdf

Interview d’Isabel Llaquet, prisonnière du PCE(r), après sa libération (2007) – format pdf

Un aperçu de la politique des peines en Espagne

Miguel Ángel Bergado Martínez, détenu politique antifasciste, aura accomplit le 8 mai 28 ans de prison. Bergado a pris un contact avec les GRAPO en 1979, en se mettant à faire partie de ses commandos opérationnels. Il est passé à la clandestinité en 1980 et il a pris part à l’infrastructure qui a obtenu la liberté des 5 militants du PCE (r) et des GRAPO qui se sont évadés de la prison de Zamora le 17 décembre 1979. Il a également participé aux actions armées qui ont coûté la vie à un général de l’Armée espagnole et à un sous-officier de la police nationale.

Arrêté le 8 mai 1981, quand il avait 23 ans, il a été cruellement torturé et emprisonné. Condamné à 55 ans de prison en 1990 et transféré à la prison de Puerto II, pendant la grève de la faim développée pendant 435 jours par 58 prisonniers et prisonniers politiques du PCE (r) et des GRAPO, il a eu un grave affrontement avec un gardien de prison qui se montrait spécialement brutal avec les grévistes. Comme résultat de l’affrontement, le gardien de prison a été gravement blessé. Depuis cette date, encore plus s’il tient, il a été spécialement soumis à un contrôle absolu, à des isolements et à des mauvais traitements. Il a été transféré dans 22 prisons.

Il devait être remis en liberté en novembre 2006, après avoir accompli 25 ans et demi de prison, mais on lui a appliqué de fait la réclusion perpétuelle, et selon la dernière loi, appliquée avec un caractère illégal rétroactif, il ne sera pas libéré avant 2011. Il se trouve actuellement prisonnier 1er degré dans la prison de Puerto de Santa Maria, à 1000 kilomètres de sa famille et de son entourage. Il est, à côté du militant d’ETA Joxe Mari Sagardui ‘Gatza’ (qui aura accompli le 8 juillet 29 ans de détention!) le prisonnier politique qui aura accompli le plus d’années.

Rappelons que pendant ce temps, les assassins de l’État jouissent d’une liberté absolue. C’est le cas des membres des Groupes Antiterroristes de Libération (Grupos Antiterroristas de Liberación, GAL), ces escadrons de la mort créés dans les services spéciaux espagnols (CESID), la Guardia Civil et la Policía Nacional, sous le gouvernement socialiste de Felipe González, sous la responsabilité du ministre de l’intérieur José Barrionuevo et dont le but était de lutter contre ETA au moyen d’enlèvements, de tortures et d’assassinats extra-judiciaires (avec la complicité de policiers français). Quatre exemples (deux dirigeants, deux exécutants):

* Enrique Rodríguez Galindo. Ce général de la Guardia Civil est le principal fondateur et un exécuteur des GAL. Après une détention préventive entre le 23 mai et le 2 août 1996 et entre le 15 septembre 1997 et le 26 juin 1998, Galindo a été condamné par la cours Suprême pour la séquestration, l’assassinat et la disparition des militants basques Lasa et de Zabala à 75 ans et 6 mois de prison le 9 mai 2000. Le 1er octobre 2004, il est sorti dans un régime ouvert pour ‘raisons de santé’. Au total, cinq ans et cinq mois en prison de luxe. Sa liberté conditionnelle – sans un contrôle mensuel, bien que les Institutions Pénitentiaires disent qu’il est hebdomadaire, chose démontrée incertaine – en 2013. Il vit dans un quartier riche de Saragosse, sans aucun problème de santé et d’argent. Pour avoir organisé sept assassinats, dirigé les GAL et ordonné centaines de tortures: 5 ans de prison.

* José Julián Elgorriaga Goyeneche. Ce dirigeant du parti socialiste espagnol (ex-délégué du Gouvernement au Pays-Basque), commanditaire des GAL, a été condamné à 75 ans de prison pour assassinats, séquestration, disparition et pour avoir dirigé une organisation terroriste. Il a été admis en prison le 9 mai 2000 – il a été avant en préventive sept mois – et est sorti un an après, le 23 juillet 2001, pour ‘raison de santé’. Au total, un an et neuf mois en prison de luxe (3% de la condamnation).

* Enrique Dorado Villalobos. Ce sergent de la Guardia civil était un exécuteur des GAL et un tortionnaire identifié par des centaines de prisonniers torturés. Condamné pour l’assassinat des militants basques Lasa et de Zabala à 71 ans de prison, il a été admis pour la première fois en réclusion préventive en mai 1996 et, condamné, le 9 mai 2000. Le 16 mars 2002, il est sorti en 3ème degré de Alcalá-Meco. Au total, il aura fait six ans pour terrorisme, assassinats et séquestration. En plus d’être un mafieux impliqué dans le trafic de stupéfiants de centaines de kilogrammes de cocaïne et d’autres drogues et dans des dizaines de vols, certains avec une violence extrême, il a seulement accompli deux ans de prison pour une condamnation précédente pour un vol dans un magasin d’Irún.

* Felipe Bayo Leal. Membre des GAL et de la Guardia Civil avec le même pedigree que celui de Dorado: condamné pour la séquestration, l’assassinat et la disparition de Lasa et de Zabala à 71 ans de prison, il a été admis en préventive en mai 1996 et il s’est mis, avec différentes périodes d’une liberté, à exécuter une forte peine quatre ans après. Il est sorti en mars 2002. Au total, six ans dans une prison de luxe.

Et il en va de même pour tous les commanditaires, fondateurs, dirigeants et exécutants des GAL. Certains n’ont tout simplement pas été inquiétés (ainsi la direction du PSOE alors au pouvoir), d’autres ont purgé des peines de prison symboliques. Pour rappel, entre 1983 et 1987, les GAL ont assassinés 27 personnes et gravement blessés de nombreuses autres. (mai 2009)

Manifestation contre les GAL

Manifestation contre les GAL

Pour en savoir plus sur le GAL

La répression contre le Secours Rouge en Espagne

La gauche nationaliste basque n’est pas la seule à être ciblée par la nouvelle ‘loi des partis’ en Espagne. Cette loi considère que tous les partis, associations et organisations politiques légales qui refusent de dénoncer une organisation armée doivent être interdites et poursuivies comme ‘complices’. C’est sur cette base que toutes les organisations, partis, journaux de la gauche nationaliste basque ont été interdits en tant que ‘façade légale’ d’ETA. C’est aussi sur base de cette loi que le Secours Rouge International a été interdit en Espagne, et plusieurs militants emprisonnés.

Le 24 janvier 2008, c’est l’arrestation de militants d’organisations solidaires avec les prisonniers: d’Erlantz Cantabrana Berrio (militant connu de l’association des familles de prisonniers, avait déjà été arrêté par la police en 2004), de Fernando Rodríguez Blanco, de Juan Manuel Olarrieta Alberdi et de José Luis Fernández González (un ancien militant qui avait purgé sa peine de prison dans les années 80, lors de sa première arrestation, en 1980, des tirs de la garde civile avait entraîné la paralysie de Fernández González qui est obligé depuis à se déplacer en chaise roulante), et de Carlos Cela Seoane. Le ministre espagnol de l’Intérieur, Alfredo Pérez Rubalcaba, a estimé que les personnes arrêtées ‘sont des membres légaux liés à des activités de financement, prosélytisme et formation‘ des GRAPO.

Cinq militants du SR arrêtés

Cinq militants du SR arrêtés

De gauche à droite et de haut en bas, les cinq militants du Secours Rouge arrêtés en janvier 2008: Juan Manuel Olarieta Alberdi, Carlos Cela Seoane, Fernando Rodríguez Blanco, José Luis Ferández González et Fernando Cantabrana Berrio.

Fernando Rodríguez Blanco a été libéré le 23 septembre 2008 (avec paiement d’une caution et obligation d’aller chaque semaine signer un registre). Le 2 octobre 2008, c’est Erlantz Cantabrana Berrio qui a pu, dans les mêmes conditions, quitter la prison de Navalcarnero. Carlos Cela suivi le 24 octobre 2008. Tous les militants du Secours rouge d’Espagne sont finalement sorti de prison. Ils sont en liberté provisoire en attendant un éventuel procès.

Vidéo réalisée par le SR d’Espagne sur l’arrestation de Carlos Cela et la campagne pour sa libération:

Une vidéo de cinq minutes montre l’accueil à La Corogne (Galice) de Carlos Cela, après sa libération de la prison de Valdemoro le 24 octobre 2008: voir cette vidéo

Histoire du PCE(r) et des GRAPO

Logo du PCEr

Logo du PCEr

Log des GRAPO

Log des GRAPO

1. Origine et principes du PCE(r)

Le Parti Communiste d’Espagne (reconstitué) est issu de l’élan révolutionnaire des années 1960, où se conjuguent la crise capitaliste, la guerre du Vietnam, la révolution culturelle en Chine, le mouvement de mai-juin 1968 en France… Ce sont des années où, dans tous les pays du monde, les partis communistes pro-soviétiques sont critiqués et où de nouvelles organisations révolutionnaires sont formées. En Espagne, les révolutionnaires ‘reconstituent’ le Parti Communiste d’Espagne (en opposition au PCE réformiste de Santiago Carillo), et estiment continuer la guerre civile antifasciste commencée lors des années 1930.

L’Organisation Marxiste-Léniniste d’Espagne (OMLE), une des premières organisations nées dans cette période en Espagne, donnera naissance au PCE(r) en juin 1975, au moment où l’Espagne passe du fascisme ouvert à un régime se prétendant démocratique. Le PCE(r) se revendique de Marx, Engels, Lénine et Staline, et à peine né, il jouera un rôle important dans la dénonciation de la ‘Réforme’.

Le PCE(r) se propose principalement ‘d’organiser la classe ouvrière dans la lutte contre le système capitaliste, pour parvenir à la démolition complète de son appareil bureaucratico-militaire, et l’instauration de la dictature du prolétariat contre la bourgeoisie. Actuellement le Parti centre ses principaux efforts sur l’éducation et l’organisation politique de la classe ouvrière, défend l’unité d’action avec d’autres organisations ouvrières et populaires et la lutte de résistance contre le fascisme et l’impérialisme, lutte qui conduit à accumuler les forces révolutionnaires et à créer les conditions pour le déroulement de la Guerre Populaire Prolongée et le triomphe de l’insurrection armée générale. (…)

L’objectif stratégique que poursuit le Parti est la démolition de l’Etat fasciste, l’expropriation de l’oligarchie financière – propriétaire terrienne – et l’instauration de la République Populaire. Le prolétariat est la classe la plus exploitée et opprimée, la mieux organisée et la plus révolutionnaire de la population et par cela même la classe appelée à diriger d’autres secteurs populaires; le prolétariat constitue la principale force motrice de la révolution. Joints à la classe ouvrière, les petits paysans et beaucoup d’autres travailleurs et semi-prolétaires (petits transporteurs, les employés, autonomes, etc.), ainsi que les peuples des nations opprimées et les intellectuels progressistes pourront prendre une part active dans la lutte pour la destruction du capitalisme ou observer une position de neutralité. (…) Avec l’instauration de la République Populaire commencera une période qui ira de la destruction de l’État fasciste et impérialiste à l’instauration de la dictature du prolétariat. Cette période couvrira une courte étape de transition qui pourra être considérée aussi comme le commencement de la restructuration socialiste, laquelle devra être présidée par un gouvernement provisoire qui agira comme organe des grandes masses du peuple soulevé en armes. (…)

Le programme du PCE(r) pour une étape de transition se résume en seize points :

Formation d’un Gouvernement Provisoire Démocratique Révolutionnaire.
Création de Conseils ouvriers et populaires comme base du nouveau pouvoir.
Dissolution de tous les corps répressifs de la réaction et armement général du peuple.
Libération des prisonniers politiques antifascistes et mise en procès de leur tortionnaires et assassins contre-révolutionnaires. Large grâce pour les prisonniers sociaux.
Expropriation et nationalisation des banques des grandes propriétés agricoles, des monopoles industriels et commerciaux et des principaux moyens de communication.
Reconnaissance au droit à l’autodétermination des peuples basque, catalan et galicien. Indépendance pour la colonie africaine des Canaries. Retour de Ceuta Y Melila au Maroc.
Suppression de tous les privilèges économiques et politiques de l’Eglise; séparation radicale de l’Eglise et de l’école. Liberté de conscience.
-Liberté d’expression, d’organisation et de manifestation pour le peuple. Le droit de grève sera une conquête irréversible des travailleurs.

Incorporation de la femme, sur un pied absolu d’égalité avec l’homme, dans la vie économique, politique et sociale.
Reconnaissance de tous les droits électoraux, politiques, sociaux, etc. des travailleurs immigrés. Suppression de toute forme d’oppression et de discrimination raciale, sexuelle et culturelle.
Réduction de la journée de travail. Travail pour tous. Amélioration des conditions de vie et de travail.
Logements dignes et économiques; sécurité sociale, santé et enseignement à la charge de l’Etat.
Droit de la jeunesse à recevoir une formation intégrale et gratuite, droit à un travail sain et bien rétribué, de disposer de locaux et d’autres moyens pour le libre déroulement de ses activités.
Sortie immédiate de l’OTAN et de l’UE, ainsi que des autres organisations créées pour l’agression et le pillage impérialiste.
Démantèlement des bases militaires étrangères sur notre territoire et réintégration de Gibraltar.
Application des principes de coexistence pacifique dans les relations avec tous les pays. Appui de la lutte de libération des peuples opprimés.

Drapeau du PCE(r)

Drapeau du PCE(r)

2. Fondation des GRAPO

Le PCE(r) considère qu’il y avait une phase intermédiaire avant la dictature du prolétariat. Nous avons également vu que le PCE(r) était le PC d’Espagne de la guerre antifasciste reconstitué. Une conséquence directe est l’appui du PCE(r) à la lutte armée des Groupes Révolutionnaires antifascistes du Premier Octobre, les GRAPO.

Les GRAPO ont été fondés durant l’été 1975, cinq mois après la reconstitution du PC d’Espagne, à partir du noyau du PCE(r) s’occupant des actions militaires (financement, répression des indicateurs…). Le PCE(r) avait décidé de la création d’une organisation ‘encadrant le plus grand nombre possible de combattants anti-fascistes, formant ses propres cadres (ne devant pas être nécessairement de membres du Parti ni professer l’idéologie communiste); en outre, on exigeait que l’Organisation agirait dorénavant de façon autonome du Parti et qu’elle adopterait ses propres décisions’. Ainsi les GRAPO ne sont pas le PCE(r), et vice-versa. Le PCE(r) ne fait qu’appuyer les GRAPO, qui sont également composés d’antifascistes, de démocrates, etc. même si dans la pratique, le PCE(r) s’est toujours trouvé être la principale origine des militant(e)s des GRAPO. C’est une réalité spécifique puisque les autres organisations révolutionnaires armées en Europe défendaient la thèse de l’unité de l’organisation politique et de l’organisation militaire (cf. par exemple le projet de ‘Parti Communiste Combattant’ des Brigades Rouges).

Les premières actions des GRAPO consistèrent en une réponse claire à ce qui est connu comme ‘l’été de la terreur’, où les forces fascistes réprimèrent violemment les masses populaires, et où furent passées les premières lois antiterroristes (qui furent élargies par les gouvernements ‘démocratiques’). Le 2 août, deux membres de la Guardia Civil furent attaqués par les GRAPO en plein centre de Madrid, un fut tué et l’autre grièvement blessé. Le début des GRAPO fut un processus difficile. Le 27 septembre, l’Etat fasciste exécuta cinq antifascistes (deux membres d’ETA et trois membres du FRAP). En réponse, le premier octobre, cinq différentes unités des GRAPO exécutèrent cinq policiers et en blessèrent grièvement un autre dans plusieurs quartiers de Madrid. Cette action eut un grand retentissement . Plus de vingt procès avec le risque de condamnation à la peine de mort furent bloqués. C’est un moment historique pour les GRAPO, qui réussissaient à intervenir pour casser la tentative fasciste de paralyser les mouvements de masse par une répression sanglante. Le 18 juillet 1976, 60 bombes des GRAPO explosèrent contre des cibles fascistes pour le soixantième anniversaire du début de la guerre civile. Les attaques continuèrent; deux membres des GRAPO périrent en tentant de faire sauter le palais de justice de Séville.

Les GRAPO frappèrent ensuite la télévision, puis en décembre 1976, un commando enleva le président du conseil d’Etat Oriol y Urquiso, et en janvier 1977, le président de la Cour Suprême de la justice militaire, le lieutenant-général Villaescusa. L’opération visait à libérer les prisonnier(e)s politiques et à combattre l’institutionnalisation du fascisme sous le masque de la ‘démocratie’.

Affiche des GRAPO

Affiche des GRAPO

3. Premiers revers et reprise de la lutte

Mais le même mois, la police arrête à Madrid et à Barcelone quarante membres du PCE(r) et des GRAPO, réussissant à libérer les prisonniers de l’oligarchie. La direction des GRAPO était arrêtée. Quelques jours auparavant, les GRAPO avaient exécuté deux policiers et un garde civil, en blessant trois autres, lors de deux attaques contre les forces fascistes suite à l’exécution de cinq avocats de gauche par un escadron de la mort supervisé par la Garde Civile.

Le 4 juin, deux gardes civils furent exécutés à Barcelone, le jour de la première élection générale ‘libre’ depuis 1936. Cette action devait symboliser le refus du masque ‘démocratique’ du fascisme. Le 27 septembre 1977, un capitaine de la police est exécuté par les GRAPO à Madrid; il était un des volontaires fascistes qui avaient exécuté cinq antifascistes deux années auparavant. Les GRAPO exproprièrent plus de 500 kilos d’explosifs. En octobre, le comité central du PCE(r) est arrêté. Les GRAPO continuèrent difficilement leurs actions en 1977 et en 1978, (attaques à l’explosif des forces de la police et de l’armée ainsi que des bâtiments du gouvernement). Le 22 mars 1978, le directeur général des prisons fut exécuté à Madrid; il était notamment responsable de l’assassinat sous la torture d’un prisonnier anarchiste à la prison de Carabanchel, la police essayant de lui arracher des informations sur un plan d’évasion de prisonnier(e)s du PCE(r) et des GRAPO.

1978 est l’année d’une énorme vague de grèves, notamment en Andalousie, en Galicie, et surtout au Pays-Basque. Le régime fut obligé de modifier les apparences, et proclama une constitution. Un programme en cinq point fut par la suite proposé par les GRAPO, le PCE(r) et d’autres organisations, un programme en recul par rapport au programme communiste, mais considérée comme une avancée à moyen terme en raison d’un effet de polarisation face au fascisme. Le gouvernement rejeta ce programme, qui prévoyait l’amnistie des prisonnier(e)s et des exilé(e)s, l’abolition des lois antiterroristes, une purge antifasciste des institutions, les libertés politiques et syndicales, le rejet de l’OTAN, la dissolution du parlement et des élections libres.

De 1979 à 1984, les GRAPO suivirent cette ligne politique. 1979 fut l’année cruciale marquée par le plus grand nombre d’actions armées depuis la guerre civile. Les GRAPO exécutèrent Agustia Munoz Vazques, un chef militaire ayant négocié l’intégration de l’Espagne dans l’OTAN, ainsi que Rodrigues Roman, le directeur général de la DGS lorsqu’une manifestation ouvrière fut mitraillée en 1976. Ils attaquèrent le commissaire de police Beltan, connu à Séville comme le bourreau d’ouvriers anti-fascistes, ainsi que le directeur général des institutions pénales, Garcia Valdes et le commissaire de police pour le district de Madrid. Le 6 avril, ils exécutèrent à Séville le chef de la brigade ‘antiterroriste’ de la police nationale.

4. Nouveaux revers

La seconde moitié de l’année, trente militant(e)s furent arrêté(e)s, de nombreuses bases démantelées. L’Etat fasciste pensait avoir écrasé les GRAPO, mais vingt membres de la police fasciste furent exécutés cette année-là par les GRAPO, qui perdirent sept militants. Les GRAPO avaient rendu coup pour coup, mais une autocritique fut faite par la suite: un repli tactique eut été préférable. A Paris, un commando des services secrets espagnols exécutèrent deux membres en exil du PCE(r), responsables des relations extérieures: Martin Eizaguirre et Fernandez Cario. Le 20 avril, Juan Carlos Delgado de Codes, un membre du Comité Central du PCE(r), fut assassiné par la police alors qu’il n’était pas armé (il ne faisait pas non plus partie des GRAPO).

Le 17 décembre, cinq dirigeants s’échappèrent de la prison de Zamora grâce à un tunnel (certains membres du PCE(r) étaient mineurs de profession!). En même pas six mois, les GRAPO se réorganisèrent totalement, disposant à nouveau de commandos et de laboratoires pour les explosifs. Trois des cinq évadés furent abattus par la police (1980, 1981, 1982) et les deux autres furent capturés. 1980 et 1981 furent donc des années assez difficiles pour les GRAPO, qui perdirent neuf membres, abattus par la police. Un militant du PCE(r) mourut en 1980 à cause de la torture, un autre, Crespo Galende,lors d’une grève de la faim.

Les GRAPO menèrent ces deux années huit exécutions, dont deux généraux de l’armée et un colonel. La longue grève de la faim fut également une grande victoire. Les prisonniers furent réunis en communes, dont la Commune Karl Marx, dans la prison de Soria, qui rassembla 80 prisonniers du PCE(r) et des GRAPO jusqu’à ce que le gouvernement socialiste la casse en 1989.

5. Nouvelle offensive

En octobre 1982, la veille des élections, 30 explosions eurent lieu dans 15 parties différentes du pays, pour dénoncer la mascarade électorale. Mais alors que le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) arrive au pouvoir, les services secrets exécutent le leader des GRAPO, Juan Martin Luna, désarmé. Les auteurs de l’action, qui l’avaient criblé de balles, eurent un procès dans lequel ils furent acquittés. L’exécution de Juan Martin Luna marque la réponse du PSOE à la déclaration unilatérale de trêve des GRAPO. Le PSOE mena une dure politique répressive et organisa une politique de ‘repentance’. Le régime pensait qu’avec dix millions de voix il pourrait isoler et liquider les organisations populaires armées. Le PSOE lança donc un grand programme de terrorisme d’Etat. Les GRAPO cessèrent d’envisager des négociations et se réorganisèrent pour continuer dans la durée une guerre prolongée, pour non seulement maintenir mais développer la guérilla dans le mouvement populaire de résistance.

En 1983, le manque de formation des nouveaux cadres fit que l’hégémonie politique du PCE(r) se perdit, amenant une ligne militariste, semi-anarchiste. La nouvelle direction n’entendait plus se subordonner à la stratégie du PCE(r) et la plupart des actions visaient à son propre renforcement. L’année 1984 fut par conséquent une année de réorganisation du financement: plus de 100 capitalistes payèrent cette année là un impôt aux GRAPO. Un capitaliste qui refusait de payer fut exécuté, ainsi que Manuel de la Padure, un capitaliste connu à la tête de l’association des employeurs. Le responsable de la Radio Nationale fut blessé en réponse à la propagande contre-révolutionnaire qu’il organisait. Un membre des GRAPO fut tué suite à cette opération, un autre blessé et arrêté dans la planque. En juin, le ‘camarade Arenas’ (Manuel Perez Martinez), secrétaire général du PCE(r) fut libéré de prison; il y était depuis 1977 pour ‘association illégale’. Il dut, comme d’autres, passer immédiatement dans l’illégalité.

6. Troisième contre-coup

En 1984, 46 actions furent menées, toujours en liaison avec les luttes populaires ou l’internationalisme. Le 19 janvier 1985, 19 militant(e)s des GRAPO furent arrêté(e)s dans 19 provinces, 17 bases furent découvertes. La réorganisation fut très difficile; sept membres furent arrêtés la même année dans ce processus. En 1986, le mouvement continua, ainsi qu’en 1987; il y eut des expropriations de banques et de commissariats. L’impôt révolutionnaire fut de nouveau instauré en 1988; le 27 mai, le président de la banque de Galice, récalcitrant, fut exécuté. Deux mois après, un autre capitaliste fut tué, un autre blessé. Le 4 octobre, les GRAPO réussirent à se procurer 800 cartes d’identité dans le commissariat du centre de Madrid. Les années 1987-1988 furent celles de la réorganisation réussie des GRAPO.

7. Nouvelle offensive et grève de la faim

Le 10 mars 1989, deux gardes civils furent exécutés alors que le groupe TREVI se réunissait. En juillet, les GRAPO se procurèrent 148 millions de pesetas à la banque de Castellon. En novembre commença une grève de la faim des prisonnier(e)s politiques pour mettre fin à l’isolement. Les GRAPO soutinrent le mouvement dès décembre. Le 13, un commandant de l’armée fut grièvement blessé à Madrid; le 15, ce fut le tour d’un colonel de l’armée à Valence; le 18, un membre des services secrets fut exécuté près de Barcelone; le 28, deux membres de la Garde Civile en faction à Gijon furent exécutés. Le gouvernement accusa alors indistinctement les membres du PCE(r) de faire partie des GRAPO et amena les prisonnier(e)s à l’hôpital, où ils/elles furent enchaîné(e)s et nourri(e)s de force. L’organisateur de cela, le docteur Munoz, fut exécuté le 27 mars 1990 par un commando des GRAPO à Saragosse. Il avait même rejeté l’ordre d’un juge de cesser cette méthode.

La grève continua, et le 25 mai, après 177 jours de grève, José Manuel Sevillano Martin mourut. Il était membre des GRAPO et en prison depuis 1987. Un colonel de l’armée fut exécuté le 15 juin à Valladolid, puis les GRAPO attendirent pour lancer une offensive en septembre. Six bombes explosèrent à Madrid (la cour suprême, la bourse, le ministère de l’économie), à Tarragona (des installations liées au pétrole), à Barcelone (siège du PSOE) et à Gijon (récupération de documents d’identité puis destruction du bâtiment). En novembre, deux bombes visèrent des bâtiments officiels à Barcelone. Un pipeline alimentant les bases de l’OTAN fut également attaqué.

En 1991 et 1992, les actions continuèrent. Blocage du TAV (l’équivalent du TGV) le jour même de son inauguration, attaques contre des oléoducs et une station électrique, ainsi qu’en avril 1992 une attaque de l’institut national de l’industrie et du ministère du travail. En 1993, les GRAPO échouèrent à exécuter l’ex-Directeur Général des Prisons Galavis. En juillet, trois membres des GRAPO furent tués lors de l’explosion du fourgon blindé qu’ils attaquaient. Sept bombes furent déposées à Madrid (sièges du PSOE et du syndicat patronal, Ministère du travail, Institut National de l’Industrie…) et le centre de distribution de gaz de Saragosse fut attaqué. Mais un commando chargé du renseignement fut arrêté à Madrid.

En 1994, les GRAPO menèrent des actions de soutien au mouvement de résistance ainsi que des expropriations (attaque de fourgons blindés). Le 27 juin, ils enlevèrent Publio Cordon, président de l’assurance Previasa. Il fut libéré le 17 août après avoir payé une dizaine de millions de francs. Il devait payer autant après sa sortie, mais disparut. En novembre trois membres des GRAPO furent arrêtés.

A partir de 1996, les GRAPO firent une trêve, et des pourparlers eurent lieu entre l’Etat espagnol et des membres emprisonnés du PCE(r) et des GRAPO. Mais le PCE(r) refusant toujours de reconnaître la constitution espagnole, les négociations cessèrent et les GRAPO reprirent la lutte. Parmi les nombreuses actions menées, on notera l’attaque à l’explosif de la vallée des morts, immense monument funéraire fasciste abritant les tombes des généraux d’Espagne ou, le 13 mars 1998, l’explosion de bombes dans deux immeubles des impôts à Madrid.

8. Les années 2000

Le 8 mai 2000, c’est échec de l’attaque d’un fourgon blindé à Vigo: une bombe explose sous le fourgon mais les convoyeurs ouvrent le feu et déclenche une intense fusillade. Bilan: deux morts (deux convoyeurs) et quatre blessés. Le 29 septembre 2000, trois personnes cagoulées ont fait irruption au siège du quotidien El Mundo à Barcelone et laissent un colis piégé (quatre policiers blessés et un civil blessé). La veille, des artificiers de la police avaient désamorcé une bombe dans un siège d’une société d’interim. En novembre 2001, c’est l’attaque réussie d’un transport de fonds à Santander.

Le 9 novembre 2000, la police française arrête cinq membres du PCE(r): Manuel Pérez Martínez (le secrétaire général), Isabel Llaquet Baldellou, José Luis Elipe López, José Antonio Peña Quesada, Maria Rosario Llobregat Moreno; et deux membres des GRAPO: Fernando Silva Sande et Maria Victoria Gómez Méndez. Ils seront jugés sous l’accusation ‘d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste’. Le 18 juillet 2002, neuf présumés membres des GRAPO et du PCE(r) sont arrêtés à Paris et six à Madrid. Un représentant du Comité (espagnol) pour un Secours Rouge International, Antonio Lago Igelsias, est arrêté à Paris. Selon l’accusation, les prévenus étaient membres d’une nouvelle direction des GRAPO en cours de reconstitution après l’arrestation en 2000 à Paris de sept responsables de l’organisation, dont son chef historique, Manuel Perez Martinez, surnommé ‘camarade Arenas’.

En avril 2003, les GRAPO attaquent une banque à Leganés (Madrid). Le 6 février 2006, Ana Isabel Herrero, patronne d’une société d’interim, est tuée à Saragosse dans une tentative avortée d’enlèvement. Le 16 mars 2006, en Catalogne, nouvel échec, dans une attaque de banque cette fois, à Castellón. En juin 2006, arrestations de Juan García Martín, Carmen Cayetano Navarro et María Aránzazu Díaz Villar. Ce qui n’empêche pas les GRAPO de réaliser le 5 juillet l’attaque d’une banque à Saint-Jacques de Compostelle.

Le 24 janvier 2008, c’est l’arrestation de militants d’organisations solidaires avec les prisonniers, d’Erlantz Cantabrana Berrio (militant connu de l’association des familles de prisonniers, avait déjà été arrêté par la police en 2004), de Fernando Rodríguez Blanco, de Juan Manuel Olarrieta Alberdi et de José Luis Fernández González (un ancien militant qui avait purgé sa peine de prison dans les années 80, lors de sa première arrestation, en 1980, des tirs de la garde civile avait entraîné la paralysie de Fernández González qui est obligé depuis à se déplacer en chaise roulante), et de Carlos Cela Seoane. Le ministre espagnol de l’Intérieur, Alfredo Pérez Rubalcaba, a estimé que les personnes arrêtées ‘sont des membres légaux liés à des activités de financement, prosélytisme et formation’ des GRAPO.

Images vidéo d’une action des GRAPO (sur You Tube)

Sur Manuel Pérez Martínez, alias ‘camarade Arenas’, secrétaire général du PCE(r)

Manuel Pérez Martínez, ‘Arenas’, secrétaire général du PCE(r) depuis sa création, a consacré sa vie à la lutte pour la cause du communisme. Plâtrier de profession, il a commencé à travailler très jeune. Il a milité dans les Jeunesses du PCE, au PCI et dans l’OMLE, organisation d’où est né le PCE(r). Depuis 40 ans, il a été l’artisan d’importantes luttes idéologiques et a publié de nombreux livres parmi lesquels: Thèse sur la crise du communisme; Abrégé de l’histoire du PCE; La troisième phase de la crise générale du capitalisme [Textes choisis]; Sur la crise et l’écroulement du système capitaliste; Parti et front; Histoire du PCE(r) depuis ses origines jusqu’au IIe Congrès; La stratégie de la lutte armée révolutionnaire.

Manuel Pérez Martínez

Manuel Pérez Martínez

Manuel Pérez Martínez, ‘Arenas’, est enfermé actuellement dans les cachots de la prison de Meco, isolé du reste des prisonniers politiques. Plusieurs procès à son encontre sont en cours devant le Tribunal d’exception de l’Audience Nationale qui, grâce à la ‘loi des partis’, essaie de criminaliser les activités politiques du PCE(r) et de condamner Manuel à vie pour le simple fait d’être le secrétaire général de ce Parti.

Manuel Pérez Martínez a été emprisonné durant plusieurs années en France et condamné à 8 ans de prison pour appartenance à une ‘association de malfaiteurs’. Cette sentence a paru insuffisante aux yeux des gouvernements espagnols qui l’ont accusé sans aucune preuve d’avoir participé à différentes actions armées. Les juges savent très bien que Manuel n’a participé à aucune action armée ni n’en a donné l’ordre. Comme dirigeant d’un Parti communiste, son travail a toujours été de type politique et idéologique: d’éclaircissement du chemin à suivre pour arriver à une société socialiste puis au communisme.

Arenas

Arenas

Bombage pour Arenas

Bombage pour Arenas

Interview du camarade ‘Arenas’ (1977, onze pages, format pdf)

Les prisonniers révolutionnaires en Espagne

Pour trouver la liste des adresses des prisonniers actuels, cliquez ici

En liberté provisoire:

-Fernando Hierro Chomón
-José Luis Elipe López
-Fina García Aranburu
-Xoaquin Garrido González
-Isabel LLaquet Baldellou
-Carlos Cela Seoane
-Fernando Rodríguez Blanco
-Xoxe Luis Fernández González (infirme chronique)
-Erlantz Cantabrana Berrio (infirme chronique)
-Juan Manuel Olarieta Alberdi
-Antonio Lago Iglesias
-Iñaki Kuadra Etxeandia (gravement handicapé)
-Mercedes Herranz Arcones (gravement handicapé)
-Juan Manuel Pérez Hernández (définitivement handicapé)

Initiatives de solidarité en Belgique avec les prisonniers révolutionnaires d’Espagne

Janvier 2010

Jeudi 28 et vendredi 29 janvier s’est déroulé le cycle d’activités organisé par notre Secours Rouge autour de la question des prisonniers antifascistes en Espagne. Ces activités ont été précédées de la publication d’un nouveau numéro des Cahiers du Secours Rouge consacré à cette question. La projection jeudi, dans la salle de cinéma du Pianofabriek, du film ‘Mourir à Madrid’ a rassemblé trente-cinq personne et a été suivie d’un long débat. Une gerbe a été déposée vendredi matin au monument des volontaires belges des Brigades Internationales (première photo). Une conférence de la camarade du Secours Rouge d’Espagne (seconde photo) vendredi soir, dans la salle de réunion du Pianofabriek a clôturé ce cycle d’activité.

Jaquette du cahier 6

Jaquette du cahier 6

Sur le monument pour les brigadistes

Sur le monument pour les brigadistes

Conférence sur les prisonniers politiques espagnols

Conférence sur les prisonniers politiques espagnols

Octobre 2008

Pour assurer la popularisation de cette page web de solidarité avec les prisonniers d’Espagne, 1000 autocollants ont été collés en Belgique (Bruxelles, Liège et Charleroi) et en France (Paris et Lille).

Autocollant pour les prisonniers espagnols

Autocollant pour les prisonniers espagnols

Collage pour les prisonniers espagnols

Collage pour les prisonniers espagnols

Collage pour les prisonniers espagnols

Collage pour les prisonniers espagnols

Septembre 2008

Reçu sur le mail du Secours Rouge: ‘Cette nuit, nous avons collé des placards de solidarité avec les prisonniers révolutionnaires d’Espagne sur l’office du tourisme espagnol, 97 rue Royale, à Bruxelles. Vive la solidarité internationale!’ Bruxelles, 28 septembre 2008

Affiches à l'office du tourisme espagnol

Affiches à l’office du tourisme espagnol

Affiches à l’office du tourisme espagnol

Affiches à l’office du tourisme espagnol

février et mars 2014

Des tags ont été peints sur des banques et des représentations espagnoles à Bruxelles

arenasmxt-2.jpg

Juin 2007

Tract diffé à Bruxelles en juin 2007

Tract pour les prisonniers espagnols

Tract pour les prisonniers espagnols

Deux documents d’archives…

Affiches de l’Association des Amis des Prisonniers Communistes (APAPC), qui est à l’origine de notre Secours Rouge/APAPC, en soutien à la seconde grève de la faim collective des prisonniers du PCE(r) et des GRAPO (fin 1989, début 1990). De telles affiches ont été collées à Bruxelles, Liège et Charleroi, des soirées d’information ayant été organisées dans ces trois villes.

Affiche de solidarité avec les prisonniers espagnols

Affiche de solidarité avec les prisonniers espagnols

Affiche de solidarité avec les prisonniers espagnols

Affiche de solidarité avec les prisonniers espagnols

– [fond rouge]Anmerkung[/fond rouge]

Dieser Rechtsratgeber ist keine Einladung sich an das Recht zu halten.

Die Antirepressionsarbeit der Roten Hilfe ist Teil des revolutionären antikapitalistischen Kampfes. Wir denken rechtliche Mittel sollten benutzt werden, aber wir wissen ebenso, dass diese nicht ausreichen um die bestehende Ordnung zu stürzen. Wie könnte es auch anders sein, denn das Recht bestätigt die sozialen Kämpfe und macht es einfacher die bestehende Ordnung zu reproduzieren. Einen Kampf gegen die Bourgeoisie zu führen innerhalb es bürgerlichen Rechts wäre wie wenn man sich einen Fuss abschneiden würde um in den Schuh zu kommen.

Dieser Rechtsratgeber soll bei Entscheidungen (Ist es legal oder illegal?) helfen um herauszufinden wann Rechtsbrüche entstehen und man auf Repression trifft.

– [fond rouge]Demonstrationen: Bewilligt, Toleriert, Verboten[/fond rouge]

Die Verfassung garantiert das Demonstrationsrecht. Doch dieses Recht ist völlig überfüllt mit Regeln der Polizei, der Städte etc. Die Gemeinden verlangen eine vorgängige Eingabe einer Bewilligung, welche zumeist, nach einem Telefonat ausgestellt wird. Verbotene Demos können im Keim erstickt werden, manchmal aber auch toleriert werden.

Toleranz gibt es gar nicht in zwei Zonen (Bestraft mit 250€ Busse): bei weniger als 50 Meter vor einer Botschaft oder einem Konsulat (möglich mit einer Bewilligung). In Brüssel gibt es keine Bewilligung in der “neutralen Zone” (d.h in der Rue Ducale, rue de Louvain (von der rue du Nord zur rue Royale), rue Royale (von der Kreuzung rue de la Croix de Fer, de l’Enseignement und rue du Treurenberg zum Place Royale), place des Palais, place du Trone, rue Bréderode und innerhalb der Zone beschränkt auf diese Strassen.)

– [fond rouge]Anonymität[/fond rouge]

Die Polizei filmt die DemonstrantInnen um Daten zu sammeln. Die Filmer und Photographen sind meist in zivil. Zudem gibt es Überwachungskameras und sogar Helikopter. In einigen Ländern gibt es die militante Tradition der Vermummung: Masken, Kapuzenpullis oder Photographen aus der Demo schmeissen… In Belgien ist das vermummen verboten.

– [fond rouge]Verboten[/fond rouge]

“Widerstand leisten”: Die Polizei zögert nicht vor dem Gebrauch dieses Mittels. Es beinhaltet das Hindern der Polizeikräfte am Durchsetzen des Rechts, mit Gewalt (auch Licht), oder Drohung.
Als Beispiele: Wenn man von einem Polizisten festhgehalten wird und man sich wehrt, ihn z.b., abgesehen von Selbstverteidigung, schlägt, oder wenn man versucht einen Polizeicordon zu durchbrechen. Wenn du in einer Gruppe bist (2 oder mehr), wenn du bewaffnet bist (ein Plakat genügt), ist es noch schwerwiegender. Das Verweigern eines Befehls fällt nocht nicht in den Straftatbestand “Widerstand leisten”; du kannst dich auf den Boden legen und dich wegtragen lassen (passiver Widerstand, 2 oder 3 Polizisten sind nötig), dich verstecken, wegrennen vor einer Verhaftung…????

“Beleidung, Beschimpfung, Verleumdung”

Verleumdung (Rufmord etc.) wird bestraft mit Gefängnis von 1 Tag bis zu 1 Jahr und einer Busse. Beleidigung wird mit Gefängnis von 15 Tagen bis zu 6 Monaten und einer Busse bestraft, wobei das Gericht beurteilt was beleidigend ist.

– [fond rouge]Die Polizei im öffentlichen Raum[/fond rouge]

Die Polizei hat das Recht zur Identitätsüberprüfung. Theoretisch kannst du das wie du willst (Fahrausweis, Legi…). Faktisch jedoch führt das Nicht-Vorweisen der ID Karte zu einer vorübergehenden Festnahme. Wenn du keine Papier dabei hast, kriegst du eventuell eine Busse.

Die Polizei hat das Recht dich oberflächlich zu durchsuchen ohne dass du dich ausziehen musst, in Fällen wo Recht und Ordnung in Gefahr ist: Menschen, Taschen, Autos können durchsucht werden. Dies muss innerhalb von 1 Stunde passieren und sie können dich nicht im Polizeiwagen durchsuchen.

Die Polizei hat das Recht dich genauer zu durchsuchen wenn sie einen Haftbefehl gegen dich haben. Die Durchsuchung darf max. 6 Stunden dauern und sie dürfen dich ausziehen. Ein “genaurer” Körpercheck darf nur ein zugeteilter Arzt vornehmen.

– [fond rouge]Verschiedene Arten von Verhaftungen[/fond rouge]

Präventive Verhaftung: In absolut dringenden Fällen (unmittelbare Gefährdung von Recht und Ordnung) wenn die Polizei denkt, dass du Recht brechen wirst. Es gibt keinen Haftbefehl, du erhältst einen Freiheitsentzug von max. 12 Stunden. Es gibt weder ein Recht auf einen Anwalt, noch darauf jemanden anzurufen (ausser bei Minderjährigen). Die Polizei darf Bilder von dir machen falls du verdächtigt wirst einer Gruppe von DemonstrantInnen anzugehören. AusländerInnen können für max. 48 Stunden festgehalten werden.

Richterliche Verhaftung ohne Haftbefehl: Ähnlich wie die präventive Verhaftung, aber die Staatsanwaltschaft ist informiert und die Festnahme kann bis zu max. 48 Stunden erweitert werden. Du hast kein Recht auf einen Anwalt. Diese Art von Verhaftung geschieht wenn du in flagranti erwischt wirst.

Richterliche Verhaftung mit Haftbefehl: Die Staatsanwaltschaft oder zuständige Strafverfolgungsbehörde ordnen dies an, du wirst innerhalb 24 Stunden einvernommen, dann wird entschieden ob du festgenommen und ins Gefängnis gesteckt wirst. In diesem Fall, verlange einen Anwalt, auch wenn die Polizei dir dieses Recht nicht wirklich eingesteht. Du hast ebenfalls das Recht jemanden anzurufen solange keine Gefahr der Absprache per Telefon besteht.

– [fond rouge]Gewaltanwendung[/fond rouge]

Die Anwendung der Polizei: Ein Polizist kann davon Gebrauch machen nach 3 Prinzipien:
Legalität (Zweck und Bereich des Rechts), Notwendigkeit (falls es keine andere Möglichkeit gibt den Zweck zu erfüllen), Verhältnismässigkeit (er darf nicht mehr Gewalt anwenden als nötig). Er muss ebenfalls vorher warnen, dass er Gewalt anwenden wird, ausser es macht sein Handeln damit nicht mehr wirkungsvoll.

Widerstand: Wenn ein Polizist offensichtlich und ernsthaft illegal handelt, kannst du ihn, auch mit Gewalt, daran hindern. Diese Gewaltanwendung muss allerdings notwendig und verhältnismässig sein (Türe vor seinem Gesicht zuknallen, einen Cordon bilden, aber nicht ihn schlagen, ausser er schlägt dich…)

Selbstverteidigung: Die rechtliche Lage ist ziemlich strikt, du kannst auf einen Angriff reagieren: wenn er gewalttätig ist und von einer ernsthaften Bedrohung ausgegangen werden kann (du hast auch das Recht einen Freund zu verteidigen), wenn er unmittelbar ist (einige Minuten später ist keine Selbstverteidigung mehr), wenn er unfair ist (wenn ein Polizist Gewalt anwendet und rechtliche Bedingungen bedenklich verletzt und du nicht legal reagieren kannst, wenn er gegen Personen direkt gerichtet ist (nicht z.b. deine Kamera), dann kannst du verhältnismässig reagieren (aber nicht etwa eine Granate werfen als Antwort auf ein Gedränge)

Gewalt aufgrund Provokation

Definition von Provokation: Ereignis, welches Angst oder Schrecken auslöst und zu einer spontanen Reaktion führt. Es kann entschuldigt werden unter folgenden Bedingungen: illegal, gegen eine oder mehrere Personen, unmittelbar. Versuche Beweise zu sammeln!
Fotos, Fingerabdrücke, DNA: eine richterliche Direktive erlaubt der Polizei Fotos zu machen bei einer präventiven Verhaftung falls du verdächtigt wirst zu einer Gruppe DemonstrantInnen zu gehören.

– [fond rouge]Befragung[/fond rouge]

Eine Befragung bedeutet meistens, dass zu wenig Beweise vorliegen. Hab keine Angst, die einzige Gefahr ist, dass sie Beweise sammeln. Hilf ihnen nicht. Du musst ihnen nichts sagen. Du hast das Recht die Aussage zu verweigern. Sag ihnen bloss, dass du keine Aussage machst. Diese Verweigerung kann nicht als Geständnis benutzt werden.
Falls du trotz allem etwas sagst, hast du das Recht das Protokoll nochmals zu lesen und deine Aussagen zu überprüfen. Du kannst eine Kopie verlangen. Du musst das Protokoll auch nicht unterzeichnen. Es gibt keine Ausnahmen für diese Rechte.
Dies gilt auch bei der Befragung der untersuchenden Behörde. Informiere diene Mitgefangenen über diese Rechte. Aber sprich nicht zu viel: es ist nicht unwahrscheinlich, dass es Mikrofone oder sogar Zivis in den Zellen hat oder dass deine Mitgefangenen gesprächig sind während des Verhörs.

– [fond rouge]Anwalt[/fond rouge]

Du hast das Recht auf einen Anwalt wenn du beschuldigt wirst. Dein Anwalt ist auf deiner Seite innerhalb des Rechtes: er möchte, dass du frei kommst. Aber vergiss nicht: Setze dabei nicht die politischen Prinzipien und das Kollektiv aufs Spiel. Lieber rechtlich verlieren als deine Mitgefangenen zu belasten oder deine politischen Prinzipien.

Harry John Salem, devenu Henri Alleg, est né dans une famille juive polonaise installée en Angleterre. Il vient à Paris au début des années 1920 puis se rend à Alger où il devient communiste au début des années ’40. En 1949, Henri Alleg siége au bureau politique du PCA. Il devient éditorialiste puis, en 1951, directeur d’Alger républicain, journal anticolonialiste auquel collaborait également Albert Camus. Avec la guerre d’Algérie, Alger républicain est interdit et les cadres du PCA passent dans la clandestinité.

Henri Alleg

Henri Alleg


Alger républicain

Alger républicain

Pendant la guerre d’Algérie, la torture, les détentions et les exécutions extra-légales n’étaient pas de bavures mais un système. L’impunité était assurée aux militaires par un texte signé du ministre de la Défense et du Ministre de la justice (Robert Schuman, le « grand européen »), qui indique que les plaintes faisant suite à « de prétendues infractions » des forces de l’ordre : « devront faire l’objet d’un classement sans suite, dès lors qu’il apparaîtra incontestable que ces faits sont justifiés par les circonstances, la nécessité, ou l’ordre de la loi. »

guerre d'Algérie

guerre d’Algérie

Henri Alleg est arrêté le 12 juin 1957 par les parachutistes au domicile de Maurice Audin, son ami, jeune mathématicien, arrêté la veille et qui sera lui torturé à mort. Alleg est séquestré un mois à El-Biar, où il est torturé lors de plusieurs séances: coups, décharges électriques, suffocation dans l’eau, brûlures, pendaisons. Il a su résister à ses bourreaux et le scandale provoqué par la mort de Maurice Audin lui sauva sans doute la vie: il est transféré au camp de Lodi, puis à Barberousse, la prison civile d’Alger. En prison, il écrit son témoignage que son avocat transmettra à l’extérieur. Une version condensée en est d’abord publié dans l’Humanité du 30 juillet 1957, qui sera saisie.

Le 12 février 1958, les Éditions de Minuit, fondée clandestinement sous l’occupation par la Résistance, publient, avec une préface Jean-Paul Sartre, La Question, la version la plus complète du témoignage d’Alleg. La « question » est le nom que l’on donnait à la torture dans l’Ancien Régime. Les rares journaux qui parlent du livre (L’Humanité, France observateur, l’Express) sont aussitôt censurés et, dès mars 1958, le livre est saisi en France. Un éditeur suisse le réimprime et fait passer clandestinement 150.000 exemplaires en France.

La Question d'Henri Alleg

La Question d’Henri Alleg

L’interdiction assurera la notoriété du livre, les langues se délient et d’autres témoignages sont publiés, comme La Gangrène de Bachir Boumaza qui dénonce la torture d’étudiants algériens dans les locaux de la DST à Paris (l’ouvrage est immédiatement saisi). Comme l’écrivait Alleg: «Mon affaire est exceptionnelle par le retentissement qu’elle a eu. Elle n’est en rien unique. Ce que j’ai dit dans ma plainte, ce que je dirai ici illustre d’un seul exemple ce qui est la pratique courante dans cette guerre atroce et sanglante»

Trois ans après son arrestation, Alleg est inculpé d’« atteinte à la sûreté extérieure de l’État » et condamné à 10 ans de prison. Transféré en France, il est incarcéré à la prison de Rennes. Profitant d’un séjour dans un hôpital, il s’évade et se réfugie en Tchécoslovaquie. Il revient en France après les accords de paix et l’amnistie qui les accompagne (les « accords d’Évian »), puis en Algérie qu’il quitte après le coup d’État de Boumédiène en 1965.

Henri Alleg

Henri Alleg

De retour en France, il devient membre du Pôle de renaissance communiste en France. Déclarant en 1998 regretter « la dérive social-démocrate du PCF, qui abandonne son authenticité communiste », il s’engagera dans le Comité Honecker de solidarité internationaliste, qui soutient l’ancien dirigeant de la RDA poursuivi par la justice allemande, et il participera à la campagne pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, présidant des réunions publiques en 2005 et 2006.

Henri Alleg est décédé ce 17 juillet 2013. La Question reste une référence et un grand classique sur l’usage de la torture par la contre-insurrection. En 1977, le témoignage a été adapté en film par Laurent Heynemann, avec Jacques Denis dans le rôle d’Henri Alleg, Nicole Garcia dans celui de sa femme. Le film ne reprend pas à l’écran les plus éprouvantes descriptions du livre, mais était néanmoins interdit aux moins de 18 ans.

Quelques principes élémentaires de sécurité informatique

Il y a des virus sur Mac ! Jusqu’à récemment, les utilisateurs de Mac pouvaient se vanter d’utiliser un système où “il n’existe pas de virus”. C’est partiellement vrai, mais ça l’est beaucoup moins à l’heure actuelle. En effet, la popularité grandissante de ce système a poussé les pirates à trouver des failles de sécurité dans ce système. En outre, il existe quantités de malware (programmes malveillants) sur Mac. Des keyloggers par exemple (programmes qui enregistrent les frappes clavier et les envoient au pirate).

Gardez vos logiciels à jour ! Lorsque des logiciels sont publiés, les développeurs font des erreurs. Et la plupart des virus utilisent ces erreurs pour faire leur travail. Il est donc important d’avoir un système d’exploitation mis à jour, et que les programmes installés sur votre ordinateur soient également mis-à-jour. Aujourd’hui, les manœuvres de mises à jour sont toutefois largement automatisées, et cela ne devrait pas poser de problème.

Vous devez toujours télécharger vos logiciels soit sur les sites officiels de leurs éditeurs. Par exemple, le logiciel de messagerie ‘Thunderbird’ ou le navigateur internet ‘Firefox’ sur le site de la société Mozilla qui publie ce logiciel. Si vous ne le faites pas, vous pourriez télécharger une version infectée de ces logiciels, et compromettre la sécurité de votre ordinateur. Vous pouvez également télécharger vos logiciels directement sur l’App Store.

Vous devez diversifier vos mots de passe. Certaines sociétés collaborent très volontiers avec la police, d’autres préfèrent défendre la liberté du net. Vous devez garder en mémoire que si vos mots de passe sont identiques, une société comme Microsoft qui collabore avec la police avec plaisir pourrait transmettre votre mot de passe de messagerie Hotmail. Et que si ce mot de passe est identique à celui de votre clé PGP : la répression n’aura besoin ni de mandat, ni de virus pour vous espionner. Autre point sur les mots de passe : pour qu’un mot de passe soit incassable, celui-ci doit faire 20 caractères (ou plus), et ne contenir qu’une combinaison aléatoire de lettres minuscules, majuscules, de chiffres et de caractères spéciaux (&#[]=* entres autres). Un bon mot de passe pourrait être par exemple : !DM\cxV(KG84″-t=7R. Cela semble impossible à retenir, et pourtant. S’il est utilisé régulièrement, il sera rapidement mémorisé. Vous pouvez également trouver des procédés mémotechniques vous permettant de retrouver votre mot de passe. Par exemple vous pourriez trouver une suite de mots dont vous changez les lettres par des caractères spéciaux et par des chiffres. Mais ceci n’est qu’un exemple. Votre mot de passe ne doit jamais contenir de mots pouvant se trouver dans un dictionnaire (quelle qu’en soit la langue). Des logiciels classiques et simples peuvent tester plusieurs dizaines ou centaines de mots de passe à la seconde en testant de tels mots. Vos mots de passe ne doivent pas contenir de dates connues (ou d’anniversaire), de noms ou de prénoms. Du pur aléatoire reste le mieux! Ne l’écrivez nulle-part, il pourrait être saisit lors d’une perquisition ou noté lors d’une “visite” sans que vous ne le sachiez.

Si vous utilisez une connexion internet sans-fil, veillez à ce que le wi-fi soit crypté par un code ‘WPA2’. Si votre wi-fi n’est pas crypté par ce code ou qu’il est crypté par un code ‘WEP’, la police pourra sans problèmes se connecter à votre borne wi-fi et récupérer toutes les données qui y transitent. Si vous n’utilisez pas le wi-fi, désactivez-le. Pour paramètrer le wi-fi, ouvrez un navigateur internet et visitez l’adresse http://192.168.1.1

1. Paramétrer le ‘coupe-feu’ de OSX

Nous allons commencer par activer le ‘coupe-feu’ de notre système. Rendons-nous donc dans ‘Préférences Systèmes’ puis dans ‘sécurité et confidentialité’.

Paramétrer le 'coupe-feu'

Paramétrer le ‘coupe-feu’

Cliquez sur l’onglet ‘Coupe-feu’. Si le cadenas en bas à gauche de la fenêtre est verrouillé, cliquez dessus et tapez votre mot de passe. (Sinon, poursuivez) Cliquez sur activer le coupe-feu, puis sur ‘Options du coupe-feu’.

Paramétrer le 'coupe-feu'

Paramétrer le ‘coupe-feu’

Paramétrer le 'coupe-feu'

Paramétrer le ‘coupe-feu’

Dans les options du coupe-feu, cochez les cases suivantes et cliquez sur OK.

Coupe-feu, c’est fait ! Mais au fait, pourquoi est ce qu’un élément aussi critique d’un ordinateur est-il désactivé par défaut ? Très simple, Apple a bénéficié ces dernières années de plusieurs qualificatifs, ‘Sûr’ (et nous avons vu que ce n’était plus vrai), et ‘Simple’. En activant le coupe-feu par défaut, Apple reconnaîtrait que c’est un besoin. En outre, des fenêtres peuvent s’afficher pour vous demander des autorisations. Ce qui rendrait le système ‘moins simple’. La sécurité de OSX est donc mal assurée pour des raisons de marketing.

2. Les options de confidentialité

Toujours dans le menu ‘Sécurité’, allons dans l’onglet ‘Confidentialité’. Ou pour chaque colonne on tentera de désactiver l’option. Notez qu’en désactivant la localisation, vous ne pourrez pas utiliser l’outil d’Apple en cas de perte ou de vol ! A double tranchant donc.

Enfin, une fois tout cela fait, on re-clique sur le petit cadenas en bas à gauche de la fenêtre de façon à protéger ces options par mot de passe!

Chapitre 1 : La suppression de données

Tous les logiciels que nous utilisons au quotidien laissent des traces sur l’ordinateur. Même après avoir effacé l’historique de navigation, beaucoup de fichiers restent présents sur l’ordinateur. Nous allons découvrir un utilitaire qui permettent d’effacer ces ‘résidus’.

Les logiciels que nous allons utiliser : CCleaner http://www.piriform.com

1. CCleaner

Démarrer l’application et cochez simplement les éléments à effacer.

2. Effacer vos données « pour du vrai ».

Attention, ce chapitre est un peu compliqué. Pour commencer, nous allons expliquer pourquoi vos données ne sont pas effacées lorsque vous « videz la corbeille ». En gros, lorsque vous ouvrez un fichier, votre ordinateur sait où il se trouve sur votre disque dur et peut donc l’ouvrir. Lorsque vous videz la corbeille, votre ordinateur va ‘oublier’ l’endroit où se trouve votre fichier et retenir cet endroit comme étant ‘vide’. Ce qui veut dire deux choses:

– les endroits où se trouvent les données vidées de la corbeille sont des endroits qui attendent de recevoir de nouvelles données.

– en attendant, si aucune nouvelle donnée ne vient les remplacer, elles restent là.

Sachant qu’il n’a pas besoin de cette place, l’ordinateur oublie qu’il y a quelque chose qui s’y trouve. Et lorsque votre ordinateur placera de nouvelles données à cet endroit précis, il écrasera ce qui se trouve sur place pour placer de nouvelles choses. Nous allons donc ‘nettoyer l’espace libre’ et écrire du vide (des suites de ‘0’ en fait) sur le disque dur. A chaque fois que l’espace libre du disque dur est remplit de ‘0’, cela s’appelle « une passe ». Les techniques d’effacement vont de 1 à 35 passes. La méthode des 35 passes est appelée « Méthode Gutmann ».

Pour ré-écrire : l’ordinateur va enfin utiliser des ‘algorithmes’. Qui sont des ‘façons’ de procéder. Mais attention, les choses ne sont pas simples, et nous devons garder plusieurs éléments en mémoire:

– La meilleure serrure incassable et inviolable posée sur une porte n’empêchera pas un cambrioleur de passer par la fenêtre.

– Il y a énormément de légendes urbaines concernant l’effacement de fichiers.

– C’est un domaine extrêmement aléatoire, un fichier peut-être détruit totalement sans même qu’on l’ait voulu.

Nous ne pratiquerons pas dans ce guide d’effacement à 35 passes. Et pour cause, Peter Gutmann (inventeur de l’effacement à 35 passes) a lui-même déclaré que c’était une méthode qui n’était pas plus sûre que les autres. Toutefois, si vous souhaitez faire 35 passes, vous pouvez tout de même suivre ce tutoriel.

Vu le flou et le débat qui entourent le sujet de l’effacement sécurisé, nous choisirons un «entre-deux» avec 3 à 7 passes dans la plupart des cas.

Note : Si vous utilisez un disque dur nouvelle génération « SSD », notez que les activités intensives telles que l’effacement sécurisé régulier peuvent diminuer la durée de vie de votre disque dur. Vous pourrez selon le cas et la situation choisir de ne faire que 2 ou 3 passes et/ou de faire la procédure moins régulièrement qu’avec un disque dur HDD classique.

Nous allons décrire ici comment détruire la totalité de l’espace libre (Wipe Free Space).

A. Effacer pour du vrai avec CCleaner

Wipe free space: Ré-ouvrons CCleaner et allons cette fois-ci dans le menu ‘Outils’ puis dans le sous-menu ‘Effacer l’espace libre’. Si vous avez plusieurs disques durs, sélectionnez le bon. Sélectionner le niveau de sécurité (1, 7 ou 35 passes) et cliquez enfin sur ‘Effacer l’espace libre’.

Effacer avec CCleaner

Effacer avec CCleaner

Il n’y a pas d’option de File Shredding, mais notons qu’il existe une option pour que Ccleaner déchiquette directement ce qu’il efface lors de son usage normal. Pour faire cela : Options, Paramètres, Effacement sécurisé.

Effacer avec CCleaner

Effacer avec CCleaner

Chapitre 2: Naviguer sur internet avec TOR

Nous allons utiliser un logiciel qui a fait ses preuves : TOR. D’ailleurs, s’il vous arrive de regarder des séries télévisées policières ou d’espionnage américaines, vous constaterez que les méchants utilisent souvent le logiciel TOR pour communiquer au nez et à la barbe de pauvres agents du FBI déjà surchargés de travail. TOR (pour The Onion Router) est un logiciel qui fait en sorte de rediriger des connexions internet dans un réseaux de ‘noeuds’, de telles sortes que, depuis un site on ne peut pas déterminer qui vous êtes. Pour bien comprendre, voici une belle infographie qui explique comment vos données voyagent sur le réseau.

En gros, les connexions voyagent à travers plusieurs ordinateurs. Elles ressortent toutes par des ordinateurs bien particuliers que l’on appelle les « noeuds sortants ». Ces noeuds sortants sont des ordinateurs mis à disposition par des volontaires à travers le monde. Trêve de bavardage et passons directement à la pratique pour mieux comprendre. Rendons-nous sur le site officiel du projet TOR pour y télécharger le ‘TOR Browser Bundle’.
https://www.torproject.org/

Une fois le ‘Tor Browser Bundle’ vous constaterez que nous n’avons parlé que de TOR et que vous avez téléchargé autre chose. Nous allons donc expliquer ce qu’est le ‘Browser Bundle’. Browser Bundle veut dire ‘Navigateur tout-en-un’.

Pourquoi télécharger tout un navigateur alors que l’on a déjà Firefox ou Safari installé sur son ordinateur ? C’est simple : le navigateur que l’on utilise tous les jours contient -malgré tous les nettoyages quotidiens que l’on lui appliquera- des informations sur nous. D’autre part, un navigateur fonctionne d’une façon qui permet les petites intrusions dans notre vie privée. Et tous ces petits comportements sont paramétrés différemment dans le Browser Bundle.

Par exemple, vous constaterez que Youtube ne fonctionne pas par défaut lors de l’utilisation de TOR. C’est parce que le programme qui charge la vidéo dans un navigateur est intrusif. D’autres parts, vous constaterez que le moteur de recherches de Google est également inutilisable. La raison est que notre connexion est redirigée par plusieurs machines (et pas par des humains), et que Google fonctionne de façon a empécher les ‘robots’ de naviguer sur internet. Les robots sont des programmes qui parcourent le net pour (par exemple) envoyer des spams, scanner des sites à la recherche d’informations confidentielles, etc… Puisque nous ne pourrons pas utiliser Google, il faudra utiliser d’autres moteurs de recherches plus permissifs et axés sur la vie privée.

Une fois le fichier télécharger, nous allons le lancer. TOR Browser Bundle est un logiciel portable, c’est-à-dire qu’il ne s’installe pas dans l’ordinateur, il s’exécute directement.

Infographie TOR

Infographie TOR

TOR démarre et nous allons devoir faire preuve de patience à partir de maintenant puisque TOR s’éxécute leeentement. Le temps d’expliquer les différents composants qui s’affichent à l’écran.

– Vidalia Control Panel : le panneau de contrôle ‘Vidalia’. Depuis cette fenêtre, vous pourrez changer la provenance de votre connexion, voir où votre connexion ressort, forcer TOR à faire ressortir votre connexion par un pays spécifié. Pratique si on veut utiliser un service internet interdit dans notre pays. On ne se servira pas de ce panneau dans ce tutoriel, mais vous devez le laisser ouvert pour que TOR fonctionne !

– Le navigateur TOR : il ressemble à une fenêtre Firefox, et pour cause c’est une copie conforme de ce logiciel à la différence prêt que certaines extensions y ont été installées et que les paramètres de confidentialité y ont été modifiés. Pour commencer à tester TOR, nous allons voir de quel pays Internet pense que nous venons. Et pour faire ça, on va aller sur un site internet censé géo-localiser notre connexion. Rendons-nous donc sur le site internet http://www.whatismyipadress.com

Comme vous pouvez le constater, ce n’est pas du tout l’endroit où vous êtes qui est marqué sur la carte ! Vous voici donc anonyme. Mais comme toujours, il ne faut jamais prendre ces mesures comme des mesures 100 % efficaces. Il y a des failles dans TOR, certaines n’ont pas encore été découvertes. Et il faut éviter de se reposer entièrement sur ce logiciel. Le meilleur anonymat restant le cybercafé.

[fond rouge]Mise à jour: Comme prévu au début de l’écriture de ce guide “Certaines failles n’ont pas encore été découvertes”. L’une de ces failles a en effet été découverte puisque l’une des révélations de Edward Snowden indiquent que les noeuds TOR non mis à jour peuvent être écoutés par la NSA. Comme nous l’avons déjà dit : mettre à jour et ne pas s’en remettre totalement à la technologie sont donc des règles d’or ![/fond rouge]

Quelques règles de bases sur TOR :

– Ne pas modifier les paramètres par défaut du navigateur.

– Si TOR nous prévient que l’on prend un risque, agir comme il nous le conseille.

– Ne pas se connecter à un compte e-mail ou autre depuis TOR, puisque l’on ne serait plus du tout anonyme.

– Ne pas utiliser TOR sur un wi-fi ouvert, non-sécurisé ou sécurisé par un code WEP

Autre règle, tenter de garder en permanence une connexion HTTPS. Une connexion HTTPS veut dire « protocole de transfert hypertexte sécurisé ». C’est une couche de cryptage qui enveloppe le protocole de connexion entre votre routeur internet et le site que vous voulez visitez. Imaginez donc que vous croisiez un ami dans la rue et que vous alliez lui dire bonjour et discuter 5 minutes avec lui. Comme vous êtes dans la rue, tout le monde entend ce que vous lui dites. Pour ne pas que d’autres gens sachent ce que vous dites à votre ami, il faudrait coder la façon dont vous lui parler. Dans notre métaphore, votre ami est le site que vous voulez visiter. De plus, en utilisant TOR, c’est un peu comme si, au lieu d’aller directement dire bonjour à votre ami, vous le disiez à une chaine de volontaires se mettant entre vous et lui. Vous dites bonjour au premier, qui le répete au second, etc… Les transferts entre les noeuds TOR sont cryptés par défaut, sauf la connexion entre le noeud sortant et le site internet ! Un peu comme si toute la chaîne codait ce que vous voulez dire à votre ami, sauf la dernière qui lui dit ‘Bonjour’ en français, ruinant tout l’effort collectif. Le cryptage HTTPS permet que le noeud sortant code lui aussi ce qu’il transmet au site.

Dans le TOR Browser Bundle, une extension nommée ‘HTTPS Everywhere’ (que vous pouvez par ailleurs installer sur votre navigateur Firefox ou Chrome habituel) se charge de crypter automatiquement ce genre d’informations. Mais parfois, le site que vous souhaiter voir n’est simplement pas compatible avec HTTPS. Il vaut mieux à ce moment passer son chemin et utiliser un autre site. (Snowden a cependant révélé que le HTTPS n’est pas toujours sur !)

Vous voilà prêt à utiliser TOR !

Lille, 29 septembre

Rassemblement sur la grande place de Lille à l’initiative de Solidarité Georges Lille.
lille.jpg

Lannemezan, 30 septembre

Plusieurs délégations de comités de soutien à la libération de Georges Ibrahim Abdallah se sont rassemblées devant la prison de Lannemezan pendant l’audience qui statuait sur la dernière demande de libération.
lannemezan3009.jpg

Loos, 30 septembre

Au pied des terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle (près de Lens) surplombant la rocade minière, à l’initiative du Collectif « Bassin minier » pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah.
loos.jpg

Paris, 18 octobre

A l’initiative de Convergence Palestine et avec le collectif anti-impérialiste Coup pour coup et d’Action Antifasciste Paris-banlieue, rassemblement place de la République et réalisation d’une fresque.
convergences.jpg

Beyrouth (Liban), 22 octobre

Rassemblement avec prise de parole de l’écrivain palestinien Khaleb Barakat, coordinateur de la campagne pour la libération d’Ahmad Saadat
beyrouth.jpg

Bordeaux, 24 octobre

Un concert de solidarité à l’Athénée libertaire : GUYOM TOUT SEUL, m. , et LORAN.
affiche-gia-bordeaux.jpg

Pau, 24 octobre

Trois militants de Libertat s’enchainent aux grilles de la Préfecture des Pyrénées Atlantiques (ils sont arrêtés et amenés au commissariat).
pau.jpg

Lyon, 24 octobre

A l’initiative d’un Collectif lyonnais/Sud-Est de soutien à Georges Abdallah, rassemblement et table de presse devant le Palais de Justice de Lyon.
abdallah_lyon.jpg

Perpignan, 24 octobre

Rassemblement devant le tribunal Place Arago. A l’initiative de la CNT 66, CNT-SO 66, Comité BDS 66, AFPS, LDH 66.

Rennes, 24 octobre

Rassemblement place du Parlement. A l’initiative de l’AFPS, Breizhistance, collectif BDS Rennes, PCF-Rennes, SLB, UJFP.

Toulouse, 24 octobre

Meeting du collectif anti-impérialiste Coup Pour Coup 31. Les deux intervenants de cette soirée, Khaled Barakat, écrivain palestinien, coordinateur de la campagne pour la libération d’Ahmad Saadat et Charlotte Kates, membre de Samidoun, organisation de défense des prisonniers palestiniens.
ob_001fc7_meeting-georges.jpg

Bruxelles (Belgique), 24 octobre

A l’initiative du Secours Rouge de Belgique, rassemblement devant la résidence de l’ambassadeur de France, 52 boulevard du Régent. Un co-voiturage est organisé par le Collectif « Bassin minier » pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah et Solidarité Georges Lille.
15449695310_cba4f33267_z.jpg

Zürich (Suisse), 24 octobre

Accrochage de banderoles par les Revolutionäre Jugend Zürich, Revolutionärer Aufbau et le Rote Hilfe Schweiz (Secours Rouge de Suisse)
zurichgia.jpg

Hambourg (Allemagne), 24 octobre

Meeting à l’initiative du Netzwerk Freiheit für alle Politisches Gefangenen (Secours Rouge International) et du Palästina Arbeitskreis à l’Internationales Zentrum B5. Avec un orateur palestinien.

Tunis (Tunisie), 24 octobre

Rassemblement devant l’ambassade de France avenue centrale Habib Bourguiba, à l’appel du Comité Tunisien de Solidarité avec Georges Abdallah.
gia1_tunisie_25.10.2014-2.jpg

Nantes, 25 octobre

Rassemblement place de la Petite Hollande. A l’initiative du Comité Libérez Georges.
affiche-gia5.jpg

Orléans, 25 octobre

Rassemblement place du Martroi. A l’initiative des JC Orléans.
orleans2.jpg

Lannemezan, 25 octobre

Manifestation de 300 personnes à partir de la gare de Lannemezan jusqu’à la prison. Des covoiturages avaient été organisés à partir de Toulouse, Paris, Marseille et Bordeaux.
lannemezan2014.jpg

A Lannemezan : Libérons Georges Abdallah ! von coup-pour-coup

Milan (Italie), 25 octobre

Rassemblement Piazza Cadorna à l’initiative de Fronte Palestina et de l’Assemblea di lotta uniti contro la repression (avec la participation du Collettivo contro la repressione per un Soccorso Rosso Internazionale).
milano1.jpgmilano2.jpg

Gaza (Palestine), 25 octobre

Meeting organisé par le Front Populaire de Libération de la Palestine pour la libération de Georges et d’Ahmad Sa’adat.
gazagia.jpg

Bordeaux, 5 novembre

Rassemblement place Pey Berland à l’appel du comité Libérons Georges 33.

_
Lille, 5 novembre

Rassemblement Place de Buisses à l’initiative de Solidarité Georges Lille.
lille05102014.jpg

Beyrouth, 5 novembre

Rassemblement devant l’ambassade de France, avec sit-in, tractage et peintures au pochoir sur l’enceinte de l’ambassade.
beyrouth-2.jpg

Awkar (Liban), 8 novembre

Rassemblement devant l’ambassade des États-Unis à l’appel de la Campagne internationale.
awkar.jpg

_
Des dizaines d’étudiants à l’Université de Bir Zeit à Ramallah se sont opposés à la visite du Consul français à l’Université le mercredi 19 novembre et ont appelé à la libération de Georges Abdallah.
bir.jpg

28/07/2005

Présentation

Le Secours Rouge est la section belge du Secours Rouge International. Il est aussi le front anti-répression de l’organisation Classe contre Classe.

Le Secours Rouge entend développer la solidarité et promouvoir la résistance face à toutes les formes de répression de classe, celles qui concernent les prisonniers révolutionnaires comme celles qui concernent les pratiques de lutte des classes (grèves, occupations, etc.), de luttes militantes (affichages, manifestations, etc.) ou pour faits de solidarité internationaliste (avec les sans-papiers, avec les peuples en lutte, etc.)

L’activité du Secours Rouge n’est pas de nature humanitaire ni caritative, mais politique. Elle fait partie intégrante d’un mouvement unique anticapitaliste, anti-impérialiste, antifasciste, visant à renverser ce système d’exploitation et d’oppression.

Dans cette optique, le Secours Rouge travaille sur deux axes principaux:
1° Il soutient les prisonniers communistes, anarchistes, syndicalistes et antifascistes de toutes les manières pratiques et politiques. Il affirme que la solidarité envers les prisonniers doit être le lieu où les fractures et divergences politiques, idéologiques et organisationnelles doivent être les moins influentes. Il y a un devoir d’unité autour des prisonniers et face à la répression.
2° Il s’emploie à améliorer les capacité de résistance des forces militantes et syndicales face à la répression par l’analyse des nouvelles lois, méthodes, organisations et technologies des forces répressives, par la promotion des méthodes et techniques d’autodéfense (formation au cryptage des communications, promotion des attitudes salvatrices lors des arrestations et des interrogatoires, etc.)

Le Secours Rouge est l’héritier de l’Association des Parents et Amis des Prisonniers Communistes (APAPC), qui s’était constituée en décembre 1985 en soutien aux prisonniers des CCC, en ce sens que l’APAPC s’est dissoute en décembre 2000 dans le Secours Rouge. En novembre 2020 a été fondée, en grande partie sur base de l’expérience du Secours Rouge, l’organisation Classe Contre Classe. Le Secours Rouge s’y est incorporé et y poursuit, dans son cadre, son travail anti-répression.

1ermai06-2.jpg

10 mai 2009 – Les huissiers contre les grévistes d’IAC

La lutte a commencé suite à l’annonce par la direction d’IAC de son intention de fermer deux de ses divisions situées à Meiser (Schaerbeek) et Delta (Auderghem) et de procéder au licenciement de 24 travailleurs, dont 12 délégués syndicaux. Les syndicats estiment que les directions d’IAC et de Fiat ne respectent pas la Loi Renault et considèrent que la direction saucissonne l’entreprise en divisions dans le but inavoué de procéder au licenciement collectif de travailleurs bénéficiant d’une protection syndicale.

Le 7 mai, les travailleurs d’IAC (le distributeur officiel de Fiat en Belgique) ont bloqué les accès au bâtiment notamment avec des voitures et ont soudé certaines grilles, après le rejet de deux pistes de compromis avancées par les syndicats dans le cadre de la concertation sociale en cours. Ils occupent l’atelier de Meiser, face au bâtiment du siège social de l’entreprise, et ont rentré dans l’atelier 140 voitures pour se constituer un ‘trésor de guerre’. Dans le communiqué Belga, il est question de voitures ‘prises en otage’!

Très vite, trois délégués syndicaux se sont vu remettre par huissier une citation à comparaître devant le tribunal de première instance de Bruxelles. Ce vendredi, tous les autres, soit une vingtaine de travailleurs, ont également reçu cette citation. Le patronat a introduit une action en référé, qui n’est pas unilatérale, pour demander au tribunal d’ordonner aux travailleurs du site de Meiser cités à comparaître de mettre un terme à leur occupation, de restituer les voitures actuellement bloquées dans l’atelier et de ne plus s’approcher du site, sauf pour y travailler. IAC réclame une astreinte de 1.000 euros par personne et par manquement. Dans l’exposé des motifs, le patronat présente le blocage des véhicules dans l’atelier comme un vol assimilé.

L’avocat mandaté par le patronat, Éric Carlier, est également le conseil de Carrefour Belgium. C’est cet avocat qui avait introduit au nom de Carrefour des requêtes unilatérales afin de lever les piquets de grève à l’automne 2008 lorsque des travailleurs de la chaîne avaient fait grève en solidarité avec le personnel du nouveau Carrefour de Bruges.

Les travailleurs ne partiront pas sans avoir obtenu un plan social correct. Nous considérons l’occupation comme un moyen légitime de contestation découlant du droit de grève. On ne peut se prononcer sur une occupation sans connaître le contexte qui a poussé les travailleurs à mener une telle action‘, a réagi Martin Willems, secrétaire permanent du SETCa-Bruxelles, qui est l’une des personnes citées à comparaître. ‘La direction estime qu’on ne respecte pas le droit à la propriété mais de notre côté, nous considérons qu’elle contourne la Loi Renault. Et la direction nous pousse à entamer une action devant le tribunal pour faire reconnaître la protection syndicale des douze délégués qu’elle souhaite licencier‘, a-t-il ajouté.

Calicots chez Fiat IAC

Calicots chez Fiat IAC

12 mai 2009 – La police intervient contre les grévistes

Mardi 12, la présidente du tribunal de première instance de Bruxelles a ordonné aux 20 travailleurs de quitter le site de IAC Meiser qu’ils occupaient depuis le jeudi 7. Ils devaient également restituer les clefs des véhicules qui seraient en leur possession. En cas de manquement, ils risquaient chacun une astreinte de 1.000 euros. Le patronat a obtenu de la justice de classe une ordonnance d’expulsion qui a été signifiée aux occupants dans la soirée.

Vers 19h45, la police de la zone de Bruxelles-Nord est intervenue sur le site (dans le style du communiqué Belga: elle ‘a libéré’ le site). La petite vingtaine de travailleurs qui occupaient les lieux ont tenté de bloquer les portes pour empêcher l’huissier d’entrer dans le bâtiment situé au 770 de la chaussée de Louvain à Schaerbeek. Les policiers ont réussi à forcer l’accès et ont débarqué dans le showroom de l’entreprise. Les occupants n’ont opposé aucune résistance et ont accepté de quitter les lieux après avoir été informés du contenu de l’ordonnance. Si les travailleurs refusaient de partir, ils risquaient chacun une astreinte de 2.500 euros.

Occupation du site de Fiat

Occupation du site de Fiat

Un véhicule stationné sur le parking du siège de Fiat Belgium, rue de Genève à Schaerbeek, à proximité du site IAC Meiser,a été incendié lundi au petit matin. L’origine de l’incendie est volontaire. La façade du bâtiment du siège de Fiat Belgium a été également endommagée par les flammes. Le laboratoire de la police fédérale s’est rendu sur les lieux.

16 mai 2009 – IAC licencie les grévistes pour ‘fautes graves’

La direction de Fiat Group Automobiles (FGA) à Bruxelles a décidé de licencier ‘pour faute grave’ cinq travailleurs d’IAC. Quatre travailleurs, dont deux délégués syndicaux, ont été licenciés pour avoir été présents sur le site occupé d’IAC de Meiser lors de la signification par voie d’huissier d’une seconde ordonnance d’expulsion. Pour la direction, ces travailleurs auraient dû quitter le site dès le moment où la première ordonnance d’expulsion a été rendue en référé. Les avocats des travailleurs licenciés estiment que puisque ces personnes n’étaient pas visées par la première ordonnance, elles n’ont pas enfreint cette ordonnance et donc n’ont commis aucune faute grave.

Le cinquième travailleur, un délégué syndical, a été licencié pour le motif d’avoir joué un rôle de leader dans le conflit social et d’avoir caché notamment les clés des voitures immobilisées par les grévistes en vue de se constituer un trésor de guerre. Les clés des voitures ont finalement été récupérées par la direction, après le délai fixé par la direction.

Notre entreprise a subi de graves préjudices économiques et d’image, du fait des événements intervenus au sein de la firme IAC. Même si cela a un impact négatif sur notre activité, nous attendons cependant avec confiance un retour rapide à la légalité. La Direction d’IAC se réserve le droit d’entamer toutes les actions légales nécessaires auprès des personnes responsables de cette situation.‘ déclare alors le président-directeur général de FGA, Martin Rada.

6 juin 2009 – Manif de solidarité avec les grévistes d’IAC

Une petite centaine de militants des environs de Bruxelles, surtout de la FGTB mais également de la CSC, ont répondu à l’appel d’urgence à la solidarité avec les travailleurs de IAC-Fiat. Les délégations syndicales venaient entre autres de Cytec, Spy, Sitel et Mobistar. De nombreux militants se sont spontanément mobilisés pour exprimer leur solidarité. Après quelques brefs speechs, les manifestants se sont dirigés vers le siège principal pour obtenir des pourparlers avec Mr Randa, le PDG. Comme d’habitude ces temps-ci, les portes sont restées fermées. Ils se sont donc dirigés en caravane de voitures vers la villa impressionnante du PDG à Tervuren, où ils étaient attendus non seulement par la police, mais aussi par quelques body-guards italiens engagé pour l’occasion.

Manifestation pour IAC

Manifestation pour IAC

11 juin 2009 – La CSI épingle la Belgique pour les attaques juridiques contre les grévistes

Les attaques juridiques contre les grévistes se sont intensifiées en Belgique, indique le rapport 2009 des violations des droits syndicaux de la Confédération Syndicale Internationale (CSI). Ces patrons recourent à des juristes pour contrer les protestations des travailleurs. En octobre 2008, des firmes comme Carrefour, Cytec, Deli XL, Big et Ideal Floorcoverings, N-Allo, Elia, Sibelgaz, Eandis et UCB ont submergé les tribunaux de recours demandant l’interdiction de certaines formes d’action collective, comme les piquets de grève.

Généralement, les tribunaux estiment qu’il n’est pas permis d’empêcher les employés ou des tiers d’accéder à l’entreprise, indépendamment du fait qu’il y ait ou non recours à la violence à cette occasion. Certains juges émettent aussi des ordonnances ‘préventives’ alors même que rien n’indique que de tels actes puissent être commis. Selon les auteurs du rapport, ‘il ne fait aucun doute que de tels jugements dissuadent les travailleurs d’exercer pleinement leur droit à l’action collective et entravent sérieusement le droit de grève‘.

22 juin 2009 – Carrefour bloqué en solidarité avec les grévistes

Une soixantaine de personnes ont bloqué, lundi 22 juin entre 11h30 et 13h, le carrefour formé par la chaussée de Louvain et la rue de Genève à Schaerbeek, situé face au concessionnaire IAC, en guise de solidarité avec les douze travailleurs licenciés la semaine précédente. Les manifestants ont allumé un feu, au moyen de palettes en bois, au milieu du carrefour. Le feu a été éteint par les pompiers vers midi. La circulation a été interrompue sur la chaussée de Louvain où des barrages avaient été mis en place par la police. La circulation a été rétablie dès 13 heures.

Des travailleurs ont tambouriné sur des fûts métalliques tandis que d’autres sifflaient ou lançaient des pétards. Des manifestants avaient confectionné une oeuvre grandeur nature avec des pendus habillés de blanc, symbolisant les douze travailleurs non-protégés licenciés la semaine dernière. ‘Fiat réinvente la pendaison, merci Don Marchionne‘ (le patron de Fiat, dont le groupe est actionnaire à 99% d’IAC), pouvait-on lire sur un calicot.

20 juillet 2009 – Première audience au Tribunal du Travail pour les prétendues ‘fautes graves’

Le licenciement pour faute grave de trois travailleurs grévistes de la société ‘Italian Automotive Center’ (IAC), qui bénéficiaient d’une protection syndicale, a été débattu lundi au tribunal du travail de Bruxelles. Le tribunal, saisi par la direction de Fiat dans le cadre de la procédure de licenciement, se prononcera lundi prochain sur le sort des trois travailleurs. Les trois délégués syndicaux ont été licenciés pour faute grave avec deux autres travailleurs non protégés le 16 mai par la direction de Fiat Group Automobiles.

Une centaine de personnes avaient manifesté le 5 juin en faveur du droit à mener des actions collectives. La direction d’IAC a l’intention de fermer deux de ses divisions situées à Meiser (Schaerbeek) et Delta (Auderghem) et de procéder au licenciement de 24 travailleurs, dont 12 délégués syndicaux.

A la première audience du tribunal du travail pour les licenciements pour ‘fautes graves’, les avocats du syndicat obtiennent gain de cause pour deux travailleurs (G. Fasoli du SETCa et B. Aglietti de la CSC). Mais la faute grave avait été reconnue pour le troisième (E. Agostini de la FGTB). Agostini ira en appel, ainsi que la direction d’IAC qui va en appel de la décision concernant les deux autres travailleurs. Tout se plaidera donc de nouveau le 1er octobre devant la Cour du Travail de Bruxelles (2ème chambre, salle 0.8) à 14h30.

22 septembre 2009 – Première audience au Tribunal du Travail pour les ‘raisons économiques’ des licenciements des travailleurs protégés

Le 22 septembre, au tribunal du travail de Bruxelles a lieu l’audience relative à la demande de la direction de IAC que le tribunal reconnaisse les raisons économiques et techniques justifiant la levée de la protection des 12 travailleurs protégés qu’ils veulent licencier.

Normalement, et sauf exceptions, ce sont les commissions paritaires qui peuvent déroger au principe de protection et accorder la levée de la protection pour raisons économiques et techniques. Cette dérogation est normalement lorsqu’il y a un accord entre les parties (puisque tout se décide à l’unanimité en commission paritaire), et donc, en cas de restructuration, lorsqu’il y a un plan social qui permet de s’assurer que tout a été fait pour éviter les licenciements évitables et pour éviter toute discrimination entre travailleurs ou envers les mandataires syndicaux. Dans le cas d’IAC, les commissions paritaires n’ont pas décidé la dérogation. La direction de IAC entend aller au tribunal pour ‘faire appel contre la ‘non-décision’ de la commission paritaire‘. Cette prétention est une première et ouvre la porte à une remise en cause complète du rôle des commissions paritaires et de la règle de l’unanimité entre partenaires sociaux.

En abusant de la notion de ‘licenciement d’une catégorie déterminée de personnel‘, notamment, en ne prenant même pas la peine de respecter les compétences du CE en termes de détermination des critères de licenciement, l’avocat de IAC entend ériger en règle automatique un cas d’exception de la levée de protection. Le résultat, au cas où le juge aurait suivi ce point de vue, serait qu’il n’y aurait tout simplement plus de protection des délégués en cas de restructuration décidée unilatéralement.

1er octobre 2009 – Audience en appel pour les prétendues ‘fautes graves’

Ce jeudi à 14h30 a commencé l’audience en appel de trois grévistes d’I.A.C. Une soixantaine de personnes s’étaient mobilisées pour l’occasion. Le Secours Rouge a assuré une présence solidaire dans la salle et devant le siège du Tribunal du travail.

Rassemblement au procès

Rassemblement au procès

Le Secours Rouge a également signé l’appel proposé aux SR comme à plusieurs autres organisations, par la Ligne Communiste des Travailleurs. Voici le texte de cet appel:

Après des mois de luttes, la direction de IAC-(FIAT) a décidé de licencier 24 travailleurs, dont 12 délégués syndicaux. Pour ce faire, elle avait tout d’abord contourné la procédure de concertation de la Loi Renault en divisant artificiellement l’entreprise en 16 entités. Dans ce contexte, au mois de mai, les travailleurs occupent un garage à Meiser. Le conflit commence à prendre une tournure judiciaire avec des astreintes, avant que le patronat ne traîne des délégués devant les tribunaux.

La direction tente d’outrepasser les compétences de la commission paritaire en voulant lever unilatéralement la protection des délégués. Cette tentative est une première et ouvre la porte à une remise en cause complète du rôle des commissions paritaires et de la règle de l’unanimité entre partenaires sociaux. Dans ce domaine où la jurisprudence joue un rôle essentiel, la défense des principes syndicaux dans ce dossier est d’une importance capitale.

La criminalisation des conflits continue. Ces derniers mois, le patronat a accentué ses attaques à l’encontre des ouvriers et de leurs droits, et il est devenu courant de faire appel à la justice et aux huissiers. Pour le patronat, il s’agit, encore plus en ces temps de crise, de briser les luttes dès qu’elles apparaissent. Une nouvelle étape est franchie maintenant avec la tentative de lever la protection des délégués par la force, afin de pouvoir les licencier.

Cet été, un délégué chez Bridgestone à Frameries s’est fait licencier. Le patronat s’en prend d’abord aux ouvriers les plus combatifs, aux délégués, avant de passer aux autres.

Ce 1er octobre aura lieu une audience devant la Cour du Travail à Bruxelles concernant le dossier de ‘faute grave’ des trois travailleurs protégés de IAC: G. Fasoli (SETCa), B. Aglietti (CSC) et E. Agostini (FGTB). Le 20 juillet, les syndicats ont obtenu gain de cause pour les deux premiers. La ‘faute grave’ avait été retenue pour Agostini et les syndicats ont été en appel.

Devant ces faits graves, il n’y a pas d’autre alternative que l’unité la plus large des travailleurs dans la mobilisation. C’est tous ensemble que nous parviendrons à faire payer la crise aux seuls responsables: les capitalistes. L’unité, c’est d’abord l’unité au sein d’une entreprise lorsque le patron s’en prend aux travailleurs. Mais c’est aussi l’unité avec les travailleurs en lutte dans les autres entreprises du secteur et/ou du pays, ainsi que l’unité au-delà des frontières. C’est dans la mobilisation que cette unité peut porter des fruits.

Solidarité avec les travailleurs d’IAC!
Défense des droits syndicaux, du droit de grève et de la protection des délégués!
Unifions les luttes!

29 novembre 2009 – La direction d’IAC se paie (assez cher) la liquidation de la délégation syndicale

La direction de IAC FIAT a notifié le 30 novembre leur licenciement à neuf délégués syndicaux. Pour la direction il s’agit d’ainsi clôturer la restructuration entamée en décembre 2008. Cette restructuration a donné lieu à un conflit social dur. Depuis le début, les organisations syndicales dénoncent que le but caché du plan est une chasse aux délégués. Au lieu de suivre la ‘procédure Renault’, la direction avait refusé toute concertation en parlant de fermeture au lieu de restructuration, en refusant les alternatives proposées par les syndicats et en demandant aux tribunaux la levée de la protection des délégués. IAC (FIAT) a été déboutée de cette prétention par la justice, mais choisit aujourd’hui de quand même licencier les délégués en payant leur ‘protection’, (c’est-à-dire la sanction imposée par la loi en cas de licenciement illégal). La sanction que paierait la direction pour se débarrasser des délégués se monte à cinquante années de salaire au total pour les neuf délégués! L’affaire n’est pas close, reste le problème des 12 travailleurs licenciés abusivement en juin, suite au non-respect de la ‘loi Renault‘.