Le gouvernement colombien et les FARC sont arrivés à un accord de paix, après cinquante-deux ans de conflit armé. Il a été annoncé mercredi 24 août à La Havane, où se tenaient les négociations depuis quarante-quatre mois. Le texte doit être ratifié par les électeurs, appelés à se rendre aux urnes le 2 octobre, jour du plébiscite promis par le président Santos. D’ici là, les FARC tiendront en Colombie leur dixième et dernière conférence nationale, afin de soumettre à leur base le résultat des négociations et voter leur transformation en parti politique.

Gouvernement et FARC s’accordent sur ce point : l’accord ne prétend pas seulement mettre fin au conflit, il veut en éradiquer les causes, notamment sur le développement rural, la réparation des victimes, les mécanismes de justice transitionnelle. Dès la signature officielle de l’accord de La Havane, les guérilleros se cantonneront tous dans 31 zones délimitées. Une fois démobilisés, les membres de l’organisation seront représentés de droit au Congrès : durant deux législatures, ils seront assurés d’obtenir cinq députés et cinq sénateurs, quel que soit le résultat obtenu dans les urnes. A court terme, le débat politique se centre sur le plébiscite du 2 octobre. La victoire du oui n’est pas acquise. Le chef de file du camp des « anti » est l’ancien président Alvaro Uribe, qui demande la renégociation immédiate des accords.

40% des combattants des FARC sont des femmes

40% des combattants des FARC sont des femmes

Depuis décembre 2014, des actions d’occupation de terres ont lieu du côté de Corinto, dans le nord du Cauca. Les communautés indígenas Nasa veulent de reprendre leurs terres ancestrales transformées en immenses champs de canne à sucre. Début 8 août, dans la zone rurale de Corinto, plus de 300 personnes avaient envahi la Hacienda García Arriba pour l’occuper. La police anti-émeute (Esmad) est intervenue et des affrontements ont eu lieu. Un des occupants Nasa a eu les doigts d’une main arrachés, vraisemblablement par l’explosion d’un engin artisanal. Deux autres manifestants et six policiers auraient été blessés.

Voir un photo reportage sur cette lutte

Affrontements entre Nasa et ESMAD dans le Cauca

Affrontements entre Nasa et ESMAD dans le Cauca

León Amadeo Reyes Rivero, surnommé « camarade Amadeo » et « camarade Ococha », a été capturé samedi vers 15h00 près du village de Azapampa, à deux kilomètres de la ville de Huancayo, capitale du Junin (région VRAEM). Dans les heures à venir, il sera transféré à Mazamari. Le « camarade Amadeo », 30 ans, était notamment recherché pour l’embuscade qui, la veille des élections générales du 9 avril dernier, avait coûté la vie à huit soldats et deux civils (voir notre article).

Opération antimaoïste dans la région VRAEM

Opération antimaoïste dans la région VRAEM

Dans le Cauca, les enseignants sont en grève de puis 11 jours, ce qui affecte environ 200.000 étudiants. Ils ont manifesté vendredi dans la capitale provinciale, Popayan, mais des incidents ont eu lieu avec la police. La police a déclaré être intervenue pour prévenir une occupation par les manifestants du siège de la Procurature. Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes et les affrontements ont commencés. Le bilan de l’intervention policière est de 17 arrestations, y compris celle du dirigeant du syndicat ASOINCA, l’Association des Enseignants et Travailleurs de l’éducation du Cauca. Les enseignants ont été accusés de « dommages à la propriété du gouvernement » et détenus pendant plusieurs heures au siège de la police. Après une audience publique, ils ont été mis en liberté provisoire.

Les enseignants arrêtés à Popayan

Les enseignants arrêtés à Popayan

La Commission « Ernesto Che Guevara » a fait exploser quatre engins vendredi contre une unité de la 31e Brigade mobile de l’armée gouvernementale qui stationnait sur la piste de l’aéroport de Saravena (Arauca). Un officier a été blessé et l’aéroport a été endommagé. Par ailleurs, une autre commission de l’ELN active dans le département d’Arauca, a revendiqué l’enlèvement de quatre gros producteurs de riz de la région. Le gouvernement offre 100 millions de pesos pour toute information menant à l’emplacement de ces producteurs.

Dégâts à l’aéroport de Saravena (Arauca)

Dégâts à l’aéroport de Saravena (Arauca)

38 étudiants de l’Ecole normale rurale de Cheran ont été arrêtés lundi après-midi suite au blocage, le matin, par environ 150 étudiants de différentes écoles de l’Etat, d’au moins deux tronçons de la route Siglo XXI (qui connecte le Michoacan au centre et à l’ouest du Mexique). Les normaliens se sont affrontés à la police d’État venu lever les barrages. 36 manifestants ont été arrêtés au kilomètre 347, à Ecuandureo, et deux autres sur la route de Patzcuaro. Après ces arrestations, un autre groupe a manifesté devant le bureau du procureur général, situé à Morelia et a incendié un camion. Le Gouverneur de l’Etat a averti que les élèves « seront traités comme des criminels parce qu’ils se comportent comme tel » et a déclaré que plusieurs d’entre eux étaient probablement en lien avec des « groupes criminels » et des « organisations de guérilla ». Son secrétaire a qualifié le blocage de la route « d’opération terroriste »…

Arrestations à Ecuandureo

Arrestations à Ecuandureo

La Direction contre le terrorisme (DRICOTE) de la police nationale péruvienne a arrêté un cadre de la guérilla maoïste activement recherché depuis plus de dix ans pour son activité dans le « groupe d’anéantissement n°2 » du Comité Régional Nord du PCP-SL. Tiquillahuanca Parra, alias « camarade Nelson », 42 ans, était notamment recherché pour une embuscade dans laquelle 17 policiers avaient été tués en 2006, dans la ville de Huallapampa (Piura). Tiquillahuanca Parra a été intercepté par des agents près du Jr. Pizarro y Junin (Trujillo). Il s’était engagé dans la guérilla à 17 ans. Son père était un révolutinonaire tué par la police.

Tiquillahuanca Parra, alias

Tiquillahuanca Parra, alias

Dans la matinée du lundi 8 août à Alto Hospicio, dans la région de Tarapacá, au nord du Chili, une énorme opération d’expulsion de 1.300 familles a abouti à des affrontements sérieux entre les occupants et 300 carabiniers. Des barricades ont été érigées, les carabiniers ont été caillassés, mais l’expulsion n’a pas pu être empêchée. Treize personnes ont été arrêtées et au moins 17 ont été blessées. Pendant ce temps-là, une entreprise de BTP se chargeait de la démolition des logements situés sur le terrain où un nouvel hôpital est censé être construit.

Les affrontements à Alto Hospicio

Les affrontements à Alto Hospicio

Un détachement de la 14e Brigade (7e Division) de l’armée gouvernementale a capturé un commandant de l’ELN connu sous le nom de « Duber », membres de la commission du Front « Capitan Mauricio » de l’ELN. « Duber » était recherché pour de nombreuses opérations de l’ELN dans les municipalités de Cáceres, El Bagre, Remedios, Taraza, Vegachi, Yarumal et Saragosse. Les militaires de la 14e Brigade ont aussi capturé « Jaime Muelas » dans la municipalité de Remedios, cadre de la compagnie « María Eugenia Vega » de l’ELN. Il était également sous le coup de plusieurs mandats d’arrêt.

Capture de

Capture de

Des affrontements ont éclaté jeudi à Sao Paulo entre la police militaire brésilienne et un grand nombre d’étudiants protestant contre les réformes du système d’éducation publique. La police anti-émeute a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser les manifestants. Selon le projet de réforme du gouverneur de l’Etat de Sao Paulo, 94 écoles publiques seront fermées et plus de 300.000 étudiants seront relocalisés dans le but d’économiser de l’argent, tandis que les établissements d’enseignement seront utilisé à d’autres fins ou vendus.

Arrestation d'un manifestant jeudi à Sao Paulo

Arrestation d’un manifestant jeudi à Sao Paulo