Le Mexique compte plus de 120 000 personnes disparues depuis 1952, surtout des victimes de la guerre des gangs de narcotrafiquants. Invoquant cette problématique et une volonté de moderniser l’administration, le Parlement mexicain a adopté fin juin un paquet de plus de vingt lois comprenant la CURP, que l’on peut traduire par « code unique du registre de la population », un identifiant obligatoire associé à des données biométriques telles que les empreintes digitales et la reconnaissance faciale, qui servira de document d’identification à la fois physique et numérique.

Rendez-vous chez le dentiste, achat d’un abonnement de gym ou ouverture d’un compte en banque: cet identifiant sera indispensable pour les démarches administratives et l’accès aux services publics et privés. La CURP créera ainsi une empreinte numérique des activités des citoyens et citoyennes, liée à un registre national consultable par l’Etat. L’objectif affiché est de permettre aux autorités d’effectuer des recherches en temps réel des personnes disparues. Bien entendu, ce paquet de lois accentue les capacités de surveillance de l’Etat mexicain. Lorsqu’un tel type d’informations est centralisé dans une base de données unique, cela permet de constituer un profil individuel à partir duquel les autorités peuvent faire des déductions ou vous suivre à la trace, car ces données sont consultables non seulement par les forces de l’ordre, mais aussi par l’armée. Cette base de données ne prévoit aucune protection: il n’y a pas de contrôle sur l’accès aux données ni de garanties concernant leur utilisation.

L’argument de la lutte contre les disparitions interroge : les cartels vont simplement prendre des dispositions pour ne laisser aucune trace, ce qui pourrait en réalité freiner les efforts pour retrouver les victimes et lutter contre les disparitions forcées.

 

La Cour de cassation pénale a annulé la décision de la juge argentine María Servini qui avait révoqué la détention à domicile de Leonardo Bertulazzi, ordonnant sa détention en prison pour risque de fuite. Le recours de la défense de Bertulazzi a été accepté, et l’on attend maintenant une nouvelle décision qui prendra en compte son âge avancé et son statut de réfugié toujours en vigueur. Leonardo Bertulazzi, 73 ans, ancien membre de la colonne génoise Brigades rouges, avait été arrêté par la police fédérale argentine à Buenos Aires, le 29 août 2024 (photo — voir notre article). Son statut de réfugié avait été révoqué par le gouvernement argentin de Javier Milei et l’Italie avait demandé son extradition. Il attend désormais l’issue du recours contre l’annulation de son statut de réfugié, étape essentielle qui permettrait l’extradition.

Ancien membre du Front patriotique Manuel Rodríguez (FPMR), Mauricio Hernández Norambuena est un prisonnier politique malade et subit un régime carcéral particulièrement sévère (voir notre article). Le 3 juillet dernier, la Cour suprême a annulé la mesure limitant le nombre de personnes autorisées à lui rendre visite en prison. Selon la Cour suprême, la décision de la gendarmerie portait atteinte à la dignité du détenu et n’était pas suffisamment motivée. Ses soutiens ont accueilli cette nouvelle comme une première victoire qui pourrait être un point d’appui pour la défense des droits des personnes privées de liberté. 

15 salariés d’EDF-PEI (EDF Production électrique insulaire), grévistes à l’époque du black-out, ont été placés en garde à vue puis relâchés, entre lundi soir et mardi soir. Cela fait suite à une enquête ouverte pour « mise en danger de la vie d’autrui et dégradations de biens d’utilité publique », après la coupure généralisée qui avait touché l’archipel, le 25 octobre 2024. La veille, le 24, les alarmes ont été déclenchées dans la salle de contrôle du système électrique central de Jarry en Guadeloupe, et les moteurs thermiques ont été brutalement arrêtés, de sorte que les deux autres groupes électriques ont été désactivés, privant d’électricité l’ensemble du Département de Guadeloupe pendant plus 24 heures. La gendarmerie avait alors pris le contrôle de la salle des commandes.

La Cour suprême de justice argentine a autorisé mardi l’extradition vers l’Italie de Leonardo Bertulazzi, ancien membre des Brigades rouges. Suite à cette décision, il a été arrêté le 1er juillet lors d’une descente de police à Buenos Aires et transféré dans un centre de détention en attendant d’être emmené en Italie. Âgé de 73 ans, Bertulazzi avait été arrêté en août dernier (voir notre article) puis libéré en novembre et assigné à résidence. En Italie, Bertulazzi doit purger une peine de 27 ans de prison suite à une condamnation prononcée en 1997.

Mercredi 25 juin, Mauricio Hernández Norambuena, ancien membre du Front patriotique Manuel Rodríguez (FPMR), a été transféré au Centre de détention préventive de Santiago Sur après un long séjour à l’hôpital pénitentiaire de Rancagua en raison d’un grave problème de santé. Connu sous le nom de « Commandant Ramiro », il est âgé de 67 ans et a perdu 4 kilos soudainement après avoir présenté des symptômes tels que fièvre, sueurs, fatigue, douleurs musculaires intenses et crampes. Il est soumis à des mesures de sécurité strictes en étant surveillé en permanence par trois agents, notamment parce qu’il a participé à « l’Évasion du Siècle » du 30 décembre 1996 qui a profondément traumatisé les autorités chiliennes.

La famille de Hernández Norambuena a publié un communiqué exprimant son inquiétude face aux symptômes qu’il présente depuis des semaines et critiquant le peu d’informations fournies par les autorités. Le transfert a eu lieu quelques jours après cet avertissement. Parallèlement, plusieurs manifestations sont organisées pour exiger la libération du militant internationaliste condamné à plusieurs dizaines d’années de prison au Brésil et au Chili.

Les 57 militaires retenus par des habitants de la municipalité de El Plateado (voir notre article) ont été libérés lors d’une opération conjointe de l’armée et de la police colombiennes (photo), qui ont également capturé des ravisseurs présumés. La capture de ces militaires avait eu lieu dans le cadre de la grande offensive lancée par le président Gustavo Petro en 2024 pour reprendre le contrôle de cette zone connue sous le nom de Canyon du Micay, une offensive sans grand succès. La détention de militaires est une pratique courante dans les zones de conflit en Colombie pour dénoncer les effets de la sale guerre contre les civils — ces actions trouvent généralement une issue négociée. Des forces de guérilla soutiennent souvent, voire impulsent, ce genre d’initiatives.

Au moins 57 militaires ont été retenus dans le département du Cauca par des habitants locaux, avec l’appui de la guérilla, très certainement une dissidence des FARC. Il s’agit de quatre sous-officiers et 53 militaires de carrière. Ils ont été capturés dans le village de La Hacienda, municipalité d’El Tambo, département du Cauca, En mars, 29 membres des forces de sécurités avaient été capturés dans les mêmes conditions par le front Carlos Patiño, un groupe dissident des FARC (voir notre article), dans le district d’El Plateado, également dans le Causa. Ils avaient été libérés peu après (voir notre article)

Depuis bientôt trois mois des manifestations ont lieu en opposition à une réforme des retraites (article ici). La province de Bocas del Toro s’est embrasée jeudi, les autorités y ont décrété l’état d’urgence dès vendredi et suspendu les garanties constitutionnelles pour cinq jours. La mesure permet des arrestations arbitraires, des coupures d’internet et téléphonie mobile, ne garantit plus la liberté d’expression. À Bocas del Toro, la circulation est bloquée par les manifestants et la production de banane, principale exportation nationale, y est à l’arrêt. 1.500 policiers supplémentaires y ont été déployés une semaine avant le début de l’état d’urgence, amplifiant la colère des protestataires. La situation est tendue dans le pays, la réforme des retraites n’est pas la seule source de mécontentement. D’autres points provoquent aussi des manifestations, tel que la réouverture d’une mine de cuivre à ciel ouvert, la fermeture avait été obtenue de haute lutte fin 2023 (notre article ici et ici). Les manifestations antigouvernementales se sont intensifiées cette semaine, elles ont fait un mort, une trentaine de blessés, dont plusieurs policiers et ont conduit à plus de 50 arrestations.

C’est en donnant comme exemple les polices américaines et israéliennes, que le président de la République Javier Milei, a présenté son projet d’une nouvelle force d’investigation, véritable « FBI argentin », aux prérogatives élargies. Ses agents pourront mener des activités d’espionnage, ou procéder à des arrestations sans mandat judiciaire. Le décret n’est pas clair et pourrait ouvrir la voie à la criminalisation d’organisations, à la répression des manifestations, et à la surveillance numérique des réseaux sociaux. Coupes budgétaires, limitation du droit de grève, remise en cause de l’accès à l’avortement… La politique de Javier Milei est contestée en Argentine où les manifestations sont réprimées violemment et c’est dans ce contexte qu’est présentée cette réforme de la police.