En août 2001, un groupe d’activistes liégeois organisa une manifestation le 22 septembre 2001 à l’occasion du sommet des ministres des finances de l’Union européenne. En même temps, la police liégeoise demandait à un juge une autorisation de mettre les porte-paroles sur écoute (coûts 17.240€). Cette demande fut avalisée par un juge qui entama une instruction à leur égard pour ‘association de malfaiteurs’.

Faire partie d’une association de malfaiteur signifie faire ‘partie d’une organisation criminelle structurée de plus de deux personnes établie dans le temps, en vue de commettre des crimes et délits punissables d’un emprisonnement de 3 ans ou d’une peine plus grave pour obtenir, directement ou indirectement, des avantages patrimoniaux, en utilisant l’intimidation, la menace, la violence, des manoeuvres frauduleuses ou la corruption ou en recourant à des structures commerciales ou autres pour dissimuler ou faciliter la réalisation des infractions‘.

La manifestation fut autorisée et se déroula sans aucun incident. La mise sur écoute aurait dû tomber dans l’oubli du secret de l’instruction. Mais un autre juge, ayant pris en charge le dossier, réagit à l’abus manifeste opéré par son prédécesseur en envoyant le dossier devant la Chambre du Conseil. L’affaire fut ainsi rendue publique et les accusés purent prendre connaissance de la violation de leur vie privée (alors qu’il y a certainement beaucoup de dossiers d’écoutes qui tombent dans le secret des lois spéciales). En 2003, un non-lieu est déclaré et le procureur fit appel de cette décision! Pendant l’été 2006, trois ans après le premier non-lieu et cinq ans après les faits, les activistes ont reçu une nouvelle convocation devant la Chambre de mise en accusation du Tribunal de Liège. L’audience eu lieu le 14 février. Cas exceptionnel, le procureur (qui n’était pas celui qui avait demandé l’appel en 2003) refusa de suivre son prédécesseur et appela le juge à réitérer le jugement de 2003 déclarant le non-lieu. Dernier (?) épisode de la saga: les quatre personnes mises sur écoute ont entamé une procédure judiciaire contre l’Etat belge. Celle-ci a pour objectif d’influencer la jurisprudence sur l’utilisation des procédures d’exceptions, comme les écoutes téléphoniques, les filatures et la surveillance, afin d’exclure leur utilisation contre des militants politiques et syndicaux.

Informations sur le site www.missurecoute.be

Malgré le mauvais temps, la manifestation du 1er mai co-organisée par le Secours Rouge/APAPC comptait, au départ de la place Van Meenen, entre 200 et 250 personnes. Le cortège s’est terminé avec environ 300 personnes présentes place Rouppe.

Voir la vidéo du départ de la manifestation, à Saint-Gilles

Manifestation du 1er mai 2008

Manifestation du 1er mai 2008

Ce mardi 29 avril, la police a violement dispersé une manifestation pacifique appelant à la régularisation des sans-papiers. Environ 250 manifestants (deux tiers de sans-papiers et un tiers de militants sympathisants) s’étaient rassemblés devant l’Office des étrangers. Ils avaient plantés quelques tentes pour y rester la journée. Les policiers se sont fait de plus en plus menaçant et ont fini par procéder à l’encerclement complet des manifestants. Les interpellations ont commencé, parfois très violentes en cas de résistance passive. Au moins trois bus ont été remplis de manifestants interpellés. Ceux-ci ont été conduits dans les cellules du palais de justice. Le SAMU a du intervenir pour au moins un des interpellés. Un manifestant africain au moins a été passé à tabac, un autre serait sous mandat d’arrêt. A l’heure où nous écrivons ce compte-rendu (21h), grâce au témoignage d’un camarade du Secours Rouge qui vient d’être remis en liberté, plusieurs dizaines de manifestants restent enfermés. Les libérations se poursuivent sans que l’on sache si des sans-papiers ont été transférés au 129bis.

Vendredi 16 janvier 2009 au Centre social ‘La Chauve-Souris’, le centre social, le comité liégeois de soutien aux inculpés de Tarnac et le collectif Pneu organisent une soirée bénéfit en soutien aux inculpés de Tarnac… 2€ l’entrée. Avec Pierre Normal et Bruno Coeurvert, JB, Caniche Noir, Diamant ‘T’, Athome et Atka. Info, littérature et discussions durant toute la nuit.

62, rue Chauve-Souris à Liège (bus 53 et 61 à partir de la place St Lambert et bus 21 à partir de la place Cathédrale et de la rue St Gilles, arrêt St Gilles puis prendre la rue Chauve-souris).

Thierry Delforge

Thierry Delforge

Procès de Thierry Delforge

Procès de Thierry Delforge

Ce mercredi 12 décembre 2007 le procès du militant du Secours Rouge Thierry Delforge a connu sa conclusion à la 51ème chambre correctionnelle du palais de justice de Bruxelles. Une grosse soixantaine de militants avaient répondu à l’appel à la mobilisation, sur les marches du palais et à l’audience. Contrairement à la première audience, les sympathisants de Thierry se sont vus interdit l’accès à la salle. Le service de sécurité au palais de justice n’a laissé entrer l’assistance dans la salle d’audience qu’à la hauteur du nombre de places assises disponibles. Quinze sympathisants ont pu entrer, quelques dizaines d’autres se sont pressés dehors, ce qui a engendré une sérieuse tension avec les policiers (un camarade a été isolé pour une prise d’identité qui relevait de la pure manoeuvre d’intimidation). Pour en finir au plus vite avec cette affaire encombrante, le juge a commencé par le jugement relatif à Thierry.

Pour la prévention A (le bombage de solidarité avec les dockers emprisonnés), il y a eu ‘suspension du prononcé’. Cela signifie que le procès n’aura aucune conséquence pénale pour Thierry, sauf en cas de récidive, auquel cas cette affaire sera jointe à la nouvelle et elles seront jugées ensemble.

Pour la prévention B (port et transport d’armes – à savoir ses outils de jardinage) Thierry a été acquitté.

La ville de Bruxelles réclamait 250€ à Thierry pour le nettoyage de son mur. Elle en recevra cent, puisque le juge a estimé que le solde devrait être réglé par le tageur qui s’est activé sur le même mur, quelques temps après. Ce tageur (que l’on suppose activement recherché), devra aussi supporter la moitié des frais de justice. Les sommes réunies par la campagne de solidarité organisée par le Secours Rouge avec Thierry dépasse largement ce que ce procès coûtera à Thierry. A la sortie de l’audience, Thierry a déclaré que le solde serait utilisé à la solidarité, à commencer par les quatre militants et sympathisants du DHKC en jugement en Belgique. Pour rappel, le prononcé de ce procès d’une extrême importance aura lieu à la cour d’appel d’Anvers le jeudi 17 janvier 2007 (et non plus le 20/12). Mobilisons-nous!

Soirée de solidarité pour Thierry Delforge

Soirée de solidarité pour Thierry Delforge

Plus d’une centaine de repas ont été servis ce vendredi 30 novembre au Garcia Lorca lors de la soirée de solidarité financière organisée par le Secours Rouge pour Thierry. Le bénéfice net de la soirée est de 765 euros, (auxquels s’ajouteront les sommes que vous avez versées sur le compte du SR à cet effet), ce qui couvre largement les sommes dépensées jusqu’ici par notre camarade pour faire face au procès.

Le Secours Rouge remercie tous ceux qui, au-delà des divergences politiques, ont fait de cette soirée un succès, en venant et en amenant leurs proches. Tous nos remerciements aussi à l’équipe du Centre Garcia Lorca qui a rendu cette large démonstration de solidarité possible.

Nous espérons être aussi nombreux sur les marches du palais de justice de Bruxelles, le 12 décembre, à 13h30, et à partir de 14h00 dans la salle d’audience de la 50ème chambre correctionnelle pour le prononcé du verdict.

[rouge]Un militant du Secours Rouge condamné à 1 an d’emprisonnement avec sursis pour un bombage à Bruxelles en solidarité avec les dockers emprisonnés.[/rouge]

Calicot de solidarité

Calicot de solidarité

Ce mercredi 21 novembre s’est tenu à la 50e chambre correctionnelle le procès en opposition de notre camarade Thierry Delforge, condamné en première instance et par défaut à un an de prison dont six mois avec sursis. Une grosse septantaine de personnes s’étaient rassemblées sur les marches du Palais de justice pour marquer leur solidarité avec Thierry. Plusieurs dizaines d’entre elles ont suivi l’audience, au visible déplaisir d’une cour peu habituée à siéger devant (pour reprendre l’expression du juge) des ‘supporters’. Les relations entre la cour et l’auditoire étaient tendues. La procureur s’est signalée par une attitude provocatrice, refusant ostensiblement d’employer son micro, s’arrangeant ainsi pour n’être comprise que de ses seuls comparses.

L’avocat de Thierry a traité séparément les deux préventions. Il a exposé que Thierry assumait totalement la première (le bombage de solidarité) et a replacé cette initiative dans son contexte, c’est-à-dire dans la lutte contre la directive européenne de régression sociale dérégularisant le travail des dockers. Remarquant que l’infraction était mineure et qu’elle ne valait jamais, d’ordinaire, de poursuites devant les tribunaux (sans quoi les tribunaux n’en finiraient pas de voir comparaître les taggeurs), il a demandé la suspension du prononcé.

Pour la deuxième prévention, il a demandé qu’elle soit tout bonnement tenue pour nulle et non avenue tant elle était risible. Rappelons qu’il s’agissait de ‘transport d’armes prohibées’. Thierry a rappelé que la machette et la serpette étaient dans le coffre de sa voiture (il ne se trimbalait pas en ville une machette à la main !) et qu’elles lui servaient sur la petite parcelle de bois qu’il possède en Ardennes. L’avocat a établi que la machette venait de la quincaillerie de Couvin et la serpette du Brico, et qu’ainsi, il suffisait à la police d’établir un contrôle à la sortie du Brico pour remplir les tribunaux de personnes poursuivies pour ‘transport d’armes prohibées’…

La procureur a tenté d’expliquer que Thierry avait été poursuivi par une sorte d’automatisme judiciaire, parce qu’il n’avait pas voulu renoncer à ce que la police avait saisi. La police avait besoin d’une condamnation pour détruire les ‘armes’ en question. Thierry et l’avocat ont clairement mis au point qu’à l’origine de cet ‘automatisme’, il y avait un geste hostile et politique des policiers qui ont saisi comme élément à charge du matériel politique (drapeau, affiche) et qui ont identifié comme ‘armes’ ce qui était clairement des outils (des copeaux de bois y adhéraient encore). La police avait non seulement saisi ces deux outils mais aussi un drapeau palestinien, une affiche du Bloc Marxiste-Léniniste, un jerrican d’essence deux-temps (pour tronçonneuse), une boite d’allumettes et les mémoires du maréchal Molotov. La saisie du livre de Molotov et de l’essence devait résulter, a suggéré Thierry, d’une sorte de réflexe pavlovien policier (essence + molotov + allumettes). Mais le tout met clairement en évidence que Thierry a été ‘chargé’ par les policiers qui avaient, de plus, été particulièrement agressifs lors de l’interpellation.

[rouge]Verdict le 12 décembre. Maintenons notre solidarité![/rouge]

Thierry Delforge à l'entrée du tribunal

Thierry Delforge à l’entrée du tribunal

Compte-rendu de Thierry – format doc

Manif devant le palais de justice pour Thierry Delforge

Manif devant le palais de justice pour Thierry Delforge

Rassemblement pour Thierry Delforge

Rassemblement pour Thierry Delforge

Manif pour Thierry Delforge

Manif pour Thierry Delforge

[rouge]Rendez-vous. Soirée de solidarité[/rouge]

Ces poursuites ont déjà valu à Thierry plusieurs centaines d’euros de frais d’avocat. Acquittement ou condamnation, il ne faut pas que Thierry soit financièrement touché par cette affaire. Un repas de solidarité est organisé au Centre Garcia Lorca, rue des Foulons à 1000 Bruxelles, le vendredi 30 novembre à partir de 19h. Il s’agit simplement de manger ensemble, venez nombreux et amenez vos amis !

Vous pouvez également contribuer à son soutien en versant quelque argent au compte ‘solidarité communiste’ avec la mention ‘procès Thierry’. Compte solidarité communiste : 034-1827469-51

Tract pour Thierry Delforge

Tract pour Thierry Delforge

Rappel des faits

Début 2006, les dockers et les travailleurs de toute l’Europe se mobilisent contre une directive européenne qui autorise leur remplacement par les marins, sous-payés et doublement exploités, pour les travaux de charge et décharge dans les ports. Cette directive visait uniquement à augmenter encore les profits des grands armateurs, sans même fournir un bénéfice quelconque pour les travailleurs embarqués de pays non européens, avec lesquels les dockers déclarent d’ailleurs leur solidarité. Dix mille dockers étaient venus à Strasbourg de tous les ports de l’Europe pour protester, le 16 janviers 2006, contre cette directive. Ils avaient dispersé les policiers français et démoli la façade vitrée du parlement européen. Treize dockers, dont neuf belges, seront alors arrêtés. Un Comité pour la défense des dockers est rapidement mis sur pied à Bruxelles. La campagne de solidarité commence par plusieurs distributions de tracts. Elle se poursuit, le 6 février, par une soirée de soutien et, le 9 février, par un rassemblement devant la résidence de l’ambassadeur de France. Le Secours rouge/APAPC était parmi les forces fondatrices de ce Comité.

Le 21 janvier, la police de Bruxelles arrêtait notre camarade Thierry Delforge (alias ‘le professeur’) en compagnie de deux autres membres du Secours Rouge. Thierry est un militant politique et syndical bien connu. Membre actif du Secours Rouge depuis de nombreuses années, il est présent sur tous les fronts de la solidarité, de l’aide aux sans-papiers à la campagne pour l’acquittement des militants et sympathisants du DHKC poursuivis en Belgique. La police l’a accusé d’avoir participé au bombage du mur d’un entrepôt de la ville de Bruxelles, et a trouvé dans le coffre de sa voiture des couteaux d’abattage dont il usait pour des travaux de débroussaillage.

Le 28 mars 2007, au tribunal de première instance de Bruxelles, cela est devenu ‘destruction partielle’ du mur et ‘transport d’armes prohibées’. Le tribunal condamne Thierry (en son absence) à un an d’emprisonnement auquel il en sera sursis pendant cinq ans pour la moitié. Cela signifiait qu’il devait purger six mois de prison fermes. Thierry a fait opposition à ce jugement et doit repasser en procès.

Bombage en soutien aux dockers

Bombage en soutien aux dockers

Attendus du tribunal contre Thierry – format pdf

‘Allez sur Google… un instrument qui peut aussi bien servir à des dossiers judiciaires à charge (en Belgique et dans l’Empire) qu’un instrument de solidarité politique. Mon premier ‘chaulage’, je l’ai fait lors de la grande grève insurrectionnelle de l’hiver 60-61. Je suis un anti-US primaire, antifasciste, anti-impérialiste, anticolonialiste, internationaliste, antiréformiste, antirévisonniste, résolvant de la seule manière possible ces ‘antis’ (‘oui, mais concrètement, qu’est-ce que tu proposes?!!’) par la participation aux luttes populaires, et comitardes…, pour la révolution socialiste, pour la souveraineté populaire, celle qui garantit non pas seulement que ‘les hommes naissent libres et égaux en droits et en dignité’ mais ‘naissent et DEMEURENT libres et égaux…’ J’ai appris plus de la vie, au ‘Congo belge’, qu’ici et que dans les livres. Les coups qu’a reçu Lumumba, je les ressens encore. Issu de la moyenne bourgeoisie, j’ai, dans une certaine mesure trahi ma classe… L’action politique n’a pas de sens si elle ne s’exprime pas aussi par des actions concrètes, dont l’action syndicale quotidienne. La liberté d’expression, la liberté de débattre, de s’exprimer doit aboutir à l’action. Et la répression, sous toutes ses formes, n’est qu’un élément secondaire de la lutte de classe, élément dont il faut, évidemment, tenir compte. C’est pourquoi je suis aussi militant du Secours Rouge. Se défendre? Il n’y a de défense que collective. Assumer le ‘délit’ et le légitimer, plutôt que le justifier. Le caractère politique du ‘délit’ est clairement établi. Il doit figurer dans le jugement, quel qu’il soit.

Thierry Delforge à une manifestation