En mars 2010, les autorités françaises avaient interpellé huit hommes dans le cadre d’une enquête sur des attentats ou des tentatives d’attentat contre des agences immobilières, des terrains de golf et des villas perpétrés par le mouvement ‘Euskal Herria ez da salgai!’ (Le Pays-Basque n’est pas à vendre!) entre 2007 et 2009. Aujourd’hui, deux d’entre eux ont été condamnés à des peines de prison ferme. Mettin Olçomendy a été reconnu coupable de tentatives de destruction de biens par engins explosifs, fabrication et détention d’engin explosif et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et écope de cinq ans de prison ferme. Peio Irigoyen a quant à lui été condamné à quatre ans de prison dont un avec sursis pour association de malfaiteurs et détention d’engin explosif.

Hier, en marge d’un défilé d’élus de Bayonne et de Pampelune, le collectif ‘Baionako Gazteak’ (Jeunes de Bayonne) avait organisé un rassemblement pour dénoncer la torture dans les prisons espagnoles. Une quarantaine de jeunes étaient réunis lorsque la police est arrivée, entraînant une bousculade. Selon plusieurs témoins, quelques nouveaux policiers se sont approchés des jeunes avant de les frapper. Des policiers en civil étaient également présents et ont assailli les manifestants. A la suite de cette altercation, deux jeunes ont été interpellé. Ils ont été placés en garde à vue pour avoir pris à partie, frappé et molesté des policiers. Les autorités ont en outre ajouté ce matin qu’elles les soupçonnait d’être membre du collectif Segi (mouvement de jeunes indépendantistes violemment réprimé pour ses prétendus liens avec ETA). Les deux jeunes sont en garde à vue pour 24h, renouvelable 24h.

A la mi-juillet, la chambre d’instruction avait reporté l’examen du MAE visant Daniel Derguy, dont les autorités espagnoles réclament la remise pour des faits de terrorisme en lien avec l’ETA. Aujourd’hui, le parquet général d’Agen a estimé qu’il pourrait ne pas être remis à Madrid si la cour d’appel considérait que les conditions en sont réunies. En liberté conditionnelle depuis 2008, il avait été placé en liberté sous contrôle judiciaire jusqu’à la décision française. Celle-ci devrait être rendue le 17 août prochain.

Daniel Derguy

Daniel Derguy

Dossier(s): Archives Pays-Basque Tags: , ,

En mai dernier, la France avait accepté de transférer, à titre temporaire, Garikoitz Aspiazu Rubina, alias ‘Txeroki’ vers l’Espagne à la demande de la justice espagnole. C’était la première fois que la France remettait à l’Espagne un membre de l’organisation indépendantiste basque ETA en phase d’instruction judiciaire. Txeroki a finalement été jugé à Madrid par l’Audience Nationale, et condamné ce vendredi à 377 ans de prison. Le tribunal l’a jugé responsable de vingt tentatives d’assassinat terroriste et d’un délit d’actes terroristes.

txeroki.jpg

Mercredi midi, alors qu’elle déjeunait à Hernani, l’avocate Arantza Zulueta, qui a défendu les militants d’ETA, en liberté conditionnelle, a été arrêtée par la garde civile. Selon la presse espagnole fait un lien entre cette arrestation et la découverte ce mardi 12 juillet de trois caches d’armes à Baïgorry, (en pays basque français). Arrêtée le 15 avril 2010, en même temps que les avocats Jon Enparantza et Iker Sarriegi, lors d’une opération de la garde civile, Arantza Zuloeta avait été relâchée quelques mois plus tard après avoir payé une caution de 60 000 euros. L’avocate sera transférée à Madrid et comparaîtra jeudi devant un juge de l’Audience nationale.

arantza_zulueta.jpg

La cour d’appel d’Agen a décidé de remettre Daniel Derguy (ancien prisonnier et porte-parole du Collectif des Prisonniers Politiques Basques), sous le coup d’un mandat d’arrêt lancé par l’Espagne à son encontre. Il a comparu en liberté provisoire. Il sera soumis à un contrôle judiciaire qui l’obligera à se présenter tous les 15 jours au commissariat de police de Cahors, ville où il est assigné à résidence et où il fut arrêté le 6 juillet.

La chambre d’instruction a accepté le report de l’examen du mandat d’arrêt jusqu’au 27 juillet, à Agen. Les magistrats souhaitent obtenir des informations complémentaires relatives aux infractions que lui reproche l’Audiencia Nacional de Madrid, de même que les peines encourues et applicables en Espagne si Daniel Derguy est effectivement livré. Une autre question concerne l’éventuelle prescription de l’envoi postal que Daniel Derguy aurait réalisé en 1994 au nom d’ETA.

Le collectif contre le MAE qui appellent à manifester le 16 juillet à Bayonne.

Daniel Derguy, 51 ans, a été arrêté par la Brigade de recherche et d’Intervention de Bayonne à Cahors (Lot). Militant indépendantiste basque, membre présumé de l’ETA, Daniel Derguy était sous le coup d’un mandat d’arrêt européen et recherché par la justice espagnole pour « délits de terrorisme » et « appartenance à un groupe armé ou terroriste » et « tentative d’assassinat ». Il avait été laissé en liberté conditionnelle, en 2008, par les autorités judiciaires françaises.

La justice espagnole le recherche pour son rôle présumé dans la location d’une camionnette découverte chargée d’explosifs le 26 juillet 1993 à Castelldefells. Il est également soupçonné d’être lié à l’envoi d’une lettre piégée à une entreprise au Pays basque espagnol. La lettre avait pu être désactivée. Condamné trois fois à dix ans de prison pour ses activités présumées au sein de l’organisation basque, Daniel Derguy a passé douze ans en prison en France. Il doit être présenté ce matin au parquet général de la cour d’appel, à Agen et pourrait être traduit devant la chambre d’instruction dans un délai de cinq jours avant d’être, selon les suites judiciaires probables, livré aux autorités espagnoles.

Dossier(s): Archives Pays-Basque Tags: , ,

Un membre présumé de l’ETA, dont l’identité n’a pas été révélée, a été arrêté mercredi soir dans un village du département de la Dordogne (sud-ouest de la France) après une collision, tandis qu’un autre a pu s’échapper. La voiture conduite par cet homme âgé d’une trentaine d’années, dont l’identité n’a pas été révélée, était immatriculée en région parisienne et chargée de munitions et l’homme était armé.

L’homme, légèrement blessé, était jeudi matin en garde à vue à l’hôpital de Périgueux. Il devait être déféré rapidement devant la section antiterroriste du parquet de Paris. Le blessé et l’homme qui l’accompagnait, qui étaient à bord d’une Peugeot 307, ont volé une autre voiture de même modèle près de Jumilhac, et ont été poursuivis par les victimes du vol dans un autre véhicule. Une collision a eu lieu entre la voiture poursuivante et la 307 des etarras présumés.

Dossier(s): Archives Pays-Basque Tags: , ,

La militante basque Aurore Martin, qui fait l’objet d’un MAE émis par l’Espagne et dont la tentative d’arrestation par la police française, mardi, avait avorté, est présente dans la manifestation organisée samedi à Bayonne contre le MAE. L’ensemble des partis et syndicats de gauche, ainsi que tous les partis nationalistes basques, étaient visibles à cette manifestation qui regroupait près de 3.000 personnes autour des cris en langue basque tels que « liberté pour Aurore » ou « Aurore à la maison ». Aurore Martin défilait en tête de cortège aux côtés de nombreux élus.

Aurore Martin à la manifestation

Aurore Martin à la manifestation

Le front de soutien à Aurore Martin dépasse aujourd’hui très largement la gauche indépendantiste du Pays Basque nord, depuis que la jeune femme ait fait l’objet d’une tentative avortée d’arrestation dans un appartement de Bayonne hier après-midi. A celles de formations politiques locaux de tous bords (à l’exception du front national) ou syndicales, de nouvelles voix ont fait entendre fortement leur refus de voir cette militante basque livrée aux autorités espagnoles qui ont lancé un MAE contre elle pour « participation à une organisation terroriste », quand lui sont reprochés deux prises de positions publiques et un article concernant son engagement politique pour l’indépendance du Pays Basque. De nombreux élus et citoyens refusent que le gouvernement français s’acquitte « techniquement » d’un ordre d’extradition vers l’Espagne d’une citoyenne française (où elle risque une peine de prison de 12 ans).

Ce mercredi après-midi à Bayonne, de nombreuses figures locales auront relayé leur refus d’une « intervention policière brutale », « un retour aux heures sombres de notre histoire » ou « une attitude non républicaine » quand, pour le droit national, cette citoyenne française n’a commis aucun délit mais exercé son droit d’expression politique, nullement jugé illégal en France. Samedi 25 juin à 17h, place des Basques à Bayonne, une manifestation est convoquée qui demandera « la liberté pour Aurore Martin », « le respect des droits civils et politiques au Pays Basque » et l’abrogation du mandat d’arrêt européen. Toujours libre, Aurore Martin exclut de reprendre le chemin de la clandestinité. Après les propos hier du Ministre de l’Intérieur Claude Guéant, qui a confirmé la volonté de procéder à l’exécution de son extradition vers l’Espagne, son arrestation reste de fait imminente et permanente. Actuellement un cordon de militants basques et de citoyens se tient aux abords de la rue des Basques de Bayonne où eut lieu la première tentative de quelques policiers de la section anti-terroriste de Paris.