Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

À quelques kilomètres de Kobané, sur la rive occidentale de l’Euphrate, la ville de Jarabulus est aujourd’hui occupée par Daesh, après avoir été successivement occupée par l’Armée Syrienne Libre (FSA) et par le Front al-Nusra. La ville de Jarabulus est le principal point de passage djihadiste entre la Turquie et là Syrie, Erdogan a d’ailleurs toujours posé cette ville comme la frontière à ne pas franchir pour les YPG. La récente avancée des Forces Démocratiques Syriennes (QSD) à Manbij laisse Jarabulus comme une prochaine cible évidente (et apparemment fragile) dans la lutte contre Daesh. Ce 24 août, l’armée turque est massivement rentrée en Syrie avec 25 chars d’assaut dans une opération visant à rendre Jarabulus à la FSA, et surtout à la rendre imprenable pour les Forces Démocratiques. L’opération d’aujourd’hui est organisée conjointement par la coalition internationale (USA), l’armée turque et les groupes FSA soutenus par les deux précédents. Notons d’ailleurs le communiqué turc qui ne parle pas de Daesh mais de « groupes terroristes », l’opération a été baptisée « Boucliers de l’Euphrate ».

Edit: Des témoins dans les villes alentours affirment que l’opération n’est qu’un changement de drapeau, aucun civil ne fuyant la ville, aucune résistance de la part de Daesh,…

Edit 2: Sur la carte jointe on peut percevoir les enjeux que représente Jarabulus: la prise de Manbij a sérieusement rallonger la distance séparant Raqqa de la Turquie. La prise de Jarabulus par les QSD aurait été un sérieux coup porté à Daesh.

La route des aides djihadistes allant de Jarabulus à Al-Bab et de Al-Bab à Raqqa

La route des aides djihadistes allant de Jarabulus à Al-Bab et de Al-Bab à Raqqa

Le corps d’un homme, présumé être celui d’un maoïste, a été retrouvé mercredi après une opération anti-maoïste menée par les forces de sécurité dans les forêts denses du district de Sukma (état de Chhattisgarh). La police prétend que l’homme était un maoïste et qu’il aurait été tué mercredi dans une fusillade entre la guérilla et un détachement des forces spéciales de la police (STF) près du village de Bhejji, à environ 450 km de Raipur.

Le corps entouré de policiers de la STF

Le corps entouré de policiers de la STF

Depuis décembre 2014, des actions d’occupation de terres ont lieu du côté de Corinto, dans le nord du Cauca. Les communautés indígenas Nasa veulent de reprendre leurs terres ancestrales transformées en immenses champs de canne à sucre. Début 8 août, dans la zone rurale de Corinto, plus de 300 personnes avaient envahi la Hacienda García Arriba pour l’occuper. La police anti-émeute (Esmad) est intervenue et des affrontements ont eu lieu. Un des occupants Nasa a eu les doigts d’une main arrachés, vraisemblablement par l’explosion d’un engin artisanal. Deux autres manifestants et six policiers auraient été blessés.

Voir un photo reportage sur cette lutte

Affrontements entre Nasa et ESMAD dans le Cauca

Affrontements entre Nasa et ESMAD dans le Cauca

En 1938, Ho Chi Minh, futur président du Vietnam, est envoyé par l’Internationale Communiste en Chine en 1938 où il sert comme commissaire politique à la 8° armée communiste basée dans le Guanxi. En février 1941, après la défaite française face à l’Allemagne, il rejoint le Vietnam et fonde, en juin, la « Ligue pour l’Indépendance du Viêt Nam », le Viêt Minh qui combat à la fois les occupants japonais et les colonisateurs français.

Le 27 août 1942, lors d’un passage à Zurong (Tienpao, province chinoise du Guangxi), Hô Chi Minh est arrêté faute de papiers en règle. Il est emprisonné durant plus d’une année dans plus de 30 prisons de 13 districts du Guangxi, souffrant des mauvais traitements, des conditions de détention déplorables, et de maladies. Il est libéré en 1943.
Il en sort avec un petit calepin, avec une couverture bleue sur laquelle figurent 4 idéogrammes chinois signifiant Carnet de prison, agrémentés de 4 vers et d’un dessin montrant deux poignets enchaînés… Dedans, 133 poèmes en chinois composés entre le 29 août 1942 et le 10 septembre 1943, plus quelques notes : le témoignage de son emprisonnement.

La couverture du

Cette autobiographie en vers, Ho Chi Minh en est à la fois l’auteur et le principal protagoniste. En préface, il a écrit: «La poésie, ce n’est pas ma passion; mais que faire en prison? Je compose des vers pour passer les longues journées; en attendant le jour de la liberté».

Le Carnet de prison de Ho Chi Minh est un auto-portrait sincère, sensible et profonds. De poème en poème, Ho Chi Minh apparaît sous plusieurs facettes: le révolutionnaire, le prisonnier qui souffre, l’homme compatissant envers les plus vulnérables, le poète sensible à la nature :
Dans la prison, il n’y a ni alcool ni fleurs;
mais la beauté de la nuit ne peut laisser indifférent;
l’homme contemple la lune à la fenêtre;
la lune s’immisce à travers l’interstice pour admirer le poète

De l’humour aussi, caustique. Dans Gale ulcéreuse, il décrit ainsi l’épidémie dont souffre les prisonniers:
Nos corps sont pourpres comme s’ils étaient vêtus de brocart;
Nos mains grattent sans cesse comme sur une cithare;
Vêtus de brocart, tous les prisonniers sont des invités distingués;
Jouant de la cithare, tous sont des amis mélomanes.

En 1960, le Carnet de prison a été traduit en vietnamien. Aujourd’hui, il est accessible en plus de 25 langues. Une édition en français, partielle (72 poèmes et 3 illustrations), a été publiée en 1983 par les Éditions en langues étrangères à Hanoï.

Une édition disponible du
Une édition disponible du Carnet de Prison

Je descends vers Yong Ming par la route des eaux
Les pieds pendus au toit, supplicié d’un autre âge
Sur les rives, partout, denses sont les villages
Et légers, les sampans des pêcheurs sur les flots

Jusqu’au fleuve jadis vous m’accompagniez
A bientôt, vous disais-je, à la moisson prochaine
De nouveau la charrue a passé sur la plaine
Et moi, loin du pays, je suis un prisonnier

Ho Chi Minh en 1932, au moment de son emprisonnement par les Anglais à Hong Kong)
Ho Chi Minh en 1932, au moment de son emprisonnement par les Anglais à Hong Kong)

Vaste est la région, mais ingrate la terre
L’homme aime le labeur comme l’économie.
Ce printemps, parait-il, n’a pas reçu de pluie ;
Deux, trois gerbes rentrées sur les dix qu’on espère.

La rose s’ouvre et la rose se fâne
Sans savoir ce que la rose fait.
Il suffit qu’un parfum de rose
S’égare dans une maison d’arrêt
Pour que hurlent au coeur de l’enfermé
Toutes les injustices du monde.

Sous le choc du pilon souffre le grain de riz
Mais l’épreuve passée, admirez sa blancheur
Pareils sont les humains dans le siècle où l’on vit
Pour être homme, il faut subir le pilon du malheur.

Une veille…
une veille…
une troisième veille…
Pas moyen de dormir…
Je me tourne, angoissé…
Quatre, cinquième veille…
Est-ce un rêve ?
Est-ce une veille ?
Cinq branches d’une étoile enroulent mes pensées.

Livres neufs, bouquins anciens, grossièrement assemblés…
Couverture de papier vaut mieux que sans couverture,
Dormeurs des beaux lits princiers, à l’abri de la froidure,
Beaucoup d’hommes en prison passent la nuit éveillés !

L’équilibre au départ rend l’issue incertaine ;
La victoire finit par pencher d’un côté.
Bien préparer tes coups, garde ton plan secret
Et tu mériteras d’être un grand capitaine.

Je suis un homme honnête et mon âme est tranquille.
On me soupçonne d’être un chinois ténébreux !
Le chemin de la vie est toujours dangereux,
Mais vivre sa vie est moins que jamais facile.


Dix heures. La Grande Ourse effleure les sommets.
C’est l’automne. Un grillon chante son allégresse.
Qu’importe au prisonnier l’automne et ses ivresses ?
Le seul chant de son coeur : Revoir sa liberté.

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Un accord de cessez-le-feu a été conclu mardi entre le régime syrien et les forces kurdes après une semaine de combats meurtriers à Hassaka (voire notre article) sous les auspices des responsables militaires russes. L’accord prévoit que les forces du régime et les miliciens kurdes du YPG (Unités de protection du peuple kurde) se retirent de la ville et laissent le contrôle d’Hassaka aux Assayish (forces de sécurité du Rojava) et à la police gouvernementale.

Les Kurdes contrôlent aujourd’hui 90 % de cette ville tandis que les forces gouvernementales n’occupent que le centre où se trouvent les bâtiments gouvernementaux. Un échange de dépouilles, blessés et otages devrait également avoir lieu ainsi que l’ouverture de toutes les routes fermées par les combats. Dans lma ville, la situation est redevenue calme: des habitants s’étaient rendus au marché central pour faire des courses tandis que d’autres revenaient chez eux avec leur valises.

Les positions gouvernementales fortement réduites à Hassakah

Les positions gouvernementales fortement réduites à Hassakah

Un soldat a été tué et trois autres ont été blessés dans une embuscade à l’IED contre un véhicule militaire blindé dans la province de Sanliurfa. La bombe a explosé au moment du passage d’un véhicule militaire sur une route, dans le district de Viransehir, du sud de la province de Sanliurfa. Des policiers et ambulances ont été immédiatement dépêchés sur les lieux. Un commando du PKK a attaqué hier lundi la gendarmerie du district de Nazimiye à Tunceli, en s’infiltrant dans le dispositif de sécurité à bord d’un utilitaire. Un gendarme a été tué et trois autres blessés. Une opération a été lancée dans la région pour essayer d’intercepter le commando. Plus de 600 membres des forces de sécurité turques ont été tués dans des affrontements au Kurdistan nord depuis juillet 2015.

La gendarmerie de Nazimiye après l’attaque

La gendarmerie de Nazimiye après l'attaque

León Amadeo Reyes Rivero, surnommé « camarade Amadeo » et « camarade Ococha », a été capturé samedi vers 15h00 près du village de Azapampa, à deux kilomètres de la ville de Huancayo, capitale du Junin (région VRAEM). Dans les heures à venir, il sera transféré à Mazamari. Le « camarade Amadeo », 30 ans, était notamment recherché pour l’embuscade qui, la veille des élections générales du 9 avril dernier, avait coûté la vie à huit soldats et deux civils (voir notre article).

Opération antimaoïste dans la région VRAEM

Opération antimaoïste dans la région VRAEM

À Hasaka, l’une des deux villes du Rojava restée partagée avec le régime d’Assad, les YPG ont lancé tôt ce lundi une opération contre les forces loyalistes qui opèrent dans la ville (les milices NDF). Des tracts ont été distribués et les hauts-parleurs se sont allumés demandant aux milices « de rendre leurs armes ou de se compter pour mort », « à tous les éléments du régime, vous êtes là cible de nos unités ». Au cours de la nuit, les Asayish (forces de sécurité du Rojava) ont pris le contrôle de Ghwairan, un quartier arabe du régime. Ils s’apprêtent à présent à prendre le contrôle de Nashwa, au sud-est de la ville, où se trouve un complexe sécuritaire du régime.

Bataille de Hasaka

Bataille de Hasaka

Dans le Cauca, les enseignants sont en grève de puis 11 jours, ce qui affecte environ 200.000 étudiants. Ils ont manifesté vendredi dans la capitale provinciale, Popayan, mais des incidents ont eu lieu avec la police. La police a déclaré être intervenue pour prévenir une occupation par les manifestants du siège de la Procurature. Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes et les affrontements ont commencés. Le bilan de l’intervention policière est de 17 arrestations, y compris celle du dirigeant du syndicat ASOINCA, l’Association des Enseignants et Travailleurs de l’éducation du Cauca. Les enseignants ont été accusés de « dommages à la propriété du gouvernement » et détenus pendant plusieurs heures au siège de la police. Après une audience publique, ils ont été mis en liberté provisoire.

Les enseignants arrêtés à Popayan

Les enseignants arrêtés à Popayan