Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

En Algérie, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) a été écrouée, jeudi 9 mai, à l’issue de son audition par la justice militaire, dans le cadre d’une enquête pour complots contre l’Etat et l’armée visant le frère du chef de l’Etat déchu. Elle a été convoquée comme témoin en lien avec les responsables arrêtés ces derniers jours et elle se retrouve à son tour arrêtée.

Députée depuis 1997 pour le PT, un parti d’inspiration trotskiste fondé en 1990 lors de l’ouverture au multipartisme, Mme Hanoune a été candidate aux élections présidentielles de 2004, 2009 et 2014, toutes remportées au premier tour avec plus de 80 % des votes par Abdelaziz Bouteflika. Elle a obtenu son meilleur score en 2009, en arrivant en deuxième position avec 4,22 % des voix. Mme Hanoune a été accusée par une partie du mouvement actuel de contestation populaire contre le régime, de faire le jeu du système en participant aux élections, largement frauduleuses.

Louisa Hanoune

Louisa Hanoune

Des habitants de Los Olivos, capitale du district du même nom (province de Lima), ont essayé de prendre d’assaut le siège de la municipalité tôt mardi matin, entraînant une forte intervention policière. Ils sont menacé d’expropriation par le grand programme municipal My Housing Confraternidad. Plusieurs unités de la police nationale du Pérou (PNP) ont dû être présentes pour les empêcher de pénétrer dans les locaux utilisant la force et des gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

Les incidents devant la mairie (capture d’écran)

Les incidents devant la mairie (capture d'écran)

Des heurts ont éclaté lors de la manifestation des « gilets jaunes ce mercredi 8 mai à Toulon. Plus de 2000 personnes ont défilé et la situation s’est tendue en arrivant dans le quartier du Mourillon. Un groupe de manifestants masqués a voulu quitter le parcours officiel et s’est faufilé dans les petites rues. C’est là que les affrontements ont éclaté avec les forces de l’ordre. Un pavé a été jeté sur les policiers qui ont fait usage de gaz lacrymogène. Une personne a été interpellée pour jet de projectile.

La manifestation de toulon

La manifestation de toulon

Jeudi 9 mai, Chelsea Manning a été libérée de la prison de Virginie où elle a passé 62 jours (dont un mois à l’isolement) pour avoir refusé de témoigner au sujet de ses liens passés avec WikiLeaks devant un grand jury fédéral dans le district est de Virginie. Cette libération n’est pas le fruit d’une victoire juridique. En avril, une Cour d’appel avait rejeté une requête déposée par son équipe juridique pour la libérer (voir notre article).

Cette libération intervient plutôt suite à l’expiration du mandat du grand jury jeudi. Son équipe juridique a cependant déjà reçu une autre assignation à comparaître qui exige qu’elle comparaisse devant un autre grand jury le 17 mai. Manning s’est engagée à ne répondre à aucune question et pourrait donc être remise en détention dès la semaine prochaine.

Le refus de Manning de témoigner est un acte de protestation contre les grands jurys en général qui ont toujours été utilisé pour «piéger et persécuter des militants pour des propos politiques protégés». L’immunité est imposée aux témoins du grand jury, ce qui leur enlève le privilège de ne pas s’incriminer et les prive de tout «droit de garder le silence».

Chelsea Manning

Chelsea Manning

Cinq guérilleros, dont trois femmes, ont été abattus lors d’un combat avec les forces de sécurité dans le district de Koraput (Odisha) mercredi après-midi. Le commissaire de police local a affirmé que la fusillade d’une trentaine de minute s’était déroulée dans une zone forestière vers 14h45. Il avait envoyé ses hommes dans la zone dès le matin après avoir été informé de la présence d’une brigade maoïste. Quatre brigades du Special Operation Group furent impliqués dans cette action de contre-insurrection. Trois des maoïstes abattus étaient activement recherchés par les autorités qui les accusaient d’avoir pris part à diverses actions attribuées au PCI(maoïste). Leurs corps ont été retrouvés sur les lieux. Les soldats ont également saisis quatre armes ainsi que des chargeurs solaires ainsi que des paquetages.

Guerilleros maoïstes

Guerilleros maoïstes

Mercredi 8 mai, le tribunal correctionnel de Bruxelles a accordé la suspension du prononcé à un militant qui avait détourné des écrans publicitaires en 2016. Il avait piraté le système et changé les messages pour en diffuser d’autres, qui dénonçaient les traités de libre-échange TTIP et CETA (voir notre article).

Le tribunal a estimé que le militant avait commis l’infraction de piratage informatique en s’introduisant illégalement dans les système des panneaux publicitaires électroniques. Compte tenu de l’ancienneté des faits et de l’absence d’antécédents judiciaires, le tribunal lui a accordé la suspension simple du prononcé de la condamnation durant deux ans. La procureure, elle, avait requis une peine d’amende de 12.116 euros.

L’écran Place De Brouckère

L'écran Place De Brouckère

Lundi 6 mai, Thomas, un Gilet Jaune incarcéré à Fleury-Mérogis, a revendiqué dans une lettre « un usage juste de la violence ». Il est en prison depuis février, accusé d’avoir participé à des dégradations sur des voiture de luxe et de police ainsi que d’avoir lancé des projectiles sur la police durant l’acte XIII du mouvement (voir notre article).

Dans sa lettre, il rappelle les nombreux emprisonnements de Gilets Jaunes ainsi que les nombreuses brutalités et mutilations policières subies par ses camarades. Il admet également que « dans certaines situations, le conflit est nécessaire ». Il assume une partie des actes qui lui sont reprochés en étant pleinement conscient que cela lui vaudra de rester plus longtemps en prison.

Il conclut, en parlant du mouvement Gilet Jaune que « Ni la matraque, ni la prison ne semble arrêter ce mouvement. Je suis de tout cœur avec ceux qui continuent. »

Le restaurant de luxe Le Fouquet’s en train de bruler durant l’acte XIII des Gilets Jaunes

Le restaurant de luxe Le Fouquet's en train de bruler durant l'acte XIII des Gilets Jaunes

07/05/2019

Inde: Redditions

Deux guérilleros maoïstes ainsi que quatre membres d’une milice du parti se sont rendus ce lundi dans l’état d’Andhra Pradesh. Les deux hommes ont été identifiés, et d’après les autorités, ils auraient été partie prenante de diverses actions attribuées au PCI(maoïste) dans l’état. Tous deux avaient rejoint une milice en 2008 avant d’être promu et de suivre une formation armée leur permettant d’avoir une arme et de participer aux actions insurrectionnelles. Les miliciens étaient eux engagés dans des missions de fourniture de nourriture, de mobilisation de la population, de protection de guérilleros ainsi que de soutien au guérilleros dans la préparation d’actions armées.

Carte de l’Andhra Pradesh

Carte de l'Andhra Pradesh

Lundi 6 mai, quatre Gilets Jaunes ont été condamnés à deux ans de prison (dont 12 mois avec sursis) pour avoir incendier la barrière d’un péage dans la nuit le 15 décembre 2018 à Narbonne. Trois d’entre eux étaient jugés pour «détérioration ou dégradation du bien d’autrui par un moyen dangereux». Le quatrième comparaissait pour complicité, suspecté d’avoir fourni l’essence de sa moto pour l’incendie.

Le juge leur a signifié une interdiction de manifestation et de port d’arme pendant trois ans. Il les a en outre condamné à payer solidairement 288.000 euros à Vinci Autoroutes la et a ordonné leur maintien en détention.

Les quatre Gilets Jaunes avaient été arrêtés mi-février et devaient être alors jugés en comparution immédiate. Mais trois d’entre eux avaient demandé un délai pour préparer leur défense. Les quatre militants avaient alors été placés en détention provisoire en attendant leur procès.

L’incendie avait eu lieu le 15 décembre lors de l’acte VII des «gilets jaunes». Cet incendie était intervenu deux semaines après un autre feu plus important qui avait endommagé la même barrière de péage ainsi que des locaux de Vinci Autoroutes et ceux du peloton autoroutier de la gendarmerie. Au total 14 personnes avaient été arrêtées en janvier suite à ce premier incendie (voir notre article).

La préfecture de Haute-Loire, à Puy-en-Velay, incendiée par les Gilets Jaunes (archive)

La préfecture de Haute-Loire, à Puy-en-Velay, incendiée par les Gilets Jaunes (archive)