Mercredi 18 février, Gino et Zaid comparaîtront devant la Cour d’Appel de Paris pour statuer sur les demandes d’extradition : la Hongrie réclame Zaid, tandis que l’Allemagne demande Gino, malgré le refus de la justice française d’appliquer le mandat d’arrêt hongrois l’an dernier. Le Comité Solidarité Budapest appelle à se rassembler à 13h devant le palais de justice, chambre 5, pôle 7, pour manifester notre solidarité avec les antifascistes et s’opposer à l’extradition de ces militants.

En Allemagne, plusieurs structures antifascistes dénoncent des fermetures de comptes bancaires décidées sans explication par Postbank, notamment à l’encontre de quatre sections berlinoises de l’Association des persécuté·es du régime nazi – Union des antifascistes (Vereinigung der Verfolgten des Naziregimes – Bund der Antifaschist*innen, VVN-BdA), avec effet au 31 mars. D’autres organisations, comme la Deutsche Kommunistische Partei, Anarchist Black Cross Dresden et la Rote Hilfe e. V., ont également été privées de services bancaires ces derniers mois (voir notre article). Les structures concernées estiment que ces résiliations fragilisent concrètement leur fonctionnement en limitant leurs moyens financiers et s’inscrivent dans un contexte plus large de pressions politiques et judiciaires contre les milieux antifascistes.

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À Berlin, le détenu Andreas Krebs, incarcéré à la JVA Tegel, a mis fin le 13 février à une grève de la faim entamée le 26 janvier, pour raisons de santé, après 18 jours sans s’alimenter (voir notre article). Placé à l’isolement à la suite d’une fouille de cellule au cours de laquelle des drogues auraient été découvertes, des accusations qu’il conteste. Durant cette lutte, il a dénoncé une dégradation de ses conditions de détention : visites derrière vitre, appels limités, suppression des sorties et des aménagements de peine, absence de télévision, d’études, de courrier et de journaux. Poursuivi comme « principal dealer de la prison », il aurait également refusé ses médicaments essentiels et fait l’objet de menaces d’alimentation forcée.

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Dans les milieux militants allemands, une personne identifiée comme Marlen a couvert pendant huit ans le rôle d’un informateur, Dîlan S. (voir notre article), au sein du groupe Interventionistische Linke de Brême, malgré la connaissance de sa collaboration avec le Verfassungsschutz, le service de renseignement intérieur allemand chargé de la surveillance des extrémismes, depuis 2017. Bien qu’elle ait finalement révélé ces informations fin 2025, son silence prolongé a permis à Dîlan de continuer à infiltrer et à compromettre des structures de la gauche révolutionnaire régionales et nationales. La révélation de cette infiltration a également provoqué une action contre le directeur du service de renseignement (voir notre article).

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Lors de la 31ᵉ Conférence internationale Rosa Luxemburg, un message de Daniela Klette, ancienne militante présumée de la RAF (Fraction Armée Rouge), a été transmis. Retenu par les autorités, ce texte, finalement publié par junge Welt (voir ici), offre un témoignage direct de Klette sur sa situation carcérale, la répression étatique dont elle fait l’objet et sa vision de l’engagement contre le capitalisme et l’impérialisme. Voir ci-dessous un extrait traduit en français :

« Les problèmes causés par la crise du système capitaliste occidental vont être reportés sur les classes populaires par le biais de baisses de salaires, d’épargne et de réductions des services sociaux, de santé et d’aide sociale – malgré la certitude que cela entraînera la propagation de la pauvreté, des maladies et du désespoir.

En apparence, la prétendue communauté de valeurs occidentale s’appuie sur l’option militaire pour maintenir ou imposer sa puissance. Dans la perspective de cette politique du plus fort militairement, des millions d’êtres humains sont voués à devenir de la chair à canon – et ce, une fois encore, dans les pays d’Europe occidentale, comme nous l’avons déjà constaté lors des deux guerres mondiales déclenchées par l’Allemagne. Aussi irrationnelle que cela puisse paraître, la volonté de mener le monde au bord du désastre pour le profit d’une minorité relève de la logique du capitalisme : « le capitalisme porte la guerre en lui comme un nuage porte la pluie. »

Nombreux sont ceux qui sont emprisonnés dans des complexes pénitentiaires à travers le monde pour diverses histoires de résistance contre la folie du capitalisme. Mumia Abu-Jamal, prisonnier politique aux États-Unis depuis 44 ans ; Ahmad Saadat, prisonnier de la résistance palestinienne du FPLP en Israël ; les 24 de Filton – prisonniers du mouvement Palestine Action en Angleterre (en grève de la faim au moment de la conférence) ; les « 5 d’Ulm », Maja, Hanna et tous les autres antifascistes ; Andreas Krebs et ses camarades emprisonnés Marianna, Dimitra et Dimitris Chatzivasileiadis en Grèce ; les prisonniers des PCE(r)/GRAPO en Espagne et des BR en Italie, incarcérés depuis des décennies ; les camarades emprisonnés en Turquie, en grève de la faim depuis des mois contre l’isolement, la torture et les centres de détention spéciaux ; les camarades kurdes emprisonnés en Allemagne ; et les milliers de prisonniers sur tous les continents que je ne peux citer ici. Ils vivent tous au milieu de cette folie capitaliste. Ils ont tous besoin d’une perspective de libération sociale internationale et de l’espoir de liberté. »

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Baki Devrimkaya, étudiant·e et militant·e de Klassegegenklasse à Berlin, passe en procès en appel le 10 février pour avoir empêché pacifiquement un militant pro-Israël agressif de perturber une conférence de soutien à la Palestine organisée à l’Université Libre de Berlin (voir notre article). Bien que les accusations initiales d’antisémitisme et de coups et blessures aient été abandonnées, Baki a été condamné·e à une amende pour « entrave à la circulation », illustrant la criminalisation de la solidarité pro-palestinienne. Cette affaire s’inscrit dans un contexte de répression croissante contre les militant·es pro-palestiniens en Allemagne, suscitant un large soutien national et international pour la relaxe de Baki.

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Vendredi 6 février à Mainz, une mobilisation de soutien au Rojava n’a pas pu se transformer en manifestation, la police ayant interdit la présence de drapeaux YPG, ce qui a contraint les organisateurs à faire qu’un rassemblement statique. Les organisateurs ont dénoncé une décision « arbitraire et provocatrice », rappelant qu’aucune interdiction légale générale ne vise ces symboles en Allemagne. Face à l’exigence policière de retirer les drapeaux pour autoriser la marche, les manifestants ont choisi de maintenir le rassemblement sur place, brandissant leurs drapeaux et critiquant cette décision. L’action s’est conclue par des slogans de soutien aux forces kurdes et l’annonce d’une nouvelle mobilisation de solidarité prévue le lendemain à Mannheim.

Le gouvernement allemand envisage d’élargir les pouvoirs de ses services de renseignement face aux « menaces hybrides » extérieures et aux risques sécuritaires internes, avec davantage de moyens financiers, techniques et juridiques ainsi que des capacités offensives (cyberattaques, sabotage d’infrastructures, perturbation de communications ou riposte contre systèmes ennemis). Des responsables politiques souhaitent transformer certains organismes en services plus opérationnels et renforcer la coopération internationale, voire créer un réseau européen de renseignement. Parmi les réformes étudiées : intrusions secrètes à l’étranger, installation de balises ou sabotages d’équipements, possibilité pour des agents de commettre des infractions hors du territoire et recrutement élargi d’informateurs, le tout sous contrôle parlementaire annoncé mais suscitant déjà des débats politiques et juridiques.

Suite à l’arrestation de 96 socialistes et journalistes en Turquie (voir notre article), des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes européennes dans la soirée du 3 février à l’appel d’AVEG-KON et d’autres organisations. En France, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées Strasbourg Saint-Denis à Paris (photo) et la police est intervenue pour interrompre l’initiative. Parallèlement, d’autres initiatiaves ont eu lieu à Rennes et à Lyon, mais aussi en Allemagne (Leipzig, Aix-la-Chapelle, Cologne, Francfort, Darmstadt, Duisbourg et Stuttgart), à Vienne en Autriche, à Genève et Bâle en Suisse, à Bruxelles en Belgique et au Royaume-Uni à Londres et Manchester. Partout, organisations politiques, syndicales et de jeunesse ont dénoncé la répression, scandé des slogans antifascistes et révolutionnaires, rendu hommage aux militants emprisonnés et appelé à renforcer la solidarité et la résistance internationales face aux attaques de l’Etat fasciste turc.

Cinq militants basés à Berlin sont emprisonnés sans procès depuis septembre 2025 pour une action directe contre Elbit Systems à Ulm, entreprise d’armement impliquée dans la guerre à Gaza (voir notre article). Ils dénoncent de graves violations de leurs droits en détention (accès restreint aux avocats, nourriture et médicaments, courrier bloqué, isolement prolongé). Leur procès est attendu fin juillet 2026, avec une détention provisoire susceptible d’excéder largement les délais habituels. Une campagne de financement participatif a été lancée pour couvrir les frais non pris en charge (justice, détention, visites, mobilisation) : voir ici.