Le 13 janvier 2026 s’ouvre à Düsseldorf un vaste procès s’inscrivant dans l’affaire dite de Budapest, visant Paula, Nele, Emi, Moritz, Clara et Luca, accusés d’avoir participé en février 2023 à des affrontements avec des néonazis dans la capitale hongroise, en marge du rassemblement d’extrême droite du « Jour de l’honneur ». La justice allemande retient des chefs d’accusation lourds : violences aggravées, appartenance à une organisation criminelle et tentative de meurtre. Les six militants, en détention provisoire depuis qu’ils se sont rendus début 2025 après deux ans de clandestinité, comparaissent dans un procès ultra-sécurisé prévu sur 72 audiences jusqu’en janvier 2027, accompagné d’une mobilisation solidaire et de critiques sur une criminalisation de l’antifascisme.

Le 8 janvier 2026, le tribunal de Perpignan a prononcé l’abandon des poursuites engagées par le directeur de la police municipale de la mairie RN contre le journal indépendant l’Empaillé (voir notre article), poursuivi pour l’avoir qualifié de « caïd » dans une enquête publiée en octobre 2023 sur la politique sécuritaire et les méthodes de la police municipale locale. Les juges ont retenu un vice de procédure lié au non-respect du droit au silence lors de la mise en examen du directeur de publication, mettant fin à ce que le média dénonçait comme une procédure bâillon, sans examen du fond ni indemnisation des frais engagés.

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Le 9 janvier 2026, la justice française a condamné un agriculteur retraité de 74 ans à six mois de prison avec sursis pour avoir écrasé un œuf sur la tête de Jordan Bardella lors d’une séance de dédicace à Moissac fin novembre (voir notre article). Déjà condamné en 2022 pour un acte similaire contre Éric Zemmour, le prévenu a écopé de 1000€ d’amende, de 500€ de dommages pour atteinte à l’image et de 600€ de frais de justice, reconnaissant un geste politique mais qu’il a regretté, tandis que le parquet et la défense ont qualifié les faits de « violence pénale grave portant atteinte au débat démocratique ».

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En Autriche, sept militants antifascistes sont jugés à partir du 7 janvier 2026 devant le tribunal pénal de Graz dans le cadre du procès dit AntifaGraz25, où ils encourent jusqu’à 15 ans de prison pour « vol aggravé » et « association criminelle ». Les poursuites font suite aux mobilisations contre le bal académique de Graz en janvier 2025, événement réunissant des groupes et figures de l’extrême droite. Initialement qualifiés de vol et de violences, les faits ont été requalifiés par les autorités en infractions lourdes, accompagnées d’une vaste enquête du service de protection de l’État, de perquisitions violentes et de détentions prolongées, bien que la justice ait par la suite jugé ces perquisitions illégales et qu’aucune preuve matérielle n’ait été retrouvée. Dans ce cadre, plusieurs jours de mobilisation sont organisées dans la ville autrichienne (voir ici).

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Dans l’Etat espagnol, les plateformes anti-répression de Barcelone et de Ponent alertent sur la situation de prisonniers politiques antifascistes à travers le lancement d’un répertoire visant à empêcher leur invisibilisation. Cette initiative met en lumière une répression persistante exercée contre des militants engagés dans la lutte contre le fascisme. Face à cette réalité, les collectifs appellent à une solidarité accrue, notamment par l’envoi de lettres, afin de rappeler que la lutte continue derrière les barreaux et d’exiger une amnistie totale.

À Ljubljana, des antifascistes se sont rassemblé·es pour exprimer leur solidarité avec les militant·es d’Antifa Ost actuellement poursuivi·es en justice (voir notre article), affirmant leur soutien dans la lutte contre le néonazisme, le fascisme et toutes les formes de haine d’extrême droite. Cela intervient alors que l’antifascisme est de plus en plus largement criminalisée en Europe, tout comme aux Etats-Unis.

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Rexhino Abazaj, dit « Gino », militant antifasciste albanais de 33 ans, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire à Paris le 24 décembre, dans l’attente de l’examen d’un éventuel transfert vers l’Allemagne le 28 janvier. Visé par un mandat d’arrêt européen émis par la Hongrie suite à sa participation à une mobilisation antifasciste en janvier 2023 à Budapest, il n’avait pas été extradé par la France en raison de risques de traitements inhumains et d’un procès inéquitable. Un nouveau mandat, émis par l’Allemagne pour les mêmes faits, a conduit à son arrestation mi-décembre (voir notre article). Alors qu’il encourt jusqu’à dix ans de prison en Allemagne, son cas s’inscrit dans un contexte de criminalisation de l’antifascisme en Europe. La prochaine audience de Gino se tiendra le 28 janvier.

Les banques GLS et Sparkasse Göttingen ont résilié les comptes du Rote Hilfe, une organisation de soutien juridique de gauche en Allemagne, en lien avec l’inscription du groupe « Antifa Ost » sur la liste terroriste des États-Unis et sur la liste de sanctions du Trésor états-unien (voir notre article). Craignant des conséquences comme l’exclusion du système de paiement international SWIFT, les banques ont appliqué ces sanctions, après avoir interrogé le Rote Hilfe et sur la base d’une évaluation de risque jugée « élevée » par un prestataire privé, ce qui impose la fermeture des comptes sous deux mois. Cette situation rappelle celles similaires qui ont déjà eu lieu contre l’Anarchist Black Cross ou encore le DKP (voir notre article).

Imad et Daniel sont deux antifascistes qui sont emprisonnés depuis plus de 600 jours dans le cadre de l’affaire des 6 de Saragosse (voir notre article). Ils sont maintenus en détention malgré des situations judiciaires identiques à celles d’autres personnes récemment graciées pour la même affaire. Par ailleurs, l’un d’entre eux, Imad, a enfin pu commencer un suivi thérapeutique après plusieurs mois d’attente pour que ses troubles psychiques soient pris en charge en prison.

Emprisonné·e à Budapest en raison de son engagement antifasciste, Maja bénéficie de séances de soutien psychologique par téléphone, mais le temps d’appel limité à 80 minutes par semaine rend ces consultations insuffisantes, réduisant presque à néant ses contacts avec sa famille. Les promesses répétées d’améliorer ses conditions de détention n’ont pas été tenues. Ses soutiens soulignent qu’un transfert en Allemagne est jugé indispensable pour lui assurer un suivi adéquat et des droits fondamentaux respectés.