Depuis la signature du cessez-le-feu au Liban il y a près d’un an, Israël continue de mener des raids quotidiens dans le pays, sous le prétexte de vouloir détruire les infrastructures de la résistance libanaise. Plus récemment, l’occupation mène une campagne systématique, ciblant les ingénieurs qui inspectent et évaluent les dégâts, afin d’empêcher toute tentative de reconstruction dans les villages du Sud-Liban, d’où des centaines de milliers d’habitants restent déplacés de force. Au moins quatre ingénieurs ont déjà été tués par l’armée israélienne. Le 12 octobre 2025, l’ingénieur Tarek Mazraani, un militant du Parti Communiste Libanais et coordinateur d’un groupe de citoyens visant à défendre la cause des villageois déplacés du Sud-Liban, a été la cible de menaces émises par des drones israéliens déployés au-dessus des villages de Houla et Yohmor ainsi qu’au-dessus de la ville de Nabatiyeh.

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Militant du Parti Socialiste des Travailleurs (organisation trotskyste suspendue par le gouvernement en janvier 2022), Lyes Touati a été condamné 6 mois de prison ferme et à une amende de 100 000 dinars (400€). En cause, un post Facebook en janvier dernier dans lequel il dénonçait la répression contre des lycéens.

Le jour même du procès, la police avait procédé à l’interpellation d’un autre militant du MDS (Mouvement démocratique et social) suivie de la perquisition de son domicile pour avoir qualifié le président Tebboune sur la chaine El Magharibia « d’incompétent qui ignore les pratiques démocratiques ». Il s’en est sorti avec un contrôle judiciaire.

En 2023, un militant de l’organisation commniste Antitesi a été condamné à un an de prison pour incitation au crime par le tribunal d’Udine. Il a été condamné pour des propos tenus le 23 novembre 2019 à Udine, lors d’une manifestation dans laquelle il a dénoncé les guerres impérialistes et l’opération Reneta contre des anarchistes (voir notre article). Cette condamnation a récemment été confirmée par la cour d’appel de Trieste. La peine de prison a été commuée en une amende de 14 600 euros, payable en trente versements, sous peine d’emprisonnement ou d’autres mesures restrictives de liberté. 

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Le communiste marocain Aziz Menebhi est décédé dans la soirée du 23 août à l’âge de 75 ans des suites d’une longue maladie. Co-fondateur du mouvement marxiste-léniniste Ila Al-Amam (En avant) et président de l’Union Nationale des Étudiants du Maroc lors de son 15ᵉ congrès en 1972, il était un pionnier des contestations étudiantes et de la construction du mouvement communiste marocain au début des années 1970. Il est arrêté et emprisonné à plusieurs reprises par le régime réactionnaire marocain où il sera torturé. Il est par ailleurs le frère de la martyre Saïda Menebhi, communiste et poétesse morte à l’âge de 25 ans des suites d’une grève de la faim dans les prisons d’Hassan II en 1977. Exilé politique en France, il demeurera jusqu’à son dernier souffle un militant implacable pour la libération des prisonniers politiques au Maroc, notamment en président l’association Solidarité avec le Peuple Marocain à Nantes, et un fervent défenseur de la cause palestinienne et de Georges Abdallah. Un dernier hommage lui sera rendu jeudi 28 août 2025, à 10 heures, en la salle de cérémonie du Château de la Classerie (116 rue de la Classerie à Rezé en France) suivie de l’inhumation au cimetière de la Classerie.

En mai 2025, Harry Azaryan, étudiant à l’Université d’État de Saint-Pétersbourg, a été arrêté dans le cadre d’une affaire pénale pour « apologie publique et propagande du terrorisme ». En réalité, ce qui est en cause, c’est sa participation à un débat politique dans le cadre d’un cercle théorique sur le marxisme et son engagement au sein de l’organisation trotskyste « Рабочая власть » (Pouvoir Ouvrier). L’étudiant encourt jusqu’à sept ans de prison. En détention provisoire depuis son arrestation, celle-ci a été renouvelée jusqu’au 14 octobre prochain lors d’une audience le 13 août dernier où plusieurs soutiens étaient présents.

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Le mercredi 21 mai, au lendemain de l’élimination de 15 commandos C-60 par des naxalites dans le district de Gadchiroli, Maharashtra, le Parti Communiste d’Inde (Maoiste) a perdu son secrétaire général, Nambala Keshava Rao, et 26 autres guérilleros lors d’un affrontement avec les forces de sécurité dans la forêt d’Abujhmad, au Chhattisgarh. L’opération a été menée conjointement par la District Reserve Guard (DRG), la Central Reserve Police Force (CRPF) et le Commando Battalion for Resolute Action (CoBRA), après 70 heures de randonnée dans la jungle, une zone connue des guérilleros sous le nom de « Mad ». Au cours de l’affrontement, un policier a été tué et un soldat a été blessé par les guérilleros.

Au total, 214 cachettes et bunkers des Naxalites ont été détruits au cours de l’opération. Parmi les objets saisis figurent 450 engins explosifs improvisés, 818 obus BGL, 899 paquets Codex, plusieurs détonateurs et d’autres matériaux explosifs. En outre, environ 12 tonnes de nourriture ont été récupérées. Cette opération a eu lieu après la conclusion de l’Opération « Forêt sombre » (voir notre article) et fait partie d’un plan plus large du parti BJP au pouvoir visant à « éliminer le naxalisme » en Inde d’ici le 31 mars 2026. Ces opérations ont été largement condamnées en raison de la militarisation intense des communautés adivasi et des assassinats extrajudiciaires d’adivasis et de communistes qui ont amené le PCI (Maoïste) à déclarer un cessez-le-feu unilatéral dans le Telangana le 5 mai.

Nambala Keshava Rao (alias Basavaraj) a rejoint le mouvement naxalite dans les années 1970, et a commencé à s’entraîner à la guérilla dans l’Andhra Pradesh pendant cette période, devenant rapidement un commandant d’une cellule de l’ancien Communist Party of India (Marxist-Leninist) People’s War en 1980. En 1987, il a formé des combattants des Tigres de Libération de l’Eelam Tamoul (LTTE) au Sri Lanka et s’est ensuite fait connaître comme un maître des engins explosifs improvisés. Après la formation du PCI (Maoïste), il a été responsable d’un certain nombre d’attaques de grande envergure contre l’armée indienne, notamment l’embuscade de Dantewada en avril 2010, au cours de laquelle 76 policiers indiens ont été tués par les maoïstes. L’embuscade du mardi 20 mai à Gadchiroli serait la dernière action qu’il a organisée.

Basavraj est devenu secrétaire général du PCI (Maoïste), en novembre 2018 lorsque le premier secrétaire général du parti, Muppala Lakshmana Rao (alias Ganapathy), s’est retiré en raison de son âge avancé. Il a vécu dans la clandestinité de 1986 jusqu’à la fin de sa vie. Il avait 68 ans et faisait l’objet d’une prime de 18 500 000 roupies.

Le 7 mai, Rejaz Sydeek, journaliste indien et membre de l’organisation communiste « Democratic Student Association » a été arrêté par la police de la ville de Nagpur en vertu de l’UAPA (Unlawful Activities Prevention Act), alors qu’il se rendait à une conférence de presse à New Delhi pour soutenir les journalistes incarcérés en Inde. L’UAPA est un projet de loi composé d’une série de lois « antiterroristes » introduites en 1967, année de la révolte de Naxalbari. Plus de 97 % des personnes arrêtées en vertu de l’UAPA sont restées en prison sans que leur culpabilité ait été prouvée. Le gouvernement indien l’accuse de diffuser de la propagande anti-nationaliste, citant comme preuve sa possession d’un certain nombre de textes et de pamphlets révolutionnaires, ainsi qu’un poste Instagram dans lequel il condamnait le bellicisme de l’Inde dans le Cachemire occupé. L’un des documents trouvés en possession de Rejaz était une brochure du magazine maoïste Nazariya, qui condamne l’opération Kagaar menée par l’Inde contre les Naxalites. Il est actuellement encore détenu à Maharashtra, où il a été placé en détention provisoire jusqu’au 2 juin.

Rejaz Sydeek

Un ordre a été donné pour forcer Pablo Hasel à partager une cellule. Depuis qu’il est entré en prison en 2021 (voir notre article), il était seul dans une cellule grâce à la campagne de solidarité. L’enfermement dans une cellule individuelle est un droit reconnu par la législation pénitentiaire. Pablo a été clair : s’ils veulent le priver de ce droit, ils devront l’isoler.

Le 28 janvier, le Service de sécurité d’Ukraine (SBU) a arrêté cinq militants marxistes-léninistes du Front des Travailleurs d’Ukraine ( FRU ). Ils ont été interpellés sous le motif de: possession de matériaux communistes, possession de « littérature communiste illégale » (selon la loi), dont des documents de la Fondation Rosa Luxemburg (proche de Die Linke et du Parti de la Gauche Européenne ), appel à la résistance contre la conscription de la jeunesse ukrainienne et pour la fin de la guerre. En vertu de la loi qui interdit la propagande contre la guerre en Ukraine, ils risquent jusqu’à 15 ans de prison. Le Parti Communiste d’Ukraine est interdit depuis décembre 2015, ses dirigeants sont en exil ou en prison.

24 décembre 2024, Israël a prolongé la détention administrative de Khalida Jarrar pour une période de six mois supplémentaires. Son isolement carcéral a été prolongé jusqu’au 22 janvier 2025. Elle est détenue dans des conditions extrêmement difficiles dans une cellule de 2 mètres sur 1,5 mètre et un manque chronique de produits d’hygiène, de vêtements et de nourritures adaptées à ses problèmes de santé ( voir article ici )