Ahmed Maher, qui est à la tête du mouvement du 6 avril a été arrêté à l’aéroport du Caire alors qu’il rentrait des Etats-Unis. En 2011, c’est ce mouvement qui a mené les vagues de protestation contre Hosni Moubarak, mais aujourd’hui, il dénonce à nouveau le pouvoir mis en place suite à sa chute. Selon les autorités, Maher est accusé de ‘provocation’ suite à une manifestation en mars dernier. Les militants du mouvement du 6 avril avaient lancé des sous-vêtements sur le domicile du ministre de l’intérieur après avoir été victimes de répressions policières. Maher s’est vu confisquer son passeport et ordre a été donné qu’il soit incarcéré pendant quatre jours.

A l’occasion du cinquième anniversaire du Mouvement du 6 avril, diverses manifestations se sont déroulées à travers le pays. Ce collectif avait été crée après la répression policière meurtrière contre des grévistes à Mahalla en 2006. Ce samedi, les militants s’étaient entre autre rassemblés au Caire, à Alexandrie, à Mahalla et dans la province de Fayoum (sud). Partout la police a tiré des gaz lacrymogène pour disperser les rassemblement entraînant des affrontements, plus ou moins violents, entre les policiers et les manifestants. C’est à Mahalla que la réplique de la foule a été la plus intense. Un commissariat a été pris d’assaut avec des cocktails Molotovs. Par ailleurs, au moins huit personnes ont été blessées au Caire.

Au moins 22 policiers ont été blessés dans des attaques en Egypte scontre les deux postes de police dans les gouvernorats d’Alexandrie et de Beheira, au nord du Caire. A Alexandrie, 12 policiers ont été blessés quand 200 personnes ont tenté de pénétrer poste de police d’Al-Raml après un combat de nuit entre des partisans et des opposants du président Morsi. Au moins 13 assaillants ont été arrêtés.

Pendant ce temps, 10 autres policiers ont été blessés au Beheira de Wady el-Natroun poste de police, environ 150 personnes ont lancé des pierres à la gare et tenté de pénétrer dans elle jusqu’à ce que les hommes de sécurité a tiré en l’air et lancé des bombes lacrymogènes pour les disperser. L’émeute aurait suivi une bagarre entre grandes familles, l’une d’elle exigeant que la police arrête leurs adversaires.

Plus de deux cents personnes ont été blessées le 22 mars dans des accrochages entre pro et anti Frères musulmans dans la banlieue du Caire. Plusieurs sièges du parti «Horiya wal Adala» des Frères ont été attaqués et saccagés dans le Delta tandis que les abords du quartier général de la Confrérie ont été le théâtre de batailles rangées qui se sont étendues dans la nuit. C’est sur la colline du Mokatam qui domine Le Caire que les accrochages les plus violents ont eu lieu. Ils ont opposé les manifestants venus protester devant le quartier général des Frères musulmans et les militants de la Confrérie arrivés en bus des provinces.

Gourdins, machettes, pistolets artisanaux et pierres ont été utilisés dans une bataille qui s’est terminée à l’avantage des anti-Frères musulmans. Des manifestants qui ont été empêché par la police de s’approcher du siège des Frères par un barrage de grenades lacrymogènes. Le quartier général de la Confrérie est devenu la cible des révolutionnaires après l’agression la semaine dernière de Frères musulmans contre des dessinateurs de graffitis.Des jeunes femmes avaient été battues et des journalistes blessés devant le siège des Frères.

Egypte: Encore des émeutes au Caire

La police égyptienne, secouée par un mouvement de contestation sans précédent, a décidé de ne plus obéir aux ordres, ayant le sentiment d’être instrumentalisée par le pouvoir en place. « Nous suspendons notre travail sine die car nous refusons d’assumer la responsabilité des erreurs du gouvernement qui veut nous impliquer dans le conflit politique », a déclaré un colonel de police à Port-Saïd, « Toute la société est contre nous, elle considère les manifestants (tués dans les heurts) comme des martyrs, alors que nous n’avons même pas le droit de nous défendre ».

Les policiers veulent une loi établissant clairement leurs pouvoirs et leurs devoirs, et réclament des armes pour faire face aux manifestations violentes qui se multiplient depuis novembre. Le mouvement a débuté il y a plusieurs semaines par des manifestations isolées, mais depuis jeudi, des milliers de policiers se sont mis en grève à travers le pays. Pour essayer d’apaiser les tensions, le ministre de l’Intérieur a limogé vendredi le commandant de la police anti-émeutes et a nommé un nouveau chef. Ces derniers jours, la contestation s’est étendue aux Forces de la sécurité centrale (FSC, forces anti-émeutes). A Ismaïliya, sur le canal de Suez, les FSC ont refusé de se rendre dans la ville voisine de Port-Saïd, où les heurts entre policiers et manifestants ont fait une cinquantaine de morts, dont trois policiers, depuis fin janvier. Le gouvernement a dû faire appel à l’armée.

Ce samedi, un tribunal égyptien a confirmé la condamnation à mort de 21 personnes poursuivies suite aux émeutes s’étant déroulées en marge d’un match de football l’an dernier. Il a également prononcé une peine de prison à perpétuité à l’encontre de cinq autres accusés, tandis que dix autres ont été condamnés à quinze ans de prison et neuf à des peines allant de un à dix ans de prison. 28 autres accusés ont été acquittés. Le prononcé du verdict a entraîné de nouvelles manifestations au Caire et à Port-Saïd où la foule a perturbé le trafic maritime sur le canal de Suez. Au Caire, des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour dénoncer une justice corrompue et les violences policières. Des bâtiments appartenant à la police ont été incendiés et le feu s’est propagé au siège de la Fédération égyptienne de football qui se trouve à côté du club de la police. L’armée a menacé d’intervenir pour ‘sécuriser l’état’ alors qu’à Port-Saïd, des blindés ont été déployés. Trois manifestants ont été abattus par des tirs policiers sur le pont Qasr el-Nile tandis qu’un homme est mort asphyxié dans l’ambulance où il avait été transporté après avoir inhalé des gaz lacrymogènes tirés par les forces de l’ordre.

Incendie de bâtiments de la police au Caire

Incendie de bâtiments de la police au Caire

À deux jours du verdict dans la deuxième partie du procès concernant un match de football en marge duquel plus de septante personnes étaient mortes l’an dernier, de nouvelles manifestations ont eu lieu hier soir à Port-Saïd. Touché à trois reprises par des balles policières, un homme de 33 ans est décédé dans la nuit après qu’un médecin ait tenté en vain de le ranimer. Ce même médecin a déclaré avoir constaté au moins 73 blessés au cours de la soirée. C’est le septième décès à Port-Saïd depuis le début de la vague de protestation dimanche soir à l’annonce du transfert hors de la ville des 39 personnes détenues en ville dans le cadre de cette affaire.

Les manifestants égyptiens, qui demandent la libération de prisonniers, ont affronté la police pour le quatrième jour consécutif mercredi dans les rues de Port-Saïd, au débouché du canal de Suez sur la Méditerranée. Les émeutes ont commencé fin janvier après la condamnation à mort de 21 personnes, des supporters du club de football Al Masri de Port-Saïd, mises en cause dans une bousculade qui a fait 74 morts en février 2012 en marge d’un match de football au stade de la ville.

Les troupes armées ont tenté de séparer la police et les manifestants. Un soldat a dû être évacué après avoir été blessé par un tir de gaz lacrymogènes. « Le peuple veut renverser le régime, » ont scandé les manifestants qui demandent la libération de plusieurs de leurs camarades arrêtés mardi. Ces slogans étaient les mêmes que ceux scandés lors du renversement d’Hosni Moubarak, qui a laissé la place à un gouvernement élu dirigé par les islamistes. Depuis dimanche, les heurts ont fait six morts parmi lesquels figurent trois policiers et plus de 400 blessés.

Egypte: Quatrième jour d’affrontements à Port Saïd

Il y a quelques jours, les autorités égyptiennes avaient pris la décision de transférer hors de la ville 39 prisonniers attendant leur verdict, prévu samedi, dans un procès concernant des violences qui ont fait 74 morts après un match de football à Port-Saïd en février 2012. Depuis, la population de Port-Saïd descend quotidiennement dans les rues de la ville pour contester cette décision et dénoncer l’énorme présence policière. Hier, à nouveau, de violents affrontements ont opposé les manifestants et les forces anti-émeutes, gaz lacrymogènes contre cocktails Molotov. Des slogans anti-police ont été peints sur de nombreux bâtiments alors que de nombreux véhicules blindés avaient déployés dans toute la ville, en particulier autour des bâtiments publics et des locaux d’entreprises.

Au Caire également, des affrontements se sont déroulés entre les forces de l’ordre et des manifestants venus participer aux funérailles d’un militant tué en janvier lors de précédentes manifestations.

Emeutes à Port-Saïd

Les affrontements ont repris hier samedi à Mansoura, après les funérailles du jeune homme tué dans les affrontements de la veille. Le jeune avait été renversé par un véhicule de police. Les manifestants ont jeté des pierres et des cocktails Molotov sur les policiers, bloqué des rues et lapidé la prison. Les forces de l’ordre ont fait un usage massif de gaz lacrymogènes.

Egypte: De nouveaux affrontements à Mansoura