Aujourd’hui, 8 septembre 2024, la Central Reserve Police Force (CRPF – agence chargée de la lutte contre l’insurrection Naxaliste) a annoncé qu’elle déployait 4 bataillons (159, 218, 214 et 22ème) dans l’État de Chhattisgarh pour lancer une vaste opération contre la guérilla maoiste. Ces bataillons (comportant chacun environ 1000 agents) proviennent d’autres théâtres où la situation est jugée plus sûre par les autorités. Trois d’entre-eux ont ainsi été retiré du Jharkhand et un du Bihar. Les opérations se dérouleront dans la région de Bastar, à environ 450-500 kilomètres au sud de Raipur.

Combattants maoïstes

Neuf maoïstes ont été tués mardi 3 septembre dans un état du centre de l’Inde lors d’échanges de tirs avec la police. Les forces de sécurité continuent de fouiller la forêt à la recherche d’armes et de combattants communistes. Les maoïstes mènent la guérilla ayant fait des dizaines de milliers de morts depuis 1967 et affirment se battre pour les pauvres des zones rurales. Mi-juillet, douze combattants avaient été tués dans la région de Gadchiroli, l’un des dizaines foyers maoïstes des districts de l’est et de l’ouest de l’Inde. Des dizaines de milliers de membres des forces de sécurité sont déployés pour combattre la guérilla dans le « Corridor rouge », où les maoïstes sont en position dominante.

Les agents de la National Investigation Agency (NIA) ont arrêté samedi une personne accusée d’être activement impliqué dans le recrutement et la collecte de fonds pour le CPI (maoïste). Il s’agit d’Ajay Singhal alias Aman, originaire du district de Sonipat en Haryana, qui résidait à SAS Nagar, au Pendjab. La NIA l’accuse d’être responsable du comité d’organisation d’État du CPI (maoïste) à Haryana et activement dans les activités clandestines maoïstes dans les États du Northern Regional Bureau du Punjab, de l’Uttar Pradesh, de l’Uttarakhand, de l’Haryana, de Delhi et de l’Himachal Pradesh. Ajay Singhal s’était rendu au Jharkhand et au Bihar pour collecter des fonds auprès de Pramod Mishra alias Vanbihari, membre du comité central du CPI (maoïste), et de Sandeep Yadav, commandant/secrétaire du Bihar-Jharkhand Special Area Committee, selon la NIA qui a mené vendredi des perquisitions dans plusieurs endroits à Delhi, Haryana, Punjab et Uttar Pradesh.

Agents de la NIA (archives)

Dossier(s): Inde-Népal Tags: , ,

Leonardo Bertulazzi, un ancien responsable des Brigades rouges, a été arrêté jeudi 29 août en Argentine, où il vivait. Cette arrestation fait suite à la révocation de son statut de réfugié par le gouvernement argentin de Javier Milei et aux demandes répétées d’extradition de l’Italie. Le septuagénaire, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour homicide, attentat et séquestration, aurait appartenu à la section génoise « 28 Mars » des Brigades rouges. En fuite depuis 1980, Bertulazzi a été reconnu coupable d’avoir participé à l’enlèvement de l’ingénieur naval Piero Costa à Gênes en janvier 1977. Costa, membre d’une des plus riches familles d’armateurs génois, avait été libéré après le payement d’une rançon de 1,5 milliards de lires qui a servi à financer la guérilla. Une partie de cette rançon aurait été utilisée, selon les enquêteurs italiens, pour acheter l’appartement à Rome où Aldo Moro avait été retenu prisonnier avant son exécution. En 1987, Bertulazzi est condamné par contumace à une peine cumulée de vingt-sept ans de réclusion pour association subversive et appartenance à une bande armée. En 2022, il avait déjà été arrêté à Buenos Aires, avant d’être libéré quelques mois plus tard. La première ministre Meloni s’est félicitée pour cette arrestation.

Leonardo Bertulazzi, ex-membre des Brigades rouges

Leonardo Bertulazzi, ex-membre des Brigades rouges

L’impasse des négociations de paix et la crise de dialogue entre l’Armée de libération nationale (Eln) et le gouvernement ont débouchés sur la proclamation, par l’ELN, d’une « grève armée » dans la région bordant l’océan Pacifique, plus précisément dans le département du Chocó. Une grève armée signifie un couvre-feu permanent avec un gel de toutes les activités. Les guérilleros ont précisé qu’il s’agissait d’une action indéfinie.

Combattants de l'ELN

Combattants de l’ELN

Trois cadres maoïstes recherchés, pour la capture desquelles des primes avaient été promises par les autorités, ont été tués le 15 août près du village montagneux de Cabatangan (Iloilo) par les militaires de la 301e brigade d’infanterie. Vincente Hinojales était le secrétaire du Comité régional de Panay (KR-P), Maria Concepcion Araneta-Bocala était premier secrétaire adjoint du groupe et Rewilmar « Vivian » Torato Teodosio secrétaire du front central du KR-P. Jeudi 22 août, ce sont Joan Lacio « Mark » Encarnacion, 31 ans, et Jolina « Chloe » Martinez Sergio, 30 ans, (photo) respectivement vice-commandant et instructeur politique d’une unité de guérilla du Central Negros, qui ont été tué par les militaires du 94e btaillon d’infanterie à Barangay Buenavista, dans le Negros Occidental. Les deux cadres s’étaient mariés dans les maquis en 2017 et ils étaient recherchés par les forces de sécurité.

Dossier(s): Inde-Népal Tags: , ,

Vendredi 23 aout au matin, un véhicule de presse a été pris pour cible par un drone turc dans la province kurde de Sulaymaniyah (Irak). L’attaque a tué deux journalistes, Hêro Bahadîn et Gulistan Tara, elle a aussi blessé six autres travailleurs des médias. Le véhicule appartenait à Chatr Production, une société de médias opérant dans le sud du Kurdistan. Les journalistes travaillaient pour une émission de télévision.

La Turquie utilise des drones pour tuer des « ennemis » dans le sud du Kurdistan et dans la région du Kurdistan irakien (KRI). Les cibles des attaques sont des personnes que l’État turc associe au PKK. Plus de 110 attaques de drones ont déjà été enregistrées cette année, beaucoup ont eu des conséquences mortelles. Ces dernières semaines, il ne s’est pas passé un jour dans la région du KRI sans qu’une attaque ou un survol de drones turcs ne se produise.

La trêve entre le gouvernement colombien et l’ELN vient l’expirer. Cette dernière n’a, en effet, pas souhaité prolonger le cessez-le-feu dénonçant dans un communiqué le fait que le gouvernement ne respecterait pas les accords signés ces derniers mois lors des cycles de négociation tenus à Cuba, au Venezuela et au Mexique (voir notre article). La guérilla a exigé du gouvernement qu’il retire l’ELN de la liste des « groupes armés organisés » (GAO), qui inclut divers groupes armés et notamment les guérillas affichant un discours politique ou idéologique.

Suite à l’expiration de la trêve, le gouvernement a annoncé que les forces armées étatiques reprendraient prochainement leurs actions offensives contre l’ELN.

Combattants de l'ELN

Combattants de l’ELN

Depuis le 15 juin, l’armée turque a étendu ses opérations d’occupation dans les régions de guérilla du nord de l’Irak dans la province de Duhok. Depuis, des centaines de véhicules militaires, troupes et autres équipements lourds ont franchi la frontière avec le nord de l’Irak et ont été stationnés dans les zones de guérilla. Plus récemment, l’armée turque a aussi mis en place des points de contrôle et a procédé à des vérifications de passeports illégalement dans plusieurs villages de la région. En plus de cela le 25 juillet, “Parastin”, l’agence de renseignement du PDK et le service national de renseignement turc (MIT) ont établi un nouveau point de contrôle entre le centre de Duhok et la vallée de Qentara.

Face à cette intensification de l’offensive, le YJA Star (unités de femmes dans la guérilla) et le HPG (la guérilla du PKK) ont mené plusieurs attaques contre des soldats de l’armée turque au Kurdistan du Sud et bloqué l’avancée des forces d’occupation dans les zones stratégiques de la guérilla. L’installation d’un système de surveillance par caméra dans la zone de résistance de Girê Cûdî a été empêchée et le HPG a également rapporté deux actions de guérilla dans la région de Metîna. En parallèle de la résistance continue de la guerilla, les protestations de la population locale contre l’occupation par les forces turques se sont multipliées. À Behdinan, par exemple, les habitants ont bloqué une route pour protester contre l’offensive turque en cours et la collaboration du PDK. Certaines de ces manifestations ont été violemment dispersées par les forces peshmerga du PDK.

Depuis le 15 juin, l'armée turque a étendu ses opérations d’occupation dans les régions de guérilla du nord de l'Irak

Depuis le 15 juin, l’armée turque a étendu ses opérations d’occupation dans les régions de guérilla du nord de l’Irak

Mardi 16 juillet, le gouvernement colombien a mis fin officiellement au cessez-le-feu avec un front de l’État Major Central (EMC), dirigées par le commandant Ivan Mordisco (les combats avaient déjà repris dans les faits). L’EMC a été formé par d’anciens combattants dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) qui rejettent l’accord de paix conclu en 2016 avec l’État.

Cependant le cessez-le-feu se poursuivra pendant trois mois avec trois autres fronts : le front Gentil Duarte, le front Jorge Suarez Briceno et le front Raul Reyes.

En parallèle, la Segunda Marquetalia, l’autre dissidence des FARC (concurrente de l’EMC), a, de son coté, annoncé, il y a trois semaine, un cessez-le-feu unilatéral et la libération de ses prisonniers, à l’issue d’une premier cycle de négociation avec le gouvernement.

EMC-FARC

EMC-FARC