Après 61 jours de grève de la faim (voir notre article) , Jafar Azim Zadeh, militant ouvrier condamné à 6 ans de prison et détenu à la prison Evin de Téhéran pour son activité syndicale, a été libéré hier, 30 juin. Il ne s’agit encore que d’une libération provisoire.
Alors que s’ouvrait la 105e session de l’OIT à Genève, des proches et des militants ouvriers ont manifesté le 30 mai devant le parlement à Téhéran pour la libération de Jafar Azim Zadeh, militant ouvrier condamné à 6 ans de prison et actuellement détenu à la prison Evin de Téhéran pour son activité syndicale. Ce jour là, Jafar en était à son 33ème jour de grève de la faim, grève menée pour dénoncer la répression exercée en Iran contre les militants ouvriers et le silence complice des instances internationales comme l’OIT. Une manifestation similaire a également eu lieu le même jour à Sanandaj.
17 ouvriers ont récemment été fouettés en public dans la province de l’Azerbaïdjan Occidental (Iran) après avoir manifesté contre les licenciements de plusieurs centaines de travailleurs.
Samedi 14 mai, une centaine de gardiens en tenue anti-émeute noir ont fait irruption dans le quartier 21 de la prison de Gohardacht, qui est situé dans la ville de Karaj, au nord-ouest de Téhéran, où sont détenus les prisonniers politiques kurdes. Pendant cette attaque – qui a duré plus de deux heures – les gardiens ont battu les prisonniers avec des matraques et ont abimé ou détruit les objets personnels des prisonniers. Plus de 40 prisonniers politiques kurdes iraniens sont actuellement détenus dans le quartier 21 de la prison de Gohardacht.
Esmail Abdi, secrétaire de l’Association Syndicale des Enseignants Iraniens, a été libéré de la prison d’Evin le 14 mai sous caution. Il reste en sursis jusqu’à la finalisation de sa peine. Esmail Abdi et Jafar Azimzadeh, président de l’union libre des travailleurs iraniens, ont entamé une grève de la faim le 29 avril dernier (voir notre article). Jafar Azimzadeh est toujours en prison où son état de santé se serait fortement dégradé.
Le syndicaliste en grève de la faim Mahmoud Behechti Langaroudi, qui était à l’article de la mort après 22 jours de grève de la faim en Iran et plusieurs jours de grève de la soif, vient d’être libéré ce 11 mai de prison. Il se trouve chez lui dans un état de santé vraiment critique. Deux autres syndicalistes restent emprisonnés et en grève de la faim: Ismaël Abdi et Jafar Azim Zadeh, président de l’union indépendante des travailleurs iranien (voir notre article https://secoursrouge.org/Iran-Deux-syndicalistes-emprisonnes-vont-entrer-en-greve-de-la-faim).
Environ 16 militants syndicaux Kurdes ainsi que membres du Syndicat libre des travailleurs Iraniens ont été arrêtés au cours des derniers jours du mois d’avril 2016, dans les villes de Sanandaj et Saqqiz situées dans le Kurdistan iranien. Ils auraient été arrêtés dans le cadre d’une opération lancée par les forces répressives iraniennes, censées empêcher des actions et des protestations qui avaient été organisées précédemment pour le 1er Mai. Dans le Kurdistan Iranien comme dans le reste de l’Iran, les travailleurs se plaignent constamment des bas salaires et des retards de paiements de ceux-ci, des dégradations de leurs conditions de travail, des normes de santé et de sécurité jamais respectées par le patronat local, leurs protestations se concentrent également sur leurs droits à la retraite et leurs droit a pouvoir bénéficier d’assurance sociales correctes et équitables, droits qui ont été plus que rognés au cours de ces dix dernières année par les programmes économiques ultra libéraux régime des Mollahs.
Esmail Abdi, secrétaire de l’Association Syndicale des Enseignants Iraniens, a été arrêté le 27 juin. Il purge actuellement une peine de dix ans sur les accusations de «organisation et participation à des rassemblements illégaux », découlant de ses activités syndicales. Jafar Azimzadeh, président de l’union libre des travailleurs iraniens, un des organisateurs d’une pétition signée par plus de 4.000 travailleurs demandant des améliorations des conditions de travail et des hausses de salaire, a été condamné en mars 2015 à une peine de cinq ans de prison pour activités syndicales. Les juges lui ont également interdit de parler de son affaire aux médias étrangers comme nationaux et de toute appartenance à des groupes politiques ou syndicaux pendant deux ans à compter du premier jour de la fin de cette peine. Jafar Azimzadeh et Esmail Abdi commenceront une grève de la faim le 29 avril.
Cinq hommes, identifiés comme Amir Amini, Morteza Parvin, Maysam Jolani, Saleh Peachganlou et Mostafa Parvin, ont été fouettés le 6 avril dans une prison d’Ardebil. Un tribunal d’Ardebil les a condamné en novembre 2015 à trois mois de prison et 30 coups de fouet pour avoir levé cette pancarte pendant un match de football entre les équipes d’Ardebil et Hormozgan. On pouvait lire sur celle-ci « Abbas Lesani et les prisonniers politiques doivent être libérés. » Le verdict a été confirmé par la Cour d’appel du régime. Le 25 mars 2015, Abbas Lesani, un activiste, a été condamné à un an d’emprisonnement pour « propagande » contre le régime. Il purge actuellement sa peine dans la prison de Chiraz, au sud de l’Iran.
Dimanche, jour du Nouvel An iranien, un groupe de mères et de membres des familles des prisonniers politiques ainsi que leurs partisants se sont rassemblés devant la prison d’Evin. Dr Mohammad Maleki, le premier doyen de l’université de Téhéran post-révolution, a pris part au sit-in. Les forces de sécurité du régime ont attaqué et frappent les familles pour les obliger à se disperser.
Le père d’Atena Faraghadani, une jeune dessinatrice détenue à Evin, était parmi les personnes battues par la police. Atena Farghadani a été arrêté une première fois en août 2014 pour avoir dessiné une bande dessinée représentant les parlementaires du régime iranien comme des animaux passant des lois misogynes. Cette bande dessinée a été publiée après que des lois aient été adoptées pour que le Guide suprême décide de tout pour la population. Elle a été remise en liberté sous caution deux mois après. Après sa libération, elle a posté une vidéo sur YouTube dans laquelle elle dénonçait les mauvais traitements et les agressions contre les femmes dans les prisons du régime. Elle a été de nouveau arrêtée en janvier 2015 pour « complot contre la sécurité nationale », « activité de propagande contre le système » et « insulte au Guide suprême, au président, aux parlementaires, et aux agents de Pasdaran de la section 2A pendant son interrogatoire » et elle a été condamnée à 12 ans et 9 mois de prison.
Parents des prisonniers politiques devant la prison d’Evin
Parents des prisonniers politiques devant la prison d'Evin