Abdelahi Lajfauni, prisonnier politique sahraoui détenu à la prison centrale de Kénitra au Maroc, a souffert d’une intoxication alimentaire sévère provoquant vomissements sanglants, diarrhée, nausées et vertiges, sans recevoir de soins médicaux ni d’évaluation de son état. La famille dénonce une négligence délibérée et l’absence totale d’enquête de l’administration pénitentiaire, qui n’a pas pris de mesures pour déterminer les causes ni sanctionner les responsables. Après avoir exigé des comptes, Lajfauni a également subi insultes, menaces et représailles de la part du personnel de la prison, renforçant les inquiétudes sur le traitement systématique et l’impunité envers les prisonniers politiques sahraouis dans les établissements marocains.

À l’occasion de la Journée internationale des droits humains, des manifestations se tiendront le 10 décembre dans plusieurs villes du Maroc, à l’appel de Genz212, du Comité de soutien aux détenus et de nombreuses organisations, pour exiger la libération des prisonniers politiques, honorer les martyrs et réaffirmer l’espoir de liberté porté par la jeunesse marocaine. Un rassemblement est également prévu à Paris, Place de la République, à 18H30, afin de faire entendre la voix du peuple marocain en solidarité avec celles et ceux que l’on a enfermés pour leur engagement militant.

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Lors de manifestations organisées le 27 octobre dernier, plusieurs organisations sahraouies des territoires occupés ont réaffirmé leur rejet du projet de l’administration Trump qui voudrait faire adopter, ce jeudi 30 octobre 2025, une résolution aux Nations unies visant l’adoption dans les trois mois d’un plan dit « d’autonomie » favorable au royaume marocain, soutenu par Paris et Londres, mais fermement rejeté par le Front Polisario. Parallèlement, de grandes manifestations ont eu lieu dans les camps de réfugiés sahraouis. Ces mobilisations se déroulent dans un contexte de forte répression commise par les autorités marocaines dans les territoires sahraouis occupés.

Plus de 1 500 personnes font l’objet de poursuites au Maroc après les manifestations du collectif Gen Z 212, a indiqué, vendredi 24 octobre, une ONG locale. Un millier d’entre eux ont été placés en détention. Ils réclamaient de meilleurs services publics d’éducation et de santé. Sur ce total, 240 personnes ont déjà été condamnées par un tribunal d’Agadir, dont 39 à des peines comprises entre six et quinze ans de prison (voir notre article). Des centaines d’autres ont écopé de trois mois à un an de prison dans d’autres tribunaux. Les chefs d’accusation vont de l' »organisation de manifestations non autorisées » à « l’usage d’armes blanches » en passant par la « dégradation de biens » ou « outrage et violence envers des forces de l’ordre ».

Les unités de l’Armée de libération populaire sahraouie (ALPS) ont attaqué des positions de l’armée d’occupation marocaine dans les Sahara occupé. Des unités avancées de l’ALPS ont ciblé le 17 octobre le siège du commandement d’un régiment dans les secteurs de Guelta et le siège du commandement d’un autre régiment dans le secteur de Mahbès et bombardé le site de l’artillerie lourde dans la région de Tnouched dans le même secteur.

Samedi 18 octobre de 17h à 20h, un rassemblement était organisé place de la République à Paris en soutien au mouvement GenZ212 au Maroc, qui appelait à manifester le même jour dans toutes les villes du pays.
Une centaine de personnes ont répondu à l’appel en arborant des drapeaux amazigh, palestinien et marocain mais aussi des pancartes contre la répression du régime et une banderole pour la libération des prisonniers politiques.

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17 personnes ont été condamnées pour des faits de dégradation ou vandalisme à des peines allant de trois à quinze ans de prison suite à leur participation aux mobilisations pour exiger une éducation et une santé pour tous (voir notre article). En parallèle, le mouvement de contestation GenZ212 dénonce des arrestations arbitraires de manifestants pacifiques. Les associations de défense des droits humains soulignent leur difficulté à connaître le nombre de personnes détenues ou poursuivies par la justice.

Des protestations ont éclaté depuis la mi-septembre suite à la mort de femmes lors d’accouchements à l’hôpital public d’Agadir. Dans de nombreuses villes, des foules immenses manifestent à l’appel du collectif nommé « Gen Z 212 », des banques et des commissariats sont attaqués, la police est repoussée. La répression d’une extrême brutalité s’abat sur les contestataires avec l’arrestation de centaines de jeunes, mais cela n’a pas arrêté le mouvement. La police a tiré à balles réelles, tuant trois manifestants (voir nos articles ici, ici et ici), et a foncé en camion dans la foule, broyant les jambes d’un jeune homme. Une situation inédite depuis des décennies.

Ce jeudi 2 octobre, de nombreuses manifestations ont eu lieu dans tout le pays afin d’exiger une santé et une éducation de qualité et accessible à tous. La veille, des gendarmes ont tué trois manifestants lors d’affrontements, et plusieurs blessés sont à déplorer. Cela s’inscrit dans une vague de répression depuis près d’une semaine contre cette mobilisation de la jeunesse marocaine initiée sur différents réseaux sociaux (voir notre article).

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Depuis samedi 27 septembre, une importante mobilisation de la jeunesse se développe dans plusieurs villes marocaines pour exiger des réformes du système éducatif et des services de santé publique (voir notre article). Des manifestants ont incendié des banques, des grandes surfaces, ainsi que des voitures de police. Selon les autorités, plus de 400 personnes ont été arrêtées et des centaines d’autres ont été blessées. Par ailleurs, la police intervient de manière systématique et violente pour empêcher les rassemblements spontanés afin de contenir un maximum l’importante contestation.