Au Colorado, plusieurs organisations de défense des migrants et médias locaux dénoncent des pratiques choquantes lors d’opérations d’arrestation menées par l’ICE, après la découverte d’as de pique laissés dans au moins neuf véhicules de personnes interpellées. Ces cartes, portant la mention du bureau local de l’agence et les coordonnées d’un centre de détention, ont suscité une vive polémique en raison de leur symbolique : durant la guerre du Vietnam, certains soldats états-uniens utilisaient l’as de pique comme outil de guerre psychologique, le déposant dans des villages attaqués ou sur des corps pour semer la peur et marquer leur passage. Des vidéos diffusées en ligne montrant des voitures abandonnées moteurs allumés ont renforcé l’indignation et alimenté les critiques sur les méthodes employées lors de ces interventions.

Plus de 4.000 personnes ont été arrêtées depuis début décembre dans le Minnesota lors de l’opération fédérale « Metro Surge », menée par des agents de l’immigration et de la police aux frontières lourdement armés, que l’administration Trump présente comme une action de sécurité visant des “dangereux étrangers en situation illégale” et des “criminels”. Les meurtres policiers et les méthodes employées ont suscité une forte mobilisation populaire et des manifestations massives.

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Dans la nuit du 30 au 31 janvier, plusieurs militants ont été interpellés à Grenoble après avoir déployé une banderole dénonçant les crimes et les discriminations attribués à la police. Lors de l’intervention, les forces de l’ordre ont proféré des menaces physiques, évoquant notamment l’usage de LBD pour déloger les activistes perchés dans un arbre. Durant leur garde à vue, les personnes arrêtées dénoncent des entraves, comme le refus d’accès à des soins médicaux malgré des situations d’urgence. À l’issue de ces événements, trois militants font l’objet de poursuites judiciaires, avec un procès fixé au 19 janvier 2027 au tribunal de Grenoble.

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Le 31 janvier 2026, la marche organisée par le syndicat policier Alliance à Nantes pour soutenir la police a attiré moins de 100 participants, principalement des policiers hors service et des militants d’extrême droite, et n’a même pas pu se dérouler jusqu’à la préfecture. Parallèlement, un appel à contre-manifestation en hommage aux victimes de la police a été rendu impossible par un dispositif policier massif : contrôles de passants, barrages de rues et transports, et confiscation de pancartes.

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Selon une enquête du journal Le Soir, la FN America, filiale à 100 % de la FN Herstal, aurait fourni depuis 2009 des armes « à létalité réduite » FN 303 à des agences états-uniennes chargées du contrôle migratoire, notamment la Customs and Border Protection (CBP), pour un montant cumulé de plusieurs millions de dollars. Un contrat d’un million de dollars aurait notamment été signé en septembre 2025 avec la CBP, impliquée dans les expulsions de migrant·es sous l’administration Trump. La FN Herstal dément toutefois toute vente d’armes ou de lanceurs FN 303 à l’ICE, affirmant que les seuls contrats concernent des projectiles inertes ou de peinture, tout en reconnaissant des accords récents avec la police aux frontières et d’autres agences relevant du département états-unien de la Sécurité intérieure.

Le 27 janvier 2026, une performance artistique organisée lors d’une soirée étudiante à la Haute École des Arts du Rhin (HEAR) de Mulhouse a entraîné l’ouverture d’une enquête judiciaire pour « outrage » aux forces de l’ordre et au drapeau français. Au cours de l’événement, des étudiants ont frappé une piñata représentant un véhicule de police, tandis qu’un drapeau tricolore marqué de l’inscription « Police nationale » a été exhibé déchiré. Signalés par le préfet, ces faits ont suscité de vives réactions au sein de la droite et de l’extrême droite, qui dénoncent une « idéologie antiflics » et réclament des sanctions contre l’établissement. De leur côté, les participants défendent une performance politique et artistique visant à critiquer l’institution policière et les violences qui lui sont associées à l’échelle internationale.

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À Nanterre le 29 janvier dernier, les CRS ont procédé à l’évacuation d’une occupation pacifique menée par des étudiants sans-facs, l’UNEF et leurs soutiens, à la demande de la présidence de l’université. Cette intervention intervient malgré des propositions de médiation portées par des syndicats, des organisations étudiantes et des élus, qui réclamaient la reprise du dialogue. Les collectifs dénoncent un choix de la répression plutôt que de la négociation et appellent à de nouvelles mobilisations sur le campus pour défendre le droit d’étudier des sans-facs.

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Des agents de la police états-unienne de l’immigration (ICE) doivent être déployés aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina (6-22 février 2026) pour appuyer la sécurité de la délégation états-unienne, en soutien au service diplomatique des États-Unis. Officiellement, l’ICE affirme qu’aucune opération d’immigration ne sera menée sur le sol italien et que toutes les opérations resteront sous autorité italienne. Cette annonce a toutefois déclenché une vive polémique, dans un contexte marqué par des violences récentes impliquant l’ICE aux États-Unis, notamment à Minneapolis (voir notre article).

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Le groupe français Capgemini collabore avec la police fédérale états-unienne ICE pour identifier et localiser des migrants, via des contrats de « skip-tracing » pouvant atteindre 365 millions de dollars. Sa filiale américaine, près de Washington, gère également un standard téléphonique pour les victimes de crimes imputés à des étrangers. Cette coopération illustre le rôle des entreprises privées dans la politique d’immigration agressive de l’administration Trump.

Parallèlement, Gregory Bovino, responsable de la Customs and Border Protection (CBP), est devenu le visage de la militarisation de la lutte contre l’immigration, dirigeant des raids expéditifs et controversés à Minneapolis et dans d’autres villes. Critiqué après la mort de l’infirmier Alex Pretti, il a été décidé qu’il parte de la ville suite à la mobilisation croissante.

Les études sur le complexe industriel de la déportation mettent en lumière le fait que les actions de l’ICE (U.S. Immigration and Customs Enforcement) ne sont pas isolées, mais soutenues par un vaste réseau d’intérêts privés et financiers alimentés par l’argent public. Selon le document diffusé par le Department of Class Solidarity, des géants de la technologie comme Amazon (AWS) et Palantir fourniraient l’infrastructure numérique nécessaire au stockage des données et à la surveillance. Le système s’appuie également sur le soutien financier d’institutions bancaires telles que Bank of America, qui finance des entreprises de prisons privées comme CoreCivic. Enfin, l’infographie souligne l’influence de figures de la Silicon Valley et de l’industrie, notamment Elon Musk, Jeff Bezos et Peter Thiel, dont les contributions financières ou les outils technologiques joueraient un rôle clé dans le maintien et l’expansion de cet appareil de détention et d’expulsion.