Derkhshan Rahimi, prisonnière politique kurde, originaire de Sanandaj (Sînê), a été transférée, depuis 3 jours, du quartier des femmes de la prison centrale de Sanandaj vers un lieu tenu secret. Arrêtée le 27 juin 2025, pendant la guerre de 12 jours entre Israël et l’Iran, elle est accusée de « collaboration avec Israël » et d’« affiliation au Komala ». Des agents du CGRI avaient confisqué ses effets personnels, son téléphone portable et son ordinateur portable. Après trois mois de détention, Rahimi avait déjà été transférée le 19 septembre par les services de renseignement du CGRI dans le quartier des femmes de la prison centrale de Sanandaj. Lors de sa détention , elle s’était vue refuser l’accès à un avocat et aux contacts familiaux, laissant ses proches sans information sur son état.

Saman Mohammadi Khiyareh, prisonnier politique kurde, arrêté après les manifestations de 2009 à Sanandaj et incarcéré à la prison de Ghezel Hesar, a été exécuté aux premières heures de ce samedi 4 octobre. 6 autres prisonniers politiques détenus à la prison de Sepidar (Ahvaz) ont eux aussi été exécutés : Ali Mojadam, Mohammadreza Moghadam, Moein Khanfari, Habib Deris, Adnan Mousavi Ghobeishavi et Salem Mousavi.  Plus de 1 000 personnes ont été tuées par le régime iranien en moins de neuf mois en 2025.

Le prisonnier révolutionnaire Ayberk Demirdöğen est en grève de la faim depuis le  11 mars 2025, qu’il a transformé en jeûne jusqu’à la mort le 27 août 2025, pour dénoncer les prisons de « type puits » qui sont connues pour leurs conditions de détention inhumaines. Il a annoncé qu’il intensifierait ses protestations en arrêtant de boire de l’eau et du sucre à partir du 1er octobre. Il mène cette lutte au côté de Serkan Onur Yılmaz, également en jeûne jusqu’à la mort depuis plus de 300 jours (voir notre article), mais aussi plusieurs prisonniers révolutionnaires en grève de la faim illimitée.

De nombreux prisonniers révolutionnaires poursuivent leurs grèves de la faim pour exiger la fermeture des prisons S, R et Y dites « de type puits » et leur transfert vers d’autres prisons (voir notre article). Serkan Onur Yılmaz, détenu à la prison de type F de Bolu, a été enlevé et hospitalisé de force par l’administration pénitentiaire alors qu’il était au 318e jour de son jeûne jusqu’à la mort contre les prisons de « de type puits » et pour le transfert de huit prisonniers de la prison de haute sécurité d’Antalya vers une autre prison. Serkan Onur Yilmaz était pleinement conscient lors de son transport à l’hôpital et il s’oppose catégoriquement à toute intervention dans sa grève de la faim qui constituerait une violation des lois interdisant l’alimentation forcée. Suite à la diffusion de cette nouvelle, des manifestations spontanées devant des ambassades turques ont eu lieu en Europe, notamment à Paris (voir photo).

Arrêté le 28 juin 2024, le militant Arnulfo García Santos a été condamné le 3 septembre 2025 à une peine de 35 ans de prison et à plus de 2 millions de pesos de dommages et intérêts. Membre du Comité de base des familles triquis déplacées de San Miguel Copala et de Sol Rojo, il est faussement accusé d’homicide dans le cadre de la politique de criminalisation de l’organisation des Triquis, une population autochtone qui vit dans la région de Oaxaca et qui est opprimée par l’État mexicain. Depuis son incarcération, il est victime d’une politique de néglicence médicale, entraînant une perte de 80 % de sa vue.

Sur les 18 membres de l’ESP (Parti Socialiste des Opprimés) et du SGDF (Fédération des associations de jeunesse socialiste) arrêtés à Izmir lors d’une vaste opération policière (voir notre article), cinq ont été placés en détention alors que les 13 autres ont été libérés sous condition. Birkan Polat, Hıdır Ali Kılıç, Enes Güleli, Sezgin Zevkibol et Yağmur Apa ont été interpellés sur la base de faux témoignages d’un informateur.

Ancien prisonnier politique en France, le communiste libanais Georges Abdallah a apporté son soutien à la grève de faim de plusieurs prisonniers révolutionnaires contre les prisons S, R et Y dites de type puits, qui sont connues pour leurs conditions d’incarcération particulièrement inhumaines (voir notre article). En particulier, il a souligné l’importance de se mobiliser pour Serkan Onur Yılmaz et Ayberk Demirdöğen qui sont en jeûne jusqu’à la mort depuis respectivement 309 et 188 jours.

[…] Peut-être serait-il nécessaire d’affirmer à cette occasion qu’il ne s’agit plus seulement d’exprimer l’indéfectible solidarité avec les Camarades embastillé·es dans les geôles sionistes ou dans les geôles du fascisme en Turquie ou ailleurs de par le monde ; qu’il ne s’agit plus seulement de soutenir de toutes nos forces leurs justes revendications et saluer par là même la mobilisation en cours, autour de la grève de « la faim à tombeau ouvert » de nos chers Camarades. Peut-être serait-il temps d’affirmer que s’agissant de nos Camarades prisonniers qui font l’objet de politique de destruction systématique, toute expression solidaire n’a vraiment de sens dorénavant, que dans la mesure où elle consiste à mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires à l’expression pratique de la ferme détermination d’arracher nos camarades aux griffes de leurs criminels geôliers. Bien entendu, Camarades, il ne s’agit pas là d’affirmer haut et fort un quelconque devoir d’ordre moral envers nos Camarades captifs, il s’agit tout simplement de conjuguer les capacités des forces révolutionnaires (aux niveaux national, régional et à plus forte raison internationale) et d’inscrire en premier lieu la libération de nos Camarades, dans la dynamique globale des luttes réellement en cours ; autrement dit sur la base d’un internationalisme sans concession aucune eu égard aux strates bourgeoises opérant au sein du « bloc social historique ». […]

Fikret Akar est en grève de la faim illimitée depuis le 30 mars 2025 pour exiger la fermeture des prisons S, R, Y (les prisons dites de type « puits ») et de haute sécurité, ainsi que son transfert vers une autre prison après avoir été arbitrairement transféré le 1ᵉʳ février 2025. Au 166e jour de sa grève de la faim illimitée, sa femme a informé que les autorités pénitentaires lui ont imposé une pénalité de communication lui interdisant d’appeler ses proches jusqu’au 8 octobre.

Serkan Onur Yilmaz est un prisonnier révolutionnaire en jeûne jusqu’à la mort contre les cellules d’isolement de type S, Y et les prisons de haute sécurité. Aujourd’hui, il en est à son 306e jour et continue de refuser toute nourriture, à l’exception des liquides tels que l’eau et le thé, du sucre et de la vitamine B1 (uniquement pour éviter des lésions cérébrales). Alors qu’une journée internationale de solidarité était organisée au 300e jour de sa lutte (voir notre article), il a adressé une déclaration à ses soutiens.

Je tiens à adresser mes salutations sincères et mon affection à tous ceux qui ont payé le prix fort, travaillé dur, résisté et été détenus pour notre combat jusqu’à présent.

Au cours des 300 derniers jours, nous avons porté des coups puissants contre les différentes formes d’isolement ; nous avons hérité de l’héritage des 122 qui sont devenus immortels en résistant à l’isolement de type F, et nous avons tissé des liens avec les peuples du monde entier.

Nous avons transformé notre douleur et les tortures que nous avons endurées en résistance grâce à notre grève de la faim.

Le souffle que nous avons pris pendant 300 jours a étouffé les poumons de ceux qui ont imposé l’isolement. Désormais, chaque jour est une victoire.

Chaque jour où je poursuis la résistance signifie une défaite pour eux.

Nous avons toujours gagné ensemble jusqu’à présent, et nous gagnerons toujours ensemble à partir de maintenant. Que notre 300e jour de victoire soit béni ! »

Yılmaz Hun, député d’Iğdır du Parti DEM (Parti de l’égalité et de la démocratie des peuples), a annoncé que les détenus de la prison de haute sécurité fermée n°1 d’Erzurum Dumlu entameront une grève de la faim lundi 8 septembre pour dénoncer les atteintes aux droits humains et les mauvais traitements. Par exemple, les activités sociales, les sorties en plein air et les droits au traitement des détenus malades sont systématiquement refusés.