Anthony Graber vit dans le Maryland. Dernièrement, il a filmé un policier qui sortait son arme lors d’un contrôle routier et a posté sa vidéo sur YouTube. Pour ce fait, il pourrait être condamné à seize ans de prison s’il est reconnu coupable d’avoir violé la loi d’état sur les écoutes. La police américaine a tendance à être de plus en plus hostile envers les passants qui enregistrent ou filment ses agents. Mais ici, l’ampleur de la réaction de la police d’état du Maryland est sans précédent. Une fois qu’elle a appris que la vidéo se trouvait sur internet, la maison des parents de Graber a été perquisitionnée et quatre de ses ordinateurs ont été saisis. Graber a été arrêté et incarcéré. Cette répression est clairement une méthode d’intimidation violente car, selon son avocat ‘pour accuser Graber d’avoir violé cette loi (prévue pour protéger les communications entre deux parties), il faudrait déduire qu’un officier de police sur la voie publique, portant un badge et un uniforme, dans l’exercice de ses fonctions officielles, contraignant quelqu’un à s’arrêter, d’une quelconque manière a un droit d’intimité au moment où il entame sa conversation avec l’automobiliste’.

Trente prisonniers politiques mapuches détenus au Chili ont entamé une grève de la faim afin de dénoncer la loi antiterrorise à laquelle ils sont soumis. Cette loi, héritage du régime pinochétiste, est essentiellement appliquée dans les conflits politiques entre le gouvernement et les communautés mapuches. Cette loi entraîne des peines jusqu’à trois fois supérieures aux peines de droit commun et permet notamment que des civils soient jugés par des tribunaux militaires utilisant des ‘témoins sans visage’.

Une manifestation en soutien aux grévistes de la faim ainsi qu’en solidarité avec tous les prisonniers politiques de l’Etat chilien, pour l’abrogation de la loi antiterroriste et le respect des droits des peuples indiens se tiendra tous les vendredis à 17h devant l’ambassade du Chili, 106 rue des Aduatiques à Etterbeek (métro Montgomery). Le premier rassemblement a eu lieu cet après-midi. Notre Secours Rouge y a apporté une présence solidaire.

Trois membres présumés de l’ETA, actuellement en détention en France pour d’autres faits, ont été mis en examen dans le cadre de l’enquête sur la fusillade de Dammarie-lès-Lys qui a eu lieu le 16 mars dernier. Mikel Karrera Sarobe, suspecté d’être le numéro un de l’ETA, Arkaitz Aguirregabiria de Barrio et Joseba Urbieta Alkorta ont été mis en examen pour l’ensemble des chefs d’accusation suivants: homicide volontaire en bande organisée, détention et transport d’armes, recel de faux et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. De source judiciaire, on affirme que ce sont des analyse de traces recueillies sur les lieux de la fusillade qui auraient permis de remonter aux trois hommes. Ces trois mises en examen s’ajoutent à celle de Joseba Fernandez Aspurz, interpellé sur les lieux de la fusillade qui a fait état de son appartenance à l’ETA et est aujourd’hui écroué.

L’enquête de la section antiterroriste de la DIGOS sur les Cellules de Résistance Prolétarienne a débouché sur des perquisitions et l’arrestation de trois personnes: Patrizio Pietralunga 30 ans, , Fabrizio Sante Antonini 50 ans, (déjà impliquées dans des enquêtes pour des actions similaires menées entre 1999 et 2001, et revendiqué par les Noyaux Armés pour le Communisme, et Angel Liberati, 27 ans. L’enquête s’est basée notamment sur l’expertise scientifique des enregistrements téléphoniques de revendication et les images des caméras de vidéosurveillances proches des cabines.

Les CRP, qui font explicitement référence au projet des Brigades Rouges, sont connues pour l’envoi d’un colis piégés en juin 2007 à un producteur de cinéma, une tentative d’incendie et un incendie de concessionnaire FIAT (15 et 24 juillet 2008), une tentative d’attaque incendiaire contre l’Inspection du travail le 21 avril 2009, deux attaques à la bombe artisanale contre des sièges de partis politiques le 8 mai 2009, et l’explosion d’une bombe de forte puissante, le 20 janvier 2010, devant le siège de la police nationale à Montesacro.

Les trois militants basques détenus à la prison de Vivonne-Poitiers qui avaient entamé une grève de la faim au début du mois ont arrêté hier leur action de protestation. Maïté Aranalde, Joseba Fernandez Aspurz et Mattin Ozolmendi ont mené cette grève de la faim pour dénoncer leurs conditions de détention dans les prisons français ainsi que les entraves aux courriers et au droit de visite dont ils sont les victimes. Il semblerait que néanmoins, grâce à leur action, ils aient obtenu satisfaction. Une détenue basque devrait bientôt rejoindre Maïté Aranalde à Vivonne-Poitiers, tandis qu’un des hommes a appris qu’il serait bientôt transféré dans un ou établissement où se trouvent d’autres basques à Châteauroux. Une petite centaine de personnes s’étaient rassemblées hier en fin de matin pour manifester notre solidarité. Par contre, Arkaitz Agirregabaria et Mikel Karrera, qui sont à l’origine de cette grève de la faim n’ont quant à eux pas annoncé leur intention de l’arrêter, aucune décision les concernant n’ayant été prise.

L’avocate et activiste Lynne Stewart, 70 ans, vient de voir sa peine de prison prolongée de dix ans par la Cour d’appel, qui a estimé que sa première condamnation (deux ans et quatre mois) était insuffisante. Elle avait été condamnée en octobre 2006 pour conspiration et soutien au terrorisme et se trouvait en liberté conditionnelle jusqu’en novembre dernier, quand elle a été incarcérée. La justice américaine lui reproche d’avoir contrevenu aux mesures administratives spéciales du bureau américain des prisons alors qu’elle défendait le Cheik Omar-Abdel Rahman. Notons que ces mesures sont inconstitutionnelles car elles violent les premier et sixième Amendements de la Constitution américaine selon lesquels tout accusé a droit à un avocat et à être jugé par un jury d’Etat impartial dans l’Etat même où le crime a été commis et seulement pour ce crime. Ce n’est qu’après les événements du 11 septembre 2001 que ce qui jusqu’alors avait été considéré comme une erreur administrative de l’avocate, a entraîné sa condamnation. Cette condamnation alourdie équivaut, vu l’âge et l’état de santé de Lynne Stewart (elle souffre d’un cancer), à une peine de mort.

Lynne Stewart

Lynne Stewart

Le 2 juillet, parallèlement au rassemblement qui a eu lieu à Paris, une trentaine de militants se sont réunis devant le ministère de la Justice de Beyrouth afin de demander au gouvernement libanais qu’il intervienne auprès des autorités françaises pour obtenir la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Rappelons que le communiste libanais est emprisonné en France depuis 1984. Les manifestants n’ont pas pu rencontrer le ministre de la Justice comme ils le souhaitaient. Néanmoins, une petite délégation, dans laquelle se trouvait le frère du prisonnier, Joseph Abdallah, a été reçue par le directeur général du ministère et a pu lui remettre un mémorandum au nom de la Campagne Internationale pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah.

En 2001, les habitants d’Atenco s’étaient opposés victorieusement à la construction d’un aéroport qui les spoliaient de leurs terres. Ils ont dès lors continué à lutter et, en 2005, ont adhéré au mouvement zapatiste. En 2006, ils ont accompagné en partie la Karavane accompagnant le sous-commandant Marcos qui s’était donné pour objectif de rencontrer, dans tout le Mexique, les luttes d’en bas et à gauche. Les 3 et 4 mai 2006, quelques jours après le passage de cette Karavane à Atenco, une terrible répression s’était abattue sur ce village. Une manifestation avait été réprimée avec une sauvagerie inouïe, faisant deux morts, une trentaine de femmes violées, des centaines de blessés et plus de 200 prisonniers.

Après une longue lutte menée au Mexique (dont un piquet devant une des prisons qui a duré près de quatre ans) et ailleurs dans le monde ne restaient prisonniers «que » 12 personnes dont les peines allaient de 31 à 112 années de prison. La Cour suprême mexicaine a annulé
toutes les peines en considérant que les preuves utilisées pour les condamner ont été considérées comme illégales et ont été employées pour les accuser de délits qu’ils n’avaient pas commis. Elle a ordonné la remise en liberté immédiate de tous les prisonniers.

Affiche contre la répression à Atenco

Affiche contre la répression à Atenco

Arkaitz Agirregabiria, Mikel Karrera et Maïté Aranalde ont tous trois été arrêtés le 20 mai dernier dans un appartement de Bayonne. Les autorités les soupçonnent d’avoir notamment dirigé et participé à des attaques menées par l’ETA. Il y a 29 jours, Agirregabiria, incarcéré à Bourg en Bresse) est entré en grève de la faim pour dénoncer la situation d’isolement qui lui est imposée. Il est en effet séparé de tous les autres prisonniers basques et à plus de 1000 kilomètres de chez lui. Les deux autres militants arrêtés le même jour et qui se trouvent dans la même situation ( respectivement à la prison de Rennes-Vezin et à celle de Poitiers-Vivonne) l’ont rejoint dans son action de protestation. Karrera est entré en grève de la faim le 27 juin, Aranalde le 2 juillet. Le 3 juillet, deux autres prisonniers basques incarcérés à Poitiers-Vivonne sont également entré en grève, en solidarité avec Maïté Aranalde et tous les autres prisonniers politiques basques, et contre la collaboration directe de l’Etat français dans la répression et le conflit politique basque.

Mikel Karrera Sarobe

Mikel Karrera Sarobe

Un rassemblement s’est tenu le 2 juillet à Paris, devant le Ministère de la Justice, pour demander la libération de Georges Ibrahim Abdallah, communiste libanais emprisonné en France depuis 1984, symbole de la résistance palestinienne et libanaise contre le sionisme. Durant près de trois-quarts d’heure, la quarantaine de manifestants, portant banderole et affiches et brandissant des drapeaux palestiniens, ont crié des slogans tels que « 25 ans de prison, 25 ans de résistance, libérez Georges Abdallah ! », « Alliot-Marie, complice des USA et d’Israël! » ou « Palestine vaincra, libérez Georges Abdallah ! ».