Juldas Biviga, journaliste de la radio Massanga, a été arrêté le samedi 17 juin dans le sud-ouest du Gabon suite à la diffusion de l’interview de Marcel Libama, un syndicaliste qui avait été arrêté le 15 juin (voir notre précédent article). Le chef d’accusation de « diffamation par voie de presse » envers le procureur de Tchibanga a été retenu pour le syndicaliste, arrêté le 15 juin en marge du procès d’un autre syndicaliste désormais libre. Le journaliste est pour sa part accusé de « complicité de diffamation par voie de presse » contre le même magistrat, pour avoir diffusé l’interview du syndicaliste.

Ils ont été condamnés à 184 jours de prison, dont 139 avec sursis; ce qui ramène à 45 jours fermes leur peine. En comptant les 23 jours qu’ils ont déjà fait en prison, il leur en reste 22 avant de sortir. Marcel Libama, syndicaliste, est le leader de la Convention nationale des syndicats du secteur éducation (Conasysed), que le gouvernement gabonais avait interdit, fin mars, dont les membres étaient en grève depuis fin 2016. Selon la Conasysed, Libama et Biviga auraient été passés à tabac à la prison le jeudi matin, avant d’être conduits au tribunal. Ils ont tous deux été conduits à l’hôpital après le délibéré.

Marcel Libama

Marcel Libama

Un délégué CGT a été condamné la semaine passée à six mois de prison avec sursis après une altercation avec un membre de l’encadrement de l’usine PSA de Poissy (Yvelines). Farid Borsali, secrétaire général de la CGT-PSA à Poissy, a été accusé d’avoir frappé un petit chef fin septembre, ce qu’il dément. Le prévenu, qui doit verser 2.000 euros de dommages et intérêts et 600 euros en frais de justice, a immédiatement fait appel. La CGT dénonce une manoeuvre de la direction de l’usine automobile et a créé en réaction chez PSA un comité de défense des libertés ouvrières et syndicales, animé par Gérard Filoche, ancien inspecteur du travail et ex-candidat à la primaire socialiste.

Farid Borsali, secrétaire de la CGT de PSA Poissy

Farid Borsali, secrétaire de la CGT de PSA Poissy

Quatre syndicalistes, trois pour la CGT et un pour la CFTC, de l’usine Ford à Blanquefort (Gironde) ont été condamnés par le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris à des amendes pour dégradations au Salon de l’automobile à Paris en septembre 2012. Parmi eux Philippe Poutou, l’ancien candidat à l’élection présidentielle pour le Nouveau Parti anticapitaliste et représentant CGT à l’usine Ford Aquitaine Industries à Blanquefort. Les quatre syndicalistes ont été condamnés pour des dégradations à l’occasion d’une manifestation de défense des emplois à l’usine de Blanquefort. Ford a également porté plainte pour dégradation de son stand lors du Salon de l’automobile 2014 et la procédure est en cours.

La manifestation au salon de l’auto

La manifestation au salon de l'auto

Le parquet veut traduite en justice 17 syndicalistes (manifestants et leaders) concernant la grève du 19 octobre 2015, voir nos articles de l’époque ici et ici. Des plaintes avaient été déposées d’une part par la région wallonne pour avoir abimé l’autoroute, d’autre part par l’hôpital de Hermalle­-sous­-Argenteau pour « l’homicide involontaire » d’une patiente danoise dont la mort aurait été causée par le retard du chirurgien, engendré par les embouteillages. Le dossier avait été clôturé et transmis au parquet sans inculpation mais avec les 17 identifications. Non seulement les manifestants sont poursuivis, mais également plusieurs cadres de la FGTB: notamment Antoine Fanara (secrétaire régional de la FGTB-Métal) et Thierry Bodson (Secrétaire général), pour avoir supposément échoué à « encadrer la manifestation ».

Barrage syndical sur la E40

Barrage syndical sur la E40

80 travailleurs travailleurs syndiqués travaillant pour la multinationale française DIAM ont été licenciés par SMS (texto) suite à une campagne syndicale. Voici le contenu de ce SMS « Nous croyons savoir que vous avez participé à la grève illégale dans l’établissement pendant 7-9 jours. Vous avez arrêté le travail. Vous avez tenté de persuader d’autres travailleurs d’arrêter le travail. Vous avez violé leur liberté de travailler. Du fait de vos agissements illégaux, votre contrat de travail est résilié au 15 juin 2017. » Les travailleurs s’étaient mis en grève après le renvoi de 5 collègues affiliés au syndicat Birleşik Metal-İş. Une dizaine d’autres syndiqués ont alors été licenciés, entraînant un mouvement plus important. Cette usine produit des présentoirs cartonnés pour l’Oréal et Dior.

Le SMS reçu par les travailleurs en lutte de DIAM

Le SMS reçu par les travailleurs en lutte de DIAM

Un agent territorial CGT du Havre en Seine-Maritime a comparu hier mercredi devant le tribunal correctionnel. La police lui reproche sa participation aux actions menées le 13 juin devant l’Hôtel de Ville du Havre qui avaient entraîné des dégradations de la voie publique. Les manifestants avaient notamment brûlé des pneus, ce qui avait nécessité l’intervention des pompiers et l’évacuation de 300 personnes présentes dans l’Hôtel de Ville. Placé en garde à vue hier après avoir été interpellé par la police sur son lieu de travail, cet employé au service des espaces verts de la ville a été présenté en comparution immédiate devant le tribunal. Après délibération, le tribunal a renvoyé l’affaire à l’audience du 18 juillet à 13h30.

Le feu de pneus devant la mairie du Havre, le 13 juin

Après avoir été agressés pour avoir voulu former un syndicat au sein de l’usine (lire notre article), 61 travailleurs des usines Orchid et Savar du groupe Azim au Bangladesh sont poursuivis pénalement. Début juin, la direction de la compagnie a déposé plainte contre les 61 travailleurs et responsables syndicaux. 38 d’entre eux ont été libérés sous caution tandis que 22 sont toujours emprisonnés.

Environ 200 travailleurs sont constamment menacés par des hommes de mains locaux. Ils ont cessé de rentrer chez eux ou d’aller travailler par crainte pour leur sécurité. Pour pouvoir retourner à leur travail, les travailleurs ont été contraints par la direction de signer un document dans lequel ils déclarent ne pas vouloir de syndicat pour les représenter sur leur lieu de travail.

Manifestation des travailleurs d’Orchid pour la reconnaissance de leurs droits syndicaux (archives)

Manifestation des travailleurs d'Orchid pour la reconnaissance de leurs droits syndicaux (archives)

La Fondation de l’Hôpital de La Providence à Neuchâtel (un des hôpitaux vendus par le public au privé) a rendu public mercredi passé le jugement du Tribunal régional du Littoral et du Val-de-Travers. La justice neuchâteloise a estimé que le mouvement de grève était illicite et que le licenciement en 2013 de 22 grévistes (voir notre article) était justifié. Cette grève a été qualifiée d’illicite, car elle n’a pas respecté le principe de la proportionnalité. Le tribunal relève que la durée de ce mouvement a pu avoir des effets négatifs pour le personnel et pour les soins dispensés dans l’établissement hospitalier. S’agissant du licenciement des grévistes, la justice considère qu’il était justifié.

Ce n’est pas la première fois que l’affaire de la grève de l’hôpital de la Providence se retrouve devant les tribunaux. Quatre syndicalistes impliqués dans le confit social avaient été acquittés par la justice en août dernier (voir notre article).

Les grévistes de La Providence (archives)

Les grévistes de La Providence (archives)

Trois activistes travaillant sous couverture dans deux usines du sud de la Chine pour China Labor Watch et arrêtés la semaine passée (voir notre article) sont toujours en détention. Ils enquêtaient sur les conditions de travail de Huajian Group, un fabricant chinois de chaussures pour la marque Ivanka Trump, ainsi que Marc Fisher, Kylie + Kendall, Coach, Alain Delon, Nine West et Karl Lagerfeld. Ils s’étaient fait embaucher ce printemps dans deux usines du Jiangxi et du Guangdong exploitées par Huajian Group, et avaient trouvé des preuves d’employés sous-payés et travaillant jusqu’à 18heures par jour.

Le Département d’Etat des États-Unis a exhorté la Chine à libérer ces hommes et à leur donner « les protections judiciaires et équitables dont ils ont droit ». Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré mardi que la question ne concernait pas d’autres pays. « Les autorités judiciaires de Chine peuvent traiter les cas pertinents conformément à nos lois et règlements », a déclaré la porte-parole du ministère. La porte-parole a aussi déclaré que la police a placé les hommes sous détention criminelle en raison de leur utilisation de «dispositifs de surveillance illégaux».

Hua Haifeng

Hua Haifeng

Esmail Abdi, en grève de la faim depuis le 30 avril (voir notre article), a été transféré à l’hôpital Khomeini à Téhéran le samedi 3 juin 2017. Il avait déjà refusé d’être transféré à l’hôpital avec l’uniforme de la prison et les menottes. Les autorités pénitentiaires ont finalement accepté de le transférer à l’hôpital sans l’uniforme et les menottes. Les gardiens de prison d’Abdi ont essayé de le ramener à la prison d’Evin peu de temps après son transfert, mais les médecins de l’unité d’urgence ont refusé et fortement recommandé l’hospitalisation pour le moment en raison de la détérioration de son état de santé. Il souffre d’une tension artérielle basse, de douleurs rénales, de vertiges et de douleurs oculaires. Esmail Abdi poursuit sa grève de la faim à l’hôpital.

Esmail Abdi

Esmail Abdi