L’État turc a lancé hier soir sa plus vaste opération contre le Rojava depuis le début de la guerre de Syrie. Elle vise à attaquer le Canton d’Afrin et à confier son occupation à Hayʼat Tahrir al-Sham, l’Organisation de Libération du Levant, anciennement connu comme « Jahbat Fateh al-Sham », « Front Al Nosra » ou Al Qaeda. Des dizaines de F-16 turcs ont pilonnés la région pendant plusieurs heures, frappant zones civiles, quartiers militaires et dépôts de carburant. La majorité des victimes kurdes sont civiles jusque là, une vingtaine selon les dernières communications officielles.

La menace turque plane depuis plusieurs années sur le Rojava, mais la Turquie était militairement limitée car ne pouvant utiliser son aviation sur place. Une no-fly zone était auparavant appliquée par la Russie, protectrice du régime, mais la récente détérioration des relations diplomatiques entre l’administration du Rojava et le régime a précipité un statut quo de la part de la Russie. Le régime avait demandé la semaine dernière aux YPG/YPJ qu’ils se retirent des zones pétrolières de Deir Ezzor (dans l’est du pays) et confient la gestion de la frontière nord de la Syrie à l’Armée Syrienne Arabe, deux demandes qui auraient été rejetées par l’administration du Rojava. Les YPG/YPJ et les QSD (Forces Démocratiques Syriennes) ont annoncé avoir lancé une opération pour empêcher l’envahisseur turc d’occuper les villages frontaliers. La Turquie a déclaré officiellement que ces forces étaient rentrées à Afrin, mais les YPG ont déclaré avoir repoussé leurs forces.

Une manifestation de solidarité avec Afrin aura lieu demain lundi 14h à 16h (et pas 11h) à Bruxelles, Rond-Point Schuman.

Voir la carte interactive sur le site des Amitiés Kurdes de Bretagne.

Situation à Afrin le 21 janvier.

Sur cette vidéo, on peut voir un tank turc frappé par un projectile:

Situation à Afrin le 21 janvier.

Des bombardements turcs dans la région kurde d’Afrine dans le nord-est de la Syrie ont tué samedi sept civils dont un enfant, ainsi que deux femmes combattantes et un combattant des YPG. Les premiers combats terrestres viennent d’être signalés.

Bombardement turcs à Afrine

Bombardement turcs à Afrine

Ce vendredi 8 décembre 19h au Club Achille Chavée (34, rue Abelville, 7100 La Louvière): Informations et débats sur la situation au « Rojava », la partie nord de la Syrie qui englobe notamment la partie kurde du pays. Organisé par le « Comité Solidarité Rojava Hainaut » et le Secours Rouge.

La soirée comprendra notamment des interventions de militants qui ont participé à des délégations de solidarité au Kurdistan. Une ou plusieurs courtes vidéos informatives seront également projetées.

Soirée d’info:

Soirée d'info:

Deux soirées de solidarité auront lieu prochainement, le 24 novembre à Bruxelles, le 8 décembre à La Louvière.

Le 24 novembre au Local Sacco-Vanzetti. 1060 Bruxelles
Conférence avec deux intervenant.e.s de “We Are Plan C”, structure anticapitaliste au Royaume-Uni qui a organisé plusieurs voyages au Rojava, la partie occidentale/syrienne du Kurdistan. Les intervenant.e.s ont pu réaliser plusieurs interviews d’habitants et de femmes au sujet de la vie politique et sociale sur place. Organisé par la ‘Campagne de Soutien aux internationalistes du Rojava’. L’évenement sera en anglais traduit en français.

Le 8 décembre au Club Achille Chavée (34, rue Abelville, 7100 La Louvière)
Informations et débats sur la situation au « Rojava », la partie nord de la Syrie qui englobe notamment la partie kurde du pays. Organisé par le « Comité Solidarité Rojava Hainaut » et le Secours Rouge.

La soirée comprendra notament des interventions de militants qui ont participé à des délégations de solidarité au Kurdistan. Une ou plusieurs courtes vidéos informatives seront également projetées.

Soirée d’info:

Belgique/Rojava: Deux soirées de solidarité ces 24 novembre et 8 décembre

La journée internationale pour Kobané est l’occasion de manifester son soutien à la libération du Kurdistan et au projet social démocratique, populaire et internationaliste qui se fraie un chemin au Kurdistan syrien. A Bruxelles, c’est l’Union des Femmes Socialistes (SKB, Turquie-Kurdistan) et le HDK qui avaient appelé à un rassemblement demain mercredi Place de la Monnaie. Le rassemblement a été interdit par la police.

Un évenement aura néanmoins lieu à 14h, 36 Rue des Vétérinaires, 1070 Anderlecht

Journée mondiale pour Kobane

Journée mondiale pour Kobane

Dans le cadre de l’« International Kobane Day », La Makhno organise une soirée projection et discussion sur le Rojava. À 20h projection du documentaire « Rojava, une utopie au milieu du chaos syrie » réalisé en 2017 par Chris Den Hond et Mireille Court. Ce documentaire a l’intérêt de ne pas seulement aborder le sujet de la guerre contre Daesh. Il plonge également au cœur des changements qui ont lieu dans la société civile du nord de la Syrie. La projection sera suivie d’une discussion/débat sur le projet révolutionnaire au Rojava et une présentation de la campagne « CELOX ». Afin de soutenir cette campagne une table de presse ainsi qu’une récolte de fonds seront organisés.

20H – Projection « Rojava, une utopie au coeur du chaos syrien » 45min.
21H – Discussion & débat
22H – DJ Heval
Stands & matériel de soutien

Mercredi 1 novembre, 20h à la Makhno 4 Place des Volontaires, Genève.

Soirée Rojava à la Makhno

Soirée Rojava à la Makhno

A l’automne 2014, un appel mondial « Urgence Kobané » avait été lancé pour soutenir la ville kurde de Kobané qui résistait aux assauts des forces de Daesh. Cet appel à descendre dans la rue le 1er novembre dans le monde entier est devenu annuel. La victoire des Unités de Protection du Peuple kurdes et des Forces Démocratiques Syriennes sur Daesh ne lève qu’une des menaces qui planent sur le Rojava. Si les forces d’Al Qaïda (les « rebelles ») sont affaiblies, le régime de Damas et surtout la Turquie pourraient à tout moment envahir le Rojava. La journée internationale pour Kobané est l’occasion de manifester son soutien à la libération du Kurdistan et au projet social démocratique, populaire et internationaliste qui se fraie un chemin au Kurdistan syrien.

A Bruxelles, c’est l’Union des Femmes Socialistes (SKB, Turquie-Kurdistan) et le HDK qui organisent un rassemblement ce mercredi de 14h à 15h Place de la Monnaie.

EDIT: Le rassemblement a été interdit par la police

Journée mondiale pour Kobane

Après la trahison des peshmergas du PUK (Union Patriotique du Kurdistan) hier à Kirkouk, les peshmergas du PDK (Parti Démocrate du Kurdistan) ont suivi le même chemin cette nuit en abandonnant les zones qu’ils contrôlaient dans le Mont Shengal (aussi connu sous son nom arabe ‘Sinjar’). Les positions ont été cédées aux Hachd al-Chaabi (Unités de Mobilisation Populaires, les milices chiites loyales au pouvoirs irakien et iranien dont certaines comprennent des combattants yézidis). La majorité du centre-ville de Shengal (la principale ville du mont éponyme) est désormais sous contrôle irakien.

Comme à Kirkouk, les peshmergas se sont retirés sans un coup de fusil. L’abandon de Shengal successif à celui de Kirkouk fait très clairement penser qu’il y a eu un accord entre le Gouvernement Régional Kurde indépendantiste et l’Irak de Baghdad pour une cession des « zones disputées ». Les zones disputées sont les villes kurdes qui ne sont pas comprises dans les limites de la région autonome kurde telle que reconnues dans la constitution irakienne, il s’agit principalement de Kirkouk, Makhmour, Shengal et Mossoul. Des zones militairement partagées entre Baghdad et Erbil (la capitale du Kurdistan irakien), et avec une forte influence du PKK dans les trois premiers cas.

Le Mont Shengal abrite le peuple Yézidi, un peuple kurdophone et zoroastriste plusieurs fois persécuté et génocidé à travers l’histoire par les islamistes. En 2014, les peshmergas avaient déjà déserté le Mont dans ce qui ressemble très fort à un accord passé avec Daesh. Les peshmergas étaient à l’époque garants de la protection des Yézidis, cette désertion a mené au bain de sang: 3.000 Yézidis massacrés, 7.000 autres capturés et réduits à l’esclavage par Daesh. Les Yézidis pourchassés avaient pris refuge dans les montagnes où des conditions climatiques épouvantables avaient achevé leur calvaire. Finalement, ce sont les guérillas du PKK et du PYD, les HPG, YJA-Star, YPG et YPJ qui sont venus à leur secours et ont empêché la poursuite du génocide. Depuis lors, les guérillas protègent la montagne et tiennent toujours position aujourd’hui pour protéger le Mont Shengal. Elles ont également formé des milices locales autonomes afin de protéger la montagne.

Depuis que le Mont Shengal a été libéré, le pouvoir kurde irakien a de très nombreuses fois demandé aux guérillas du PKK d’abandonner les zones sous leur contrôle, une demande toujours refusée. Aucun doute qu’une tentative de prise de contrôle de la part du pouvoir irakien mènera à des affrontements.

En orange, les zones disputées.

En orange, les zones disputées.

Dans quelques heures, le KRG (Gouvernement Régional Kurde, administration du Bashur, Kurdistan-Sud) annoncera officiellement les résultats du référendum qui a eu lieu ce lundi et qui a recueilli plus de 72% de participations. Comme annoncé précédemment, le référendum ne déclenche pas une déclaration unilatérale d’indépendance mais le KRG compte bien se servir des écrasants résultats pour peser dans les négociations avec Baghdad. Barzani, le président du KRG (membre du PDK, droite) a fait savoir aujourd’hui qu’il souhaitait ouvrir les négociations, suite à quoi Baghdad a voté le déploiement de forces armées irakiennes à Kirkouk pour « garantir l’unité constitutionnelle de l’Irak » ainsi que dans les 14 autres régions ethniquement mixtes (Kurdes, Arabes, Turkmènes, Chrétiens,…) dans lesquelles le référendum a eu lieu mais qui sont disputées par l’Irak. Baghdad donne au KRG jusqu’à vendredi 18h (heure locale) pour céder le contrôle de ses aéroports à Baghdad, « dans le but d’éviter un embargo aérien international ». Baghdad a officiellement demandé aux compagnies aériennes de cesser de desservir les aéroports kurdes (à Erbil et à Soulémanyé), et aux Peshmerguas (l’armée kurde irakienne) de se retirer de Kirkouk.

La Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie sont tous opposés à l’indépendance du Kurdistan Sud. Les trois premiers pourraient prendre des mesures d’embargo assez rapidement (c’est déjà le cas pour l’Iran). La question du référendum n’a pas manqué de provoqué des réactions nuancées au sein de la gauche kurde: le PKK et le PYD sont pour le référendum en tant que processus démocratique mais voient la volonté du Clan Barzani de se saisir du pouvoir. Salih Muslim, président du PYD (Parti de l’Union Démocratique, la branche politique des YPG, proche du PKK) a fait savoir aujourd’hui que les « YPG sont les unités de protection de tous les Kurdes » et qu’ils étaient prêts à venir en aide au peuple du Kurdistan Sud en cas d’agression étrangère. Il a également fait savoir que les postes frontière (principalement Semalka) entre le Rojava et le Bashur seraient ouverts pour permettre à la population du Kurdistan-Sud de s’abriter en cas d’attaque.

Le parlement irakien autorise le président Abadi à déployer des troupes à Kirkouk.

Le parlement irakien autorise le président Abadi à déployer des troupes à Kirkouk.