Le NTSU, « National Technical & Tactical Support Unit » est en charge de l’espionnage électronique de la police fédérale. Il a notamment joué un rôle important dans l’espionnage du réseau SKY ECC (voir notre article). L’interception des communications, l’identification et la localisation de personnes font ainsi partie des missions du NTSU. Ses laboratoires s’occupent du camouflage de micros, de caméras ou de traceurs GPS, et inventent des systèmes adaptés, du matériel miniaturisé. Les ministres de l’Intérieur et de la Justice ont récemment annoncé une dotation de 32 millions d’euros pour le NTSU (22 millions en subventions européennes et de 10 millions en investissements issus du budget supplémentaire de la Justice).

Juan Corriat, patron du NTSU

Juan Corriat, patron du NTSU

A Bristol, une manifestation rassemblant un millier de personnes contre une loi visant à renforcer les pouvoirs de la police lors des manifestations (voir notre précédent article) a tourné à l’affrontement avec la police. Une dizaine de manifestant ont été arrêtés. La ville avait déjà été le théâtre d’affrontements ces derniers jours lors de différentes actions organisées contre cette loi. Un van de police avait même été brulé lors d’une émeute lundi soir.

Mardi 23 mars, le député LREM Patrice Perrot a adressé une question parlementaire à Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, afin de demander la dissolution du Collectif Palestine Vaincra. Celui-ci s’appuie sur la récente désignation du réseau Samidoun (dont est membre le collectif) comme organisation « terroriste » par Israël afin de réclamer cette interdiction (voir notre déclaration). Sa demande est un copier-coller d’un communiqué de l’organisation sioniste NGO Monitor qui mène des campagnes agressives contre les organisations de soutien à la Palestine en Europe.

Voir le communiqué du Collectif Palestine Vaincra

La 4e édition du Petit guide légal des manifestant.e.s vient de paraître. Il expose les informations de base, actualisées, relatives aux types de manifestations et d’arrestations, aux prises de photo ou d’empreinte, aux conditions des premiers interrogatoire etc. Les groupes qui désirent en disposer pour les distribuer à leurs membres et/ou aux participants à leurs activités peuvent se mettre en contact avec nous. Ont aussi été réimprimées des milliers de cartes « légal team » indiquant le numéro de la permanence et les liens vers diverses ressources anti-répression (dossier légal complet, liste des lieux de détention, etc.). Le Secours Rouge remercie la Fondation Marius Jacob pour sa contribution aux frais de ces rééditions.

Mardi 23 mars au matin, les forces de l’ordre ont débuté l’évacuation de la ZAD du Carnet, en Loire-Atlantique. La ZAD occupait un terrain depuis plusieurs mois afin de bloquer la création d’un parc industriel menaçant la faune et la flore de la région. Plus de 400 gendarmes ont été mobilisés pour l’évacuation.

Dossier(s): France Tags:

Rozenn, syndicaliste à la CGT Chronodrive, a été mise à pied en vue d’un potentiel licenciement. Le motif invoqué par la direction de cette entreprise de la grande distribution est un tweet de Rozenn qui dénonce le gaspillage alimentaire de Chronodrive. En réalité, cette répression a lieu car Rozenn a dirigé une lutte contre les violences sexistes à Chronodrive avec plusieurs de ses collègues. Face à cette situation, une large campagne de solidarité s’organise avec un twitterstorm mercredi 24 mars à 20H autour du hashtag #SoutienRozenn et un rassemblement samedi 27 mars à 15H devant le Chronodrive de Basso Cambo (16 Avenue du Dr Maurice Grynfogel, 31100 Toulouse).

Pour signer la pétition en ligne

Le projet de loi sur la police, la criminalité, la détermination de la peine et les tribunaux, qui regroupe une série de modifications de l’exécution et de la détermination de la peine en Angleterre et au Pays de Galles, est passé, mardi en deuxième lecture au parlement britannique. Le projet de loi 2021 sur la police, la criminalité, la détermination de la peine et les tribunaux compte plusieurs centaines de pages et couvre un vaste éventail de questions que l’on pourrait généralement s’attendre à ce qu’un gouvernement aborde dans plusieurs lois.

Le projet de loi propose notamment de nouvelles dispositions sur les « manifestations d’une personne », qui permettraient à la police de mettre fin à la manifestation d’une seule personne si le « bruit généré par la personne qui mène la manifestation peut entraîner une perturbation grave des activités d’une organisation qui est s’est déroulée à proximité de la manifestation ».  Cela, en théorie, pourrait signifier qu’une personne manifestant devant le siège d’une entreprise privée pourrait être déplacée si sa protestation perturbe l’activité de cette entreprise privée. Le projet de loi suggère également, dans un langage quelque peu vague, que les manifestations et les manifestations ne devraient pas « intentionnellement » ou « imprudemment » causer des « nuisances publiques ».

Le projet de loi propose également aussi de rendre la dégradation de statues et de monuments passible de 10 ans de prison. Cette dernière mesure a été faite en réaction à la dégradation et au déboulonnage de la statue de Edward Colston en juillet dernier lors d’une manifestation du mouvement Black Lives Matter.

Répression d'un hommage rendu à une victime d'un féminicide commis par un policier

Dimanche 21 mars à Gènes, la police a perquisitionné les domiciles de militants de Gènes Antifasciste et du Collectif Autonome des Travailleurs du Port (CALP – collettivo Autonomo Lavoratori Portuali) sur ordre du procureur. Les autorités leur reprochent des activités syndicales et antimilitaristes dans le port, plus spécifiquement les luttes contre les navires saoudiens Bahri , avec leurs chargements d’armes lourdes et d’explosifs destinés à la guerre au Yémen et en Syrie. Le procureur de Gênes répond aux demandes des armateurs saoudiens qui, par l’intermédiaire de l’agence génoise Delta et du Terminal GMT, ont protesté pour la grève des travailleurs d’il y a deux ans et pour la manifestation de l’année dernière « contre le transit d’explosifs dans le port » appelée par le CALP et d’autres organisations militantes et antimilitaristes.

Dossier(s): Italie Tags:

A Liège
Un dispositif policier important, visible et non visible, ainsi que des moyens spéciaux, tels que des arroseuses et la cavalerie fédérale, étaient présents à Liège ce samedi à la suite d’un nouvel appel à des émeutes sur les réseaux sociaux. Les policiers de la zone de police de Liège, appuyés par la police fédérale, ont a procédé à plus de 120 interpellations et contrôles d’identité en vue d’identifier des personnes présentes lors des émeutes survenues samedi dernier. Parmi les personnes identifiées, une vingtaine ont été arrêtées administrativement pour des vérifications dans le cadre de l’enquête judiciaire en cours depuis le 13 mars.

A Bruxelles
Entre 500 et 700 personnes se sont rassemblées pour fêter le carnaval sauvage. Le cortège a démarré à 15H place du Jeu de Balle, s’est rendu Porte de Hal, puis vers le Square Jacques Franck et ensuite vers la Place de Bethléem où la fête a duré plusieurs heures. Une partie du cortège est reparti en direction du canal et la police est intervenue avec une arroseuse et en chargeant et nassant les participants.
Mise à jour: Le nassage d’Anderlecht a été suivi de quelques affrontements à Forest (rue du Charroi). Une dizaine de personnes ont été interpellées.

Dossier(s): Belgique Tags: ,

Dans la nuit du 6 au 7 décembre 2019, juste avant l’acte 56 des manifestations de gilets jaunes, une patrouille de police découvre des inscriptions « ACAB ». La patrouille juge probable que ces tags soient le fait d’un homme seul à vélo. Mais dès le matin du 7 décembre, un commissaire divisionnaire obtient du parquet l’ouverture d’une enquête de flagrance. Il invoque des courriers anonymes de menaces reçus par des policiers ailleurs en France, et sur la foi d’un renseignement anonyme, il ajoute qu’un « groupe de black blocs » occuperait un dans un Airbnb de l’agglomération bordelaise à 1,5 km du lieu des tags. Ils « pourraient » donc, selon lui, « être les auteurs des dégradations et outrages commis au cours de la nuit et seraient également membres d’une association de malfaiteurs constituée en vue de commettre des exactions » contre des policiers.

Grâce à ces qualifications pénales, passibles de prison, les policiers peuvent investir l’Airbnb le 7 décembre et ils y arrêtent seize personnes. En perquisition, les policiers découvrent de l’acide chlorhydrique, du bicarbonate de soude, des clous, des bombes de peinture. Une enquête pour « association de malfaiteurs » et « dégradation de biens » est ouverte, les seize personnes sont mises en examen. Qualifiés tantôt de « black blocs », d’ »ultra-jaunes » et d’ »anarcho-libertaires », ces gardés à vue ont fait les gros titres de la presse française. Mais dans un arrêt rendu jeudi 18 mars, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Bordeaux vient de déclarer cette opération de police abusive, compte tenu de la nature réelle des faits et faute d’indices suffisants pour les relier entre eux. Le tribunal ordonne l’annulation de l’ensemble de la procédure et la levée des mesures de contrôle judiciaire.

 

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