Le projet de loi sur la police, la criminalité, la détermination de la peine et les tribunaux, qui regroupe une série de modifications de l’exécution et de la détermination de la peine en Angleterre et au Pays de Galles, est passé, mardi en deuxième lecture au parlement britannique. Le projet de loi 2021 sur la police, la criminalité, la détermination de la peine et les tribunaux compte plusieurs centaines de pages et couvre un vaste éventail de questions que l’on pourrait généralement s’attendre à ce qu’un gouvernement aborde dans plusieurs lois.

Le projet de loi propose notamment de nouvelles dispositions sur les « manifestations d’une personne », qui permettraient à la police de mettre fin à la manifestation d’une seule personne si le « bruit généré par la personne qui mène la manifestation peut entraîner une perturbation grave des activités d’une organisation qui est s’est déroulée à proximité de la manifestation ».  Cela, en théorie, pourrait signifier qu’une personne manifestant devant le siège d’une entreprise privée pourrait être déplacée si sa protestation perturbe l’activité de cette entreprise privée. Le projet de loi suggère également, dans un langage quelque peu vague, que les manifestations et les manifestations ne devraient pas « intentionnellement » ou « imprudemment » causer des « nuisances publiques ».

Le projet de loi propose également aussi de rendre la dégradation de statues et de monuments passible de 10 ans de prison. Cette dernière mesure a été faite en réaction à la dégradation et au déboulonnage de la statue de Edward Colston en juillet dernier lors d’une manifestation du mouvement Black Lives Matter.

Répression d'un hommage rendu à une victime d'un féminicide commis par un policier

Dimanche 21 mars à Gènes, la police a perquisitionné les domiciles de militants de Gènes Antifasciste et du Collectif Autonome des Travailleurs du Port (CALP – collettivo Autonomo Lavoratori Portuali) sur ordre du procureur. Les autorités leur reprochent des activités syndicales et antimilitaristes dans le port, plus spécifiquement les luttes contre les navires saoudiens Bahri , avec leurs chargements d’armes lourdes et d’explosifs destinés à la guerre au Yémen et en Syrie. Le procureur de Gênes répond aux demandes des armateurs saoudiens qui, par l’intermédiaire de l’agence génoise Delta et du Terminal GMT, ont protesté pour la grève des travailleurs d’il y a deux ans et pour la manifestation de l’année dernière « contre le transit d’explosifs dans le port » appelée par le CALP et d’autres organisations militantes et antimilitaristes.

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A Liège
Un dispositif policier important, visible et non visible, ainsi que des moyens spéciaux, tels que des arroseuses et la cavalerie fédérale, étaient présents à Liège ce samedi à la suite d’un nouvel appel à des émeutes sur les réseaux sociaux. Les policiers de la zone de police de Liège, appuyés par la police fédérale, ont a procédé à plus de 120 interpellations et contrôles d’identité en vue d’identifier des personnes présentes lors des émeutes survenues samedi dernier. Parmi les personnes identifiées, une vingtaine ont été arrêtées administrativement pour des vérifications dans le cadre de l’enquête judiciaire en cours depuis le 13 mars.

A Bruxelles
Entre 500 et 700 personnes se sont rassemblées pour fêter le carnaval sauvage. Le cortège a démarré à 15H place du Jeu de Balle, s’est rendu Porte de Hal, puis vers le Square Jacques Franck et ensuite vers la Place de Bethléem où la fête a duré plusieurs heures. Une partie du cortège est reparti en direction du canal et la police est intervenue avec une arroseuse et en chargeant et nassant les participants.
Mise à jour: Le nassage d’Anderlecht a été suivi de quelques affrontements à Forest (rue du Charroi). Une dizaine de personnes ont été interpellées.

Dossier(s): Belgique Tags: ,

Dans la nuit du 6 au 7 décembre 2019, juste avant l’acte 56 des manifestations de gilets jaunes, une patrouille de police découvre des inscriptions « ACAB ». La patrouille juge probable que ces tags soient le fait d’un homme seul à vélo. Mais dès le matin du 7 décembre, un commissaire divisionnaire obtient du parquet l’ouverture d’une enquête de flagrance. Il invoque des courriers anonymes de menaces reçus par des policiers ailleurs en France, et sur la foi d’un renseignement anonyme, il ajoute qu’un « groupe de black blocs » occuperait un dans un Airbnb de l’agglomération bordelaise à 1,5 km du lieu des tags. Ils « pourraient » donc, selon lui, « être les auteurs des dégradations et outrages commis au cours de la nuit et seraient également membres d’une association de malfaiteurs constituée en vue de commettre des exactions » contre des policiers.

Grâce à ces qualifications pénales, passibles de prison, les policiers peuvent investir l’Airbnb le 7 décembre et ils y arrêtent seize personnes. En perquisition, les policiers découvrent de l’acide chlorhydrique, du bicarbonate de soude, des clous, des bombes de peinture. Une enquête pour « association de malfaiteurs » et « dégradation de biens » est ouverte, les seize personnes sont mises en examen. Qualifiés tantôt de « black blocs », d’ »ultra-jaunes » et d’ »anarcho-libertaires », ces gardés à vue ont fait les gros titres de la presse française. Mais dans un arrêt rendu jeudi 18 mars, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Bordeaux vient de déclarer cette opération de police abusive, compte tenu de la nature réelle des faits et faute d’indices suffisants pour les relier entre eux. Le tribunal ordonne l’annulation de l’ensemble de la procédure et la levée des mesures de contrôle judiciaire.

 

Dossier(s): France Tags:

À la suite d’une enquête ouverte par le parquet de Rome et appelée « opération Bialystok », sept anarchistes ont été arrêtés en Italie, en Espagne et en France le 12 juin 2020. Deux personnes ont été assignées à résidence, tandis que cinq autres ont été emprisonnées près avoir été inculpées d ‘« association subversive à des fins de terrorisme et de subversion », d’ « incitation à commettre des crimes » et d’autres délits mineurs (tous aggravés par le but terroriste subversif). Etaient principalement visées certaines initiatives de solidarité avec les accusés du procès « Panico » à Florence.

Vendredi 12, neuf mois après les arrestations, Flavia, Robi et Nico ont été libérés de prison avec l’obligation de rester dans leur commune de résidence et de rentrer la nuit. Cette libération a eu lieu suite à la requête faite aux juges de la cour d’assises le 25 février. Lundi 15 mars, Francesca a également été libérée sans aucune mesure, à la suite de la requête déposée le 4 mars. Aucune demande n’a été faite pour Claudio ou Daniele (qui est assigné à résidence), dont les mesures restent inchangées.

Pour écrire à Claudio :
Claudio Zaccone
C. C. di Siracusa
strada Monasteri 20
96014 Cavadonna (SR)
Italia – Italie

Une perquisition lors de l'opération Bialystok

Sarah Everard, une jeune femme de 33 ans a été tuée le 3 mars à Londres. Elle a été enlevée, violée puis assassinée. Les soupçons se sont rapidement portés sur un policier de 48 ans qui habite à proximité des lieux où les restes humains ont été découverts. Samedi 13, en réaction à la mort de Sarah Everard, une dizaine de rassemblements ont eu lieu partout à travers le Royaume-Uni, à Glasgow, Nottingham ou encore Bristol. Une commémoration en 32 endroits avait également été organisée à Londres par le groupe « Reclaim these streets » avant d’être annulée suite au refus de la police d’autoriser l’événement. Les organisatrice risquait donc 10 000 £ d’amende pour chaque rassemblement organisé pour un total de 320 000 £. La Haute de Justice, saisie d’un recours, avait refusé de contredire la décision policière. Une veillée spontanée a cependant rassemblé au moins une centaine de personnes. La police est intervenue pour réprimer le rassemblement. Plusieurs femmes ont été menottées et violemment arrêtées. Quatre personnes ont été interpellées pour infractions aux règles anti-coronavirus et à l’ordre public.

Répression d'un hommage rendu à une victime d'un féminicide commis par un policier

Samedi 13 mars, une manifestation se tenait à Liège pour dénoncer l’arrestation violente d’une aide-soignante noire survenue quelques jours plus tôt. Des affrontements avaient eu lieu entre policiers et manifestant·es tandis qu’un restaurant de la multinationale Mac-Donald et un commissariat avaient été attaqués. Dix personnes avaient été arrêtées ce jour là (voir notre article).

Parmi les arrêtés, deux personnes majeures ont fait l’objet d’un mandat d’arrêt et un mineur a été placé en régime fermé. Les quatre autres majeurs ont été remis en liberté parce qu’il a été, pour l’instant, impossible d’établir des lien avec les manifestant·es dans la mesure où ils ont été interpellés de nombreuses heures après. Les trois autres mineurs ont fait l’objet de mesures éducatives par un juge de la jeunesse après avoir été accusé de recel d’objets volés. L’enquête se poursuit et compte bien exploiter les images des caméras de surveillance et les images privées prises durant l’événement. La police compte notamment utiliser les images postées sur les réseaux sociaux. Le parquet affirme sa détermination à réprimer les responsables tandis que la presse bourgeoise se charge déjà du procès médiatique des manifestant·es.

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La police est intervenue à minuit pour expulser la ZAD d’Arlon, sur le site de l’ancienne sablière de Schoppach, où l’intercommunale IDELUX veut construire un parc d’activités. Un dispositif important (comptant un total de 150 policiers locaux et fédéraux) a mobilisé des policiers anti-émeutes et de nombreux véhicules, dont au moins un blindé Shortland. 9 personnes présentes sur la ZAD ont été arrêtées administrativement. Elles n’ont pas opposé de résistance. L’opération est menée par la police locale, avec l’appui du corps d’intervention de la police fédérale. L’expulsion s’est faite par surprise pour éviter une mobilisation comme cela avait pu être le cas début janvier.

Mise à jour: Ce sont 150 policiers qui ont participé à l’opération. Ils ont pénétrés dans la ZAD et se sont positionnés à proximité des différents endroits où les planificateurs de l’opération estimaient qu’ils pouvaient y avoir des zadistes. Si l’opération a commencé à minuit, l’attaque simultanée de ces différents a commencé à 5 heures du matin et s’est achevée 20 minutes plus tard. Le procureur du roi et un substitut étaient présents (probablement pour délivrer, au besoin, des mandats d’arrêt). Un entreprise mandatée par IDELUX va dégager les cabanes et détruire les dispositifs défensifs. Il est question de clôturer complètement la sablière.

Mise à jour 22H00: Ce lundi soir, un peu plus de cent personnes se sont rassemblées place Léopold à Arlon pour apporter leur soutien aux zadistes expulsés au matin par les forces de l’ordre. Une personne a été arrêté à ce rassemblement qui a déjà été remise en liberté. Par contre, deux des neuf zadistes arrêtés ce matin ont été placés en arrestation judiciaire. Un autre rassemblement a eu lieu à Namur, au Quai de l’Écluse à Salzinnes. Une vingtaine de personnes se sont rassemblés en soutien à la ZAD et occupent un terrain soumis à une enquête publique.

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Le communiqué de Dimitris:

La solidarité est la condition vitale qui nous unit dans les luttes.
Je remercie mes amis et camarades qui ont été solidaires avec moi.
Je remercie tous les progressistes pour leur compassion, qui n’était pas seulement de la sympathie pour une personne, mais un moment de lutte contre une force inhumaine.
La solidarité et le soutien ont montré qu’il existe des forces sociales vitales qui résistent à l’arbitraire, à la violence et à l’autoritarisme. Et cela donne un nouvel espoir.
La famille dirigeante a montré à quel point elle dégrade impitoyablement les lois et la constitution, la jurisprudence.
J’en reste là.
Ils sont jugés par les gens qui descendent dans la rue.
Ce qui s’y passe est beaucoup plus important que la façon dont cela a commencé.
Face à la puissance de ces luttes, je déclare pour ma part que je suis avec vous avec mon cœur et mon esprit.
14 mars 2021