Ces derniers jours, les profils Instagram et Facebook ont ​​été inondés de messages de solidarité en vue de l’audience d’appel contre la Surveillance spéciale, qui s’est déroulée le 12 novembre au matin dans les salles d’audience de Turin (voir notre article). Le lendemain, les profils sociaux (Facebook et Instagram) d’Eddi ont été bloqués. ️Plus d’infos ici.

Eddi

Eddi

Le 25 avril 2018, plusieurs manifestants antisionistes milanais s’étaient opposés à la présence des drapeaux de l’état israélien à la manifestation célébrant la libération de l’Italie. Ils avaient fait l’objet d’une enquête et devaient passer devant le tribunal de Milan. L’audience préliminaire s’est conclue le 11 novembre par la décision du juge de mettre en examen 4 militants, pour menaces, jet d’objets dangereux et résistance à un agent public aggravée par l’incitation à la haine raciale. La première audience du procès aura lieu le lundi 11 janvier à 9 heures au tribunal de Milan. Plus d’infos ici.

Quatre antisionistes en procès à Milan

Quatre antisionistes en procès à Milan

La Cour d’appel de Gand a accédé à la quatrième demande d’extradition de Natividad « Pepona » Jauregui. Natividad Jauregui est accusée d’avoir participé à des actions d’ETA dans les années 80. Trois demandes d’extradition avaient déjà été introduites en 2004, 2005 et 2015, mais sans succès (voir notre article). La Cour d’appel de Gand avait alors estimé que les droits fondamentaux de la présumée terroriste n’étaient pas garantis en Espagne. Natividad Jauregui avait d’abord trouvé refuge pendant 4 ans en France, puis 14 ans au Mexique, elle est arrivée en Belgique, à Gand, en 2003, où elle a ouvert un restaurant.

Devant le refus répété de la justice belge, la famille d’un policier abattu par ETA a saisi la Cour Européenne des droits de l’Homme. Le 9 juillet 2019, celle-ci condamnait la Belgique à indemniser la famille de la victime, considérant que les tribunaux belges n’avaient pas effectué un examen suffisant de l’existence ou non d’un risque de non-respect des droits fondamentaux de Natividad en cas d’extradition en Espagne (voir notre article). Cet arrêt a permis à la Cour d’appel de Gand d’aborder différemment une quatrième demande d’extradition. Elle vient donc de se prononcer en faveur de cette extradition. Elle rejette l’argument selon lequel Natividad Jauregui risquerait d’être soumise à des traitements inhumains ou dégradants en Espagne. Elle réfute aussi l’argument selon lequel le tribunal spécial chargé des faits de terrorisme serait un « tribunal d’exception qui violerait les droits de l’intéressée ». Elle rejette enfin la demande de l’intéressée de pouvoir purger sa peine en Belgique en cas de condamnation en Espagne. Les avocats de Natividad Jauregui ont l’intention de porter cette affaire devant la Cour de Cassation.

Natividad « Pepona » Jauregui

Le jeudi 5 novembre, plusieurs perquisitions de domiciles d’antifascistes ont eu lieu à Leipzig, ordonnées par le parquet général fédéral. Au cours de ces recherches, Lina a été arrêtée et mise en détention. L’accusation porte sur plusieurs attaques contre des fascistes et la constitution d’une association de malfaiteurs au sens de l’article 129 du code pénal, dont le but est de « perpétrer des attaques contre des personnes de la scène de droite ». Le 6 novembre, la Haute Cour fédérale a confirmé le mandat d’arrêt contre Lina. la nuit même, une manifestation surprise de 250 antifascistes a eu lieu à Leipzig, qui a amené à des affrontements avec la police (photo).

L’arrestation de Lina fait suite à des enquêtes qui avaient conduit à des perquisitions à Berlin, Weimar et Leipzig dès le 10 juin. Quatre personnes « de la scène de droite » auraient été attaquées par plusieurs personnes la nuit du 14 décembre 2019. Cette même nuit, cinq personnes, désormais accusées dans le cadre de la procédure, ont été arrêtées dans les environs d’Eisenach et placées en détention pendant 12 heures. Un mois après ces perquisitions, Lina a de nouveau été perquisitionnée, à deux reprises et à deux adresses, en juillet dernier et un mandat d’arrêt a été émis contre elle.
En savoir plus: https://freiheitfuerlina.noblogs.org

La voiture d’entreprise de Sebastian Herrgesell a été incendiée le 4 novembre, à Schönebeck an der Elbe. Le communiqué, mis en ligne il y a deux jours, explique pourquoi Herrgesell, désigné comme expert dans le procès Parkbank, et étroitement lié à la police, a été ciblé. Il semble avoir été nommé dans un premier temps à cause du lien étroit qu’il a avec les policiers, et parce qu’il allait soutenir leurs théories avec son « expertise ». La défense des trois accusés a d’ailleurs pu démontrer ses a-priori, au point qu’il n’a finalement pas été retenu comme témoin par le tribunal.

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Cela fait plusieurs jours que les lycéens se mobilisent devant la Cité scolaire à Saint-Nazaire, demandant le renforcement du protocole sanitaire. Jeudi puis vendredi dernier, deux précédentes matinées de mobilisation avaient déjà donné lieu à des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants. Vendredi 6, un jeune et deux policiers avaient été blessés, et plusieurs interpellations avaient eu lieu. Mardi 10 au matin, ils étaient 300 à faire face à 80 policiers qui ont répliqué par des lacrymos à des premiers jets de projectile. Les lycéens devaient, à la base, rejoindre le cortège des enseignants qui participent à la grève nationale. 17 jeunes ont été interpellés ce mardi. Douze sont en garde à vue.

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Lundi 9 novembre 2020, la commission mixte paritaire chargée de finaliser le projet de loi de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030 est parvenue à un accord. Le projet de loi ainsi finalisé, celle-ci sera promulguée dans les semaines à venir. Le texte de loi, qui porte sur la gestion des facultés et de la recherche, prévoit « de punir d’un an d’emprisonnement et de 7 500 € d’amende le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement supérieur sans y être habilité ou y avoir été autorisé, dans le but d’entraver la tenue d’un débat organisé dans les locaux de celui-ci ».

 

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Le 16 juillet dernier, un jeune manifestant de 22 ans est arrêté en Martinique lors d’une manifestation contre le chlordécone, un pesticide extrêmement nocif utilisé dans les bananeraies jusqu’en 1993. Il est passé à tabac et torturé par la police avant d’être placé en garde à vue pour violence contre les forces de l’ordre. Son procès était initialement prévu le 9 novembre dernier, il a finalement été reporté au 17 mars prochain.

 

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Jeudi 12 novembre, Eddi internationaliste italienne ayant combattu dans les unités des YPJ, passera devant la Cour de Turin dans le cadre de son recours contre les mesures de surveillance spéciale qui lui sont infligées. Les comités turinois d’appui à l’administration démocratique du nord-est de la Syrie sera présent devant le palais de justice pour la soutenir. Ils organiseront un sitt-in et appellent toutes les personnes à participer en respectant les mesures de distanciation sanitaires. Le 17 mars 2020, la section des mesures de prévention de la Cour de Turin, avait décidé d’appliquer une mesure de la surveillance spéciale, définissant Eddi comme «socialement dangereuse» pour une durée de deux ans (voir notre article).

Les mesures qui sont appliquées à Eddi sont les suivantes :

  • Interdiction de participer à des assemblées publiques ;
  • Couvre-feu entre 21h le soir et 7h du matin ;
  • Interdiction de se rendre dans des locaux publics après 18h ;
  • Obligation de communiquer à la police tous ses déplacements ;
  • Obligation d’avoir avec elle un livret rouge qui permet à la police de contrôler le respect des règles qui lui sont imposées ;
  • Interdiction de quitter le territoire italien (Confiscation de son passeport, de son permis de conduire, et fin de la validité de sa carte d’identité pour voyager à l’étranger).

Plus d’infos ici.

Eddi internationaliste italienne en recours contre les mesures de surveillance spéciale

Eddi internationaliste italienne en recours contre les mesures de surveillance spéciale

Les polices ont un charroi énorme et extrêmement diversifié.
Cet article se limitera aux types de véhicules susceptibles d’être rencontrés lors des manifestations.
Une connaissance de ceux-ci vous permettra de mieux apprécier la situation et, au besoin, de mieux informer qui de droit.

1° Généralités

Police fédérale et polices locales.
La sérigraphie des véhicules de ces différents services est lettrée de la même manière mais avec des couleurs et un logo spécifiques. Quatre lignes partent de l’extrémité du véhicule jusqu’au bas de caisse situé à proximité de la roue la plus proche de cette extrémité.
Police Fédérale : Trois bandes bleu foncé, une bande orange sur les côtés et deux bandes orange à l’avant et à l’arrière.
Police Locale : Trois bandes bleu foncé, une bande bleu ciel sur les côtés et deux bandes bleu ciel à l’avant et à l’arrière.
Deux lignes de la couleur propre au service se trouvent également sur le capot et le coffre du véhicule.

Ci-dessous: à gauche un 4X4 de la police fédérale, à droite un combi d’une police locale

Le présence de la police fédérale en renfort des policiers locaux est une indice de l’importance accordée par les services de police à la manifestation: soit en raison de son ampleur, soit en raison des incidents potentiels.

Le maintien de l’ordre est, dans la police fédérale, d’abord l’affaire du Corps d’intervention.
Il compte environ 500 hommes réparti en 11 détachements d’une cinquantaine d’hommes (par province et pour les grandes villes dont Bruxelles). Si les véhicules portent encore parfois « Réserves générale », celle-ci n’existe plus en tant que telle. Ses effectifs ont été versés au « Corps d’intervention » et marqués comme tel (d’un côté Police/Corps d’intervention, de l’autre Politie/interventiecorps).

Le Corps d’intervention a une réserve de 50 hommes qui est basée à Bruxelles.
Ce sont donc cent hommes formés à la répression des manifestations qui sont basé à Bruxelles en permanence.
Ceux-ci bénéficient de l’appui des 600 policiers de la Direction Sécurité Publique, qui offre toute une série de « service » allant de l’installation de barrage sur les rues à la gestion des images fournies par les arroseuses, l’installation de PC mobile ou la gestion du CRPA, le Centre de rassemblement pour personnes arrêtées, dans la caserne Géruzet à Etterbeek.

La police belge est en voie d’adopter le marquage « Battenburg » sur ses véhicules, soit un damier jaune et bleu, à l’anglaise. Ce nouveau look, déjà en vigueur à Anvers fin avril 2021, est testé dans plusieurs zones de police du pays, dans le cadre d’un projet pilote. Les grosses unités de la police fédérale suivront.

 

2° Les monospaces du Corps d’intervention

Leur présence près d’une manifestation indique presque toujours une force plus importante prête à intervenir.
Peugeot 807 du Corps d’intervention (trois exemplaires):

VW Jetta du Corps d’intervention (deux exemplaires):

Opel Zafira du Corps d’intervention (trois exemplaires):

 

3° Motos, motocyclettes, patrouilleuses et combis des polices locales

Dans les manifestations, elles servent à l’observation, au blocage de la circulation, à ouvrir et à fermer la marche du cortège.
Il peut y avoir des véhicules (voiture ou motos) banalisées dans le dispositif, servant à l’observation..
Elles sont de dizaines de types différentes possibles.

4° Combi et minibus: ne pas confondre

Il ne faut pas confondre ces minibus avec ce que l’on appelle les « combis ».
Combi vient de l’abréviation du mot allemand Kombinationenwagen, et a d’abord désigné l’utilitaire VW à moteur de coccinelle. Si l’acception la plus restrictive réserve le terme « combi » aux utilitaires VW de cette génération, une acceptation plus large désigne ainsi toutes les utilitaires VW héritiers (la gamme Transporter).
Dans l’acceptation « policière », combi désigne une camionnette dont l’arrière est partiellement aménagé en espace bureau, de telle sorte que les policiers peuvent y procéder à des auditions, procéder à des alcootests, etc.
Certains modèles de véhicules peuvent servir à l’un comme à l’autre, comme les très courants VW Transporter T5 et T6, utilisés généralement comme combi, est aussi utilisé comme minibus pour le transport du personnel.
En règle générale, les minibus sont allongés et ont le toit rehaussé, etc.
Bien entendu, en cas de grande mobilisation, des combis peuvent être mobilisés, et parfois appartenant à des services â priori étrangers au maintien de l’ordre.

Un combi:

Un minibus:

Deux combis de la Police des chemins de fer mobilisés, pour leur plus grand malheur, à une manifestation des Gilets Jaunes:

5° Les minibus

Parqués généralement hors de vue mais à proximité immédiate de la manifestation, ils transportent les policiers susceptibles d’intervenir en « robocop ».
On a un indice de l’imminence d’une intervention selon que les policiers soient entièrement équipés (casque sur la tête) ou non.

Minibus Renault Master (14 exemplaires) de l’Openbare veiligheid (Sécurité publique):

VW Transporter 5b rehaussés (trois exemplaires) du Corps d’intervention:

Certains de ces véhicules sont spécialement équipés pour amener les policiers au plus près de l’affrontement, où de les appuyer dans l’affrontement en faisant barrage. Ces véhicules ont des protèges phares, des grilles amovibles pour protéger les vitres ainsi qu’une peinture ignifuge (à l’aspect granuleux).

Mercedes Sprinter rehaussé et protégé (remarquez le plexi qui protège les phares):

Usage tactique classique du minibus protégé: le barrage des rues

6° Les transporteurs blindés IVECO

Les Iveco 40 Turbo Daily 4×4 sont des transports de personnel blindés et protégés (peinture ignifuge), ils peuvent amener du personnel au plus près de l’affrontement et donner de la solidité à un barrage ou à une charge de police.

Cet IVECO porte encore la marque de l’ancienne Réserve générale. Ces véhicules sont anciens et en voie de retrait:

 

7° Les blindés Shortland 300

A la différence des IVECO blindés, ils n’ont pas pour mission de transporter du personnel, mais de barrer les rues ou de forcer les barricades:

 

8° L’arroseuse Ziegler

Ces 12 camions sont équipés de 2 jets et comprennent 4 membres dans la cabine: le chauffeur, le chef de bord, et 2 opérateurs pour chacun des jets. Arroser n’est qu’on partie de leur fonction: elles jouent aussi le rôle de poste d’observation blindé avec une caméra dans chaque canon à eau, et une troisième sur mat télescopique, sur le toit, derrière la cabine. Les images peuvent être envoyées vers le centre de commandement.

9° Bus pour le transport de manifestants arrêtés

De type IVECO GX 337, ses vitres sont revêtues de telles sorte qu’on puisse voir du dedans vers l’extérieur mais pas le contraire. Il est aménagé en cellules et est équipé à l’intérieur d’un système de caméras (voir ici notre dossier sur les lieux de détention).

10° L’U.M.S. Viséo

L’U.M.S. Viséo est une tour d’observation mobile, déployable à quatre mètres de hauteur,  adopté par la police de Bruxelles. Equipé de caméras embarquées, l’U.M.S. Viséo peut être stationné et s’élever sans pilote pour compléter provisoirement un dispositif de vidéosurveillance fixe. Il peut enregistrer ou transmettre en direct par 4G les images vidéo ainsi récupérées. Silencieux car électrique, l’U.M.S. Viséo se déplace en toute discrétion et peut être équipé de caméras infrarouges ainsi que de projecteurs longues portées.

11° L’unité anti lock-on

Ce Toyota Hilux est celui de l’unité anti-lock-on, spécialisée dans l’extraction de manifestants s’attachant ou s’enchainant à des grilles, des rails, etc.

12° Brigade canine

La police de Bruxelles (mais aussi celles des autres zones de police de la région bruxelloise) a une brigade canine. Elle roule dans en Volkswagen Caddy facilemeznt reconnaissance aux grands autocollant à tête de berger allemand.

13° Les hélicoptères

Ils sont de deux type, l’Explorer, bimoteur, généralement déployé pour les manifestations. Il est équipé de caméras susceptibles de produire des images capables d’identifier un manifestant.
Le 520, monomoteur et moins bien équipé en optronique, est davantage utilisé hors des villes (surveillance du trafic routier etc.)

Mc Donnell Douglas 902 Explorers (5 exemplaires):

Mc Donnell D:ouglas 520N – monomoteurs (deux exemplaires):

 

14° Les drones

La DAFA, la Direction de l’Appui Aérien) possèdent cinq drones.
L’administration régionale Bruxelles Prévention et Sécurité (BPS) en a acquis six pour des missions en extérieur (et deux pour des vols à l’intérieur des bâtiments). Ils sont mis en oeuvre par la Direction de Coordination et d’Appui (DCA) de la Police fédérale.
Leur optronique est inférieure à celle des hélicoptères

Ci-dessous: un drone de la DAFA. Remarquez les feux de navigation: rouge à babord et vert à tribord. Si vous voyez les feux vert à gauche (et donc les rouges à droite), le drone avance vers vous, si vous ne voyez que des feux verts ou rouges, il est de profil par rapport à vous.

Ci-dessous: un drone de BPS

Type d’image prise par un drone

15° Le camion-barrière

Dernier venu dans l’arsenal anti-manifestation, acquis par la zone de police Bruxelles ville/Ixelles