Lundi 6 mai, quatre Gilets Jaunes ont été condamnés à deux ans de prison (dont 12 mois avec sursis) pour avoir incendier la barrière d’un péage dans la nuit le 15 décembre 2018 à Narbonne. Trois d’entre eux étaient jugés pour «détérioration ou dégradation du bien d’autrui par un moyen dangereux». Le quatrième comparaissait pour complicité, suspecté d’avoir fourni l’essence de sa moto pour l’incendie.

Le juge leur a signifié une interdiction de manifestation et de port d’arme pendant trois ans. Il les a en outre condamné à payer solidairement 288.000 euros à Vinci Autoroutes la et a ordonné leur maintien en détention.

Les quatre Gilets Jaunes avaient été arrêtés mi-février et devaient être alors jugés en comparution immédiate. Mais trois d’entre eux avaient demandé un délai pour préparer leur défense. Les quatre militants avaient alors été placés en détention provisoire en attendant leur procès.

L’incendie avait eu lieu le 15 décembre lors de l’acte VII des «gilets jaunes». Cet incendie était intervenu deux semaines après un autre feu plus important qui avait endommagé la même barrière de péage ainsi que des locaux de Vinci Autoroutes et ceux du peloton autoroutier de la gendarmerie. Au total 14 personnes avaient été arrêtées en janvier suite à ce premier incendie (voir notre article).

La préfecture de Haute-Loire, à Puy-en-Velay, incendiée par les Gilets Jaunes (archive)

La préfecture de Haute-Loire, à Puy-en-Velay, incendiée par les Gilets Jaunes (archive)

Voici quelques nouvelles de la répressions en France dans le cadre du mouvement des Gilets Jaunes et du 1er mai. Samedi 4 mai, se tenait l’acte XXV des Gilets Jaunes. On signale notamment des affrontements à La-Roche-sur-Yon qui ont fait 5 blessés et une dizaines d’arrestations ainsi que des affrontements à Toulouse affrontements qui ont mené à 6 arrestations.

Le mercredi 1er mai, une militante espagnole enceinte qui manifestait à Paris en portant une protection ventrale a été arrêtée au motif qu’elle représenterait « menace pour l’ordre public ». Sa protection ventrale a été qualifiée d’arme par destination par la police qui l’a placé en garde à vue. La militante portait également une pancarte en carton attachée par des ficelles. Ces ficelles ont été considérées comme des frondes.

Elle a été relaxée jeudi soir mais transférée à sa sortie de garde à vue vers un centre de rétention administrative et menacée d’expulsion vers l’Espagne et d’interdiction d’entrer sur le territoire français pendant deux ans. Plus d’infos ici.

Enfin, le 29 avril trois Gilets Jaunes passaient au tribunal pour avoir scandé “Castaner assassin” lors de l’inauguration par le ministre d’un commissariat à Besançon le 13 mars. Les Gilets Jaunes étaient plus d’une centaine pour soutenir leurs camarades au Tribunal, en chantant “on est là !” devant ses portes et forçant l’entrée pour assister à la délibération. Les trois Gilets Jaunes ont écopé de 2 mois de prison avec sursis. Plus d’infos ici.

Arrestations de Gilets jaunes à Bordeaux (archive)

Arrestations de Gilets jaunes à Bordeaux (archive)

Trois manifestations ont eu lieu à Modène pour protester contre la visite de Salvini. Celle du syndicat CGIL, celle des anarchistes du « Laboratoire libertaire » de Lige’ra, et celle du collectif et Centre social Guernica. C’est lors de cette dernière que des heurts ont opposés manifestants et policiers, faisant au moins un blessé parmi les antifascistes. Les affrontements ont eu lieu avant et après le meeting de Salvini dans la zone du parc de Novi Sad où les manifestants ont tenté de forcer les barrages de police. Un manifestant a été arrêté.

Affrontements à Modène

Affrontements à Modène

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Ce vendredi 3 mai à 6h du matin, une trentaine de policiers lourdement équipés ont délogé les occupant.e.s du foyer de luttes. Cette occupation de locaux vides sur le campus de l’ULB avait le but de faire vivre des pratiques de solidarité concrète et donner à se rencontrer différent.e.s acteurs/actrices des luttes en cours : luttes sociales, écologiques et féministes. Elle avait été ouverte dans le cadre du mois « Avril Agitation » préparatoire du premier mai révolutionnaire.

Six personnes ont donc été tiré.e.s de leur sommeil de manière violente et urgente et trainées devant huissier de justice, commissariat, avec contrôle d’identité à rallonge puis promenade à pieds nus dans les rues de Ixelles puisqu’elles n’avaient pu prendre leur chaussures… Les occupant.e.s appellent à un rendez-vous à 18 H sur la plaine du K

L'appel pour le 1er mai sur le bâtiment occupé

L’appel pour le 1er mai sur le bâtiment occupé

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Mercredi 1er mai, Julian Assange a été condamné par la justice britannique à 50 semaines de prison (le maximum prévu par la loi est de 52 semaines) pour avoir enfreint les termes de sa libération conditionnelle le 19 juin 2012 en se réfugiant à l’ambassade londonienne d’Equateur. Il y a passé les presque sept années suivantes, jusqu’à son arrestation le 11 avril par la police britannique (voir notre article). Une trentaine de personnes de personnes étaient venues en soutien. Lors du verdict, elles se sont alors mis à hurler «shame on you» («Honte à vous») à la juge.

Le lendemain avait lieu la première audience relative à la demande d’extradition déposée par les États-Unis qui l’accusent d’association de malfaiteurs en vue de commettre un « piratage informatique ». Concrètement, Julian Assange est accusé d’avoir aidé l’ex-analyste du renseignement américain Chelsea Manning à obtenir un mot de passe pour accéder à des milliers de documents classés secret-défense en 2010. La prochaine audience sera fixée le 30 mai.

Assange à son arrestation

Assange à son arrestation

À Berlin, la manifestation du 1er mai révolutionnaire a traversé le quartier de Friedrichshain. Plus de 5.000 manifestants, généralement masqués, ont défilé. Aux balcons du quartiers, des banderoles de soutien ont été déroulées et des fumigènes allumés. Les affrontements ont commencé après la fin de la manifestation. La police a essuyé des jets de projectiles, a effectué des charges et procédé à plusieurs arrestations. Pendant la nuit, des barricades ont brûlé sur la célèbre Rigaer Straße, où se trouve un squat historique, toujours à Friedrichshain.

C’est aussi vers la fin de l’après-midi que les incidents ont débutés à la manifestation du 1er mai révolutionnaire à Copenhague. Ils ont commencé lorsque la police a tentait de verrouiller la manifestation du pont de la reine Louise jusqu’à Nørrebrogade. Les manifestants ont bloqué la voiture de police qui voulait embarquer un manifestant menotté. Cinq manifestants ont été arrêtés pour violences contre la police, un pour feux d’artifice, un pour violation de l’interdiction de sa masquer, un pour violation de la loi sur la police, un pour insultes à l’encontre de la police et deux pour violation de l’ordre.

A Goteborg, en Suède, 500 militants antifascistes ont attaqué une manifestation de 300 néo-nazis du mouvement « Résistance nordique » et la police qui la protégeait. 18 contre-manifestants antifas ont été arrêtés.

Le premier mai révolutionnaire à Copenhague

Le premier mai révolutionnaire à Copenhague

Le 29 et le 30 avril 2019 s’est tenu à Bruxelles le procès contre des anarchistes poursuivis pour « association de malfaiteurs » et pour une série de délits.
Deux inculpés ont assisté au procès dans la salle du tribunal correctionnel. Ils ont refusé de répondre aux questions des magistrats. Les dix autres inculpés ne se sont pas présentés. Tous et toutes ont été représentés par des avocats.

Le procureur a demandé les peines suivantes pour les différents inculpés : 300 heures de travail ou une peine subsidiaire de 4 ans (1 personne) ; 250 heures de travail ou une peine subsidiaire de 3 ans (2 personnes) ; 200 heures de travail ou une peine subsidiaire de 30 mois (4 personnes) ; 150 heures de travail ou une peine subsidiaire de 18 mois (1 personne) ; 100 heures de travail ou une peine subsidiaire 12 mois (1 personne) ; 12 mois de sursis et une amende de 50 euros (1 personne) ; Acquittement (2 personnes). Les inculpés ont refusé d’accepter une peine de travail. Le tribunal ne pourra donc pas prononcer une telle peine.

Le jugement sera prononcé le 28 mai 2019

Affichage solidaire à Bruxelles

Affichage solidaire à Bruxelles

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Lundi 29 avril, un Gilet Jaune de Montpellier a été condamné à trois ans de prison. Il était accusé de dégradation lors de six manifestations de gilets jaunes (entre le 16 février et le 23 mars) et de rebellion (lors d’une arrestation ratée le 16 mars). Il aurait été reconnu à cause de sa présence récurrente sur les images des caméras de surveillance. Il portait, en effet, le même matériel (dont des gants rouges) lors des six manifestations au cours desquelles il aurait participé à des attaques de grandes enseignes et de panneaux publicitaires.

Le 16 mars, une première tentative d’arrestation, par un policier en civil sans brassard, échoue grâce à l’intervention d’autres manifestant·e·s. Il est cependant arrêté le 23 mars, après une filature. Le tribunal l’a relaxé pour la rébellion du 16 mars, et pour la dégradation d’une banque mais l’a reconnu coupable pour le reste et condamné à trois ans de prison avec mandat de dépôt et à verser des dommages et intérêts à l’agence propriétaires des panneaux publicitaires. À l’extérieur du tribunal, un rassemblement de soutien était présent.

Les gilets jaunes à Paris (archive)

Les gilets jaunes à Paris (archive)

Plus de 800 personnes ont participé au Premier Mai révolutionnaire: communistes, anarchistes, antifascistes mais aussi un grand bloc féministes (collectif 8 mars), des délégations de l’exil politique en Belgique (turcs, kurdes, iraniens) ainsi que de nombreux Gilets jaunes.

Une banque, une voiture de police, des panneaux électoraux, le siège de l’ONEM et celui du PS ont été pris à partie. Le PS et l’ONEM ont eu des vitres brisées, des jets de peintures, des tags (« collabo » et « crève la gauche du capital » pour le premier, « flic social » pour le second). La manifestation s’est terminée sans blessure ni arrestation.

Sur le boulevard Lemmonier

Sur le boulevard Lemmonier

Quelques photos du Premier mai révolutionnaire ici

A Paris, entre 40.000 et 80.000 personnes ont manifesté pour le premier mai. Des heurts ont opposés manifestants et forces de l’ordre. En tout, 15.306 contrôles préventifs avaient été réalisés dans la capitale. Les forces de l’ordre ont essuyés des jets de projectiles et ont lancés des grenades de désencerclement et des lacrymogènes sur quelques centaines de militants anticapitalistes sur le boulevard du Montparnasse. Au moins un manifestant a été blessé à la tête. Les forces de l’ordre ont peiné à disperser les manifestants place d’Italie.

Policiers et gendarmes ont procédé à 380 interpellations dont 330 à Paris, et celles-ci ont donné lieu à 250 gardes à vue dont 210 à dans la capitale. Outre les blessés légers qui semblent nombreux, un CRS a été blessé par un pavé et souffre d’un traumatisme crânien et un manifestant a été touché à la mâchoire par un tir de LBD.

Premier mai à Paris

Premier mai à Paris

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